Derniers Avis : Meurtre d'un bookmaker chinois - Page 3
Meurtre d'un bookmaker chinois
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AlexTorrance
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3,5
Publiée le 18 août 2012
Les années 70 représentent la décennie que je connais probablement le moins, cinématographiquement parlant. La ressortie des films de John Cassavetes était donc une occasion en or. Après coup, on ne met pas longtemps à se rendre compte qu'un long-métrage comme Meurtre d'un bookmaker chinois (et peut-être même tout le cinéma de Cassavetes) a très certainement eu de nombreuses répercussions sur Scorsese ou Ferrara (particulièrement sur son Go Go Tales). Pour sûr, les scènes de mafioso qui composent une certaine partie d'une film sont généralement riches en péripéties et, osons les grands mots, sont parfaitement maîtrisées. Hélas, c'est ailleurs que les failles se trouvent. Dans le calme. En effet, l'ensemble souffre d'un manque de rythme suffisamment présent pour être non-négligeable. Par ailleurs, le manque de rythme aurait pu s'avérer fatal sur la durée, si le film ne disposait pas d'un tel charme seventies, ainsi qu'une telle galerie de personnages, hauts en couleur et soit attachants, soit détestables. Naturellement, c'est avant tout au regretté Ben Gazzara que revient une grande part du mérite, dans la peau de cet infortuné de la vie qui, pourtant, n'a de cesse de s'accrocher et fini par être mêlé à la pègre, contre son gré. Une interprétation respectable pour un personnage aux multiples visages, qui surprend de bout en bout, notamment dans un jeu du chat et de la souris empli d'un suspense haletant. Fabuleux moment de cinéma qui tire visiblement son inspiration des grands films noirs d'Hollywood. Par conséquent, c'est dans le récit de cette descente aux enfers, ponctuée par un fantastique retour à la vie - l'accès à la maturité -, et à un discours final poignant de la part de ce protagoniste fort charismatique, que Meurtre d'un bookmaker chinois trouve tout son intérêt, et parvient ainsi à faire oublier les quelques longueurs qui ont précédé ces moments de gloire. Autrement, on pourra retenir une bonne bande-originale, un jeu de lumière très poussé - qui peut alterner entre les spots et paillettes du cabaret à une obscurité étouffante au coeur d'une voiture -, et un scénario bien ficelé. En clair, les éléments qui constituent un bon film sont présents et on ne regrette que les temps morts entraînés par les choix de mise en scène de Cassavetes.
Coup de maître, pure merveille de cinéma, chaque plan est un bijou, absolument exemplaire, les fameux cadrages hasardeux touchent au miracle visuel et font mouche, jusqu'au moindre reflet de couleurs, éclats de lumières drapés d'ombres, ténèbres quasiment abstraites dans certaines scènes géniales tant on ne voit rien : on distingue les contours des visages dans la voiture mais on ne voit pas les expressions, pas les bouches : la voix donne les indications, le trajet, la méthode... et après le meurtre, la poursuite dans le garage labyrinthique, peint en blanc, comme un pendant lumineux... éclipse de Cosmo VITELLI soudainement invisible, introuvable, disparu... planqué dans l'ombre. Un chef d’œuvre quoi
Un très grand film, réalisé par John Cassavetes qui est certainement l'un des meilleurs réalisateurs de l'histoire du cinéma. Film sur l'art, la vie, la mort, la société, l'amour et d'autres thèmes encore... Film de grande classe qui marque longtemps après son visionnage. En observant les différentes pages du livre, je constate avec étonnement que l'on parle de "Meutre d'un bookmaker chinois" comme d'un thriller, d'un film noir... Alors qu'il me semble que le thème principal du film est la passion, la passion d'un homme pour son art. Capable de tuer pour le préserver, capable de se laisser mourir. Le meurtre en lui même ne dure pas longtemps, et il est même accompagné d'un coup de fil de Gazzara à sa boite. Cassavetes filme, comme à son habitude, l'homme fatigué. Fatigué dans ce monde dominé par l'argent (un acteur dira "l'argent est le Dieu suprême), les pulsions sexuelles, la corruption. Ainsi en réaction face à cela, Gazzara fait de l'art; à partir d'une simple boite de strip tease. Il met en scène tous les numéros avec une grande implication, avec un amour intense. Et cet amour que la caméra de Cassavetes traque à travers le meurtre du bookmaker chinois. Son art lui permet de retrouver sa liberté perdue et ainsi de vivre réellement. Gazzara, qui signe une prestation incroyable dans le film, ne semble pas réellement être un personnage réel, dans le sens où ses sentiments ou ses pensées peuvent conduite à l'étonnement. En effet, il n'est pas triste en tuant et il ne semble pas avoir peur d'être tué. Certainement, qu'appart sa boite, il ne tient pas à grand chose. Il ne tient peut être même pas à la vie. Concernant la mise en scène de Cassavetes : elle est flamboyante. Flamboyante déjà pour la prestation de Gazzara mais pas seulement. Chaque plan est magnifique. La gestion du mouvement est originale, aboutie et émouvante. La musique est de qualité et est bien utilisée. La conjonction des différents éléments offrent des séquences d'une beauté incontestable comme l'audition de la serveuse ou (la plus belle) celle ou Gazzara redonne l'envie à sa troupe. En conclusion, "Meutre d'un bookmaker chinois" est un film complet, vaste et qui conserve un grand mystère. A voir et à apprécier pour ceux qui savent regarder. (15.5/20)
John Cassavetes se lance dans le film noir mais s'intéresse plus à son personnage principal qu'aux rebondissements de l'intrigue. En effet filmé par un autre le scénario donnerait naissance à un film complètement différent mais comme à son habitude, c'est une très belle étude de caractère que nous offre le cinéaste permettant à Ben Gazzara de trouver un rôle fabuleux en la personne de Cosmo Vitelli, patron d'une boîte de strip-tease minable criblé de dettes à qui on propose de tuer un bookmaker chinois (d'où le titre) pour les effacer. Mais évidemment les gangsters ne vont pas s'arrêter là... La suite on s'en moque finalement tant Gazzara est fascinant en loser invétéré, ambitieux mais incapable de réaliser ce qu'il veut faire. Son secret est de faire semblant d'être un autre pour plaire au public et la magie opère malgré des moments de numéros souvent trop longs. Mais la façon de filmer de Cassavetes est très belle et réaliste, ne nous épargnant rien de la ville telle qu'elle est : immensément glauque.
