Visages Villages
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Gfa Cro
Gfa Cro

59 abonnés 576 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 juillet 2017
vu le 20170710 et avis le 20170712

on retrouve bien la patte habituelle d'agnes varda, mélanges de poésie/érudition/intime, franche liberté de ton/d'action. Deux artistes à l’œuvre.

J'apprécie peu les interludes, les moments joués entre JR et Agnés pour apporter de la dramaturgie au film. Je pense qu'il s'en serait bien passé. En particulier leur façon de discuter entre eux qui me fait penser aux jeu d acteur nouvelle vague, désincarné et à distance.

De grandes idées d'artistes, comment d'une idée ténue on peut faire quelque chose de remarquable, des idées qui sont moins réussies de mon point de vue. Par exemple, les doigts de pied sur le wagon citerne ou la baguette de pain m'ont semblé prodigieux. La friche industrielle avec les habitants des environs, la citerne aux poissons m'ont moins plus. Le mur des containers m'a plus mais pas le discours pour expliquer le choix des trois femmes et le message véhiculé qui m'ont semblé arbitraire / plaqué et peut être même une justification après coup. Si le mur m'a plu, pas lorsqu'elles sont dans le container porte ouverte. C'est bien de voir des idées qui provoquent des réactions, d'autres peuvent apprécier ce qui ne m'a pas plu et inversement.
En tout cas, ce film illustre assez bien ce que c'est d'être un artiste en recherche, qui expérimente.
caroceintrey
caroceintrey

35 abonnés 133 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juillet 2017
Visages Villages est un film documentaire d'Agnès Varda et JR, qui a été présenté hors compétition au dernier Festival de Cannes.

JR, 33 ans, chapeau et lunettes vissés sur la tête, et Agnès Varda, 88 printemps, font équipe pour sillonner des villages à la rencontre de leurs habitants. Au fil des rencontres, ils les photographient. Ils impriment ensuite leurs portraits à l'aide du camion photomaton mobile et les collent, souvent en format géant, sur les murs et mobiliers urbains, statiques (comme un château d'eau) ou en mouvement (à l'instar des wagons d'un train).

On va de découverte en découverte : des maisons de mineurs du Nord délaissés par tous sauf par une femme qui fait de la résistance, des chèvres avec ou sans cornes, un carillonneur, des femmes de dockers au port du Havre, un portrait du photographe Guy Bourdin sur un blockhaus... et faire bien d'autres rencontres.
C'est aussi l'occasion de partager leur recueillement dans le minuscule cimetière où reposent Henri Cartier-Bresson et sa femme Martine Franck. Les musiques de Matthieu Chedid accompagnent ces joyeuses pérégrinations qui nous mèneront jusqu'à la grand-mère centenaire de JR et spoiler: la rencontre manquée avec Jean-Luc Godard. Une réjouissante visite du musée du Louvre à 100 à l'heure lui rend d'ailleurs hommage...


Ce film est une vraie bouffée d'air frais, un vent d'optimisme contagieux est imprimé sur la pellicule et les photographies ! Les chamailleries entre les deux protagonistes traduisent une dose infinie de tendresse entre ces deux créatifs que la génération semble opposer mais qui ont en commun leur grande curiosité et leur humanité. Un film sans cliché, drôle et plein de malice.
alpha-pixel
alpha-pixel

