La Forme de l'eau - The Shape of Water
Note moyenne
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1 145 critiques spectateurs

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angelo F.
angelo F.

60 abonnés 129 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 février 2018
Ce film est à la fois un conte, un thriller et un mélodrame.
C'est un véritablement enchantement visuel et narratif.
Les personnages sont tous bien croqués et parfaits et la créature est si sensible, belle et merveilleuse.
Januzaz
Januzaz

3 abonnés 78 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 janvier 2018
Guillermo Del Toro nous livre encore une fois une oeuvre visuellement sans fautes. Les personnages sont incarnés à la perfection, même si Sally Hawkins reste au dessus du lot tant l'émotion et la justesse qu'elle apporte à son jeu d'actrice est bouleversant. Malgré cela, il en résulte une histoire classique dans un contexte historique vu et revu avec une histoire de sciences fiction vu et revu (espionnage durant la guerre froide / expériences surnaturelles dans une base militaire). Pour l'originalité scénaristique tant attendu, on pouvait s'attendre à mieux pour l'occasion.
Mais la photographie et l'univers de Del Toro prennent absolument le pas sur ce manque d'originalité afin de proposer un cocktaïl mêlant poésie, réflexion métaphysique, et émerveillement, un film réellement rafraîchissant à voir sans hésiter.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 11 mars 2018
Assez énervant, car il faut attendre plein de scènes qui ne servent à rien avant que quelque chose se produise.En le visionnant j'ai la désagréable impression d'être pris pour un imbécile.Pas grand chose de crédible dans ce scénario.La créature, homme poisson est trop ridicule...
gimliamideselfes

3 455 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 janvier 2018
Je suis vraiment déçu par ce film, j'adore ce que peu faire Del Toro, mais c'est sans doute celui que j'aime le moins avec Blade II. Alors ce n'est pas mauvais, il y a plein de bonnes choses dans le film, comme le fait que ça ne soit pas un film sans âme et générique. Del Toro ose filmer les corps nus, ose être sale, puant, suintant et ça fait du bien dans le cinéma hollywoodien, mais toute cette histoire ne me touche absolument pas, je la trouve expéditive et franchement convenue.

Effectivement, ce film pourrait être la suite de l’Étrange créature du lac noir (un film que je n'apprécie pas plus que ça), où la créature capturée atterrie dans un labo et où une femme de ménage va se lier d'amitié, voire d'amour avec elle. Et on sait à quel point la bestiole aime les belles femmes dénudées si l'on a vu le premier film.

Sauf qu''il y a plein de choses qui me sortent totalement du film, l'absence totale de sécurité autour de ce labo, autour du corps du Gill Man. La femme de ménage entre et sort comme elle veut, aucun code, aucune vérification à l'entrée, surtout qu'elle pourrait en parler à la presse ou que sais-je. Alors je sais bien ça n'est pas le sujet du film et dans un autre film j'aurais peut-être salué le fait qu'on ne s'intéresse pas à des choses aussi triviales et qu'on se focalise sur ce qui est important : la relation entre les deux êtres.

Mais voilà, la relation va hyper vite, on ne capte pas trop pourquoi la fille s'y intéresse en premier lieu et tout ça me semble vraiment artificiel. Tout comme Gill Man tout patraque devient subitement super en forme pour une raison inconnue... ok ça sert le propos dramatique, mais ça sort de nulle part quand même... ce n'est pas excusable...

En fait la chose que j'ai aimée dans le film c'est le personnage de Shannon qui est totalement fou et qui a droit à la mise en scène folle et inquiétante qui va avec. J'ai l'impression que Del Toro s'est fait plaisir avec lui, mais qu'avec les scènes de "romance" il a tenté d'être tendre, d'être voluptueux, mais que finalement il ne réussit pas à grand chose car c'est trop court. Ces scènes, si elles vont plus loin que les films classiques du genre, restent encore un peu trop à distance pour impacter réellement le spectateur. La scène où les deux nagent ensemble, ça aurait dû être bien plus long, là ça semble être juste une péripétie de plus, c'est bien dommage.

Le film aurait pu avoir cette sensualité, mais vu qu'il ne l'a pas, seul le Samson/Shannon tragique m'a intéressé.

