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Mathieu B.
47 abonnés
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4,0
Publiée le 7 novembre 2019
Difficile de noter un tel film, car il ne concoure pas vraiment dans une catégorie bien définie. En fait, il est à lui seul une catégorie de film. Ce n'est pas juste un film d'animation, un policier, un biopic, ou encore un documentaire mais tout ça à la fois et plus encore. On suit Armand, le fils d'un facteur ami de Vincent VAN GOGH, récemment décédé, qui cherche à remettre la dernière lettre de ce dernier à son frère Théo VAN GOGH. Il va alors se lancer dans une enquête pour comprendre les circonstances exactes de la mort du peintre. S'est-il suicidé comme le veut la version officielle ou l'a-t-on tué ? Voila pour le scénario, mais l'intérêt n'est pas seulement dans l'histoire mais dans la beauté de ce film. Dorota Kobiela a choisi de ne pas se contenter de nous faire entrer dans l'intimité de l'homme, avec les témoignages de proches et ses lettres, mais nous entraîne à l'intérieur même de l'œuvre de Vincent VAN GOGH. Tout au long du film, et dès le générique du début, nous nous promenons littéralement dans ses tableaux. Les personnages sont interprétés par des acteurs en prises de vue réelles puis peints à l'huile et incrusté aux quelque 62000 plans peints par une centaine d'artistes à la main. Un travail de fourmi titanesque mais pour un résultat époustouflant ! Au delà de la prouesse technique, cela permet de découvrir l'œuvre du peintre d'une façon unique et le monde à travers les yeux de l'artiste. Pendant que l'enquête d'Armand nous en apprend plus sur l'homme.
Magré un rendu parfois difficilement lisible, la prouesse esthétique est réelle, et rend un bel hommage à l'univers artistique de Van Gogh. Les dialogues, néanmoins, sont mal écrits et mal interprétés, et font en fait souvent davantage penser à un jeu vidéo qu'à un véritable film : chaque dialogue en appelle mécaniquement un autre, et reste souvent à un niveau bêtement littéral et informatif. Plus problématique encore, est, à mon avis, la thèse révisionniste soutenue par la 'Passion Van Gogh' selon laquelle Vincent ne se serait pas suicidé. En effet, présentée ici comme quasi-avérée, elle est en réalité très vivement contestée, et fait bien trop d'ombre à la vérité de l'artiste, celle-là même que Van Gogh défendait deux semaines avant sa mort.
Chef d'oeuvre sur la forme d'abord, vraiment bluffante et tellement ajustée à l'oeuvre; sur le fond, la tendresse et la profondeur avec laquelle ont découvre le portait en creux de ce génie est remarquable et enfin pour ne rien gacher, lec'est un vrai polar : on se laisse captiver.
Paris, été 1891, Armand Roulin est chargé par son père, le facteur Joseph Roulin, de remettre en mains propres une lettre au frère de Vincent van Gogh, Theo. En effet, la nouvelle du suicide du peintre vient de tomber. Armand, peu enchanté par l’amitié entre son père et l’artiste, n’est pas franchement ravi par sa mission. À Paris, le frère de Van Gogh est introuvable. Le jeune homme apprend alors par Père Tanguy, le marchand de couleurs du peintre, que Theo, visiblement anéanti par la disparition de son frère aîné, ne lui a survécu que quelques mois. Comprenant qu’il a sans doute mal jugé Vincent, Armand se rend à Auvers-sur-Oise, où le peintre a passé ses derniers mois, pour essayer de comprendre son geste désespéré. En interrogeant ceux qui ont connu l’artiste, il découvre combien sa vie a été surprenante et passionnée. Et que sa vie conserve une grande part de mystère.
Je me rappelle avoir vu ce film sur le vol Amsterdam-Lima début 2018, par dessus l'épaule de mon voisin de siège de devant, mon écran ne fonctionnant pas, ce n'était d'ailleurs pas la 1ère fois que ça m'arrivait, qq années plutôt j'avais découvert de la même manière, "Birdman" d' Alejandro González Iñárritu, autre grand film mêlant le fantasmagorique au réel et vice e versa. Enfant j'avais vu "Dreams" d'Akira Kurosawa et avais été profondément marqué par ce film et surtout le rêve où Akira Kurosawa "parcourt" les toiles de Van Gogh. Plus tard adulte, ayant dans le laps de temps plongé mon nez dans les livres de Philip K. Dick (d'où mon pseudo) j'avais regardé "A scanner darkly" adaptation de "Substance Mort" de PKD, filmé sur le principe de post numérisation. Bref "La passion de Van Gogh" avant même qu'il ne fut tourné, existait déjà qq part dans mon esprit, mix de "Dreams" et de "A scanner darkly". J'ai retrouvé avec bonheur l'univers des toiles de Van Gogh là où je l'avais laissé plus d'un 1/4 de siècle en arrière. Le voyage pouvait reprendre et cette fois-ci l'immersion est totale ! Quel est le rêve le plus fou que l'on puisse avoir si ce n'est de traverser le miroir ? Entrer dans le monde dépeint par un artiste, faire le "tour" en 3D des personnages, apercevoir l'arrière des décors réalisés par le peintre, vivre au milieu de cet environnement, ne faire qu'un avec lui. L'intrigue qui articule "La passion de Van Gogh" donne vie aux personnages, et vous emmène tout du long dans un voyage initiatique, qui à la fin vous fera entrer en osmose avec le peintre. La force de ce film est que d'un point de vue externe et impersonnel au départ, vous finissez dans l'esprit de Van Gogh jusqu'à son dernier jour.
