Killers of the Flower Moon
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Fiers R.
Fiers R.

203 abonnés 869 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 octobre 2023
On l’attendait comme le Messie le retour de Martin Scorses en salles après un passage chez Netflix pour son film de mafia fleuve comme il les affectionne tant avec « The Irishman ». Une œuvre dantesque en ambition comme en durée mais bien trop longue et parfois difficile à suivre. De surcroît, il réunit pour la première fois (devant sa caméra en tout cas, car les deux hommes s’étaient déjà donné la réplique dans le passé) ses deux acteurs fétiches : les deux monstres sacrés du septième art américain que sont Robert De Niro et Leonardo Di Caprio. Le metteur en scène investit un sujet important à la manière d’un travail de mémoire doté d’une documentation pharaonique : celui du massacre de la communauté indienne Osage en Oklahoma au début du siècle passé par les blancs au nom de l’argent du pétrole et du pouvoir. Un génocide vicieux et sournois qui se dévoile au grand jour dans ce pavé cinématographique qu'est "Killers of the Flower Moon » qui s’handicape pour rien du même problème que son précédent film, en l’occurrence une durée exténuante et pas forcément utile de près de trois longues heures et demie. Dommage car pour le reste tout est carré, réussi et passionnant...

Qu'on ne s'y trompe pas, les durées excessives ne sont pas forcément une tare ou un repoussoir quand c’est justifié et absolument indispensable. Que ce soit un blockbuster Marvel et/ou estival où le grand spectacle permet (généralement) de ne pas s’ennuyer ou, avec un exemple plus parlant car voguant également vers le cinéma d’auteur pointu et exigeant, le récent et magistral « Oppenheimer » de Nolan qui n’avait pas une minute de trop et nous avait scotché sur notre fauteuil durant trois heures. Et pourtant, il demandait l’investissement intellectuel du spectateur... En revanche, ici, le scénario aurait pu se passer, sans problèmes de narration ou manque d’informations, d’une petite heure facile. Le début contient des longueurs dispensables et « Killers of the Flower Moon » se pare d’une fin qui abuse de répétitions. Et il y a également des sous-intrigues, au mieux, totalement accessoires, au pire, clairement inutiles. C’est donc un peu frustrant de devoir sentir passer le temps alors qu’un montage plus resserré et essentiel aurait été tout aussi compréhensible et aurait rendu le film bien plus captivant et concis. Il n’empêche, le script demeure fluide et clair, on ne peut lui enlever et contrairement à « The Irishman ».

À côté de ce gros handicap, le dernier film du cinéaste octogénaire est en tous points remarquable. Et on ne peut quasiment lui trouver que des qualités si ce n’est des mimiques parfois un peu forcées de son duo d’acteurs principal, surtout DiCaprio. On est conséquemment plus attiré par le jeu fort et nuancé de la révélation Lily Gladstone. Sinon, « Killers of the Flower Moon » peut compter sur la maestria de sa direction artistique, révélant un beau livre d’images sombres, entre reconstitution imposante et méticulosité des faits dans les moindres détails. La volonté de vulgarisation et du travail de mémoire est incontestable. La musique entêtante est du meilleur goût et Scorsese a encore sacrément de ressources pour nous en mettre plein vue niveau réalisation. Les thèmes investis ici, entre racisme, histoire, jeux de pouvoir et culture sont menés avec précision et flamboyance et entraînent à la réflexion. Il y a de rares séquences véritablement frappantes mais plutôt un enchaînement de petits moments en mode mineur qui créent une œuvre importante aussi bien dans sa forme que sur le fond. C’est du grand cinéma pointu mais accessible que seule la gourmandise d’en avoir mis trop fatigue un peu, au point qu’on en vient à se demander si une mini-série n’aurait pas au final mieux convenu à ce récit méconnu mais indéniablement important et captivant.