Même la fin ne fonctionne pas vraiment, elle ne sort pas de nulle part, mais si le film est plutôt bien léché, visuellement elle est assez anodine, trop pour qu'on y croit ou qu'on ressente quelque chose et je pense qu'une fin plus tragique aurait eu plus d'impact.

Aussi j'ai trouvé le film long pour pas grand chose car il perd du temps avec des choses futiles et ne les passe pas sur ce qui aurait dû être l'intérêt principal du film. Surtout que les réactions des personnages ne font pas nécessairement sens non plus. Pourquoi attendre autant dans de temps dans le film pour passer à l'action, alors oui il y a bien une explication, mais elle est nulle, Baltimore c'est au bord de l'océan... qu'on ne me dise pas que ce foutu canal était le seul chemin... qu'il n'était pas possible de faire quelques kilomètres en voiture...

Bref, je trouve ça incohérent au possible et pas très intéressant et quelque part un peu gentillet. Del Toro arrivait finalement à mettre plus de tendresse dans Hellboy 2 qu'ici car elle n'était pas l'objet principal et s'inscrivait parfaitement dans le film ce qui rendait les moments tendres, notamment avec la bestiole bleue si je me souviens bien, franchement réussis.

Après rien que parce qu'il y a de l'idée, que visuellement c'est réussi, ça reste au-dessus du lot, mais c'est très décevant malgré tout.
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 23 février 2018
Platitude ! c'est le premier mot qui me vient à l'esprit pour parler de ce "nouveau chef d'oeuvre" de Del Toro.... C'est lent, c'est plat et c'est re-lent. Et pourtant j'y ai cru ! J'ai attendu durant 2h03 (c'est long) qu'il se passe quelque chose, un tant soit peu d'action, de rebondissement , et puis non, RIEN ! Déçue
selenie

7 482 abonnés 6 719 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 février 2018
Le contexte historique se situe en 1962 pendant la Guerre Froide, dans le fond ça accentue irrémédiablement une certaine paranoïa. Hyper référencé et symbolique, l'atmosphère donne un côté rétro nostalgique qui n'est pas pour rien aux charmes de l'ensemble. On pense surtout et à l'évidence au culte "L'Etrange Créature du Lac Noir" (1954) dont, finalement, il pourrait être une suite. Del Toro signe sans doute un de ses meilleurs films, si la morale humaniste est un peu facile on l'accepte justement d'autant plus facilement que cette histoire d'amour est avant tout une fable qui a tout pour devenir un classique.
Site : Selenie
this is my movies

