Les Gardiennes
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218 critiques spectateurs

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Yves G.

1 846 abonnés 4 021 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 décembre 2017
Pendant la Première Guerre mondiale, tous les hommes sont au front. Veuve, la cinquantaine, Hortense (Nathalie Baye) doit faire front pour diriger la ferme. Elle ne peut guère compter que sur l'aide de son frère et de sa patte folle, et de sa fille Solange (Laura Smet). La vie s'écoule, ponctuée par les saisons et les permissions des hommes : Constant, l'aîné, instituteur, Clovis, le gendre, époux de Solange, Georges le benjamin. Pour se soulager, Hortense recrute une journalière, Francine (Iris Bry), qui tombe amoureuse de Georges et vit avec lui une brève idylle. Mais Georges est promis à Marguerite, la fille que Clovis a eu d'un premier lit.

"Les Gardiennes" est l'adaptation fidèle d'un roman de Ernest Pérochon publié en 1924. Pérochon fait partie de ces écrivains jadis célèbres et tombés dans l'oubli. Il obtint le Goncourt en 1920, un an après Marcel Proust. Comme Pergaud, comme Fournier, il était instituteur. Comme Genevois, comme Dorgelès, la toile de fond de ses romans était la Grande guerre. Mais, dans Nène (le prix Goncourt 1920) ou dans Les Gardiennes, il ne parle pas des combats. C'est la France rurale qu'il décrit, une France qui continue à vivre, tant bien que mal, malgré la guerre et les hommes absents.

Xavier Beauvois tente un sacré pari en adaptant un roman aussi démodé. La première heure du film pourrait laisser penser que le pari sera perdu. On peine à s'intéresser à la vie sans lustre de cette famille recomposée. On échoue à comprendre le fil de l'intrigue. On voit bien la part de documentaire qu'il recèle - les femmes parviennent à prendre en charge les travaux des champs en utilisant les techniques modernes (le tracteur, la moissonneuse-batteuse) mais elle ne réussit pas vraiment à nous tenir en haleine. Puis, avec l'arrivée de Francine (lumineuse Iris Bry dans son premier rôle) tout s'aimante. La vraie personnalité de Hortense se révèle. Le récit se tend jusqu'à son dénouement aussi logique qu'inattendu.

Il faut avoir le courage de prendre à bras-le-corps ce grand beau film de deux heures vingt qui n'est pas sans rappeler les grandes adaptations des romans victoriens de Thomas Hardy : "Tess", "Jude", "Loin de la foule déchaînée"... Pas sûr qu'il trouve son public. Dommage.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 décembre 2017
Quel film moderne !

Bien sûr, certains se gausseront de cette introduction et s'étonneront : "Est-ce moderne de prendre son temps pour filmer les travaux des champs ?" Et bla bla bla sur les champs de blé, les gros boeufs qu'il faut pousser et l'écoulement des saisons.

Pour ma part, je pense que Beauvois est aussi moderne que Millet l'a été (et je conseille la superbe rétrospective que lui consacre le Palais des Beaux-Arts de Lille). Il est en effet franchement osé en 2017 de filmer tout un film en décors naturels, en respectant les lumières et les saisons, et de proposer une histoire d'apparence classique (mais qui se révèlera pleine de surprises).

Le film s'avère être au final tout autre chose que la sage illustration des bienfaits champêtres : il est avant tout une féroce critique de l'égoïsme commun (on est toujours le pauvre de quelqu'un) et un tableau saisissant de tous les aspects de la féminité.

En plus de ses qualités mélodramatiques (on pense à Bronte, à Balzac), Les gardiennes brille aussi par des atouts plus évidents : on aura rarement aussi bien montré la richesse et la complexité de la vie à la ferme, et les images sont le plus souvent somptueuses. Les actrices sont au top, avec une Nathalie Baye plus forte que jamais. La bande-son est travaillée comme un orfèvre (ah, le crissement des souliers vernis avant la mauvaise nouvelle).

Beauvois filme les paysages comme des visages, et les visages comme des paysages. C'est superbe.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 730 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 décembre 2017
Très beau film dur et délicat en même temps qui magnifie avec une grande émotion le travail de la terre qui continue à prodiguer ses richesses tandis que les hommes meurent.
Les gardiennes sont aussi celles d’un ordre à conserver coûte que coûte: l’ordre moral. Et la guerre change aussi les femmes qui en perdant leurs maris, ne perdent pas leur jeunesse et leur envie de vivre.
Des tableaux parfois muets et d’une grande richesse contemplative.
Très beau.
Clément V.
Clément V.

167 abonnés 10 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 décembre 2017
Les images et costumes sont magnifiques, le jeux des acteurs est plutôt prenant. L’histoire est racontée tel des tableaux au fur et à mesure des saisons.

