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Pierre N
2 abonnés
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2,0
Publiée le 31 mars 2022
"Hostiles" constitue une déception. Non pas que le film soit dénué de bonnes intentions, bien au contraire, ni même au niveau de l'interprétation globale, mais c'est ailleurs que se situe le problème, et ce serait plutôt du côté du rythme. En effet, ici, il est question de l'escorte d'un ancien chef indien par un officier détestant les Amérindiens. Or, s'ensuit un film avec une intrigue balisée au possible, avec des personnages qui changent de point de vue de manière trop artificielle pour que l'on puisse y croire. A l'évidence, le réalisateur a voulu s'inspirer de Terrence Malick pour l'aspect philosophique, cependant cette oeuvre n'a pas la résonance de ce dernier. On se heurte donc à de la philosophie de comptoir le plus souvent, et qui ne nous apprend pas grand chose sur les guerres indiennes de surcroît. Il s'agit donc d'une déception, pour un western vanté comme étant dans la lignée d'Impitoyable. Restent de beaux paysages magnifiés par une belle photographie.
Biberonnée aux westerns du dimanche, je n'affectionne pas particulièrement ce genre. Et ce n'est pas ce film qui me fera changer mon fusil d'épaule(c'est le cas de le dire !). Mes 2 étoiles vont à Christian Bale, qui tire son épingle du jeu dans l'interprétation de ce soldat au bout du rouleau, et la photographie du film, celle des paysages. Quant au scénario, il est si plein d'incohérence dans les prises de décisions des différents protagonistes (et ce, dés la scène d'ouverture !)qu'on ressent très vite de l'agacement et /ou de l'ennui. Aucun risque que ce film ne détrône "Jeremyah Johnson " ou " Little Big Man "
De beaux paysages, des dialogues minimalistes, un rythme lent.... bref, un réalisateur qui a décidé de cocher toutes les cases du parfait western. Peut-être a-t-il tourné les curseurs trop à fond, car on s'ennuie ferme.
Que c'est long et que c'est lent. La rédemption déjà vue maintes fois avec un Christian Bale un peu à la ramasse grommelant sans cesse dans son horrible moustache . Un montage plus court et plus nerveux aurait (peut-être) mieux servi l'histoire. Rosamund Pike en retrait fait ce qu'elle peut et l'Indien taciturne le fait très bien.
Comment Timothy Chalamet a-t-il pu obtenir un prix pour un rôle si insignifiant? Par ailleurs, quand un scénario ambitionne de fusionner deux intrigues, il faut de l’habileté… Or, sans qu’une présentation efficace des protagonistes ne permette de ressentir une quelconque émotion, d’autant que l’héroïne se comporte avec une hystérie aussi excessive que la morosité du héros taciturne (Christian Bale, évidemment), les clichés s’amoncellent des deux côtés, tant pour faire pleurer dans les chaumières que pour souligner la radicale évolution morale: spoiler: le meurtre de trois enfants dont un bébé, le capitaine obstiné dont la méfiance à l’égard des Indiens conduit à des morts évitables mais qui fait preuve d’une empathie remarquable à l’égard de la mère éplorée, les femmes qui se lient immédiatement, la haine du soldat vaincue par l’humanité de ses prisonniers (le conduisant au pardon, à la compréhension, au retournement d'alliance), la symbolique absurde du scalp final et de l'enfant adoptée, la jeune recrue mourant d’emblée avant l’hécatombe des uns après les autres (par bêtise, combat ou tourments personnels)… En revanche, la situation globale de l’antagonisme entre colons et autochtones est justement dépeinte, montrant la certitude des militaires, les divergences entre Indiens, l’hostilité des deux camps, la maltraitance infligée à l’ethnie décrétée inférieure qu’il faut américaniser. Enfin, la réalisation rend hommage aux westerns tant par la beauté des paysages magnifiés que par la brutalité d’un monde en phase crépusculaire. Superbe par sa forme, pertinent par son contexte, malhabile par sa narration, simpliste par sa psychologie.