Une bande-son de qualité qui contribue à rendre l'oeuvre extrêmement touchante, une histoire intéressante et un visuel magnifique - bien qu'un temps d'adaptation soit nécessaire à l'oeil - tous ces points résument ce film qui a pris l'initiative de présenter le célèbre Van Gogh sous un angle particulier : pour parler de sa vie, on le fait à travers sa mort. Un film passionnant et qui vaut le coup d'être regardé.
alors au début j'ai pris ce film surtout pour ses aspects esthétique et technique... et puis au bout de 15 minutes, boum ! on est pris par l'histoire qui est comme une enquête sur la mort de Van Gogh avec des témoins qui disent tout et son contraire ! et franchement j'ai pris mon pied tout du long ! les musiques sont très agréables, et j'ai adoré le film dans son ensemble... si j'enlève une demie étoile, c'est car il y a des questions que je me pose qui n'ont pas eu de réponses :/
Pas évident d'accrocher aux dessins pour ma part. Le scénario suit une enquête sur la mort-suicide de Van Gogh à travers un personnage que j'ai trouvé personnellement ennuyeux. L'enquête est longue, trop longue. Les dialogue sont linéaires, bateaux... Bref, j'ai perdu mon temps.
Un polar génial! Et une technique magnifique qui ramène parfaitement le style de Van Gohg au goût du jour, ce n'est pas un défi facile que de réaliser tout un film comme ça. Choix très osé de porter les flash back a l'écran en noir et blanc mais qui fonctionne bien ! Le scénario est intéressant et cette plongée dans la vie du célèbre peintre m'a totalement captivité.
Cela faisait un moment que j’avais ce long métrage dans ma pile de films à voir. Un long métrage sur Vincent Van Gogh, reprenant son style pictural pour littéralement donner vie à ses peintures, voilà de quoi intriguer et donner envie. Pour autant, j’ai mis du temps avant de franchir le pas. Principalement car je craignais le biopic académique et l’exercice de style vain et creux. Je craignais de m’ennuyer devant ce long métrage que je suspectais convenu et mécanique.
Fort heureusement, « La Passion Van Gogh » m’a rapidement rassuré. En prenant le parti de raconter une sorte d’enquête visant à élucider les conditions troubles de la mort de Vincent Van Gogh, les réalisateurs ont abordé la vie du peintre de manière originale et ont évité le principal écueil de tout biopic : un récit linéaire qui reprend étape après étape les grands moments de l’existence du personnage principal, de façon paresseuse et sans aucune surprise. « La Passion Van Gogh » raconte donc la vie de l’artiste néerlandais par petites touches, au gré des souvenirs des différentes personnes qui l’ont rencontré de son vivant.
Les réalisateurs réussissent ainsi à dépeindre les sentiments et les pensées du peintre, que l’on découvre ultra sensible et fragile. On accède de la sorte à l’être intérieur de Van Gogh, et même, tout simplement, à son âme. « La Passion Van Gogh » n’est donc pas seulement une prouesse technique, c’est aussi l’un des meilleurs films réalisés sur Van Gogh, aux côtés du court métrage « Van Gogh » de Resnais, de « La Vie passionnée de Vincent Van Gogh » de Vincente Minnelli ou encore du segment des « Rêves » de Kurosawa consacré à l’artiste tourmenté.
« La Passion Van Gogh » est tout sauf aride, c’est un long métrage passionnant, que l’on finit par trouver bien trop court tant il a de choses à raconter. Il s’agit pour moi de la plus grande réussite de ce film : rendre un bel hommage au peintre tout en permettant au public de rentrer au cœur de son œuvre, en comprenant mieux le monde intérieur qui les a fait naître. Le passage sur la série des tournesols, par exemple, est à la fois didactique et extrêmement touchant en ce qu’il révèle la profondeur et la méticulosité de l’art de Van Gogh, tout sauf un peintre uniquement visuel. Car Van Gogh était un véritable mystique, oscillant entre passion, lucidité et folie. Un être démesurément humain et terriblement touchant.
