Corporate
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papalou
papalou

18 abonnés 225 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 mai 2017
Corporate ne m’a pas laissé indifférent ; je travaille dans les RH et suis manager....
Ma passion pour le 7e art me pousse à être à la fus de fiction ou docu abordant le sujet de l’entreprise et des RH. Je suis l’actualité, scrute les salles obscures et suis à l’écoute des réactions de tout bord sur ce sujet.
Avec Corporate, Nicolas Silhol s’attaque, donc pour son premier long métrage, à la problématique du mal-être au travail ; mais la particularité de sa réalisation c’est le point de vue féminin. Il est porté par Celine Sallette incarnant la RRH (Emilie Tesson-Hansen) du département finance du siège de cette multinationale de l’agroalimentaire. Femme dans le contrôle permanent afin de donner une image impeccable d’elle même et de son professionnalisme. Son engagement est sans faille pour un système et un management qui lui promet une carrière toujours plus brillante. Elle maîtrise à la perfection les éléments de langage, adopte une stratégie élaborée, faite de pressions psychologiques, de menaces voilées. Le drame fissure ses belles certitudes et brise le masque de l’éco système feutré du siège et des RH. Une avalanche de questions s’abat sur tout ce beau monde : qui est réellement coupable ? Elle ? Son patron ? Les collègues silencieux ? La chaîne de commandement dans la multinationale où tous travaillent en baissant les yeux ? Défaillances individuelles ? Ou responsabilités collectives ? Qui va porter le chapeau ?
Pour la RRH la situation se retourne : de prédateur elle devient proie de son manager, de sa direction, de ses collègues…
Pour ma part j’ai apprécié ces questionnements que Nicolas Silhol fait émerger d’une manière clinique et implacable grâce à sa direction d’acteur, son scénario. Il appuie sur tous les rouages de l’entreprise, le regard des collaborateurs, les nouvelles alliances qui se profilent, se construit, les règlements de comptant qui s’organisent. Il nous rappelle froidement que l’entreprise est une pièce de théâtre permanente, oscillant dans un genre flou entre drames, parfois hélas, et comédie, rarement.
Celine Sallette campe un personnage très en nuance avec une double posture pro et perso pertinente. Son jeu accroît la crédibilité de l’intrigue et montre, avec une certaine finesse, le cheminement psychologique de son personnage à laquelle tout réussit. Lambert Wilson en Stéphane Froncart DRH du siège incarne un management implacable, froid et manipulateur, où il n’y a pas d’amis, mais des alliances et des intérêts en jeux.
Les qq. scènes de réunion de management RH sont particulièrement savoureuses notamment Frocart demandant l’ordre du jour à un de ses collaborateurs….
Enfin les dialogues professionnels font mouche, voire même trop ; rares sont les salariés qui maîtrisent autant les éléments de langage que Émilie, ou Stephane son manager. Pourtant le « rien à se reprocher »….  « Nous n’avons fait que notre travail » est assourdissant tellement ils sonnent faux dans ce drame… Mais si souvent utilisé...

Pour une profession féminisée à 85 %, le point de vue féminin interroge en creux, jusqu’à quelles extrémités une femme doit-elle aller pour s’imposer dans un monde d’hommes ? Pourtant je dirais que c’est une approche hasardeuse du « genre » qui supposerait une prédisposition des hommes à être plus violent ? Plus inhumain ? Je ne le pense pas… en tout cas c’est un sujet glissant dans un contexte d’entreprise de politique Responsabilité Social Entreprise (RSE).
Il y a aussi une lecture de Corporate plus engageante « Jusqu’ou doit on être solidaire de son entreprise ? »
La question morale se pose aussi « Jusqu’où peut-on être “corporate” ? »; d’autant plus cette question morale est centrale dans l’actualité récente politico judiciaire.
Ce regard interroge le spectateur-cadre que je suis dont les termes engagement, contrôle, carrière résonnent à la manière d’un réflexe pavlovien.
Cette première partie du film contextualisant et décrivant les conséquences du drame est particulièrement efficace, et fait ressortir un vrai questionnement sur la posture et le positionnement des directions des ressources humaines. Le syndicat pro des RH a d'ailleurs réagit : la mission des RH est « nécessairement équilibré entre des intérêts parfois contradictoires voire divergents » dixit, Laurence BERTAUD, présidente du groupe ANDRH Alsace Strasbourg.
La seconde partie plus fictionnelle reste à mon sens plus fantasmé et simpliste : le bourreau peut-il devenir super héros… Il faut aussi noté un oubli de taille : l’absence des partenaires sociaux et IRP dans l’intrigue en dehors de l’évocation du CHSCT.
J'ai noté 3 étoiles / 5
Sushi-Overdose
Sushi-Overdose