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MediaShow
MediaShow

167 abonnés 563 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 novembre 2023
L'article complet : https://mediashowbydk.com/2023/10/25/labbe-pierre-une-vie-de-combats-lexorciste-devotion-killers-of-the-flower-moon/

Après un passage par la plateforme Netflix avec The Irishman en septembre 2023, Martin Scorsese retrouve les salles obscures avec son nouveau long-métrage Killers of the Flower Moon, adapté de l’ouvrage du même nom de David Grann, publié en 2017. Il s’agit de son film le plus cher avec 200 millions de dollars de budget. Présenté en Hors-Compétition au Festival de Cannes 2023, cette réalisation réunit les deux acteurs fétiches du réalisateur américain : Robert De Niro et Leonardo DiCaprio. Réalisé à la manière d’un western, le scénario est véritablement passionnant à suivre, malgré quelques longueurs. On y suit avec beaucoup d’intérêt l’histoire tragique de ce peuple amérindien, les Osage, et, à travers cette histoire, Martin Scorsese leur offre un magnifique hommage. En effet, la première partie du métrage est poignante à ce niveau, en exposant peu à peu la cruauté de l’homme blanc qui sème furtivement la mort à l’ensemble de cette population. La seconde partie est plus axée sur le personnage de Leonardo DiCaprio qui prend conscience de ce génocide et se soulève contre son oncle, joué par Robert de Niro. Le film se conclut sur un épilogue, une idée surprenante mais originale !

D’autre part, la mise en scène est superbe et c’est un vrai plaisir d’admirer la qualité visuelle de ce thriller historique. La photographie de Rodrigo Prieto (ayant travaillé sur Le Loup de Wall Street, Silence et The Irishman) est sublime avec de brillantes idées telles que la scène d’introduction de la découverte du gisement de pétrole. La reconstitution de l’époque est également magnifique et immersive. Sans oublier l’excellente bande originale composée par Robbie Robertson. Enfin, Martin Scorsese s’entoure d’une distribution talentueuse : DiCaprio signe une des meilleures performances de sa carrière, De Niro fait preuve de charisme dans le rôle d’un homme capitaliste à la bonhommie mais cachant l’individu le plus cruel qui soit et Lily Gladstone qui brille à travers son personnage, Mollie. Parmi les rôles secondaires, Jesse Plemons est honorable dans le rôle de Tom White et Brendan Fraser offre une belle interprétation de l’avocat Hamilton.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 janvier 2024
Dans ce film à la durée qui peut impressionner (3h40), Martin Scorsese revient sur un épisode peu connu de l’histoire des États-Unis, à savoir le système plus ou moins informel mis en place par les Américains d’origine européenne dans les années 1920 pour déposséder la tribu amérindienne des Osages, repoussée sur des terres longtemps considérées comme inhospitalières avant que ne soient découverts, par une ironie de l’histoire, des énormes gisements de pétrole qui les rendirent riches. Passionnant de bout en bout, ce film porté par les formidables Leonardo DiCaprio, Robert De Niro et Lily Gladstone est une véritable leçon de cinéma, parfaitement rythmé, et dont l’aspect pédagogique va de pair avec une fresque romanesque à la fois violente, bouleversant et porteuse d’une ambiguïté jamais résolue.
Ninideslaux
Ninideslaux

105 abonnés 284 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 octobre 2023




