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Ewen Blake
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4,5
Publiée le 12 septembre 2018
Vous souvenez vous du temps où demander à John Wayne de dézinguer des peaux rouges violeurs de pucelles suffisaient à faire un Western ? Une fois de plus ce n'était pas mieux avant. Le genre a évolué et Hollywood a rendu leur humanité aux amérindiens. Mais ce n'est pas le seul atout de Hostiles. Cette traversée sauvage est belle à crever. Le dépaysement est total et la photographie sublimée par des plans au millimètre : le traveling d'entrée, les plans sur les sépultures, la traversée à cheval dans la forêt... C'est beau et ça l'est plus encore grâce à un rythme au service de l'image... disons contemplatif. On peut reprocher à Hostiles cette lenteur comme le coté taiseux voir la tendance à l'emphase mais je trouve que ces caractéristiques contribuent à l'équilibre, l'unité de l’œuvre. D'autant que les rares scènes d'actions sont de qualité. Elles m'ont suffit. Un mot sur Bale qui est un authentique génie : aucune de ses compositions ne se ressemble et il transmet une fois encore une émotion incroyable. Mon seul regret dans Hostiles serait l'absence de rebondissement. La progression physique mais aussi psychologique de notre héros en quête de rédemption le voit s'humaniser et modifier son regard sur l'autre selon un cheminement finalement très classique. Il n'empêche que j'ai vécu avec ces personnages traumatisés un beau et violent voyage dans l'ouest américain. [Merci au modérateur tatillon (ou à l'algorythme automatique) de noter que le terme de "peaux rouges" qui semble m'être reproché est utilisé au second degré].
Bon film avec de bons acteurs (à regarder en VO, la VF est désastreuse). On voit que l'auteur a voulu effacer le manichéisme habituel de ce genre de film mais malheureusement il est vite rattrapé par des facilités scénaristiques, l'histoire est parfois cousue de fil blanc et c'est dommage car l'idée principale est bonne. Pour moi il manque un peu de complexité et de surprise, mais le film reste agréable à regarder.
J'ai vu un film... qui dans la plus grande des traditions des westerns crépusculaires montre des personnages vivant, survivant et mourant dans la wild wild west... et filmé avec une maestria incroyable... Il y a beaucoup de réflexion et de retenue, ainsi que des scènes d'une grande violence. Les premières minutes du film sont incroyables de tensions et de cruauté. La réalisation se veut lente et contemplative de l'âme humaine. Et la tension est tout le temps palpable. C'est un film qui traite de l'humain, avec toute sa complexité, sa diversité des sentiments et la force de ses convictions, qui elles, évoluent dans le temps. Les Indiens, si souvent minimisés, moqués ou dénigrés, dans des productions plus anciennes, sont ici partie-prenantes, et réussissent à faire entendre leur point de vue, dans le désastre qu'ils vivent face à l'avancée inexorable de l'homme blanc. Et on perçoit les états d'âme de ces militaires qui font ce qu'on leur demande, à savoir tuer des Indiens, puis les escorter, enfin les protéger en faisant face à des sentiments contradictoires. Le film brûle l'âme de sa violence...
Une histoire originale qui change des scénarios de western auxquels on est habitués, avec un Christian Bale magistral et des subtilités très bien pensées par le réalisateur/scénariste Scott Cooper, on peut toutefois reprocher au film son rythme très lent qui laisse l'ennui s'installer par moments. La fin est toutefois grandiose et ça mérite qu'on s'accroche.
Encore un film qui a eu une sortie discrète... Et qui mériterait pourtant d'être en tête d'affiche. C'est beau, c'est profond et ça laisse un goût d'en vouloir d'autres. Un western de nuances et de réflexions, Christian Bale tout en finesse...
