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WalkthisWay
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3,5
Publiée le 1 juillet 2017
Ce documentaire porte la marque de la nouvelle vague dans sa forme (voix off, montage, etc) et à la fois demeure tout à fait actuel dans son propos. L'aspect narratif des dialogues entre Varda et JR me laisse un peu perplexe mais le résultat est profondément honnête et parfois touchant.
Visages Villages est un film documentaire d'Agnès Varda et JR, qui a été présenté hors compétition au dernier Festival de Cannes.
JR, 33 ans, chapeau et lunettes vissés sur la tête, et Agnès Varda, 88 printemps, font équipe pour sillonner des villages à la rencontre de leurs habitants. Au fil des rencontres, ils les photographient. Ils impriment ensuite leurs portraits à l'aide du camion photomaton mobile et les collent, souvent en format géant, sur les murs et mobiliers urbains, statiques (comme un château d'eau) ou en mouvement (à l'instar des wagons d'un train).
On va de découverte en découverte : des maisons de mineurs du Nord délaissés par tous sauf par une femme qui fait de la résistance, des chèvres avec ou sans cornes, un carillonneur, des femmes de dockers au port du Havre, un portrait du photographe Guy Bourdin sur un blockhaus... et faire bien d'autres rencontres. C'est aussi l'occasion de partager leur recueillement dans le minuscule cimetière où reposent Henri Cartier-Bresson et sa femme Martine Franck. Les musiques de Matthieu Chedid accompagnent ces joyeuses pérégrinations qui nous mèneront jusqu'à la grand-mère centenaire de JR et spoiler: la rencontre manquée avec Jean-Luc Godard. Une réjouissante visite du musée du Louvre à 100 à l'heure lui rend d'ailleurs hommage...
Ce film est une vraie bouffée d'air frais, un vent d'optimisme contagieux est imprimé sur la pellicule et les photographies ! Les chamailleries entre les deux protagonistes traduisent une dose infinie de tendresse entre ces deux créatifs que la génération semble opposer mais qui ont en commun leur grande curiosité et leur humanité. Un film sans cliché, drôle et plein de malice.
Visages, Villages. Images, collages. Voyage, hommage. Un road-documentaire tendre, poétique et en fin de compte/de conte émouvant. Si il n'est pas dénué de quelques longueurs, notamment en première partie, le film possède un charme fou, une douceur de vivre qui nous (trans)porte. C'est parfois drôle, c'est souvent touchant, ce n'est jamais démonstratif. C'est aussi un bel hymne au temps qui passe, à la vieillesse inéluctable mais heureuse. J'aimerais qu'Agnès Varda vienne avec sa douce voix et sa verve(ine) me faire le temps d'une nuit un master class pour m'aider à rêver.
Un film qui n en est pas un ce n'est pas non plus un documentaire juste la relation d une promenade avec 1 seul thème photos de visages agrandis et collés sur les murs. Bref 1h30 c'est long banal et très répétitif. Pas non plus d acteurs une Agnès Varia très vieillie qui peine à annoner son texte affublée d une coupe au bol bicolore affreuse et un JR qui se croit drôle et qui ne quitte pas ses lunettes noires et son petit chapeau Mais quelques personnages croisés et photographiés les figurants pour une fois sont les plus intéressants
on retrouve bien la patte habituelle d'agnes varda, mélanges de poésie/érudition/intime, franche liberté de ton/d'action. Deux artistes à l’œuvre.
J'apprécie peu les interludes, les moments joués entre JR et Agnés pour apporter de la dramaturgie au film. Je pense qu'il s'en serait bien passé. En particulier leur façon de discuter entre eux qui me fait penser aux jeu d acteur nouvelle vague, désincarné et à distance.
De grandes idées d'artistes, comment d'une idée ténue on peut faire quelque chose de remarquable, des idées qui sont moins réussies de mon point de vue. Par exemple, les doigts de pied sur le wagon citerne ou la baguette de pain m'ont semblé prodigieux. La friche industrielle avec les habitants des environs, la citerne aux poissons m'ont moins plus. Le mur des containers m'a plus mais pas le discours pour expliquer le choix des trois femmes et le message véhiculé qui m'ont semblé arbitraire / plaqué et peut être même une justification après coup. Si le mur m'a plu, pas lorsqu'elles sont dans le container porte ouverte. C'est bien de voir des idées qui provoquent des réactions, d'autres peuvent apprécier ce qui ne m'a pas plu et inversement. En tout cas, ce film illustre assez bien ce que c'est d'être un artiste en recherche, qui expérimente.
Sympathique, drôle, d'une inventivité surprenante, oui il y a tout ça mais aussi une goût d'inachevé : si le principe d'aller à la rencontre des gens et de les photographier pour les exposer dans leurs lieux de vie est une excellente idée, celle-ci se dilue au fur et à mesure qu'on avance dans le film. In fine on reste un peu sur sa faim, comme si l'idée s'était évaporée en route, la meilleure preuve en étant le RDV manqué (lapin posé?) avec JLG, dont on a rien à faire et dont on se demande si c'est du lard ou du cochon! Dommage, car les deux protagonistes sont sympas, même si leurs jeux de mots à 2 balles peut exaspérer parfois.
