Derniers Avis : La Nuit a dévoré le monde - Page 10
La Nuit a dévoré le monde
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Carlos Stins
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4,0
Publiée le 9 mars 2018
Je n'en reviens toujours pas, je viens de voir un film de zombie français. Je ne pensais jamais écrire cette phrase un jour et encore moins pour dire que j'ai adoré le film en question. Pour son tout premier long-métrage, Dominique Rocher livre une oeuvre captivante et viscérale qui séduira à coup sur les amateurs de film de genre. Mis en scène avec beaucoup de simplicité et en même temps d'ingéniosité, "La nuit a dévoré le monde" est une réussite visuelle de tous les instants. Le cinéaste français utilise à merveille le décor dont il dispose et propose des plans très impressionnants et convaincants d'un Paris dévasté. On peut bien entendu y voir un écho des attentas terroristes qui se sont produits dans la capitale mais, contrairement à George Romero et sa trilogie des morts vivants, ce n'est pas la dimension politique qui intéresse Dominique Rocher mais l'étude de la psychologie humaine. Le long-métrage se révèle en effet être une étude fine et profonde de l'être humain et surtout de sa capacité à gérer la solitude. Sans trop en dire, les scènes d’hallucinations sont extrêmement bien gérées et l'on arrive très facilement à se mettre à la place du personnage principal. Ce dernier est d'ailleurs magistralement interprété par un superbe Anders Danielsen Lie qui porte le film à bout de bras pendant toute sa durée. Certains reprocheront au long-métrage de ne pas renouveler le film de zombies et de rester trop classique mais je trouve pour ma part que Dominique Rocher a investi parfaitement un genre très compliqué pour livrer un film jouissif et en un sens assez novateur. En tant qu'amateur de film de genre, je suis heureux et enthousiaste face à cette nouvelle vague de cinéastes français qui investissent le cinéma de genre comme Julia Ducournau avec "Grave" ou "Revenge" de Coralie Fargeat. Ce sont des projets à encourager pour diversifier la production cinématographique française qui pourrait enfin laisser de la place aux films de genre.
En se réveillant, Sam a une bien mauvaise surprise. La nuit a dévoré le monde le laissant seul, en plein cœur de Paris, dans un appartement assiégé par des zombies peu amènes.
Le film de zombies est un genre cinématographique qui connut son âge d'or dans les années 70 et 80 avant de s'essouffler. Il est revenu en vogue dans les années 2000 avec de vraies réussites telles que "28 jours plus tard", "World War Z" ou "The Last Girl" sans oublier la BD/série "The Walking Dead". Mais dans ce genre, la France est bizarrement absente au point que je serais bien en mal de citer un seul film de zombie français - sauf à rattacher à ce genre l'excellente série "Les Revenants" du désormais célèbre Robin Campillo.
"La Nuit a dévoré le monde" est un film de zombie terriblement français, à sa façon de revisiter ce sous-genre, loin de l'horreur et du fantastique. Je fais d'ailleurs le pari que cela lui vaudra un certaine curiosité chez les cinéphiles étrangers. Même si l'ambiance en est pesante, pas de jump scare, d'éviscération, de course poursuite. Rien sinon la réclusion d'un homme qui tente de survivre en se défendant contre la menace extérieure des zombies qui l'encerclent et à la menace intérieure de la folie qui guette.
Rien de plus difficile que de filmer un homme seul. Faute d'utiliser les mots - ou une voix off qui pèserait des tonnes - le réalisateur est condamné à rendre chacun de ses gestes parfaitement lisibles. Pour faire comprendre l'écoulement du temps, il doit recourir à des artifices : les saisons qui passent, un calendrier au mur. Dominique Rocher et ses coscénaristes peinent à donner du rythme à une histoire qui en aurait eu bien besoin. L'excellent Anders Danielsen Lie ("Oslo, 31 août", "Ce sentiment de l'été") a beau payer de sa personne, on s'ennuie ferme. Et ce n'est pas l'apparition bien tardive de Golfshiteh Faharani qui réveillera le spectateur de l'endormissement dans lequel il avait glissé.
La nuit a dévoré le monde est un zombie domestiqué sans dents, mais moi j'ai voulu une bête affamée qui entre dans ma peau et y rester.
Pas vraiment un film d'horreur, La nuit a dévoré le monde ressemble plus au Seul au monde tourné dans un immeuble. Oui, l'histoire est assez originale et l'acteur principal (Anders Danielsen Lie) fait un bon travail ici mais je préfère mes zombies avec plus de faire, plus de suspense et violence.
Ennuyeux et surtout plein d'invraisemblances, notamment celle de prendre Denis Lavant en figurant de luxe... La DA est belle, mais je me demande s'il en aurait pas fallu une plus cheap, collant aux canons de séries B.
