"If you don't avenge them then, why did they die for ?"
Avec un casting brillant (Rosamund Pike, Christian Bale, Wes Studi, Timothée Chalamet, Jesse Plemons, Peter Mullan), une caméra lente s'attardant sur les visages comme figés en plans larges et un scénario déroulé comme un road movie en territoire extrême, non par la nature mais par ce qu'il s'y passe, Hostiles ne rate pas sa cible.
En effet, sans parti pris manichéen, sans voyeurisme ni angélisme, Scott Cooper parvient à dépeindre un climat pourtant porté aux excès, entre un capitaine US profondément raciste envers les Natifs, une veuve tout récemment victime des Comanches et un vieux chef de guerre cheyenne, tous trois posés en des angles a priori inconciliables. Comme souvent les road movies, Hostiles est aussi un parcours initiatique à plusieurs voix (ou voies), peuplé de personnages symptomatiques d'une époque et d'une société. On n'est pas loin d'une transposition avec ce qui se passe aujourd'hui au Proche-Orient.
Si l'interprétation est redoutable d'efficacité toute en retenue, la narration, portée par des décors naturels imparables et une musique fine et non parasitaire, plonge ses racines dans la littérature et le théâtre américains, quelque part entre naturalisme et modernisme. On n'est pas très loin d'un Faulkner.
Au final, ce film, qui s'inscrit dans le cadre du nouveau western révisionniste, est un chef d'oeuvre à ne pas manquer.
"I was just doing my job."