35 abonnés 41 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 juillet 2017
Comme le dit spontanément un des protagonistes : « Ce film est surprenant !… Mais l’art, c’est aussi fait pour surprendre les gens, non ? ».
Surprenant, certes il l’est ce film, un ovni du cinéma. Quelle foi il faut avoir en sa propre créativité, en son imagination pour oser lancer un tel ouvrage. Les producteurs, même face à la grande Varda, ont certainement dû fuir. La preuve en est du mode de financement participatif par crowdfunding, via KisskissBankbank.
Atypique et inventif, mais surtout un film plein de poésie, de délicatesse. Il est le fruit d’une rencontre entre Agnès Varda 88 ans et JR 33. Elle est toute petite et arbore un sourire narquois sous son inénarrable coiffe bicolore style panda. Lui est un grand escogriffe planquant obstinément sa prévenance derrière des lunettes noires.
Il y a cinquante ans, Agnès captait déjà avec son Leica les passants de sa rue Daguerre, et elle a réalisé deux films en 1980 à propos des Murals de Los Angeles. Il y a peu JR a immortalisé les habitants de la cité des Bosquets de Montfermeil en les placardant sur d’immenses murs. Ces deux là étaient bien faits pour se rencontrer.
Leur projet à la Depardon a été, sans aucun misérabilisme, d’aller à la rencontre des « petites » gens des villages. Ils ont voulu fixer des visages pour en faire quelque chose de grand. Pour ainsi moins abdiquer face au temps qui avale leur vie dans l’indifférence. Agnès et JR en quête de visages et de villages ont donc parcouru la France, la sillonnant à bord d’une drôle de camionnette, un gigantesque Photomaton.
Agnès Varda est une glaneuse de vie, et elle a ce « désir de mettre en valeur les gens, ceux qui n’ont pas l’habitude d’être en valeur ». Alors les immenses tirages de JR sont collés sur d’improbables supports verticaux de rencontre.
Un muralisme photographique en noir et blanc réservé aux oubliés de notre époque, tout comme le muralisme de Murillo affichait les indiens mis de côté au Mexique. Les collages de Varda et JR sont magnifiques, époustouflants.
Ils rappellent parfois les belles installations d’Ernest Pignon Ernest , lui qui disposait ses dessins sur les murs de Naples ou d’ailleurs. Varda : « je photographie les visages pour qu’ils ne tombent pas aussitôt dans les trous de ma mémoire ». Qui ?... un facteur, une éleveuse de chèvres, un groupe d’ouvriers, une conductrice de poids-lourd… Toutes sortes de gens de rencontre.
Sans que cela soit explicite, il est question de verticalité tout au long du film, comme une toile de fond symbolique du temps qui dégringole : murs ou précipices, immense empilement de containers ou hautes parois de châteaux d’eau… Un blockhaus est tombé en contrebas sur une plage de Normandie, un retraité de fraîche date raconte son vertige face au vide de son lendemain « comme au bord d'une falaise », une chèvre et un jeune veau sont tombés d’un à-pic…
Les photos de JR et Agnès quêtent l’immortalité. Mais voilà, tout autant que la vie les photos sont éphémères, et une marée a tôt fait d’effacer un grand tirage collé sur le blockhaus trop près de l’eau. Agnès n’est jamais loin des larmes dès qu’est évoqué son mari Jacques Demy décédé précocement. Peut-être est-ce une certaine obsession de la disparition qui donne une nostalgie, une mélancolie douce au film. Visite émouvante à Henri Cartier-Bresson, qui n'est plus qu'une trace délaissée dans un cimetière anonyme. « Que laissons-nous derrière nous ? » telle est la question.
De la douceur, le film en est empli. Celle d’Agnès, celle des relations taquines entre elle et JR. Le film apparaît alors comme un ensemble de jeux délicats : le manège affectueux entre eux deux, et puis une manigance subtile à facettes : Agnès, JR et le spectateur face à la genèse artistique. Devant nos yeux, est tracé, avec quelle légèreté, le processus même de la création. Comme dit Agnès : « Le but, c’est le pouvoir de l’imagination ».
Le film devait finir sur une rencontre avec Godard, ami de longue date d’Agnès. Rendez-vous était pris un matin dans sa maison près du lac Léman… On peut imaginer que Godard a voulu entrer dans le film d’Agnès, mais à sa manière. En tous cas en se dérobant à un échange convenu entre anciens combattants du cinéma. Merci Godard…
Bienveillance, optimisme, générosité, nostalgie, intelligence, humour, grâce … une bouffée d'air frais… Ce sont les mots qui reviennent le plus souvent à propos du film. Un bijou. Critique publiée sur alpha-pixel.blogspot.fr
Isabelle E.C.
Isabelle E.C.

83 abonnés 340 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 juillet 2017
C'est un documentaire "Arty" un peu "foutraque" mais qu'est-ce que c'est bien.
J'aime les réalisations de JR et Agnès Varda m'est sympathique.
Leur film est tendre et sensible.
Ils intègrent de l'art dans la vie des gens, comme ces yeux placardés à Valenton en bordure de voie ferrée, qui accueillent ceux qui viennent du sud.
Ils intègrent aussi les gens dans leur œuvre, avec délicatesse.
C'est touchant, c'est beau, allez y.
WutheringHeights
WutheringHeights

131 abonnés 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 juillet 2017
Entre portrait croisé de deux artistes et documentaire, une émotion grandissante envahit le spectateur devant ce film passionnant.
be-alias
be-alias

