Le film le plus attendu de l'année.... Martin Scorsese et Robert De Niro, enfin dans un rôle digne de lui. D'accord, il nous a fait sourire en beau père affublé de faux tétons en caoutchouc, mais on espérait revoir le grand Robert, et là, doucereux, fielleux, pourri jusqu'à la moelle, il est splendide!
Qui d'autre que Scorsese pouvait faire ce film? Clint Eastwood, sans doute
Vous connaissez tous maintenant l'histoire de ces indiens Osage. Déplacés de leurs terres d'origine, on leur assigne une réserve en Oklahoma. Bingo: on plante un chou, le pétrole jaillit. Les parias deviennent richissimes. Ils s'habillent en bourgeois, les plus délurées mettent des robes charleston (on est en 1920) et des renards; ils s'achètent des automobiles, embauchent des domestiques blancs, et fraternisent avec les colons. Il est vrai qu'ils ont été christianisés, ce qui rapproche, même si naturellement ils continuent à pratiquer leurs croyances ancestrales. Dans la réalité, je me demande si la cohabitation a été aussi simple que cela.
Parmi les grands amis, les protecteurs des indiens, le copain des grands chefs il y a un riche éleveur de bovins, William Hale, De Niro donc. Son neveu, Ernest Burkhart, démobilisé, revient au bercail. D'abord ébloui par le discours éthique de son oncle, il va suivre son conseil: épouser une riche Osage, et puis.... décimer sa famille. Car le plan atroce des colons est bien là: épouser une héritière, faire disparaître ceux qui pourraient lui contester l'héritage, et lui faire signer un document précisant que, en cas de disparition, tous ses biens reviendront à son cher mari. Ensuite, accélérer cette disparition, et c'est facile: génétiquement, les indiens sont assez particulier, on sait qu'ils ne supportaient pas l'alcool qui faisait chez eux des ravages et ils étaient sujets au diabète; la modification de leur nourriture, pour s'adapter à celle des colons, leur était fatale...
Franchement, quel scénariste aurait osé inventer une si belle histoire?
Leonardo Di Caprio compose une figure de crétin d'anthologie, les espèces d'abajoues de hamster qu'on lui a rajoutées ne contribuant pas à lui donner l'air intelligent. Il y a quelque chose d'un peu trop caricatural, de presque gênant dans cette composition. Mais surtout, Ernest est totalement dépourvu d'empathie et de sens moral, exécutant les diktats de William sans le moindre état d'âme, alors qu'il semble pourtant être réellement tombé amoureux de Mollie, qui lui a donné trois enfants. Et on comprend qu'il soit amoureux! Lily Gladstone est magnifique. Son large visage lunaire est d'une profonde dignité. Sa stature est celle d'une déesse; quelque chose de grand émane de sa personne....
Après des morts suspects par centaines, le FBI naissant va intervenir. Mais la "justice" rendue sera très, très imparfaite....
A voir évidemment!!