830 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 février 2018
Il y a au cœur du film des personnages auxquels on s'attache, des émotions réelles, une fluidité narrative impressionnante et surtout, un soin accordé à la mise en scène qui laisse pantois. Au niveau de la direction artistique, on trouve tout simplement un exploit ahurissant, c'est le costume de l'Amphibien. Si son design est calqué sur celui du classique du genre «L'étrange créature du lac noir», le rendu est tout de même tout autre. Dépourvu d'effets numériques (à part les yeux), il s'agit sans aucun doute d'une création qui marquera la profession. Bourré de détails, suintant, ruisselant, le costume est à la fois organique, viscéral, surprenant, imposant, visuellement magnifique et surtout, il apparaît comme crédible à l'écran, là où tant de films de super-héros ont recours au numérique ou bien nous présentent des costumes dignes de cosplayers aveugles. Un soin visible à l'écran, qui rend le tout encore plus bluffant, et qui se révèle tellement brillant que le travail de l'équipe n'a même pas été récompensé par une nomination aux Oscars pour le département maquillage ! Par contre, les lumières sont belles à tomber, les cadres sont soignés, les mouvements de caméra subtils se multiplient, on retrouve beaucoup d'idées visuelles intéressantes (les gouttes d'eau sur la vitre du bus, les doigts de Michael Shannon qui pourrissent au fur et à mesure qu'il devient incontrôlable, les scènes sous-marines) et Del Toro nous livre un film tellement dense qu'il se permet de mixer harmonieusement différents genres : film d'espionnage, romance, comédie musicale, satire, film de monstre et film fantastique. Bien sûr, il y a des accusations de plagiat qui arrivent de toute part pour descendre le film mais cela s'explique déjà par les multiples influences à la base de l'oeuvre, et un rendu qui fait qu'on a déjà tout vu ailleurs, aussi bien visuellement que dans les thématiques, mais que, malgré tout, on avait jamais vu ça. C'est simple, le film ose, émerveille, nourrit notre imaginaire et nos cœurs, avant de nous laisser littéralement KO sur notre fauteuil. Un rollercoaster d'émotions, de pics de tension, de plans d'une poésie folle qui s'enchaînent avec des purs plans de films d'horreur ou gothique. Un brio absolu de la première à la dernière image. Comme d'habitude, Del Toro ne fait appel à aucune grosse star, mais il y a pour chacun des rôles principaux des brutasses du jeu. En héroïne, Sally Hawkins était le seul et unique choix du réalisateur. Voulant une femme belle mais pas glamour, il parvient à faire de l'actrice une héroïne romantique absolue, l'actrice se démarquant aussi par de belles muettes qu'elle rend intense et magnétique par la seule force de son regard et de ses gestes (voir une sublime scène de confrontation face au personnage de Michael Shannon, un moment ultra-badass qui restera dans l'histoire du genre). En méchant, il y a donc Michael Shannon. Encore une fois, l'acteur est parfaitement à son aise dans ce genre de rôles, donnant corps à un salaud définitif, qui ne bénéficie guère de quelques nuances, mais qu'il campe avec autorité. Les 2nds rôles sont également parfaits avec un Richard Jenkins parfait (remplaçant la 1ère option de Del Toro, à savoir Ian McKellen), une Octovia Spencer magnifique et digne, un Michael Stulhbarg étourdissant et terriblement attachant sans oublier le fidèle Doug Jones, encore une fois parfait dans un rôle en costumes. Son jeu ne reposant que le physique s'impose comme une véritable référence du genre, parvenant parfaitement à retranscrire ses émotions malgré les artifices qui le recouvrent. Un film puissant, d'une grande force émotionnelle, beau, prenant, étourdissant de facilité (alors que ce ne l'est pas, sinon, on en verrait plus souvent), qui démontre encore une fois que l'amour que porte Del Toro à ses monstres est d'une sincérité qui force le respect. Un grand film à voir. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
Béatrice L
Béatrice L

109 abonnés 169 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 mars 2018
Un film complètement atypique, inclassable et non formaté d'où les réactions parfois virulentes de la part de certains spectateurs très surpris et pas habitués. À la fois film fantastique, romantique et film d'action. Mais je dois reconnaître que nous ne nous sommes pas ennuyés une seule seconde. Les personnages sont tous intéressants. L'esthétique et la musique apportent énormément au film. Beaucoup de sensibilité dans cette histoire que j'ai personnellement trouvé touchante.
Housecoat
Housecoat

141 abonnés 393 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 février 2018
Guillermo Del Toro, réalisateur aux failles indéniables mais toujours honnête envers lui-même revient à un cinéma plus intimiste après ses deux derniers films Hollywoodiens qui débordaient d'amour mais moins de maîtrise comme l'a été son Labyrinthe de Pan. The Shape of Water, lauréat du Lion d'Or de la Mostra de Venise s'annonçait comme le retour tant attendu de cet artiste plus conteur que réalisateur au vu de son retour au romantisme.

Une histoire d'amour entre une femme tout le monde et une créature amphibie. Tout ce qu'il y a de plus guimauve mais qui peut toujours être somptueux car une romance quand elle belle, ne vieillit jamais.
Vieillit est bien un mot à souligner car Del Toro prend en exemple plus que jamais des classiques du genre. Le film jouit d'un cadre rétro appréciable lui faisant ressembler à un vieux film des années 50-60, période charnière des monstres et des mélodrames. Mais surtout d'une Amérique censée être à son âge d'Or (America Great Again...je vous ai rien dit, d'accord ?) mais renfermée sur elle-même dans sa guerre face à l'inconnu, là-dessus se concentre en vérité la caméra du réalisateur, sur ses personnages baignée dans cette époque, plus que sur le monstre.

