Scott Cooper nous offre un western sombre et profondément humain qui revisite les codes du genre à travers le prisme de la violence, du traumatisme et de la rédemption. Le film plonge dans l’Amérique de 1892 et suit un capitaine de l’armée contraint d’escorter un ancien chef cheyenne mourant à travers un territoire hostile. La mise en scène de Cooper impose une atmosphère pesante et contemplative, portée par des paysages grandioses et une photographie d’une grande puissance. Le scénario, volontairement dépouillé, privilégie l’évolution des personnages aux scènes d’action, même si quelques longueurs ralentissent parfois le récit. Christian Bale livre une interprétation intense et nuancée, tandis que Rosamund Pike et Wes Studi apportent une vraie profondeur émotionnelle à l’ensemble. La réalisation technique, entre cadrages soignés, musique mélancolique et tension constante, renforce la dimension tragique du voyage. Derrière son apparence de western classique, « Hostiles » explore surtout la haine héritée, la culpabilité et la possibilité du pardon. Une œuvre exigeante mais marquante, recommandée aux amateurs de westerns réalistes et de drames humains.
À ranger à côté de « The Revenant » d’Alejandro González Iñárritu (2016), pour son western crépusculaire où la survie et la vengeance laissent place à une réflexion sur la souffrance humaine.
Hostiles est un grand film. Les acteurs sont excellents, la musique est magnifique, les paysages sont superbes et l'histoire est prenante du début à la fin. J'ai particulièrement apprécié la manière dont le film montre que la haine et la violence détruisent tous ceux qui y sont confrontés, quel que soit leur camp.
En le regardant, je n'ai pas pu m'empêcher de faire un parallèle avec d'autres tragédies de l'Histoire, notamment celles vécues par le peuple juif, tant le film illustre la déshumanisation, la souffrance et les conséquences de la haine. Un western profond, émouvant et marquant, que je recommande sans hésiter.
Magnifique et intelligent... Les acteurs sont habités par leurs rôles et la photographie exceptionnelle.. Ce film vous trotte dans la tête bien après la fin du générique.
Comment Timothy Chalamet a-t-il pu obtenir un prix pour un rôle si insignifiant? Par ailleurs, quand un scénario ambitionne de fusionner deux intrigues, il faut de l’habileté… Or, sans qu’une présentation efficace des protagonistes ne permette de ressentir une quelconque émotion, d’autant que l’héroïne se comporte avec une hystérie aussi excessive que la morosité du héros taciturne (Christian Bale, évidemment), les clichés s’amoncellent des deux côtés, tant pour faire pleurer dans les chaumières que pour souligner la radicale évolution morale: spoiler: le meurtre de trois enfants dont un bébé, le capitaine obstiné dont la méfiance à l’égard des Indiens conduit à des morts évitables mais qui fait preuve d’une empathie remarquable à l’égard de la mère éplorée, les femmes qui se lient immédiatement, la haine du soldat vaincue par l’humanité de ses prisonniers (le conduisant au pardon, à la compréhension, au retournement d'alliance), la symbolique absurde du scalp final et de l'enfant adoptée, la jeune recrue mourant d’emblée avant l’hécatombe des uns après les autres (par bêtise, combat ou tourments personnels)… En revanche, la situation globale de l’antagonisme entre colons et autochtones est justement dépeinte, montrant la certitude des militaires, les divergences entre Indiens, l’hostilité des deux camps, la maltraitance infligée à l’ethnie décrétée inférieure qu’il faut américaniser. Enfin, la réalisation rend hommage aux westerns tant par la beauté des paysages magnifiés que par la brutalité d’un monde en phase crépusculaire. Superbe par sa forme, pertinent par son contexte, malhabile par sa narration, simpliste par sa psychologie.
Hostiles est un film qui ne m’a pas particulièrement transcendé, même s’il possède de vraies qualités. Les paysages sont magnifiques et l’ambiance du western fonctionne plutôt bien. Le film transmet également une belle morale, mais elle reste assez prévisible et ne surprend jamais vraiment, notamment dans la relation entre le capitaine Joseph Blocker et Yellow Hawk, dont l’évolution est assez attendue.
Le point que j’ai trouvé le plus intéressant est surtout la relation développée entre Rosalie Quaid, la femme qui perd sa famille, et les Indiens. C’est probablement l’aspect le plus touchant et le plus réussi du film.
Au final, un bon film, agréable à regarder, mais qui manque un peu d’impact et de surprise pour réellement marquer.
"If you don't avenge them then, why did they die for ?"
