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Xavier BLANCHARD
29 abonnés
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4,0
Publiée le 17 mars 2025
N. Ayouch nous montre une société marocaine éclatée et violente, sans cohérence, avec une improbable ‘’convergence’’ entre cinq luttes, celle d’un instituteur, Abdellah, pour l’usage de la langue berbère, celle de Salima, superbe citadine, pour être respectée même dans son couple, celle d’Hakim homosexuel décalé, celle de Joe, qui se considère comme un des derniers représentants de la communauté juive marocaine, et celle d’Inès, jeune intellectuelle francophone dans un monde de plus en plus arabophone…
Le film frôle les limites de la cohérence ; les cinq trajectoires personnelles qu’il nous fait partager se situent chacune dans un monde distinct, parallèle de celui des autres. La juxtaposition de plans qui semblent n’avoir aucun rapport entre eux perturbe longtemps le spectateur, au moins à la première vision du film. Ces personnages, qui se croisent en s’ignorant, en ignorant le problème des autres, semblent surtout partager l’ignorance d’appartenir à une communauté de destin, et le doute sur ce destin…
Le cloisonnement et les doutes de la société marocaine proviendraient essentiellement, de façon paradoxale, de la politique d’intégration des minorités lancée au début des années 1980, avec l’arabisation forcée des populations berbères- donc leur acculturation-, accompagnée d’une montée de l’obscurantisme porté par les enseignants salafistes venus de l’étranger…
Malgré la qualité de l’image -très belle lumière, magnifiques paysages, superbe actrice etc.- et le charme de certains personnages (Abdellah et sa femme notamment), on cherche de façon inconfortable le fil directeur.
Si la description d’une société marocaine éclatée est saisissante, la tentative de son explication historique gêne.
Gardons cependant ces deux jolies phrases ‘’Qu’importe la langue si vous leur ôtez la voix. Qu’importe la foi si vous leur ôtez leurs rêves’’…
Vu au festival VISIONS D'AFRIQUE 2018 St Pierre d’Oléron, 17 octobre 2018
Habituellement les films de ce continent nous parlent beaucoup de l' avenir. Ce que fait Nabil Ayouch en allant beaucoup plus loin dans son propos puisque c’est l’histoire du Maroc qui défile à partir d’une petite école perdue dans l’Atlas en 1980, jusqu’aux manifestations de 2015 à Casablanca. Par un subterfuge scénaristique ambitieux, complexe et réussi (il a été co écrit par Maryam Touzani, comédienne également dans le film) le réalisateur dresse un panorama assez tangible d’une société qui tente d’émerger, tant bien que mal, jusqu’alors cloisonnée dans une fausse liberté. L’explosion finale sera-t-elle cette grande fête dans la haute société où chacun trouvera sa place, maîtres et valets confondus ? C’est malgré le chaos qu’elle entraîne, le petit espoir qui semble apparaitre dans le regard du cinéaste. Mais c’est vraiment un petit espoir. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Fresque impressionniste. En écho choral au car qui serpentait déjà entre les montagnes de l"Atlas dans le magnifique Babel d"Iñaritu. Les entrelacs des différents arcs sont ici plus lâches, on se perd parfois, mais l'impression est forte et durable, avec une vraie beauté dans cet hymne à la liberté et les rejets de tout obscurantisme. Sans doute le plus grand film de Nabil Ayouch
C'est presque un regard sociologique qui nous est proposé ici, avec des vrais gens, dans leur sensibilité et leur intimité, une porte ouverte sur le bouleversement amené par la religion et son arrivée au pouvoir. Poignant, inéluctable, superbe, terrible, on assiste, sans pouvoir agir, à l'arrivée du replis culturel. Encore un témoignage sur l'importance de l'émancipation des peuples et la place des femmes
Révélé par l'excellent "Much loved" , le réalisateur Nabil Ayouch nous sert un film superbe sur le Maroc d'aujourd'hui et d'antan à travers les histoires de cinq personnages. Même si l'oeuvre peut sembler confuse au début, la force de ce film est de traiter une multitude de sujets : l'émancipation de la femme, l'homosexualité, l'enseignement en langue berbère ou encore la place des juifs dans la société orientale. C'est un film dont on ne ressort pas indemne par sa force à ne rien nous cacher, quitte à s'attirer les foudres d'un pays partagé entre deux modes de vie. C'est militant et filmé avec justesse.
