Le précédent film de Blandine Lenoir, « Zouzou », m’avait enthousiasmé. J’avais rarement ri de si bon cœur devant une comédie française, et je crois qu’une partie de la joie que j’éprouvais devant le film venait du bonheur que je ressentais de savoir ce genre si brillamment défendu. Je n’imaginais pas « Zouzou » vendu dans 30 pays, mais il symbolisait quand même une forme d’esprit, riche en recoins, en degrés, en sous-entendus, qui peut bien séduire à l’étranger en tant qu’il représente la culture française (pour autant que cette expression puisse avoir du sens) et son aspiration à la légèreté. C’est un esprit bourré de fantaisie, qui se moque des sérieux déplacés, et célèbre l’humanité, la féminité, et l’enfance. Y compris d’ailleurs la part d’enfance qui reste en chacun de nous jusqu’à la maturité, le sujet que Blandine Lenoir a retenu pour « Aurore ». Son nouveau film est un magnifique portrait de femme, dont l’interprète, Agnès Jaoui, est véritablement sublimée. Il me semble qu’elle n’a jamais été aussi bien filmée et dirigée. Alors que le film est court (il ne dure qu’une heure et vingt-neuf minutes) il parvient à nous emmener dans pleins d’univers différents, professionnels, amicaux, familiaux, à nous faire rire, à nous émouvoir, en nous laissant l’impression qu’il nous est arrivé mille aventures. Les personnages sont tous caractérisés avec profondeur, et l’on reconnaît une nouvelle fois le travail d’écriture particulièrement soigné des auteurs, qui offrent d’authentiques parcours initiatiques à leurs personnages. Plusieurs scènes sont d’une drôlerie mémorable. À ne pas rater !