Évidemment, je ne peux pas finir ce texte sans évoquer l’aspect visuel de ce long métrage. Si la qualité de son écriture relègue presque son esthétique au second plan, un comble au vu du résultat pictural tout bonnement bluffant, on ne peut s’abstraire de ces images dont on a tous rêvé. Se plonger dans les peintures de Van Gogh, faire revivre les personnages, l’arrière plan, la ville et les champs, bien des artistes, réalisateurs notamment, l’ont tenté, avec succès d’ailleurs. Mais là une autre dimension est franchie avec l’aspect totalement immersif de ce long métrage. En fait, le film se compose de deux styles graphiques : principalement celui de Van Gogh, pour représenter le présent, et un style crayonné en nuances de gris pour figurer le passé, lors de flash backs.
Une majeure partie du long métrage reprend donc le style de Van Gogh, et c’est un vrai régal. L’animation est d’une grande qualité, et les tableaux du peintre prennent vie sous nos yeux, dans un magnifique ballet de formes et de couleurs. Les jaunes, les bleus, les ocres, tout cela semble danser devant nous, comme si les tableaux étaient des personnages à part entière. C’est une autre façon de les regarder et de les transmettre aux générations futures, par l'entremise du cinéma.
Fort de nombreuses qualités, « La Passion Van Gogh » constitue une véritable plongée dans l’œuvre intense et si belle du peintre hollandais, qui ne laisse pas indifférent. Une ballade à la fois onirique et charnelle, nous faisant mieux comprendre qui était réellement Vincent Van Gogh. En somme, un film éminemment recommandable pour tous les amoureux de son art.
Un véritable bijou d’animation portée par une distribution de très haute qualité. On a l’impression d’être dans une toile de Van Gogh tout le long du film...quel beauté !
Beau film d'animation (anglais et polonais). Une partie de la vie de Vincent Van Gogh racontée, dessinée, peinte à la manière et dans le style du grand peintre. Originalité donc dans la démarche artistique, et c'est assez réussi techniquement et il est agréable de voir "vivre" certains tableaux très connus. Le scénario n'est pas non plus inintéressant, c'est une sorte d'enquête sur la fin de vie du peintre. Résultat donc d'un énorme travail d'animation, le film recèle vraiment une qualité intrinsèque, bel accompagnement musical.
Ce n’est certes pas la première fois qu’un film est dédié à Vincent Van Gogh...mais c’est la première fois qu’il se présente sous une forme aussi originale : artiste complexe et secret, considéré comme un marginal sauvage, éventuellement dangereux, par ses contemporains, seule sa correspondance avec son frère et ses oeuvres constituent aujourd’hui un sas d’accès à sa vie intérieure. Sa mort dans des circonstances troubles, le 29 juillet 1890, n’a jamais été réellement élucidée, et de nombreuses théories ont fleuri au fil des décennies. C’est l’un des ces théories que ‘La passion Van Gogh’ se propose de revisiter, grâce à un jeune homme, fils du facteur avec qui le peintre avait noué des relations d’amitié, qui se voit chargé de remettre à Théo van Gogh l’ultime lettre de son frère, et qui rencontrera au passage tous les membres de la société d’Auvers-sur-Oise qui avaient côtoyé le peintre au cours de ses ultimes semaines. Le résultat aurait pu devenir une enquête passionnante mais n’excède jamais le niveau d’un de ces documentaires informatifs austères que les insomniaques peuvent dégotter sur Arte au plus profond de la nuit. C’est que la réalisatrice Dorotea Kobiela, diplômée des Beaux-Arts et son mari en charge du script vénèrent peut-être Van Gogh mais que leurs statuts respectifs de réalisatrice de courts-métrages et de producteur ne les ont sans doute guère armés aux contraintes du Long. C’est d’autant plus regrettable que la particularité artistique du film, et l’ampleur du travail que ce choix a réclamé, ne peuvent que susciter une admiration absolue : après le tournage avec de véritables acteurs, près de 80 artistes ont re-dessiné et peint un à un les 62450 plans du film selon le procédé bien connu de la rotoscopie mais exclusivement dans le style et l’esprit des oeuvres de Vincent Van Gogh. Pendant une heure trente, on plonge ainsi dans l’univers pictural de l’artiste, à travers les paysages urbains, domestiques ou campagnards d’Auvers-sur-Oise qu’il a si souvent représenté mais qu’on observe ici sous d’autres angles et d’autres points de vue. On se retrouve donc face à un des films d’animation les plus ambitieux de ces dernières années mais le nombre restreint de cadres différents - on passe sans cesse du bistrot à la maison du docteur Gachet avec un détour par l’église ou la rivière - ne parvient jamais à faire tout à fait oublier le relatif amateurisme du scénario.
La fin de vie de Vincent se raconte comme un mystère criminel que le personnage principal déduit par inadvertance dûe à l'intrigante histoire. Bien fait et belles peintures. Un bel hommage.