!!!! Mais d’une lenteur absolue !!!!
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 7 décembre 2017
Film très attendu pour ma part. Après l'accident industriel qu'a été “La rançon de la gloire“ Xavier Beauvois revient au naturalisme historique et c'est tant mieux. Faut dire que la satire, ce n'était sans doute pas son domaine. Et que le réalisateur “Des hommes et des Dieux“ avait besoin de quelque chose qui lui convient mieux. La mise en scène de Xavier Beauvois peut à nouveau ici exprimer toute sa puissance. La justesse de l'écriture aussi. Ces hommes broyés par l'absurdité de la guerre et qui reviennent épisodiquement comme des fantômes... Ces femmes qui doivent travailler deux fois plus dans une solitude et une rudesse d'une autre époque... Il y a beaucoup de moments forts, de moments secs, qui rendent parfaitement avec la dureté du récit. Néanmoins, quelques longueurs rendent la fin du récit erratique. Le film aurait dû être amputé de 15 minutes selon moi, trop de pauses, qui font retomber l'émotion ou la tension dès qu'elle surgit... A voir malgré tout.
velocio

1 538 abonnés 3 500 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 décembre 2017
Depuis 2010 et "Des hommes et des dieux", Grand Prix du Festival de Cannes 2010 et César du meilleur film français l’année suivante, Xavier Beauvois s’est montré davantage présent comme acteur que comme réalisateur. Sorti en janvier 2015, son sixième film, "La rançon de la gloire", n’avait reçu qu’un accueil mitigé. Voici le 7ème, "Les gardiennes", première adaptation d’un roman par le réalisateur, premier tournage en numérique.

Le travail effectué par les femmes durant la première guerre mondiale, c’est, entre autre, ce que nous montre Xavier Beauvois dans "Les gardiennes", adaptation très libre du roman homonyme de Ernest Pérochon, paru en 1924. Ce film nous conduit dans une famille en charge d’une ferme dans le Limousin. Hortense, la doyenne, est la mère de 3 enfants : sa fille, Solange, ne pourra jamais avoir d’enfant, mais Clovis, l’homme qu’elle a épousé, avait eu une fille, Marguerite, de son premier mariage ; Constant est instituteur et c’est avec le grade de lieutenant qu’il combat dans les tranchées ; Quant à Georges, le plus jeune, il considère Marguerite comme sa petite sœur, ce qui n’empêche pas cette dernière d’être amoureuse de lui. Ces 3 hommes ont été réquisitionnés et ils ne reviennent que de temps en temps, pour de courtes permissions. D’où la nécessité, pour Hortense, d’engager une jeune fille pour aider aux divers travaux de la ferme : c’est Francine, 20 ans, qui vient de l’assistance publique.

Si le film consacre donc beaucoup de temps à dépeindre la vie à la ferme dans ce début de 20ème siècle, avec de belles images inspirées par Millet et Courbet, il raconte aussi les drames vécus par la famille, l’amour qui nait entre Francine et Georges, l’absence du mari qui trouble certaines femmes, le poids des rumeurs dans un petit village, l’injustice que peut commettre une mère pour sauver la réputation de sa fille. De ce beau sujet, Xavier Beauvois a fait un film esthétiquement très réussi mais qui glisse parfois dans le pathos et qui manque de temps en temps de vivacité et de chaleur humaine. En vérité, pour son premier film tourné en numérique, le réalisateur est malheureusement tombé dans le défaut provenant des nouvelles conditions économiques générées par cette technique : le film trop long !

On connait depuis longtemps les qualités de Xavier Beauvois. C’est sans doute pourquoi on peut avoir tendance à se montrer plus sévère avec lui qu’avec des réalisateurs dont on attend moins. Toutefois, ce n’est pas être particulièrement sévère que d’avoir tendance à renâcler devant certaines longueurs de ce film, par ailleurs fort estimable. Et puis, est-ce être sévère avec Nathalie Baye que de lui reprocher le retour de certains tics qu’on pensait avoir été définitivement gommés dans son jeu ?
Yves 4.
Yves 4.

123 abonnés 642 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 décembre 2017
superbe film , la France d'antan , voir certains métiers totalement disparu aujourd'hui.
Le drame de la guerre , l'absence des hommes , l'annonce de la mort au front , la loterie quotidienne de la grande faucheuse.
Patrice M
Patrice M

7 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 avril 2018
Les injustices de la guerre ne sont pas uniquement où le spectateur peut le penser ... ! Ce film nous l'apprend. 2 remarquables gardiennes à moins qu'elles ne soient 3, 4 ou davantage.
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