C’est un film d’animation sympathique que nous propose Pierre Coré. Habitué à écrire des livres pour enfants, il a décidé de s’essayer aux films d’animations, et c’est un pari réussi ! S’il aura fallu 14 scénarii différents avant que la version finale de Sahara voit le jour, l’attente est amplement justifiée par la beauté des graphismes et de l’histoire, traitant de sujets d’actualité comme le racisme et l’exclusion. Un bon moyen d’aborder ces thèmes pour les enfants.
L’histoire nous plonge en plein coeur du Sahara, nous présentant deux espèces de serpents. L’une vivant dans les sables, l’autre en oasis. Un sableux (doublé par Omar Sy) va faire la rencontre d’une serpent d’oasis (doublée par la chanteuse Louane). Suite à la capture de celle-ci par l’Homme, le sableux par à sa recherche, accompagné de deux acolytes. Un Roméo et Juliette revisité, prenant la tournure de road movie.
Nous ne jugerons pas le jeu d’acteur, ni le doublage. Nous remplacerons ce critère par les graphismes. Et ce film est juste magnifique. Les émotions et expressions des personnages sont très bien représentées à l’écran. En même temps, Pierre Coré était obligé de styliser au maximum ses dessins : on parle d’anti héros (des serpents), et on s’adresse aux tout petits. Il est donc normal d’avoir travaillé les personnages pour qu’ils paraissent le plus gentil possible.
Le scénario est à double visionnage. Les enfants comprendront une histoire tandis que les adultes verront les métaphores qui planent autour des dialogues, et comprendront les références. Comme dit précédemment, c’est un road movie, donc on ne s’ennuie pas et on se demande toujours sur quoi nos protagonistes vont tomber ! C’est donc un dynamisme qu’on appréciera.
L’ambiance est au rendez-vous. Aidée par les graphismes, elle plonge le spectateur en plein désert, le faisant voyager de dunes en dunes, de grottes en grottes, de paysages en paysages.
Quatre critères réussis. Un gros bémol, un gros coup de gueule : la bande originale. Si la musique composée reste passable, la playlist est incompréhensible. Pourquoi choisir des chansons anglophones pour un film franco-canadien qui est de plus regardé par un jeune public qui ne comprendra pas les paroles en cohésion avec la scène ? La question se pose !
En tout cas, à Cine B[rec], on a passé un très bon moment, et on le recommande pour vos petits loups !