        Le film le plus attendu de l'année.... Martin Scorsese et Robert De Niro, enfin dans un rôle digne de lui. D'accord, il nous a fait sourire en beau père affublé de faux tétons en caoutchouc, mais on espérait revoir le grand Robert, et là, doucereux, fielleux, pourri jusqu'à la moelle, il est splendide!
      Qui d'autre que Scorsese pouvait faire ce film? Clint Eastwood, sans doute
    Vous connaissez tous maintenant l'histoire de ces indiens Osage. Déplacés de leurs terres d'origine, on leur assigne une réserve en Oklahoma. Bingo: on plante un chou, le pétrole jaillit. Les parias deviennent richissimes. Ils s'habillent en bourgeois, les plus délurées mettent des robes charleston (on est en 1920) et des renards; ils s'achètent des automobiles, embauchent des domestiques blancs, et fraternisent avec les colons. Il est vrai qu'ils ont été christianisés, ce qui rapproche, même si naturellement ils continuent à pratiquer leurs croyances ancestrales. Dans la réalité, je me demande si la cohabitation a été aussi simple que cela. 
     Parmi les grands amis, les protecteurs des indiens, le copain des grands chefs il y a un riche éleveur de bovins, William Hale, De Niro donc. Son neveu, Ernest Burkhart, démobilisé, revient au bercail. D'abord ébloui par le discours éthique de son oncle, il va suivre son conseil: épouser une riche Osage, et puis.... décimer sa famille. Car le plan atroce des colons est bien là: épouser une héritière, faire disparaître ceux qui pourraient lui contester l'héritage, et lui faire signer un document précisant que, en cas de disparition, tous ses biens reviendront à son cher mari. Ensuite, accélérer cette disparition, et c'est facile: génétiquement, les indiens sont assez particulier, on sait qu'ils ne supportaient pas l'alcool qui faisait chez eux des ravages et ils étaient sujets  au diabète; la modification de leur nourriture, pour s'adapter à celle des colons, leur était fatale...
       Franchement, quel scénariste aurait osé inventer une si belle histoire?
     Leonardo Di Caprio compose une figure de crétin d'anthologie, les espèces d'abajoues de hamster qu'on lui a rajoutées ne contribuant pas à lui donner l'air intelligent. Il y a quelque chose d'un peu trop caricatural, de presque gênant dans cette composition. Mais surtout, Ernest est totalement dépourvu d'empathie et de sens moral, exécutant les diktats de William sans le moindre état d'âme, alors qu'il semble pourtant être réellement tombé amoureux de Mollie, qui lui a donné trois enfants. Et on comprend qu'il soit amoureux! Lily Gladstone est magnifique. Son large visage lunaire est d'une profonde dignité. Sa stature est celle d'une déesse; quelque chose de grand émane de sa personne....
     Après des morts suspects par centaines, le FBI naissant va intervenir. Mais la "justice" rendue sera très, très imparfaite....
      A voir évidemment!!
Sébastien B.
Sébastien B.

23 abonnés 146 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 octobre 2023
Une fresque Scorsesienne (une de plus), sur la violence inhérente à la fondation des USA (en cela elle fait écho à son formidable « Gangs of New-York »), adaptée du roman « La note américaine » relatant le destin incroyable de la tribu des Osages. Les 3h26, si elles sont brocardées par certains, sont nécessaires pour sentir le serpent froid s’enrouler doucement et se contracter implacablement jusqu’à l’asphyxie. La mise en scène et le montage sont brillants (comme toujours), la musique sublime et l’interprétation frôle les sommets (une myriade de seconds rôles excellents). Captivante, presque ensorcelante par moments, cette proposition fleuve, entre western, film de mafia et histoire d’amour toxique, n’a pas à rougir (sans mauvais jeu de mots) dans la filmographie flamboyante de l’immense Martin. Émouvant, politique et inoubliable.
AZZZO

363 abonnés 998 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 novembre 2023
Le cinéma de Scorsese a beau être toujours le même, l'artiste ne cesse pourtant de surprendre les spectateurs. Voyage dans l'ouest américain au début du XXe siècle cette fois pour raconter de nouveau les crimes sur lesquels fut bâti le rêve américain. Scorsese réalise un western d'un nouveau genre : les Natives ne sont pas sur des chevaux, n'ont pas de plumes, ils sont riches et se prennent les pieds dans ce rêve qui n'est pas fait pour eux. Mafia, arnaque, règlement de compte et mimiques de Robert de Niro, on nage dans un grand bain de Scorsese. Mais c'est aussi un film de Di Caprio, personnage central, il est aussi à l'origine de l'adaptation du roman et a largement participé à la production du film. Faut-il y voir l'envie de se donner un nouveau grand rôle, de donner une teinte plus politique à son travail d'artiste ? A suivre... Grand film, en tout cas.
AlexLaloix
AlexLaloix

