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Gérard Delteil
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2,5
Publiée le 27 octobre 2018
Si Romain Duris est excellent dans son rôle de père abandonné, le film manque vraiment d'ampleur. Il apparait comme une série de scènes un peu décousues, presque toutes tournées en intérieurs. Les meilleures séquences sont celles qui se déroulent dans une entreprise qui ressemble beaucoup à Amazon, bien que le rôle du syndicaliste soit présenté de façon a-critique comme celui d'un avocat du personnel et non d'un militant qui cherche à convaincre ses collègues de prendre leurs affaires en mains et de lutter. Les films "sociaux" ne sont pas légion, celui-ci a donc le mérite de nous montrer les difficultés d'un milieu populaire, mais il laisse un peu sur sa faim.
C'est un grand plaisir de voir un film français très réussi comme celui là. L'acteur principal a un rôle en or. Voilà une histoire très juste sur les difficultés familiales, les difficultés au travail. Tout est bien analysé, c'est réaliste et percutant.
Olivier (Romain Duris) a la vie d'un Français qui se lève tôt. Il travaille dans un grand groupe de vente à distance et y montre, en qualité de représentant syndical, un engagement sans faille pour défendre les intérêts de ses camarades. Sa vie de famille, auprès de Laura et de leurs deux enfants, Eliott et Rose, semble sans nuage. Mais tout s'effondre lorsque Laura quitte, sans une explication, le domicile conjugal.
Quand Olivier Adam et Stéphane Brizé se rencontrent. On se souvient de "Nos vents contraires", le livre d'Olivier Adam, adapté au cinéma en 2011 avec Benoît Magimel dans le rôle principal : l'histoire d'un père et de ses deux jeunes enfants, brisé par le départ de sa femme. On se souvient également du dernier film de Stéphane Brizé, "En guerre", où Vincent Lindon jouait le rôle d'un syndicaliste prêt à tout pour sauver l'emploi de ses camarades menacé par le dépôt de bilan de la PME qui les emploie.
Guillaume Senez, déjà remarqué en 2016 pour son premier film, l'excellent "Keeper", traite avec une grande justesse un sujet qui aurait pu être casse-gueule et tire-larmes. Comme "Gone Girl" ou "Je vais bien ne t'en fais pas", son film est construit autour d'un mystère : pourquoi Laura est-elle partie ? On attend une révélation coup de théâtre : elle a voulu épargner à ses proches sa mort annoncée d'un cancer foudroyant ou bien elle a été kidnappée par un "serial killer". Je vous laisse découvrir la réponse à cette énigme.
Mais l'essentiel est ailleurs. Le film n'a pas Laura pour personnage principal mais bien Olivier. De chaque plan, c'est lui qu'on suit passant de l'incompréhension à la rage puis à l'accablement. C'est sur lui que repose désormais l'éducation de ses deux jeunes enfants dont il avait eu tendance à reporter la responsabilité sur sa femme.
Dans un rôle où on ne l'attendait pas, l'excellent Romain Duris a la colère rentrée du personnage de Vincent Lindon et le cœur brisé de celui d'Olivier Adam. Aussi excellente que soit sa composition, c'est celles de Laure Calamy et de Lætitia Dosch que je veux saluer. Dans le rôle de la camarade de lutte et de cœur, la première, souvent vue (notamment dans le récent "Mademoiselle de Joncquières") est parfaite. Dans celui de la petite sœur appelée à la rescousse par son grand frère pour s'occuper de ses enfants, la rousse seconde confirme les espoirs placés en elle depuis "Jeune femme".
Bien que je ne sois pas forcément un grand amateur des films socio-réalistes, j'ai grandement apprécié "Nos Batailles". D'une part en raison du grand soin apporté aux personnages et de la subtilité dans le traitement des relations humaines. D'autre part en raison des acteurs, très impliqués et parfaitement convaincants. La séquence entre Romain Duris et Laetitia Dosch (frères et sœurs dans le film) sont ainsi particulièrement touchants. La description critique du monde du travail est peut-être un peu moins aboutie.
Magistralement interprété, ce film social est de toute beauté. Finesse, émotions, et surtout un questionnement sur le sens qu’on donne à sa vie. Rôle taillé sur mesure pour Romain Duris. A voir!