Difficile de faire quelque chose de très original quand on réalise un film de zombies. Difficile de renouveler complètement le regard. Je ne suis pas un amateur de ce genre-là, mais chaque fois que j’ai l’occasion d’en voir un spécimen, j’ai toujours un peu une impression de déjà-vu. D’une certaine façon, quand on a vu un film de zombies, on les a tous vus ! Cela étant dit, il faut être juste et accorder à Dominique Rocher à la fois du savoir-faire et une petite touche de singularité. Qui plus est, c’est Paris qui est ici infesté de morts-vivants qui, comme dans tous les films de ce genre, cherchent à communiquer leur mal à ceux qui sont encore indemnes en se précipitant sur eux pour les mordre. Rien de nouveau de ce point de vue. La petite particularité du film émane de son personnage central, Sam (Anders Danielsen Lie), qui, enfermé dans un immeuble où il s’était introduit à l’occasion d’une fête, s’y retrouve piégé. Le bâtiment est cerné par les zombies et le voilà contraint de survivre dans cet espace réduit en tâchant d’échapper aux attaques. Or, ce qui rend attachant ce personnage, c’est de le voir s’efforcer de préserver son humanité. Il ne cherche pas seulement à subsister en trouvant de la nourriture et en recueillant de l’eau de pluie, il veut aussi et surtout rester un homme à part entière. spoiler: Plusieurs scènes, les plus belles du film, soulignent cet aspect. Ainsi lorsque Sam, ayant découvert des cadavres, s’efforce de procéder à un rituel funèbre plutôt que de simplement se débarrasser d’eux. De même, chaque fois qu’il prend le temps de bavarder avec un des zombies enfermé dans un ascenseur (et joué par Denis Lavant) comme s’il avait affaire à un être humain normal. Cette recherche d’humanité va même jusqu’à un geste de compassion qui est, sans doute, le grand moment du film.
La survenue de Sarah (Golshifteh Farahani), vers la fin de l’œuvre, rajoute encore quelque chose de spécifiquement humain. Elle aussi a réussi à se sauver des zombies, mais en adoptant une toute autre tactique que celle de Sam. Qu’est-ce qui est préférable ? Se barricader dans un immeuble ou courir de toit en toit sans jamais rester longtemps dans le même lieu ?
Hormis ces petites touches d’originalité, le film ne propose que la banalité propre à ce genre. Il y a du sang partout et des zombies à souhait ! Ceux qui veulent frissonner de peur ne seront pas déçus.
La Nuit a dévoré le monde est un film de zombie minimaliste, calme et silencieux, qui s'inspire de ses aînés sans les copier. Dans ses effets horrifiques le long métrage est très classique, et malgré l'accélération de rythme final, ne secoue pas forcément son spectateur. Cependant, la double lecture, celle d'une société dans laquelle l'individu est isolé, ancré dans une solitude malsaine, dans un milieu urbain oppressant, a la recherche d'une échappatoire, est très intelligente.
Excellent film malheureusement présenté dans trop peu de salles : avec peu de moyens, sur un sujet rapidement glissant (les morts-vivants ce n'est pas franchement novateur) il s'articule autour de cette introspection forcée avec un excellent acteur principal, le tout étant fort bien filmé et des décors parfaits... bref très belle découverte !
Un bon film (d’auteur) de zombie qui travail très bien la psychologie du personnage, sa solitude etc. J’ai mis du temps à rentrer dedans et à prendre au sérieux l’histoire (milieu parisien, zombies pas super crédibles...) mais on finit vraiment par être pris. Les acteurs ne sont pas géniaux quand ils échangent ensemble mais une fois qu’on est seuls avec l’acteur principale c’est impec je trouve. Outres quelques défauts, j’aime ce film! Et il faut vraiment aller le voir en salle pour encourager le cinéma français à produire ce genre de films (films de genres): c’est assez rare pour être signalé.
En préférant aller se coucher, plutôt que de participer à la méga-teuf organisée par sa coloc, Sam a échappé au pire. Quand il se réveille, il est un quasi-survivant. Dans l’appartement vandalisé, le sol est jonché de cadavres. Idem dans les autres apparts dévastés de l'immeuble où seul grogne une sorte de Quasimodo coincé dans l’ascenseur. Plus inquiétant encore, quand il regarde par la fenêtre, les rues du quartier sont peuplées de zombies déchiquetés et agressifs, errant dans un paysage apocalyptique. Après cette douce intro, bien trash, Il reste encore une heure de film, pour essayer de comprendre ce qui se passe et comment Sam va pouvoir se sortir de ce piège. Victime d’un vilain rêve ou d’un mauvais trip ? Revanche d’humanoïdes à son attitude individuelle de la veille ? Exercice de survie en milieu hostile ? La conclusion n’est guère convaincante. Avec d’autres amputés sanguinolents et d’autres flots de raisinet, les morts-vivants délivrent un indicible message. L'heure restante paraît longue... Pour son premier film, Dominique Rocher réussit à faire trash et gore à la fois ! Plongeant le spectateur dans des abimes d’horreur et d’improbables métaphores autour de la culpabilité. « Ce qui se produit est cohérent avec la vision du monde du héros », se défend le réalisateur qui assure avoir voulu faire « un film mental et un film de genre ». Soit, mais en dépit des indéniables qualités plastiques du film et un acteur au sommet de l’ambiguïté, La nuit a dévoré le monde est un joli titre pour un contenu littéralement monstrueux.