La presse est unanime. La grande majorité des spectateurs aussi. Les critiques encensent le film et tout le monde crie au génie... Ou presque!!! Car on retrouve dans ce film toute la recette d'un western digne de J.Ford : les paysages magnifiques, les attaques des "méchants" indiens, la repentance des "gentils" indiens, les mines renfrognées des soldats usés par le temps, la veuve (sans orphelin) à défendre... Et pourtant la sauce ne prend pas!!! La faute à un scénario très (trop) prévisible, au rythme lent du film, au montage parfois surprenant, et à certaines situations qui ne le sont pas moins (et pas dans le bon sens du terme); dommage, car les acteurs sont plutôt bons et...La reconstitution réussie...Mais cela ne suffit pas à un faire un bon film...Vraiment pas!!!
Que c'est long et que c'est lent. La rédemption déjà vue maintes fois avec un Christian Bale un peu à la ramasse grommelant sans cesse dans son horrible moustache . Un montage plus court et plus nerveux aurait (peut-être) mieux servi l'histoire. Rosamund Pike en retrait fait ce qu'elle peut et l'Indien taciturne le fait très bien.
Un grand western comme on n'en avait plus vu depuis longtemps ! Christian Bale nous promène avec sa troupe dans de magnifiques étendues sauvages. Des indiens, des fusillades, des morts il y a tout ce que l'on peut attendre d'un film de ce genre. Mais sa brutalité et son humanité en font un film rare. A voir !
Magnifique film psychologique, très profond, chaque personnages gravitant autour du personnage principal représentent chacun une part de lui, de ses émotions, bref un grand chef d'oeuvre.
Quand ont regarde ce genre de grand film, ont peut en ressortir satisfait. Quel film! Quel histoire! Et que extraordinaire interprétation de Christian Bâle. C’est incroyable comment il est rentré dans ce personnage rongé par la haine, la colère, la guerre et la souffrance. C’est un magnifique film qui est très très bien réalisé et une aventure dramatique.
"Hostiles" est un chef d’œuvre à l'état brut. C'est la quintessence du "western", même si cette dénomination est beaucoup trop restrictive pour exprimer toute la richesse du film. Les plus grands maîtres du genre sont convoqués pour faire de "Hostiles" une vraie épopée américaine : le lyrisme de John Ford, une narration à la "Josey Wales, hors la loi" de Clint Eastwood, avec un personnage central incarné par Christian Bale dans un rôle à sa démesure. Il interprète un capitaine de cavalerie, à la tête d'un petit groupe d'hommes et de femmes que tout oppose, confronté à des épreuves qui sont autant de stations d'un parcours devenu chemin de rédemption."Hostiles", avec ses paysages somptueux entre déserts arides et forêts pluvieuses, est quasiment un "road movie" avant l'heure. On retrouve des émotions que l'on pouvait avoir connues grâce à "Little big man", "Jeremiah Johnson" ou même "True grit" mais le film de Scott Cooper les porte encore plus haut, à un niveau rarement atteint dans les westerns de ces quarante dernière années. "Hostiles" n'est pas seulement un hymne à la tolérance et une dénonciation du sort réservé aux indiens mais il interroge plus largement la condition humaine dans son universalité et le sens d'une existence dominée par la violence mais capable de fraternité et de transcendance. Genre cinématographique balisé à l'extrême puis poussé dans ses derniers retranchements par des génies comme Sam Peckinpah à la fin des années 60, on pouvait penser que tout avait été dit sur le western. "Hostiles"montre qu'il peut encore déployer de nouveaux univers, servi par des acteurs impeccables tant pour les premiers que les seconds rôles. On notera, à côté d'un Christian Bale "habité", la performance de l'actrice Rosamund Pike, visage diaphane, enfermée dans un monde intérieur après le massacre de sa famille et qui peu à peu quitte son linceul pour reprendre sa place parmi les vivants.
En 1923, le romancier anglais D.H. Lawrence fait un triste constat sur l’Amérique et les Américains « L’âme américaine est par essence dure, solitaire, stoïque, meurtrière. Elle l’est toujours aujourd’hui. » Si le réalisateur Scott Cooper a mis cette citation en préambule de son film c’est probablement que pour lui 1923 c’est aussi aujourd’hui.