9 abonnés 38 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 juillet 2017
Un film documentaire sympathique, plein de bonté et d'empathie qui nous a régalé. Mais Jean Luc Godard est le grand absent, peu sympathique...
Clef en or Dulac
Clef en or Dulac

5 abonnés 16 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 juillet 2017
Le documentaire Visages, villages, de Varda et JR se présente comme un road-movie, qui cherche son scénario en courant après le hasard, menant parfois chacun des deux réalisateurs à revenir sur des traces anciennes, ou plutôt à faire découvrir à l’autre ce qu’il aime, afin qu’au contact de celui-ci renaisse autre chose. A cet égard, les trois femmes de dockers, « femmes-totem », « femmes-oiseaux » sont une des plus belles réussites du film, un projet qui métisse à merveille l’univers de JR – ses contacts au Havre, son approche frontale et démocratique du portrait photographique, son sens « monumental » de la scénographie et son équipe artistique dont la maîtrise d’œuvre collective rappellerait presque le savoir-faire des compagnons ou les ateliers des peintres de la Renaissance – et l’univers de Varda – son féminisme, son intimisme, sa curiosité pour les gens et son goût pour les installations poétiques et naïves qui reposent sur l’association d’idées.

De leur collaboration artistique, Varda et JR tirent la thématique de leur film, dont le maître mot est le partage. Partage de deux singularités artistiques, de deux regards, de deux démarches. Partage du matériau : une photo de Guy Bourdin jeune, prise par Agnès Varda il y a plus d’un demi-siècle et vue dans Ulysse, sera magnifiquement mise à l’honneur sur une plage de Normandie – où street art et land art se rencontrent !

Partage du cadre : les deux réalisateurs et leurs échanges, écrits, scénarisés sur le mode burlesque – trouvaille amusante ou pas entièrement convaincante ? –, et souvent en voix-off, figurent un duo à l’allure aussi marquée que contrastée, ce que l’animation des génériques de début et de fin synthétise à merveille. Les ballades de -M- qui les accompagnent ne sont pas le dernier élément à contribuer à l’enchantement de l’itinéraire.

Cette générosité comme horizon prend corps dans des registres différents à chaque nouvel épisode ; les collages d’affiches se nourrissent des rencontres ou les permettent. Émouvant ce marouflage en forme d’hommage aux mineurs d’un coron voué à disparaître. Cocasse, cet épisode de la chèvre cornue, devenue l’espace d’un instant le nouveau combat de Varda, qu’encourage un passant. Touchant, celui de l’invitation chez Pony, un poète et artiste marginal qu’on dirait sorti des Glaneurs et la glaneuse. Toutes les séquences ne relèvent pas de la même intensité ou de la même nécessité, mais Varda et JR ont en commun un amour pour ceux qu’on ne voit jamais, petites gens de province, personnes banales, « petits vieux », qu’ils ont à cœur de nous faire connaître. JR, parfois ironique et irrévérencieux vis à vis d’Agnès Varda, se révèle d’ailleurs en réalité un jeune homme profondément attendri par la vieillesse et un guide attentif de la vieille dame, qui abandonne elle aussi son autorité pour accepter de dévoiler les fragilités dues à l’âge et sa sérénité face à la mort.

Petit film, éphémère comme une affiche vouée aux intempéries, ou film testament, qui revient sur les œuvres, les amours, les amis enfuis, mais fait aussi la part belle aux nouveaux amis ; film léger et primesautier à la fin manquée élégiaque et cruelle : ce petit film l’est en tout cas plus par son humilité que par son sujet.
Temps off zemovieblog.wordpress.com
Pigeon V.
Pigeon V.

3 abonnés 47 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 juillet 2017
C'était pour moi une sorte de pari : je connaissais très peu JR et Agnès Varda... Et quelle bonne surprise ! Le plus beau film que j'ai jamais vu ! Un film touchant, émouvant, qui fait couler plusieurs fois des larmes durant la projection ! Que dire de plus si ce n'est que c'est rater quelque chose de ne pas le voir !
Yoann B.
Yoann B.

3 abonnés 4 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 juillet 2017
Ce n'est pas un film, ce sont des rencontres,
C'est frais, c'est simple, c'est vrai.
La photographie du film est magnifique, on en ressort bien ému..
Yves G.