Le film s en sort bien pour ne pas paraître pesant, mais il l est beaucoup en réalité. 40 et 59 euros, marie travaille, Laura connaît Marie, le 12 : en quelques petites touches, le tableau est poignant, tragi-comique.
J apprécié que le film n explicite pas que le mot de Laura signifie surtout qu elle ne reviendra pas vite, que son absence est indéterminée.
Il y a de très belles discussions, en particulier je retient l explication d Olivier sur la démocratie sur ce qu il vaut mieux.
bien observé surtout le monde de l'entreprise qui n'est pas folichon, romain duris excellent, film assez triste sur la solitude des êtres mais malheureusement très juste
Film remarquablement bien joué. On partage la détresse du père joué par Romain Duris et son obligation de faire face à une situation tellement inattendue. On est complètement dans l'histoire. Même les enfants jouent admirablement bien. La petite est craquant. Rien n'est dit sur le départ de la mère, ce qui laisse libre cours à l'imagination. Vraiment un très très bon film où on ne s'ennuie pas une minute.
Un travail difficile (mais ça existe), des patrons inhumains (mais ça existe) une femme qui se tire (ça aussi ça existe) heureusement qu’il y a des amis (des vrais) et des enfants (sympas) mais bon tout ça ça ne doit pas être dans la vraie vie (heureusement). Des vies bien dures... un magnifique film mais à éviter si vous avez déjà le bourdon. Je le déconseille aux moins de 95 ans.
Belle chronique sociale et humaine portée par un Romain Duris parfait. Le film montre très bien comment un événement de la vie privée peut faire vaciller toute la vie d'un individu, professionnelle et familiale. Le basculement est exceptionnel et assez inexplicable mais ses conséquences sont bien restituées. Le récit interroge les relations fraternelles, chez les enfants, et leurs parents ; relations qui s'avèrent indispensables pour affronter un tel événement. La dimension sociale est elle aussi parfaitement montrée, dans ce vaste entrepôt Amazon où la loi de la jungle fait foi. Le film alterne efficacement le passage entre les points de vue des personnages : la mère, le père, la sœur, etc. On saisit le désarroi extrême des enfants face à ce non-sens apparent d'une disparition qui s'apparente objectivement à un décès. Le dernier plan est de ce point de vue particulièrement émouvant et juste.
Nos batailles est le genre de film social que la France adore produire. Malheureusement comme souvent le scénario pourrait tenir sur une peau de chagrin. J’attendais un film positif ou l’on verrait un père ouvrir les yeux et relever le défi mais le film ne développe finalement aucun personnage ni aucune relation entre eux. Le récit reste trop statique et l’on s’ennuie beaucoup jusqu a une fin très frustrante. Reste l’interprétation.
Très humain, le personnage qu’incarne très bien Duris et sa situation difficile nous touche, d’autant plus qu’elle est réaliste au possible et que les personnages secondaires (amis, enfants) sont tout aussi émotionnels.
Dommage que l’on soit un peu perdu car il nous fait trop osciller entre vie professionnelle et vie personnelle (mais c’est ce qui fait le film en même temps...).
NB : le charme de Calamy ne laisse pas insensible.
Joli film ! Dans le style social, on a vu mieux notamment si on se rapporte aux films anglais ! Néanmoins la touch sociale française fonctionne très bien ! Les acteurs sont tous très touchants, mention spéciale aux deux jeunes acteurs jouant des enfants certes un peu « parfaits » mais très attachants et ça fait du bien ! Le metteur en scène aurait pu choisir une seule des batailles du personnage principal, l’étayer et rendre la narration moins fourre tout.. Maintenant, ne traiter que le combat syndical nous rapprocherait d’un film de Ken Loach et donner plus d’importance à cette quête de bonheur familial transformerait peut-être le film en remake d’une comédie romantico dramatique avec Manu Payet ...
Romain Duris révèle une nouvelle puissance d'acteur au profit de la richesse émotionnelle d'Olivier, ce combattant à la recherche de son équilibre en ne renonçant à aucune de ses luttes.
Film honnête sans plus. Dans les plus : la prestation de Laetitia Dosch : lumineuse et la chronique sociale assez juste qui met en avant Romain Duris en représentant syndical engagé. Dans les moins, l'instrumentalisation des enfants, avec quelques scènes manquant de spontanéité destinées a faire chavirer le spectateur.