179 abonnés 1 416 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 mai 2024
"Killers of the Flower Moon", le dernier film de Martin Scorsese, offre une plongée captivante dans un récit qui explore une série de meurtres au sein de la tribu Osage dans les années 1920. Le film tient une réalisation solide et soignée avec des décors et des costumes d'une grande authenticité. Cependant, malgré ses qualités techniques et artistiques indéniables, la lenteur du récit laisse certaines parties du film pesantes, tandis que la complexité de l'intrigue perd le spectateur. Néanmoins, la production compte sur un casting solide avec Leonardo DiCaprio, Lily Gladstone et Robert De Niro qui livrent d’excellentes performances. Au final, "Killers of the Flower Moon" est un film qui mérite d'être vu pour son ambition et son sujet, mais qui ne parvient pas pleinement à nous captiver.
-
13/20
Critique sur Killers of the Flower Moon (film)
Vu le 24.04.2024 sur Canal+
GéDéon
GéDéon

134 abonnés 711 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 mai 2024
Sur la forme, on ne peut que saluer la qualité de ce long-métrage réalisé par Martin Scorsese en 2023. La mise en scène éblouira tout le monde, les acteurs (Lily Gladstone, Leonardo DiCaprio et Robert De Niro en tête) sont impeccables et la reconstitution d’époque reste remarquable. Sur tous ces aspects, il n’y a rien à redire. Là où le bât blesse, c’est l’excessive durée (près de 3h30) pour une histoire de manipulation, certes révoltante, mais manquant singulièrement d’enjeux et de points culminants. Pourtant inspiré de faits réels survenus au début du XXème siècle, le récit de ce peuple amérindien spolié par de cupides hommes blancs venus volés leur richesse (le pétrole) s’englue dans d’interminables palabres. Sans procurer d’ennui, le scénario cantonne ses personnages dans des positions rigides et très caricaturales donnant l’impression de tourner en rond. Bref, un western psychologique manquant d’émotion.
tyrionFL
tyrionFL

25 abonnés 388 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 octobre 2023
Derrière une durée pharaonique, Scorsese propose une histoire particulièrement singulière puisque son but est avant tout de transposer son univers de film de gangsters dans un univers Western qui serait dominé, au premier abord, par des Indiens, les Osages pour ne pas les nommer, devenus de riches consommateurs américains.

Si l'aspect complotiste et hypocrite de ces protagonistes semble assez classique, c'est bien dans sa construction, son rythme ainsi que par l'intention réelle de certains personnages que constituent l'originalité de Killers of the flower moon.
Par exemple, le personnage incarné par DiCaprio, Hernest, neveu du bien nommé King, semble avant tout être un arriviste un peu idiot, il se révèle surtout être un naif amoureux transi.
Cet état de fait surprend lors de ces nombreuses actions qui semblent quelque peu contradictoire.

Si le propos du récit peut dérouter autant que l'action du film qui semble parfois un peu trop longue, le film semblant pouvoir être légèrement raccourci par moment bien que cela semble improbable tant le montage de Thelma Schoonmaker est maitrisé, le casting, la réalisation et la sublime direction artistique (parfois poisseuse rappelant évidemment There Will Be Blood) rendent Killers of the flower moon comme un grand scorsese.
VinceHanna
VinceHanna

86 abonnés 136 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 octobre 2023
Scorcese toujours aussi bon, un véritable virtuose. Les personnages de l'époque et leur dureté sont extrêmement bien dépeints. Quant à la durée du film, c'est du Scorcese, donc forcément c'est un film qui prend son temps, mais pour une génération qui passe son temps devant son téléphone, difficile de rester dans un film de 3h30.
Victor Schlencker
Victor Schlencker

1 abonné 1 critique Suivre son activité

0,5
Publiée le 29 octobre 2023
Le film m'a fait dormir et j'ai cru ne jamais pouvoir me réveiller ... j'ai attendu pendant tout le film qu'il se passe quelque chose, si vous n'êtes pas cinéphile n'allez pas voir ce film
Ciné-13
Ciné-13