Entre lutte des classes et recherche de liberté, RAZZIA veut nous présenter un portrait du Maroc actuel. Cette liberté sera cristallisée avec le personnage joué par la sublime Maryam Touzani. Malgré que le film soit assez brouillon dans sa construction, passant un peu aléatoirement d’une histoire à l’autre, il va vous prendre aux tripes. Loin de vouloir caricaturer un pays, cette production franco-marocaine va se cibler sur le mal être de certaines catégories sociales. On pourra y voir un panel comprenant une jeunesse diplômée ne trouvant pas de diplôme et qui est au bord de l’implosion, mais aussi, une jeunesse dorée qui a grandi dans le luxe et l’opulence dénigrant le peuple. Au-delà de ça, le film va aussi s’attaquer à plusieurs sujets de société comme la monté des courants religieux, l’homosexualité ou encore la prostitution. C’est dernier lui ont d’ailleurs valu d’être interdit au moins de 18 ans au Maroc. Un film qui au premier abord pourrait paraitre sombre en dressant un portrait désespéré de la société Marocaine, va avec du recul, nous donner un message d’espoir de jours meilleurs loin de la haine qui montent dans certaines classes du peuple
En observant les tourments de 5 personnages, Nabil Ayouch aborde les maux du Maroc contemporain, la violence d'une société aveugle qui refuse de voir le monde changer. La jeunesse, les inégalités sociales, la difficulté d'être juif, berbère, femme, homosexuel ou juste différent sont abordés dans ce film subtil et poétique.
Le film de l'année, un mix entre BABEL et CORPS ETRANGER, un film grave qui vous prend aux tripes; un film réaliste aux paysages envoutants, entre mer et montagne, qui a le goût du sel de mer et du miel de gommage au hammam; a voir absolument.
Bouleversant. Une société marocaine à l'arrêt confrontée à toutes ses contradictions, excès, extrêmes... Une révolution pour le modernisme ou l'obscurantisme ?
Nabil Ayouch arrive très simplement et avec poésie à dépeindre la société marocaine et critiquer ce qui ne va pas à travers ces 5 personnages tragiques. C'est d'un réalisme assez fou et c'est pour ça que c'est aussi triste ! Des thèmes très importants comme l'éducation, la transmission du savoir, la liberté, les rêves, l'importance d'être ce qu'on veux être librement... Jolie bande son et de bons acteurs notamment. A voir !
Acteurs et réalisation vraiment excellents. Sur le fonds le télescopage entre modernité et tradition est bien traité, même si les sujets autours de la liberté sexuelle sont un peu crus. La beauté des images, la qualité du jeu des acteurs, la musique très réussie donnent lieu à de très belle scènes parfois émouvantes. La fin finalement assez imprévue cloture bien le film. Du très beau spectacle.
Déjà le précédent film du réalisateur était excellent, mais celui-ci le dépasse en tous points. C'est d'une maîtrise incroyable, chaque scène est aux petits oignons. Je crois que tout y passe dans cette description de la société marocaine. Excellents acteurs, excellent scénario, et super prenant. Je ne vois pas comment il pourrait faire encore mieux dans son prochain film vu le niveau atteint.
Ravissant film sur la vie quotidienne au Maroc. Intolérance dans la société, l’intégrisme, dans la famille, l’homophobie, la place des femmes, des hommes... C’est extrêmement bien filmé, les personnages sont attachants. A voir.
Un très beau film, bien documenté, des paysages de rêve marocains, des acteurs bien dans leur peau, un scénario qui ne ralentit jamais voilà un résumé de Razzia. Beaucoup de sujets actuels et brûlants sont évoqués sans fards et sans complexe. Ayoud est un grand réalisateur.