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Yasujirô Rilke
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1,0
Publiée le 20 septembre 2007
Le théâtre au cinéma pose nécessairement la question du «théâtre filmé». «Entrée des artistes» (France, 1938) de Marc Allégret est l’un des exemple les plus probant de la lutte entre le cinéma et le théâtre. Quand il y a cinéma sur le théâtre il est très difficile de ne pas tomber dans l’écueil de la figuration fixe des scènes. Mise en scène élémentaire qui se contente de champs/contre-champs et de cadrage d’ensemble (emprunté au cadre du théâtre), Allégret insuffle du théâtre dans son cinéma. Naïveté de représentation et confusion du fond et de la forme, Allégret mais davantage Jeanson et Cayatte, fournit cependant un renversement singulier de la comédie dans le drame. L’acteur, du théâtre comme du cinéma censément, par excès de jeu comique, de falsification de leur identité s’abandonne et exclut le drame de leur vie jusqu’à ce qu’infailliblement ce même drame les envahisse. L’hybridation des deux genres majeurs de la narration est si bien menée, leur transition commune si progressivement agencée que le renversement scénaristique allègue la présence mixe de la comédie et du drame. Si le film propose l’image d’un scénario muable qui illustre sans manichéisme la condition de l’acteur (quoique une légère propension à la caricature), les dialogues en pirouettes, nécessaire au bon succès public du film, adroites et arbitraire sont le total reflet de la simulation théâtrale. Or Allégret ne doit pas là mettre en scène, il met en cadre voire en film. Si tant est qu’il se refuse au réalisme du cinéma, s’il fait là le choix d’un méta-cinéma, un cinéma d’évocations sur l’acteur, pourquoi s’ensevelir sous l’apparence du théâtre ? «Entrée des artistes» est somme toute parcouru par une intrigue policière qui éclaire maladroitement la prévalence de la vie d’acteur. Du cinéma il ne reste que fort peu dans cet œuvre d’Allégret, sinon des bribes de cadrage qui capture du théâtre. «Théâtre filmé» qui rencontre timidement le cinéma.
Un film qui donne des envies de théâtre, surtout quand le professeur s'appelle Louis Jouvet. Dommage que son personnage ne soit pas plus présent, et que les amourettes de ses élèves prennent tant de place.
Malgré une éclatante distribution, ce film est plutôt ennuyeux et surtout pédant. Cela ressemble plus à une pièce de théâtre qu'à un film. Quant à l'intrigue policière, elle n'est pas très originale et on devine assez rapidement l'issue.
Le film de Marc Allégret est un hommage au théatre et à ceux qui le servent, fussent-ils de simples étudiants pleins de passion pour la scène et d'espoirs de triomphes.Dans de trop épisodiques apparitions, Louis jouvet professe même des théories amoureuses sur la discipline de sa vie. Ces scènes constituent, grâce au comédien, plus cassant que jamais dans ce rôle de professeur de théatre qu'il est dans le fim comme dans la vie, et au dialoguiste Jeanson, de jolis moments, les meilleurs du film. Personnage principal de l'histoire, François (Claude Dauphin) est l'illustration de la confusion pour certains entre la vie et le théatre. Beau parleur et séducteur, François fait de son histoire sentimentale avec Cécilia ( Odette Joyeux) une sorte de jeu tragique de la séduction dans lequel il compose et joue, sans l'imaginer, un triste rôle. Cette intrigue amoureuse très classique qui, au début du film, semble une digression, révèle tout son sens lorsqu'à l'occasion d'un dénouement ingénieux les illusions du théatre s'insinuent dans la réalité. Le thème n'est pas fondamentalement original (Jean Renoir, entre autres, l'abordera dans "Le carosse d'or") mais Allégret fait preuve de sincérité et s'appuie sur un scénario qui sert favorablement cette idée. Et puis il y a Jouvet et son autorité en la matière.
J'ai de`vore` ce film d'une richesse incroyable dans le domaine de la seduction et ce qui fait marcher ce mysterieux amour. LEs prises de vues et sons mauvais? J'ai meme pas senti. Le de`nouement de l'intrigue policie're trop le`ger a' la fin? La' n'est pas la moelle substantifique du film, on s'en fiche. Un regard sur une Ecole d'Acteurs? La` non plus n'est pas le de`sir de tourisme dans le temps et l'espace du film. Non, c'est la description de l'imanence de certaines clef de la sensibilite' artistique: une fille qui pleure boulverse`e par du violon ou un couche' de soleil; une actrice fille gate`e sans ame mais qui lui donne sa force de mentir si bien en tant qu'actrice pour implique' son objet d'amour dans l'accusation d'un meurtre suicide manipule` a` son insu; la possession et le mal de l'amour qui veut qu'on ne sait plus pour qui ni pour quoi et dont la douleur re'elle ne peut que se re've'eler ultimement par un sacrifice a` l'entite' qui nous posse`de; le me'rpis mutuel entre l'acteur (qui incarne une grande gra`ce mais d'une aristocracie fe`minine tragique et fatale) et les petits commercants bourrains qui se sacrifient la vie malgre's tout pour laver notre linge etc...
Oui, on sent de la frugalite` dans ce film mais pour son budget il apporte une richesse incroyable compare` aux grands budget du spectaculaire aujourd'hui. Le spectaculaire ne sert qu'a` interresser ces barbares qui n'aiment que le vin de table truque` a' leurs gouts enfantins et dont l'apport est nul compare' a` ce filme, En de`pis encore des grands moyens spectaculaires qu'ils mettent en oeuvre, les filmes d'aujourd'hui sont du ne'ant par rapport a` cette oeuvre de grande ge'ne'rosite' qui paye de sa pauvrete' pour nous faire appercevoir des cieux artistiques.