1 846 abonnés 4 021 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 juillet 2017
Deux artistes en goguette : Agnès Varda et JR sillonnent la France. Caché derrière ses lunettes noires, il prend des photos dont il fait d'immenses tirages qu'il colle sur les surfaces les plus improbables : un mur de village, une falaise, un amoncellement de containers... Diminuée par l'âge, elle n'a plus vraiment bon pied ni bon œil, mais l'accompagne dans ses déambulations artistiques.

Je connaissais Agnès Varda, pour "Cléo de 5 à 7", "Sans toit ni loi" et "Jacquot de Nantes" (bouleversant hommage à son mari Jacques Demy). Je ne connaissais pas JR - deux initiales qui pour ma génération évoquent plus "Dallas" que la photographie contemporaine. Et je me méfiais de ce docu dont le pitch me semblait à la fois trop artificiel - réunir deux artistes susceptibles d'attirer deux générations de spectateurs - et trop flou - les envoyer sur les routes de France sans projet préétabli.

Mes réticences ont été confortées par les premières images du film. Un dialogue se noue entre Agnès Varda et JR. Avec une fausse spontanéité, des paroles très écrites, mais d'une rare niaiserie, sont échangées : il lui parle gentiment comme à une vieille mamie qu'on ménage, elle lui répond avec une malice surjouée sur le mode j'ai-beau-être-vieille-je-ne-suis-pas-encore-gâteuse.

Dernier défaut qui aurait pu être rédhibitoire : les saynètes se succèdent au risque de la répétition, dans le Nord, près de Sisteron, sur les falaises de la Manche, avec à chaque fois, des rencontres, des photos, un collage...

Et pourtant, le charme prend lentement. Sans se pousser du col, JR mène à bien son projet à la fois simple et ambitieux : aller à la rencontre des gens et éveiller en eux une conscience artistique, créer du beau là où on ne l'imagine pas. Et la gentillesse de sa muse, loin d'exaspérer, finit par attendrir. "Visages villages" est un film sur le regard. Un regard toujours bienveillant sur les gens et les choses. Un regard qui traque le beau et le met en scène. Jusqu'à une scène finale qui nous mène, à notre corps défendant, jusqu'aux bords des larmes.

Qu'on me permette en guise de conclusion ou de post-scriptum une réflexion égocentrique et prétentieuse. Je ne suis pas très sensible au "beau". Les coups de foudre esthétiques ne sont pas mon genre. J'aime "Les Demoiselles d'Avignon" ou "Carré blanc sur fond blanc" non pas pour leur soi-disant beauté, mais pour leur place dans l'histoire de l'art. Aussi je suis d'autant plus étonné que l'émotion que suscite chez moi des œuvres qui n'appellent pas à ma raison. D'autant plus étonné et d'autant plus ravi.
LaureP
LaureP

18 abonnés 199 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 juillet 2017
Bravo! Film poétique qui nous embarque dans ce voyage à la rencontre de villageois et surtout d'Agnès Varda, pétillante et émouvante et de l'oeuvre de JR, artiste incroyable.
Merci pour ce très bon moment en salle obscure
Nathalie R
Nathalie R

27 abonnés 144 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 juillet 2017
Visages Villages est comme un road trip qu'on ne voudrait jamais arrêter. On a envie de monter dans la camionnette magique de JR, écouter encore plus de confidences d'Agnès Varda, et coller ces immenses affiches avec eux dans les endroits les plus insolites de France et même du monde ! On en ressort avec le sourire.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 5 juillet 2017
Ce film est une déclaration d'amour. On en ressort avec l'envie de câliner la terre entière. Merci pour ce moment riche en émotions.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 730 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 5 juillet 2017
"Partir, t'es partante?"
Varda a trouvé son pendant.
Mais la première qualité de Varda est cet extraordinaire amour des gens. JR semble davantage s'intéresser à l'image qu'il peut avoir d'eux.
J'aime la profondeur des idées mais je n'aime pas la légèreté qu'ils ont pour les exposer.
Je n'aime quand ils se mettent en scène et au final ils sont franchement énervants à faire les zigotos....
Déçu car superficiel et artificiel
dejihem
dejihem

155 abonnés 709 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juillet 2017
Avec humanité, simplicité, humanité, émotion, les deux réalisateurs déambulent en France et notamment dans le nord. La série de portraits géants se révèle être un artifice facile pour faire parler les gens d'eux et de leur cadre de vie. Ce procédé est tellement simple que personne n'y a pensé avant d'autant plus qu'il est extrêmement cinématographique. Raymond Depardon dans un autre genre réussi ce même type de portraits : bravo à Agnès Varda et JR.
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