Avec un casting brillant (Rosamund Pike, Christian Bale, Wes Studi, Timothée Chalamet, Jesse Plemons, Peter Mullan), une caméra lente s'attardant sur les visages comme figés en plans larges et un scénario déroulé comme un road movie en territoire extrême, non par la nature mais par ce qu'il s'y passe, Hostiles ne rate pas sa cible.
En effet, sans parti pris manichéen, sans voyeurisme ni angélisme, Scott Cooper parvient à dépeindre un climat pourtant porté aux excès, entre un capitaine US profondément raciste envers les Natifs, une veuve tout récemment victime des Comanches et un vieux chef de guerre cheyenne, tous trois posés en des angles a priori inconciliables. Comme souvent les road movies, Hostiles est aussi un parcours initiatique à plusieurs voix (ou voies), peuplé de personnages symptomatiques d'une époque et d'une société. On n'est pas loin d'une transposition avec ce qui se passe aujourd'hui au Proche-Orient.
Si l'interprétation est redoutable d'efficacité toute en retenue, la narration, portée par des décors naturels imparables et une musique fine et non parasitaire, plonge ses racines dans la littérature et le théâtre américains, quelque part entre naturalisme et modernisme. On n'est pas très loin d'un Faulkner.
Au final, ce film, qui s'inscrit dans le cadre du nouveau western révisionniste, est un chef d'oeuvre à ne pas manquer.
Scott Cooper raconte l'histoire du capitaine Joseph Blocker, légende de l'armée américaine incarnée par Christian Bale. Il est chargé d'une mission qu'il doit accepter à contrecœur sous peine de perdre sa pension. Avec ses hommes, ils devront escorter Yellow Hawk, un chef de guerre cheyenne atteint d'un cancer, ainsi que sa famille, pour mourir sur ses terres. Joseph Blocker est ébranlé à l'idée d'aider celui qui a tué trois de ses amis. Il a combattu le chef indien et les peaux rouges toute sa carrière.
Dans ce paysage grandiose de l'ouest américain, le voyage ne se passe pas comme prévu. Le capitaine rencontre une femme errante, Rosalee Quaid, dont toute la famille vient d'être massacrée par des comanches ; elle fera partie désormais du convoie. Il feront face à des épreuves, des attaques, qui vont permettre d'imposer une confiance entre le capitaine et le chef indien.
Le film tire sa profondeur du changement d'état d'esprit des personnages qui au cours de ce périple devront s'entraider. Rosalee Quaid, incarnée par Rosamund Pike, devient indirectement et imperceptiblement la cheffe du convoie. De l'homme brutal Joseph Blocker, elle lui fait ressortir la douceur et la patience. Elle qui a vu ses enfants massacrés par des comanches, elle prendra soin des enfants de la famille du chef indien. Au fil du temps, les ennemis de toujours, le capitaine et le chef indien se regardent et se questionnent jusqu'à remettre en cause leur passé, jusqu'à devenir des amis.
Alors qui sommes nous pour dire que nous changerons jamais, que nos sentiments sont irréversibles, que nous resterons fidèles à nos combats menés ? Pour ma part, ce western moderne est un chef d'œuvre car Scott Cooper place l'humain avec une grande subtilité comme un être fragile dont la vie peut être profondément bouleversée par une rencontre.
J’hésite à utiliser le simple mot ‘western’ tant ce film relève de plusieurs catégories. Il y a des indiens et des soldats certes. Mais tout le propos du film est de montrer comment avec le temps et les épreuves surmontées ensemble s’effacent la méfiance et le mépris au profit de la confiance et du respect. Il y aurait tant à dire sur le génocide des Amérindiens (il faut voir Killers of the Flower Moon de Scorsese). Dans Hostiles, la brève repentance du sergent Metz/Rory Cochrane, le meilleur ami du capitaine Blocker/Bale, paraît sincère et m’a ému. J’ai aussi été touché par la délicatesse avec laquelle la naissance d’un sentiment amoureux (?) est montrée entre les deux personnages principaux superbement interprétés par Christian Bale et Rosamund Pike.
Excellent film... Une histoire sans pareil, qui nous montre une nouvelle fois les paradoxes auxquels peuvent se confronter les êtres humains face à leur propre passé, et aux évènements qu'ils affrontent, notamment dans cette époque violente de l' histoire américaine. Haine, pardon, culpabilité, insensibilité, douleur, violence, remords, souffrance, pertes, amitiés, solitude de l' âme... Tout cela dans un cadre magnifique et en partie sauvage.. les acteurs sont excellents... à voir et à revoir
Tous les films de Christian Bâle sont souvent incroyable, et celui-ci en fait partie. Un western moderne qui nous tient en haleine, c’est calme, avec des scènes d’actions incroyables. Un mélange de genre passionnant.