Un film original qui se veut positif mais avec un rythme trop lent pour qu'on rentre vraiment dans l'univers des deux réalisateurs. Certes, ils sont attachants mais la découverte de la france des villages, but originel du film, est peu à peu oubliée. Progressivement, le film se concentre uniquement sur les deux guides et du coup perd en intérêt. Les amateurs des deux personnages apprécieront, ceux - comme moi - qui espéraient un vrai doc sur notre pays seront déçus.
Une rencontre, un projet commun, et une façon dynamique et enlevée de traiter le sujet, font de ce documentaire qui n'apprend rien de concret un enchantement. Du cinéma pour le plaisir du cinéma, de l'art pour le plaisir de l'art, et une bonne entente qui fait plaisir entre les deux protagonistes, Visages villages est une bouffée d'air frais, un moment de détente assuré.
Un film qui avait toute la matière pour nous proposer un beau voyage au coeur de la France. Malédiction, 1H30 d'orgueil. Aucune mise en valeurs des habitants rencontrés sur le chemin, voir même une humiliation de certains agriculteurs qui ont pourtant accepté de se prêter au jeu. Dans ce film, nous n'apprenons pas les histoires des personnes sur les photos, nous ne cherchons pas à comprendre l'histoire des lieux, non, l'attention est concentrée sur les deux protagonistes qui se regardent le nombril. Ce n'est pas un duo complice qui part à la rencontre des français, mais deux personnes qui sélectionnent des modèles pour leur photo sur le chemin. Que ce choix soit celui du hasard, ou d'une volonté, ça on ne le sait pas, et on s'en fiche du moment que les photos sont imprimées.
Touchant, poétique et tellement vrai. Agnès Varda et JR forment un duo tellement facile que rien que l'introduction nous laisse deviner que nous allons passer un excellent moment de cinéma. À voir sans hésiter.
Le documentaire Visages, villages, de Varda et JR se présente comme un road-movie, qui cherche son scénario en courant après le hasard, menant parfois chacun des deux réalisateurs à revenir sur des traces anciennes, ou plutôt à faire découvrir à l’autre ce qu’il aime, afin qu’au contact de celui-ci renaisse autre chose. A cet égard, les trois femmes de dockers, « femmes-totem », « femmes-oiseaux » sont une des plus belles réussites du film, un projet qui métisse à merveille l’univers de JR – ses contacts au Havre, son approche frontale et démocratique du portrait photographique, son sens « monumental » de la scénographie et son équipe artistique dont la maîtrise d’œuvre collective rappellerait presque le savoir-faire des compagnons ou les ateliers des peintres de la Renaissance – et l’univers de Varda – son féminisme, son intimisme, sa curiosité pour les gens et son goût pour les installations poétiques et naïves qui reposent sur l’association d’idées.
De leur collaboration artistique, Varda et JR tirent la thématique de leur film, dont le maître mot est le partage. Partage de deux singularités artistiques, de deux regards, de deux démarches. Partage du matériau : une photo de Guy Bourdin jeune, prise par Agnès Varda il y a plus d’un demi-siècle et vue dans Ulysse, sera magnifiquement mise à l’honneur sur une plage de Normandie – où street art et land art se rencontrent !
Partage du cadre : les deux réalisateurs et leurs échanges, écrits, scénarisés sur le mode burlesque – trouvaille amusante ou pas entièrement convaincante ? –, et souvent en voix-off, figurent un duo à l’allure aussi marquée que contrastée, ce que l’animation des génériques de début et de fin synthétise à merveille. Les ballades de -M- qui les accompagnent ne sont pas le dernier élément à contribuer à l’enchantement de l’itinéraire.
Cette générosité comme horizon prend corps dans des registres différents à chaque nouvel épisode ; les collages d’affiches se nourrissent des rencontres ou les permettent. Émouvant ce marouflage en forme d’hommage aux mineurs d’un coron voué à disparaître. Cocasse, cet épisode de la chèvre cornue, devenue l’espace d’un instant le nouveau combat de Varda, qu’encourage un passant. Touchant, celui de l’invitation chez Pony, un poète et artiste marginal qu’on dirait sorti des Glaneurs et la glaneuse. Toutes les séquences ne relèvent pas de la même intensité ou de la même nécessité, mais Varda et JR ont en commun un amour pour ceux qu’on ne voit jamais, petites gens de province, personnes banales, « petits vieux », qu’ils ont à cœur de nous faire connaître. JR, parfois ironique et irrévérencieux vis à vis d’Agnès Varda, se révèle d’ailleurs en réalité un jeune homme profondément attendri par la vieillesse et un guide attentif de la vieille dame, qui abandonne elle aussi son autorité pour accepter de dévoiler les fragilités dues à l’âge et sa sérénité face à la mort.