172 abonnés 1 421 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 décembre 2023
Epoustouflante tragédie qui instille l'histoire comme un poison qui ronge méthodiquement ce peuple amérindien.
Les joutes verbales entre DE NIRO et DI CAPRIO sont un modèle d'intensité, et restent dans la mémoire après visionnage du film. Le personnage central de DI CAPRIO nous propose une âme de simplet complexe, manipulé par un redoutable pervers avide. On découvre ce peuple OSAGE, propriétaires pétrolifères mais condamnés par la convoitise de blancs racistes.
C'est l'histoire d'un génocide, spoiler: heureusement démonté par le FB
I, bien que trop tardivement.
FRASER lui aussi est impressionnant en avocat du "King".
Un chef d'oeuvre!
OMTR
OMTR

36 abonnés 288 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 janvier 2024
« spoiler: La seule façon de vraiment comprendre une tragédie est d’écouter la voix de ceux qui l’ont vécue.
»

Pour son dixième film avec Robert De Niro et son sixième film avec Leonardo Di Caprio, Martin Scorsese a réalisé une adaptation à grande échelle du roman de David Grann de 2017 “Killers of the Flower Moon: The Osage Murders and the Birth of the FBI”.

Martin Scorsese et Erich Roth ont écrit le scénario de cet hommage cinématographique aux victimes d'un spoiler: chef de clan local corrompu, qui a décimé une communauté indienne Osage pour voler leurs terres lorsque du pétrole y a été découvert dans l'Oklahoma des années 1920
.

Si la spoiler: durée – près de 4 heures – ne fait pas l'unanimité
, le travail anthropologique minutieux et passionné, ainsi que les performances remarquables de Leonardo DiCaprio, Robert De Niro et Lily Gladstone enthousiasment les cinéphiles.

Un film introspectif essentiel, qui fera parler de lui lors de la 96ème cérémonie des Oscars. Parce que “Killers of the Flower Moon” est à Martin Scorsese ce que “Danse avec les loups” (1990) est à Kevin Costner et “Little Big Man” (1970) est à Arthur Penn.

4.7/5
Luuuuuuuuc
Luuuuuuuuc

26 abonnés 853 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 février 2024
« ça restera une simple tragédie ordinaire. »

Martin Scorsese est sans aucun doute le plus grand réalisateur de ces 50 dernières années, lui qui a pu magnifier les influences du cinéma d’avant et créer son style à la fois propre et universel, qui inspire aujourd’hui nombre de réalisateurs et réalisatrices à sa suite. Chacun de ses nouveaux films est ainsi un événement, les moins réussis étant malgré tout de bons films, les plus aboutis des chefs d’oeuvre. Il est par conséquent difficile de s’attaquer à un tel monument et à sa dernière création : Killers of the Flower Moon.

Côté interprétation, on a souvent dit que Scorsese avait choisi Leonardo Di Caprio (6ème collaboration) pour remplacer Robert De Niro (dont c’est la 10ème). Pour la première fois, les deux acteurs se donnent la réplique au sommet, le premier en homme de main influençable et limité, le second en notable manipulateur et obséquieux, rejoints par Lily Gladstone, impressionnante de dignité en épouse malade et fataliste, ainsi que par une foule de seconds rôles au ton juste.

La où cette fresque en forme d’enquête puzzle, somme toute assez légère, prend toute son ampleur, c’est, une fois encore, dans la maîtrise totale de Scorsese, à travers ses multiples marques de fabrique narratives et visuelles, la structure d’une organisation mafieuse, les travellings intérieurs, l’incrustation de l’image d’époque, détournée ou directe, dans l’image actuelle comme une mise en abyme du regard ou encore la froideur apparente de sa narration qui évite tout pathos facile et inutile. S’y ajoute la complicité entre les interprètes et le metteur en scène, qui rend fluides des dialogues souvent obscurs et chuchotés à demi-mot, constituant les pièces du jeu de dupes qui se déroule devant nous durant plus de trois heures.