Derrière ce titre mordant accompagné d’une affiche vertigineuse se cache un film de zombies pas tout à fait comme les autres. Déjà parce que c’est français – sans chauvinisme, ça fait 6 ans depuis la Horde qu’on n’avait rien eu de notable sur le sujet dans nos vertes contrées - ensuite parce que, tout en respectant la majorité des codes du genre, son réalisateur Dominique Rocher a suffisamment d’idées que pour faire du neuf avec du mort.
La nuit a dévoré le monde est une adaptation libre du roman éponyme de Pit Agarmen (anagramme de l’écrivain Martin Page), à la base une sorte de journal de bord d’un survivant misanthrope à une apocalypse mort-vivant enfermé dans un immeuble parisien. Dans la version ciné, pas de journal ni même de voix off pour partager les pensées de Anders Danielsen Lie mais un jeu d’acteur au cordeau sur le rôle de l’écorché vif dans sa prison haussmannienne cernée par les morts que le personnage va devoir s’approprier pour survivre, au péril Z d’abord mais aussi et surtout à la solitude qui vient ensuite. On retrouve un peu de Je suis une légende (et des deux adaptations précédentes d’Omega man) et beaucoup de Seul au monde dans la robinsonnade horrifique en milieu urbain de notre héros.
L’esthétique de l’enfermement est explorée avec soin par un cadrage serré où le hors champs n’est que menace, la caméra sait quand alterner moments de grâce et coup de flippe bien senti. Une certaine science du plan soigné qui fait plaisir et du montage qui fait mouche en coupant trop tôt une ombre qui passe ou en étirant la traversée d’un couloir : classique mais terriblement efficace. Si la découverte de l’immeuble fait penser un moment à Rec, le film trouve vite son originalité en explorant son concept de base jusqu’au bout, mêlant ellipses et délires liés à l’isolation pour imprimer un mouvement constant à son histoire en ligne droite. Angle d’attaque original au film de zombie d’ailleurs, qui propose ainsi de sacrées idées visuelles pour des scènes assez inédites dans un genre dont on pensait avoir déjà fait trois fois le tour, le plus marquant restant toutefois les simples moments de calme où la vile absolument silencieuse devient glaçante.
C’est la force de la nuit a dévoré le monde, sa gestion du vide, le minimalisme du propos, du cadre, de la musique, uniquement diégétique, des enjeux (trouver à bouffer/pas se faire bouffer), où tout ce qui y est introduit prend de suite une importance considérable. S’il manque au film un brin d’originalité, surtout dans son dernier acte, pour se détacher vraiment de ses prédécesseurs, cela ne nous empêchera pas de le conseiller haut et fort aux amateurs et même aux néophytes de l’horreur pour peu qu’ils soient amateurs de propositions de ciné qui savent ce qu’elles font et qui le font bien.
La nuit a dévorer le monde est un film sans prétention, pas destiner au grand public mais en qui sommeille une petite graine. On y retrouve un héros seul face à l'effondrement du monde, face à ses peurs, ses angoisses, sa survie. C'est aussi un film sur notre réaction face à l'inexplicable, que ferait-on à sa place? Dancer, crier, inventer des choses, se laisser mourir? Ce film de zombie qui n'en est pas vraiment un parle surtout de la solitude, pire que la peur de mourir manger, il y a la peur de perdre pied. La bonne surprise de Gerardmer 2018.
Après le script de "dans la brume" qui fut un échec commercial, Dominique Rocher enchaine sur La nuit a dévoré le monde, avec un budget ré-ajusté xD Du coup ça se sent, c'est très cheap, la ou le film pourrait se rattraper grâce a un script qui ne coute pas des millions, il le fait mal, c'est peu immersif et l'acteur principal ne casse pas des briques.. D'ailleurs, pourquoi allez chercher des acteurs a l'autre bout du monde sans talent, alors que c'est facilement trouvable en France.. Et il y en a même quelques un avec du talent. Le real se justifie en expliquant qu'il se sent européen, et qu'il veut des acteurs de toute nationalité. Ok pourquoi pas.. Mais du coup pourquoi ne produit il pas ses films à l’étranger aussi ? Peut être pour profiter du CNC ? Européen mais pas pour tout apparemment. Bref pour en revenir au film, c'est médiocre. 1.5/5
C'est un film de zombies tourné de façon minimaliste. Rien à voir avec Walking dead, quoique, à certains moments... J'ai bien aimé le jeu de l'acteur norvégien Anders Danielsen et toute son ingéniosité pour tenter de survivre. Film vu en avant-première au 35° Festival International du Premier Film d'Annonay.