Petit film, éphémère comme une affiche vouée aux intempéries, ou film testament, qui revient sur les œuvres, les amours, les amis enfuis, mais fait aussi la part belle aux nouveaux amis ; film léger et primesautier à la fin manquée élégiaque et cruelle : ce petit film l’est en tout cas plus par son humilité que par son sujet. Temps off zemovieblog.wordpress.com
"Partir, t'es partante?" Varda a trouvé son pendant. Mais la première qualité de Varda est cet extraordinaire amour des gens. JR semble davantage s'intéresser à l'image qu'il peut avoir d'eux. J'aime la profondeur des idées mais je n'aime pas la légèreté qu'ils ont pour les exposer. Je n'aime quand ils se mettent en scène et au final ils sont franchement énervants à faire les zigotos.... Déçu car superficiel et artificiel
Visages, Villages est sans doute l'un des meilleurs films sortis en 2017. Agnès Varda reprend la caméra quasiment dix ans après son dernier long métrage : Les plages d'Agnès, pour quelque chose d'également très personnel. Elle se munit d'un jeunot (et pas d'un Jeannot, à ne pas confondre) qui colle des portraits en pied gigantesques sur des façades et elle décide de parcourir la France des villages, la France rurale, celle des paysans pour faire un film sur le monde ouvrier, le monde paysan, l'écologie, sur le temps qui passe, mais surtout un beau film.
Alors j'évoque le seul défaut du film qui est pour moi JR, le photographe qui avec sa petite voix fluette, son chapeau, ses lunettes et son mode de vive nomade m'insupporte au plus haut point. On sent le bobo à dix mille kilomètres. Mais il vient s'opposer donc à Varda qui avec son âge canonique, mais toujours avec l'esprit vif, qui elle aime justement ce terroir et qui veut le mettre en valeur. Sans doute suis-je vieux, mais je me suis plus senti Varda que JR.
Le film est beau parce qu'il va à la rencontre des gens, comme Depardon l'avait fait dans Les Habitants, ils se mêlent à la population, les font participer à leur œuvre d'art contemporaine, les gens racontent leur vie... Certains mêmes sont pas forcément à l'aise avec leur portrait affiché en pleine ville... Mais c'est pour ça que c'est authentique. Varda fait quelque chose que Godard aurait adoré, c'est-à-dire faire rentrer la caméra dans l'usine, faire rentrer la caméra dans le chantier. Certes elle ne filme pas le travail des ouvriers ou du moins très peu, mais le cinéma vient prendre place dans le monde ouvrier.
Le film est également touchant car il parle de Varda et je retiendrais deux séquences absolument sublimes. La première, ils se rendent sur la tombe d'Henri Cartier-Bresson, JR demande à Varda si elle a peur de la mort. Elle répond qu'elle n'a pas peur, mais qu'au contraire elle a hâte... parce que tout sera finit. C'est juste déchirant de voir une petite vieille qui semble si bien attendre la mort avec sérénité pour que tout soit terminé.
Il y a plusieurs évocations du temps qui passe, notamment avec les photos prises par Varda durant sa jeunesse, avec des modèles morts depuis... Mais la plus belle restera malgré tout la non-visite à Jean-Luc Godard qui permet de conclure le film sur une note de profonde mélancolie. Je ne sais pas si c'est fait exprès, si c'est scénarisé, mais c'était juste parfait. Varda impatiente de revoir son ami de longue date, celui qu'elle a fait tourner dans un court-métrage silencieux au beau milieu de Chloé de 5 à 7 et surtout le dernier, avec elle, le dernier des Mohicans, le dernier de la nouvelle vague, après les morts de Truffaut, Demy, Rivette, Rohmer, Chabrol, Resnais... Elle ne l'a pas vu depuis cinq ans, elle appréhende la rencontre parce que Godard est imprévisible... et lui, fidèle à lui-même, véritable monstre farceur laisse cette note lapidaire sur sa porte faisant référence à Demy, aux jours heureux où Anna, Agnès, Jacques et Jean-Luc se réunissaient avec que Jean-Luc et Agnès finissent par se perdre de vue... le temps détruit tout...
Le film arrive donc à être profondément touchant parce qu'il parle de l'intime, on voit Agnès être touchée par les frasques de Godard, mais elle continue malgré tout à l'aimer. Et c'est peut-être ça le plus beau...
Un documentaire sympathique et agréable avec une narration moyenne car manquant de naturelle, mais les deux artistes attirent la sympathie en se rendant dans les petits villages où résident la France profonde. Rien d'inoubliable, mais de quoi s'évader une petite heure et demie.
Dans ce docu-fiction attachant Agnès Varda et JR se racontent tout en dessinant, au fil de leurs pérégrinations, le visage d'une certaine France. Alors oui la démarche est naïve, on frôle parfois la sensiblerie mais le film garde, de bout en bout, une fraîcheur et une générosité qui le rendent attachant. Certaines scènes sont empruntés de poésie et les collages de JR font échos au cinéma bricolé de Varda. La fin autour de la figure tutélaire et cruelle de Godard est renversante et confère à l'ensemble un caractère profondément mélancolique. Visages villages est un film sur la mémoire, le temps qui passe et la création. Un joli voyage où l'humour se mêle toujours à l'émotion.