Taylor Sheridan passe à la réalisation en portant pour la première fois à l’écran l’un de ses scénarios. En effet, l’homme est connu pour être à l’origine des histoires de deux des meilleurs polars de ces dernières années : les impeccables et magistraux « Sicario » et « Comancheria ». De son propre aveu, ces deux films et le présent «Wind River » forment une trilogie sur les frontières américaines actuelles, qu’elles soient géographiques, territoriales ou mentales. Dans tous les cas, cet homme est à l’origine de trois œuvres prenantes, haletantes et écrites avec maestria. Ici, loin de la chaleur étouffante du Nouveau-Mexique ou du Texas, on plonge à contrario dans les plaines glacées du Wyoming en pleine réserve amérindienne. Un décor qui tranche radicalement avec les précédents et qui est pour beaucoup dans la réussite du film et sa singularité. Une singularité qui était également pour beaucoup dans la réussite de « Frozen River » ou « Winter’s bone », des polars s’inscrivant dans un contexte similaire de paysages glacés et de réserve indienne.
L’intrigue de « Wind River » est davantage policière que ses aînés (à l’écran) puisqu’elle prend pour pilier le meurtre et le viol d’une indienne. Si la résolution semble secondaire aux yeux du réalisateur, les indices s’égrénant mollement, on est tout de même curieux de connaître le ou les coupables. Et la réponse à tout cela nous vaudra deux scènes éprouvantes et particulièrement réussies. D’abord un flashback douloureux puis ensuite une fusillade imprévue et pétaradante qui nous colle à notre siège. La réussite du film tient également à l’association de deux comédiens déjà vus ensemble dans l’univers Marvel puisqu’ils interprètent Hawkeye et la Sorcière rouge. Il est n’est pas la peine d’insister sur le fait qu’on préfère les voir ici où ils ont bien plus à jouer. Jeremy Renner nous montre enfin qu’il sait ne pas être transparent et livre une prestation toute en nuances et en fêlures assez mémorable. Quant à Elizabeth Olsen, elle confirme tout le bien que l’on pense d’elle.
La catharsis de cet agent des eaux et forêts joué par Renner qui accepte d’aider cette jeune agent du FBI dans une enquête si particulière est finement amenée ; cela constitue le surplus d’émotion d’un film qui sait jouer entre le suspense et une dramaturgie plus fouillée qu’elle n’y parait. Outre ce drame familial, le sort des indiens d’Amérique est admirablement évoqué en filigrane. Entre une culture bafouée et une jeunesse qui a l’impression de ne plus avoir de territoire, Sheridan force le respect. Et c’est peut-être le versant le plus intéressant du film tant l’aspect policier semble caduque, un peu trop peut-être. L’avancement de l’intrigue, parfois un peu nonchalante, et une abondance de zones d’ombres le laissent à penser en tout cas. Moins définitif que « Sicario » et moins atypique et nostalgique que « Comancheria », « Wind River » est le moins réussi des trois et souffre peut-être des débuts hésitants d’un excellent scénariste derrière la caméra. Il n’en demeure pas moins un bon morceau de cinéma.