Joe Blocker, un capitaine de cavalerie, hanté par sa guerre contre les indiens doit contre son gré escorter un chef cheyenne, Yellow Haks, emprisonné et très malade avec sa famille, jusque sur sa terre natale. Sur le chemin, le soldat et ses hommes croisent Rosalie dont la famille a été massacrée par des Comanches. Hagarde, elle se joint à ce convoi bizarre. Le voyage ne sera pas de tout repos.
Tous les personnages du film sont très travaillés : ainsi Joe Blocker a une hargne et déteste profondément les indiens. Ses meilleurs amis ont été tués, il a été amené à beaucoup tuer, massacrer et il est prêt à continuer (tout au moins au début du film). Pourtant malgré cela il ne nous est jamais montré comme étant « raciste ». Jamais (à l’encontre d’autres personnages du film) il ne manifeste un préjugé sur l’infériorité supposée des peuples indiens contre lesquels il lutte. C’est un militaire avec sa loyauté envers son pays : il a ordre de, il exécute. S’il avait ordre de tuer des russes ou des chinois son attitude serait la même. Il doit conquérir un territoire, il le fait. Raciste, il ne l’est en rien, si l’on en juge par l’affection particulière envers son camarade noir ; et il en est de même pour le chef cheyenne : il fera un deal avec son ennemi blanc parce qu’il le mène là où il souhaite, parce qu’il a perdu son territoire qu’il a essayé de garder avec la même sauvagerie que les blancs. Les deux sont des hommes justes : à mesure que le film avance Il n’y a plus de méchants, de gentils, de Cheyennes ou d’Américains, il n’y a plus que des hommes qui apprennent qu’il faut pardonner à l’autre pour se trouver soi-même. Ils vont se faire massacrer par ceux qui n’ont pas compris cela, ne veulent pas respecter la loi et n’admettent pas l’autorité de l’état.
Le western est le genre cinématographique qui explique le mieux les calamités des États-Unis : au vu de celui-ci dont l’histoire date de 1892, trente ans après la Guerre de Sécession ; nous allons vers la fin d’un conflit ethnique, une colonisation, un long génocide ; on comprend mieux pourquoi les étatsuniens sont si attachés à l’arme qu’ils ont dans leur table de nuit ou à la ceinture. Tout ça n’est pas si ancien. Si j’étais étasunien, mes grands-parents auraient vécu ça, auraient été amenés à se défendre soit contre les indiens, soit contre l’invasion des migrants blancs. Ils m’auraient raconté ce type de vécu. On revient à a citation de D.H. Lawrence choisie par le réalisateur « L’âme américaine est par essence dure, solitaire, stoïque, meurtrière. Elle l’est toujours aujourd’hui. »
Scott Cooper nous offre un western humaniste, flamboyant, âpre et poignant, respectueux des langues indienne ; les traditions indiennes y sont montrées sans folklore On se laisse porter par des panoramiques de toute beauté accompagnant le cheminement de la caravane ; la musique de Max Richter accompagne la mise en scène en intensifiant discrètement émotion ou frisson de l’intrigue tout en se mêlant au pas des chevaux.
C’est puissant, beau, magistral : on peut regretter la scène finale, très happy-end américain ou il ne manque plus que « ils se marièrent et eurent beaucoup d’autres enfants »… Dommage, mais cela ne dure dans le film que quelques secondes… ne sortez pas toutefois avant la fin !
Un très très grand film sur le pardon et la tolérance. Porte par un Christian Bale tout en intériorité retenue. C’est violent comme l’époque filmée et passionnant.
Un western rédemption présenté en road movie. Bon, rien à dire c'est très bien joué, les paysages sont magnifiques et la bande son parfaite. Certains critiquent le rythme lent mais personnellement, cela ne m'a pas du tout gêné. Cela aurait pu être un super western, genre qu'on ne voit que rarement. Malheureusement, le scénario cherche à être un peu trop racoleur et devient prévisible. Certaines scènes inutiles auraient pu être zappées et d'autres traitées différemment. Dommage.