Un film de mouture assez classique , dans la veine historique , mais le personnage principal est intéressant, et le milieu de la cour royale bien décrit . Un bon rythme, on suit avec plaisir; Et Gérard Depardieu est excellent .
Pour les costumes et les décors, les feux d'artifice et le portrait d'une cour comme on ne l'a jamais vu à l'écran je mets superbe! Malheureusement le scénario reste un peu mince malgré quelques lignes magnifiques sur la véritable quête de Vatel (quand il répond à Condé). Mais comment traiter de la futilité d'une époque, de la méchanceté d'une cour et de la problématique des fêtes somptueuses (à cette époque) dans un même scénario?Est-ce un mauvais sujet de film? peut-être si on ne peut transcender la réalité. Aussi comment ne pas se demander si un scénario aussi mince n'est pas le reflet d'une époque qui finalement était bien “petite” malgré toute sa grandeur? Les scénaristes sont piégés dès le départ alors cette mise en abîme scénaristique était peut-être une solution ? À moins de trahir l'Histoire avec un grand H? Donc difficile de faire mieux sur un sujet aussi mince? Je donne ma langue ou ma plume au cuisinier.
Un casting singulier pour son mélange de noms américains et français, avec en tête le désormais mal-aimé Gérard Depardieu et la magnifique Uma Thurman. En plus de ça les acteurs collent très peu avec la réalité physiquement. Encore plus singulier est la manière de filmer de Roland Joffé, avec beaucoup de plans penchés ? Une reconstitution historique globalement crédible si ce n'est quelques erreurs de périodes dans les choix de musiques ou de lieux avec les messages écrits en anglais alors qu'on est en France. On altene musique baroque avec le thème musical d'Ennio Morricone plutôt cool et pourtant assez méconnu. Le sujet de l'œuvre : François Vatel, grand nom de la gastronomie française (inventeur de la chantilly entre autres), artiste auprès de Louis XIV, qui nous en met plein la vue avant de finir d'une manière tristement célèbre, tout cela sur fond de romance à priori fictive et improvisée, le personnage joué par Thurman n'ayant, il me semble, pas existé. Tout ça est saupoudré d'un humour grinçant et satirique, pour aboutir sur un final tragicomique et l'ironie du sort qui vient ensuite spoiler: (les poissons finissent quand même par arriver) . La lettre qui précède le générique de fin achève de rendre le drame final brillamment ridicule. Le vrai défaut du film : sa trame qui tient en deux lignes.
Que dire ? C'est sûr que le budget "costume" force le respect. Mais dans le genre "plus j'en fais trop, plus j'en fais encore plus", on atteint le comble de l'indigestion.
Depardieu surjoue au-delà de tout, sans qu'on puisse croire que c'est un parti-pris. Il en fait des tonnes, quoi. Arielle Dombasle en fait des tonnes, le scénario en fait des tonnes (deux moment d'anthologie dans le ridicule : Vatel inventant la Chantilly - fou rire -, Vatel refusant de devenir le mignon d'un marquis poudré - consternation.
Bref, l'ensemble est lourd, la morale est douteuse et ce n'est même pas drôle...
Le cinéma a souvent traité l'époque de la royauté ou encore plus précisément du Roi Soleil: Louis XIV; mais jamais en prenant le parti de nous conter son histoire via l'intendant d'un prince. Ce prince est en difficulté financière et invite le roi, trois jours durant, en son honneur pour tenter de retrouver une crédibilité et donc une avance pécuniaire du roi.Roland Joffé nous offre alors toutes les partitions qui font la renommée de l'époque; les gens du peuple se démènent pour permettre à cette haute bourgeoisie de vivre entre enfantillages et batifolages, qui font les principaux ingrédients des diverses intrigues "amoureuses" de la cour...Mais lorsque la caméra se pose sur l'intendant, Vatel, alors tout devient magie et poésie, tant la conception de chaque met nous est offerte avec délectation. Gérard Depardieu incarne cet intendant avec une retenue qui sied parfaitement au rôle secondaire du personnage qui malgré son statut, se permet de se rebiffer contre les princes et autres marquis qui tentent de lui dicter une quelconque conduite.Le film se veut finalement une ode à la beauté entre buffets et feux d'artifices.