Parfaitement équilibré, le scénario est adapté du livre d’enquête Killers of the Flower Moon: The Osage Murders and the Birth of the FBI de David Grann (2018) par Scorsese et Eric Roth, déjà lauréat d’un oscar en 1995 pour l’adaptation de Forrest Gump (Robert Zemeckis, 1994). Si on doit vraiment chercher la petite bête, on regrettera le montage parfois erratique de Thelma Schoonmaker, pourtant fidèle des œuvres de Scorsese : coupures brutales et mauvais raccords. Enfin, il faut souligner la parfaite symbiose entre la narration et la musique signée Robbie Robertson, rencontré dans les années ’70 et ancien membre du Band qui suivait Bob Dylan (groupe à propos duquel Scorsese avait réalisé le documentaire The Last Waltz, 1978) et déjà compositeur de la BO de The Irishman, 2019. Lancinante, aux frontières du blues et de la country aux accents de Ray Cooder, elle épouse la bande son où les musiques diégétiques lui répondent en écho.
Critiques d un passionné
Critiques d un passionné

138 abonnés 263 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 octobre 2023
Le film raconte une page sombre de l'histoire des États-Unis. Celle des Osages, des amérindiens qu'on a parqué sur des terres qui se sont avérées regorger de pétrole, en faisant d’eux un des peuples les plus riches du monde, ce qui attirera la convoitise des blancs et une série de meurtres afin de leur voler leurs richesses...

Bon, même si le film regorge de qualités, je vais commencer par ce qui est son gros souci, le film est long... TRÈS long... TROP long... Et même si l'histoire est passionnante, j'ai clairement senti les 3h30 passer...

Une durée qui peut s'expliquer par le fait que ce soit un film de plate-forme qui aurait dû sortir directement sur AppleTV, il aurait d'ailleurs certainement gagné à être découper en mini-série.

Parce que, pour ce qui est de l'expérience cinéma, tout semble s'étirer en longueur et le film aurait surement gagné à condenser ses propos.

D'autant plus que le rythme est lent, même s’il sert le film, tout du moins dans sa première partie en installant une ambiance particulière immergeant le spectateur dans la culture de ce peuple indien. Le film va ainsi basculer entre plusieurs genres, et le film de gangsters, cher au réalisateur, n’est d’ailleurs jamais loin. Mais là encore, vu la longueur du film, il aurait fallu quelques fulgurances pour réussir à capter l’attention du spectateur.

Mais même si j'ai souvent trouvé le temps long, il regorge de qualités dignes, d'un des plus grands cinéastes de l'histoire : Scorsese.

Déjà il fait le choix judicieux de nous présenter ce drame du point de vue des antagonistes et non du flic, ce qui rend le propos bien plus intéressant. D’ailleurs, malgré les meurtres en séries, on est loin d’un thriller classique et l’enquête est même relégué en arrière-plan. Le film propose plutôt une photographie sidérante d’une époque, mais surtout un brillant hommage pour ce peuple maltraité dans un indifférence totale…

Puis évidement, il y a son casting magistral. Scorsese réunit ses deux acteurs fétiches, De Niro et Di Caprio, qui prouvent une fois de plus qu’ils sont les deux acteurs les plus doués de leurs générations. De Niro est impressionnant en proposant un personnage à deux facettes des plus glaçants et Di Caprio, même si certains vont dire qu’il en fait des caisses, je l’ai trouvé vraiment bon, à l’opposé de ce qu’il propose habituellement, et c’est surtout le personnage dont l’évolution est la plus intéressante.
Mais c’est surtout Lily Gladstone qui impressionne par son charisme, et un jeu saisissant où ses regards en disent bien plus que le moindre dialogue.

Techniquement, c’est du grand art. Que ce soit par ses décors, ses costumes ou sa photographie, la direction artistique est exemplaire et nous plonge dans cette époque et au cœur de la communauté Osage. Scorcese propose certains plans dignes d’une peinture et d’une beauté époustouflante, mais aussi certains plans séquences bluffants, ou bien cet épilogue qui est à lui seul un chef d’œuvre.

Alors, oui, clairement je suis déçu, car le film n’était pas loin d’être un immense chef d’œuvre, mais il se retrouve plombé par cette durée démesurée, qui apporte des longueurs et fait que le film manque d’intensité…

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