Un film noir de John Cassavetes qui ne remplit pas tout à fait le cahier des charges au profit d'une fabuleuse étude de caractère, portée par le chaleureux Ben Gazzara (son monologue final est bouleversant), proche du réalisateur dans son indépendance presque insolente.
J'avais déjà vu "Opening Night" de John Cassavetes qui m'avait beaucoup déçu par la lenteur des scènes et la monotonie des personnages et du scénario. Dans Meutre d'un Bookmaker Chinois on reconnait le réalisateur par la façon de filmer, les scènes avec des plans fixes. Mais j'ai vraiment apprécier ce film, le réalisateur place en avant la boite de nuit et l'attachement qui la lie à son patron.Cet homme passionné qui tombe contre son grès dans les griffes de la pègre. A voir par un public averti.
John Cassavettes en a réalisé des films déroutants,celui-ci ne fait pas exception à la règle.Sa méthode va ici un peu trop loin:le refus de démontrer quoi que ce soit s'apparente à du non-cinéma.Chiche en moments de vrai cinéma.Une sorte de polar philosophique saisi au vol par une caméra baladeuse et volontairement imprécise.Une forme pas vraiment attirante,que la langueur asphyxiante n'arrange pas.Mais,si l'on y regarde d'un peu plus près,tout n'est pas à jeter.Il faut gratter derrière les apparences.Atmosphère d'ambiance des clubs enfumés de Los Angeles,pègre,poker,pièces closes.Loin du glamour habituel,mais plutôt réaliste.Ensuite,il y a le parcours d'un gérant de club de seconde zone.Pathétique,hors des réalités,son existence se limite à jouer le Pygmalion pour des effeuilleuses.Envers et contre tout,il reste moral,jusqu'à ce que cette position ne soit plus tenable.Il y a bien sûr un écho à Cassavettes lui-même,figure paternelle entourée d'une troupe,avec un budget réduit.Ben Gazzara est attachant,avec son air d'oiseau tombé du nid et son regard doux."Meurtre d'un bookmaker chinois"(également nommé "le bal des vauriens")est un incompris car non partageur.Du gâchis.
Je retrouve ici le style de John Cassavetes que j'affectionne. scènes intimistes, tremblements de caméra assumés, plans serrés sur des détails, jeux d'ombres, etc. Cette façon de filmer donne littéralement vie aux différents personnages. Toutefois, Cassavetes alterne les plans réussis avec d'autres plus hasardeux, inutiles, ou incompréhensibles. Les premières scènes montrant Ben Gazzara en nouveau nabab, ne sont pas les plus réussies. Le scénario est sombre, bien rendu, mais un peu trop simpliste à mon goût. Quand au rythme, qui est haché, ce n'est pas la plus grande réussite du réalisateur. Du bon et du moins bon, donc. Un film fait de charme, de sensualité, mais parfois un peu déroutant, et qui ne tient pas toutes ses promesses.
Un excellent scénario, d'excellents acteurs, une ambiance magnifiquement rendue, caméra à l'épaule... Mais encore trop de longueurs de la part de Cassavettes, dans un style tout 70's. Les séquences de shows sont bien rendues mais interminables... Dommage que le tout manque de punch !
Pas vraiment un film de gangster ou polar plutôt un drame se déroulant dans le Los Angeles des boîtes de strip (salles obscures, alcool, filles nues et bars, un milieu que j'adore au cinéma). Peu de scènes d'action le centre du film est le personnage de Cosmo Vittelli (Ben Gazzara) que l'ont voit déambulé.
"Qu'est ce que t'as contre les nichons ? ...Vive les nichons !" Grand film qui déroge à toutes les règles habituelle du film noir. Cassavettes s'intèresse surtout à l'atmosphère dans ce night-club tenu par un Ben gazzara amusé et désabusé. fluide, une facon de filmer les corps, les silhouette originale, par de longs plans désaxés, les moments du film ou il se trouve parmi ses danseuses sont formidables de décontraction. L'histoire est assez cruelle, mais pour cassavettes, le spectacle doit continuer, à l'image du dernier plan...
Un grand film noir, dans lequel Gazzara exprime tout son talent. Résolument grave dans tous les domaines, de l'atmosphère générale aux personnages. Les plans, somptueux, donnent une sensation de vertige au spectateur. Une référence.
Frère "Losangelesien" de "Panique à Needle Park", le chef-d'oeuvre crasseux de Cassavetes en possède la force et le désespoir, même si le Californien préfère faire tomber les puissants minables. La scène où Gazzara regarde seul une danseuse s'exhiber devant lui ainsi que le meurtre proprement dits sont à elles seules des monuments.
remarquable de naturel et de simplicité,"meurtre d'un bookmaker chinois"est un film d'ambiance(Crazy Horse W,pègre,jeu) juste et prenant par l'humanité des personnages notamment. Ben Gazarra y est admirable et ses "filles" très sexy.