16 abonnés 24 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 avril 2017
"Coporate" s'attaque à un fléau de notre société trop ignoré par le 7ème art, celui de la souffrance au travail. En plaçant le spectateur du côté d'une responsable des ressources humaines aux méthodes volontairement insidieuse, le réalisateur évite les écueils d'un récit du côté des victimes, sans pour autant perdre la force du propos. Céline Sallette, remarquable - comme toujours ? - dans le premier rôle est entourée de comédiennes aussi en pleine maîtrise de leur art, dont Violaine Fumeau en inspectrice du travail à la fois ferme mais humaine.
Hélas, le film ne gagne jamais en intensité par la trivialité de sa mise en scène. Loin d'un style alerte et direct comme "La loi du marché", "Corporate" s'avère plat avec son langage filmique des plus pauvres.
C'est dommage, car il y avait tout le potentiel de livrer une oeuvre forte, entre le thriller et le drame, sur des situations qui ne devraient même pas exister dans le monde de l'entreprise.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 16 mars 2017
Un sujet dans l'air du temps : la pression organisée au travail et comment elle peut déraper grave.
Deux premiers rôles pour deux comédiennes magnifiques qui incarnent, chacune à sa manière, une fonction de pouvoir. Les hommes sont relégués au second plan. Lambert Wilson, sobre, élégant et incisif, nest pas le héros de ce combat qui montre que la copération est possible - entre femmes. Le scénario, très efficace pour raconter les petites histoires, pêche dans sa structure globale qui rend ce "polar social" - dixit Nicolas Silhol - parfois un peu poussif.
Mais la satire de l'entreprise néo libérale est réussie et ce film ouvre le champ pour une série dont l'inspecteur du travail, personne honni des entrepreneurs, serait le héros
Catherine P.
Catherine P.

2 abonnés 1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 mars 2017
Film super à ne rater sous aucun prétexte avec une Céline extraordinaire dans ce rôle de Corporate.
Merci à elle si sympa et abordable dans la "vraie vie".
Merci à Nicolas de dénoncer tous ces scandales dans nos vies professionnelles, au même titre que "la fille de Brest" ! Ce courage vous honore !
Pleins d'entrées à vous et peut-être une récompense ! Encore merci beaucoup !
J'ai passé une excellente soirée grâce à vous.
Catherine d'Aix en Provence Mazarin
tony-76

1 159 abonnés 1 415 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 mars 2018
Premier long-métrage pour Nicolas Silhol, Corporate traite d'un sujet d'actualité plutôt pertinent - le harcèlement en entreprise - pourtant le film hésite fortement entre le drame social et le thriller psychologique... Une gestionnaire des RH va rencontrer un cadre dans la firme, mais celui-ci se suicide sur son lieu de travail... Une enquête est alors ouverte, elle est fautive aux yeux du directeur des ressources humaines, de ses supérieurs hiérarchiques et d'une inspectrice du travail ! Pour éviter la prison et sauver sa peau, elle décide de révéler à l'inspectrice, les méthodes de harcèlement pratiquées dans l'entreprise. Le réalisateur prend une narration très classique et on voit qu'il s'est beaucoup documenté sur les conflits de management, il a peut être fait des études pour... Cela se ressent clairement dans son écriture... Sa mise en scène demeure paresseuse en utilisant des champs contre champs, une lumière trop claire (sur les visages des personnages) qui peut vite agacer et souvent jaune sur un montage très serré. Une musique quasi absente ! Des acteurs qui ne sont pas dans leurs plus bels efforts en carrière ! Céline Sallette - vu dans l'excellent biopic La French - sous les traits d'une femme perturbée, que se soit dans sa vie personnelle ou professionnelle. Elle est le personnage central de cette intrigue guère passionnante, et s'avère néanmoins acceptable. On la suit dans ses actions, tout le monde l'interroge, la suspecte... Le DRH qu'incarne Lambert Wilson spoiler: reste trop en retrait pour qu'on soit véritablement emballé par sa présence et est peu crédible avec son col roulé et ses lunettes fines...
Le comédien Stéphane De Groodt déçoit et est juste là spoiler: pour de la figuration de luxe !
Il est plus en forme dans les comédies. Avec un tel film, on s'attendait à une ambiance froide dotée d'une tension importante mais il n'en est rien de tout cela parce que c'est peu rythmé et peu éloquent. Corporate veut transmettre toutefois plusieurs messages - seul le résultat compte - pas de sentiment envers des collègues de travail ! Donc, Corporate est un film qui essaye de tenter quelque chose dans le paysage cinématographique français mais qui échoue indéniablement et manque pleins d'éléments pour que le film soit crédible ! Une préférence pour La loi du marché qui était un vrai drame social très réaliste porté par un Vincent Lindon exemplaire, et qui avait reçu de nombreux récompenses (au Festival de Cannes et aux Césars).
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