Taylor Sheridan est l’auteur de ce qu’il aime appeler « la trilogie des frontières » avec « Sicario » et « Comancheria ». Ayant laissé la mise scène à d’autres réalisateurs sur les deux précédents films, il prend en main ce dernier « chapitre », « Wind River ». Seconde réalisation pour cet acteur-scénariste-metteur en scène, après l’étrange, malsain et plutôt mauvais « Vile » (2011), Taylor Sheridan verse ici heureusement dans un autre registre (les deux films sont méconnaissables). Ici encore le prétexte du thriller policier, superbement mené dans son classicisme (fin prévisible mais le propos est ailleurs), Taylor Sheridan maîtrise une certaine image figurative, certes parfois trop appuyée, mais joliment référencée. Il y a une portée symbolique tout au long du film afin de dénoncer le génocide amérindien, certains trouveront le trait forcé, trop appuyé, mais la composition du récit et sa captation sont efficaces. Les séquences « d’action » comme les moments plus intimes s’inscrivent dans un classicisme assez épuré afin de laisser plus de place à un constat culturel et historique de l’Amérique actuelle. En dénote cette séquence de fin, très bien écrite, où quand le spectateur trop habitué à un dernier twist final pour le genre, n’a qu’à se laisser porter par le sous-texte principal du film. Jeremy Renner, rugueux et froid comme les roches du Wyoming y trouve probablement son plus beau rôle à ce jour, ne surjouant jamais dans un rôle difficile, et parfois interprété avec beaucoup trop de stéréotypes. Idem versant mise en scène quand Sheridan tente d’éviter tous les poncifs du genre (scènes d’action pour/à « gogo », effets « pyro-épileptiques »), les rares séquences de fusillades du film font note d’une tension palpitante. Quant aux personnages, ils sont tous traités avec une certaine subtilité, faite de nombreux petits détails dans leur jeu, comme dans la direction d’acteurs, jusqu’à de simples incursions extérieures qui complètent le tout ; habitudes de vie, vêtements, objets du décor nous en apprennent beaucoup plus qu’il n’y apparaît. En outre, les nappes sonores de Nick Cave et Warren Ellis (déjà à l’œuvre sur « Comancheria », également écrit par Sheridan) sont là pour parfaire l’ambiance et le décorum glacial, blanc et désolé des décors enneigés et de l’ambiance du film. Avec « Wind River » Taylor Sheridan prouve qu’il peut être un intéressant metteur en scène qui sous un aspect premier assez léger, cache avec subtilité une évidence de talent dans sa mise en scène faite de détails minutieux, d’une maîtrise cohérente du sujet qu’il traite orné d’un art du découpage judicieux. Quand plane au-delà de tout cela (comme dans « Comancheria ») la note d’une Amérique oubliée, d’une Histoire non assumée, le résultat est là, fait de la conjugaison de multiples détails. Si « Wind River » s’avère être le moins bon de la trilogie, il s’en dégage une force et un aspect dramatique totalement maîtrisé qu’on ne retrouvait pas dans « Sicario » par exemple. A mi-parcours 2017, difficile d'être affirmatif mais « Wind River » pourrait avoir une place dans notre Top 10 de fin d'année.
Un thriller passionnant et puissant qui fascine tout du long. Une réflexion sur l'Amérique moderne et comment elle peut être perçue aujourd'hui. Un vrai coup de coeur.
Voilà un polar de neige, tourné avec beaucoup de soin, avec un mélange de lenteur et d'action subtilement dosé, et une grande qualité photographique. le réalisateur ne se cantonne pas de filmer, il fait des efforts de caméra, notamment dans un superbe travelling aérien ???? Le scénario n'est pas en reste et la direction d'acteur est élégante, on ne s'ennuie pas une seconde, pas de temps mort, même en lenteur. Les personnages sont nuancés et les amateurs reconnaitront étrangement vieilli, un acteur indien des années 80, que l'on repérait dans les films de genre indien. Cela fonctionne très bien, dans des paysages magnifiques et des acteurs tous plus intéressants les uns que les autres, même si le psychologique reste superficiel, les dialogues donnent quelques leçons de vie (ou tout au moins d'humanité)......Malgré une scène un peu ratée en doublage (la guerre civile entre policiers) , on ne peut finalement rien reprocher à ce film qui nous immerge au cœur d'un splendide Wyoming (avec même des loups)......Mon seul regret sera de ne pas l'avoir vu en V.O......Fortement conseillé
Un combat de tous les instants. Jeremy Renner le mentionne dans le long-métrage, il faut se battre et ne jamais se laisser aller afin de survivre dans un tel environnement. La violence est omniprésente et explose dans le dernier acte, emportant tout sur son passage. On est dans du cinéma à la Sam Peckinpah, sauvage et profondément humain, qui à défaut de réinventer le genre continue toujours de l’emmener plus loin.
Wind river traite d’un sujet délicat qui traite de la maltraitante des femme Americo-indienne. Ce film est tiré d’une histoire vrai et réussi à nous émouvoir de part sa réalisation. Même si la trame reste assez lente, certaines scènes sont marquantes de part côté brutes.
