Je dirais, pour commencer, qu' "Hostiles" est ce film que l'on a une fois par an qui possède une trempe, qui sans nous faire chavirer non plus, nous laissera un petit quelque chose dans notre cœur de cinéphile ou simplement de spectateur. Il y a d'abord cette mise en scène et même cette caméra chez Scott Cooper qui, comme pour "Strictly Criminal" laisse cette impression de film tourné avant les années 2000. Sans être un reproche, cela se rapproche d'une impression peu commune assez agréable dans notre ère.
Désormais je me tourne vers ce scénario qui, dans sa forme, fût déjà abordé mais dans son fond est assez inédit. Le film a cet aspect qui laisse croire qu'il ne prend ni parti des natifs Américains ni des colons (bien qu'à cette époque, ils n"étaient déjà plus simplement colons). On a ici un parti prit pour le héros, incarné par Christian Bale et je peux vous assurer que l'acteur impressionne, et cela de par le caractère et les démons de son personnage mais surtout par sa prestation, il arrive encore à surprendre par son talent croyez-moi. Mais plus globalement 'Hostiles" se veut humain, il aborde des sujets que bien sûr nous voyons débattus encore de nos jours tels la ségrégation ou le racisme; sujets que nous avons vu traité dans beaucoup de films récents et le plus jouvenceau et évident reste bien sûr "Black Panther".
Mais je veux surtout parler des propos qu'y sans aucunes onces de timidités sont mis en avant dans "Hostiles" : le traumatisme, la paranoïa, les troubles mentaux,
le suicide
, etc. Bref autant de sujets qui ne seront plus vraiment un choc lorsqu'ils aparaîtront (mais resteront abordés de manière très juste) puisque après 10 minutes de film nous recevons déjà une petite claque de la réalité. Le film est donc cru mais juste!
On y aurait aimé une photographie aussi belle qu'elle l'est sur les scène les plus fortes qui seront également accompagnées d'une B.O. au savoureux mélange de classique/folk et de connotations électro/drone si peu perceptibles qu'on y croit à fond dans ce panorama western.
Nous sommes donc plongé dans cet environnement remplit de plaines poussiéreuses ou forestières selon les actes qui gardent tout de même une direction visuelle très propre, et nous suivons un Christian Bale tellement plaisant qu'on croît sans rechigner à tous les sentiments qu’éprouvera son personnage, là où Rosamund Pike pour le premier quart du film nous sortira une ou deux scènes très théâtrales, au sens propre du terme. Sans faire tâches, puisque le réalisme du film n'est pas sujet à débattre car il tient fermement sur ses deux jambes, ici c'est plus la prestation qui fera peut-être défaut; cela-dis nous sommes sur deux scènes courtes dans la première partie d'un film de deux heures.
Le film sinon nous emmènera jusqu'à sa fin sans trop de soucis, surtout grâce à une seconde moitié qui sait très bien ce qu'elle veut montrer, où les plans et dialogues nous revigorerons alors que nous n'étions même pas endormis !
La fin elle par contre sans me décevoir, a laissée chez moi cette impression de convenue alors qu'on sent que Scott Cooper n'aurait pas hésité à prolonger la tourmente que l'on voit perpétuellement dans le film, on en est à se demander s'il n'y a pas eu hésitation pour cette fin au sein du tournage. Elle n'en reste pas pour le moins une de ses scène visuellement très belle avec une musique presque transcendante pour mon cas.
En conclusion, je n'ai évidemment pas tout dit puisque ce film propose bien des choses qui plairont à tous ceux qui n'ont pas peur d'une ballade bien remplit aussi rude et bourru qu'elle soit, qui ne fera que croître et très prenante par son héros à la personnalité qui ravit par son réalisme et sa tragédie.