Un formidable polar filmé dans des décors grandioses. Jeremy Renner incarne un pisteur traumatisé par la mort qui va aider une jeune agent du FBI à résoudre un meurtre commis dans une réserve indienne Dans ces paysages enneigés ils vont mener une enquête pour découvrir la vérité. Visuellement ce film est une merveille et le scénario nous tient en haleine. A voir !!
Ce thrilleur neigeux (presqu'un genre en soi, "Fargo" des frères Coen étant le plus célèbre de ses représentants) prend place dans la réserve amérindienne "Wind river" dans le Wyoming. Au-delà de l'affaire menée assez rondement et de sa résolution sans grand suspense, le film ménage des moments de tension assez dingues et les scènes de fusillades impressionnent par leur virtuosité. Les paysages sont superbes et le duo (incarné par Elizabeth Olsen et Jeremy Renner, tous deux parfaits) fonctionne sans fausse note. Mais ce qui touche le plus et qui donne tout son sel à ce polar hivernal "tiré de faits réels" selon la formule consacrée, c'est le regard plein d'humanité qu'il porte sur la communauté des "native americans". Une communauté méprisée, dévastée par l'alcool et la drogue et qui, malgré la précarité et les offenses perpétuelles, conserve sa dignité. Dans cet état désertique, son sort n'intéresse pas grand monde. Taylor Sheridan répare un peu cette injustice.
Un thriller original, authentique et différent. On est plongés dans un univers encore trop inconnu, où la loi n'est pas la même et où deux peuples s'aiment qu'ils se craignent.
Excellent 1er film de Taylor Sheridan qui parvient à immerger le spectateur dans un univers oppressant qui n est pas sans rappeler certains univers des frères Coen. La nature, sauvage, implacable, est un personnage a part entière et est filmée avec beaucoup de conviction. Les deux personnages principaux, dont la partition est jouée avec justesse, refont sans doute parler d'eux. Enfin, ce film est aussi un coup de projecteur sur les amérindiens, laisses pour compte de l'Amérique du 21 été siècle.
Deux Avengers qui enquêtent dans la neige ! Ayant reçu le prix de la mise en scène dans la catégorie un certain regard au Festival de Cannes, Wind River est un thriller américain aussi haletant que glaçant. Il est difficile de trouver un scénariste brillant de nos jours... Seul, Taylor Sheridan retient notre attention ! Celui qui a écrit le prenant Sicario et l'intéressant Hell or High Water reprend la recette gagnante de ces prédécesseurs et conclut sa trilogie sur les frontières et les grands espaces de son pays avec Wind River, qu'il a également mis en scène. Une enquête policière relativement classique (qui pourtant est basé sur de faits réels) dans un cadre original et froid qui demeure très efficace. On a le droit à une nouvelle violence qui se heurte à la nature sauvage ! Il est impossible de ne pas faire de liens avec l'actualité, spoiler: surtout lorsqu'on évoque toutes ces disparitions de femmes autochtones qui semblent survenir dans le silence... Le récit va plus loin que The Frozen Ground car c'est un polar magnifiquement photographié se transformant en un western taciturne. Le rythme se veut lent et mélancolique, cela se rapproche plus d'un drame psychologique que du suspense mais le réalisateur n'empêche pas de créer une tension et d'imploser lors d'affrontements bruts. Une attention particulière est également accordée à la psychologie de ces protagonistes avec en tête Jeremy Renner, qui trouve un rôle juste et rigoureux dans la peau du pisteur abîmé par l'existence qui cherche à faire la paix spoiler: avec son passé. L'acteur s'avère intense et rappelle sa prestation dans le pertinent Arrival de Villeneuve. Sa collègue des Avengers, Elizabeth Olsen se révèle étonnante et courageuse en agente du FBI mais celle-ci ne vaut pas la charismatique Rachel McAdams dans l'excellente série True Detective (saison 2) ! Il y a aussi Jon Bernthal (qui a eu un rôle furtif dans Sicario) se tient présent spoiler: lors d'un flashback : il en dit long à propos des faits du meurtre ! En clair, Wind River incarne un renouveau dans l'univers des western modernes se déroulant dans des régions éloignées. Une œuvre dur et sensible ! Peut être pas au même niveau de Hell or High Water mais un second essai réussi pour le scénariste Sheridan derrière la caméra. Une belle trilogie s'est formée !!