Entre une Sally Hawkins muette et très convaincante possédant un nom Espagnol, une Octavia Spencer Afro-Américaine déçue en ménage, un Michael Stuhlbarg agent Russe infiltré en laborantin Américain mais plus humain que n'importe qui, un Richard Jenkins artiste reclus homosexuel en passant par un Michael Shannon personnification volontairement caricaturale de la vision parfaite vendue par l'Oncle Sam (famille blanche, femme au foyer, voiture, maison de banlieue, virilité, pointillisme religieux) et qui comme ce dernier, ne trouve sa complétude que dans le contrôle de la situation.
Quant au monstre, c'est ironiquement lui le plus délaissé, car Del Toro lui accorde, mais ici avec plus d'efficacité, le traitement qu'il a gauchement employé avec ses fantômes dans Crimson Peak: son impact se trouve dans ce qui se trouve autour de lui et non lui-même. Bien que ce soit aussi ce traitement qui donne après le visionnage de son nouveau film le ressenti d'un délaissement de potentiel.

Le couple formé par Elisa et la créature amphibie est plus une excuse, disons plutôt une étincelle chaleureuse, pour servir d'éclairage à un tableau d'un monde où l'inconnu est soit terrifiant, soit inutile. La différence étant toujours montré du doigt (notamment là-dessus que joue l'utilité du personnage de Giles qui fait un peu office de monstre n°2 dans le film) et la non-volonté de rentrer dans le rang au nom des véritables valeurs humanistes à défendre est à jeter (Michael Stuhlbarg dont la morale le coince entre son patriotisme et son travail). Opposé au monde gris et froid des règlements et du laboratoire, se trouvent tout ce qui constitue la passion et le romantisme tel que des vieux films, le cinéma dans lequel vit notre héroïne

spoiler: pour aboutir au point culminant où celle-ci se met à s'imaginer dans une comédie musicale avec son bien-aimé dans un monde idéal mais tout ce qu'il y a de plus irréaliste.


C'est d'ailleurs sur ce point, tout logiquement car c'est sur ce propos Guillermo Del Toro danse avec ce film, que l'on peut voir un manque de culot. Notamment dans son manque de nuance des deux visions qu'il oppose (le personnage de Michael Shannon, malgré des traits de caractère volontairement exacerbés en souffre, mais n'oublions pas son général...). Et surtout la relation entre Elisa et la créature amphibie dont les interactions muettes auraient pu aller plus loin et dont le début de la relation est beaucoup trop rapide. C'est quand même ce point qui est censé tout contrebalancer avec son apport émotionnel, pas aussi conséquent que prévu.
Un autre élément à reprocher et que...assez ironique de l'admettre, on a déjà vu ça. Les thématiques que Guillermo Del Toro étant finalement transposé pour un Labyrinthe de Pan en plus soft et plus doux dans un contexte qui les rend simplement plus actuels.
(Je vais spoiler Le Labyrinthe de Pan pour les besoins de la bannière spoiler. Regardez-le lui aussi si vous ne voulez pas vous gâcher une belle expérience cinématographique).

spoiler: Sur ce point, les ressemblances avec son chef-d'oeuvre de 2006 sont quand même présentes et y apporte des symboliques pratiquement identiques. La fin où Elisa se fait tirer dessus par Michael Shannon (dont l'utilité narrative et l'utilisation sont littéralement les mêmes que celle du Capitaine Vidal dans la façon de personnifier un gouvernement/environnement belliqueux, la différence présente étant dépendante du contexte du film) pour amener finalement à un état d'accomplissement, bien que cette fois il ne recule pas face au Happy End, est un bon exemple. Surtout que pour avoir repris un animal amphibien comme l'a été Abe Sapiens d'Hellboy, on peut penser que Del Toro a plus voulu se rattacher à ce qui faisait son succès après les retours froids de ses deux précédents films, bien que là-dessus ce soit sujet à débat.


Des ressemblances qui n'en font pas une copie (bien entendu que non) mais qui tendent à mettre légèrement en hésitation la légitimité de son prix à Venise.

La Forme de l'eau n'est donc, pas la claque que laissait attendre sa réception dithyrambique (et je n'en attendais pas une claque à la base). On a "seulement" affaire à une nouvelle bonne expérience de cinéma avec un artiste confirmé qui nous offre ici une fable actuelle et magnifiée. Mais cela dit, ce film est à voir car il est honnête, beau, apaisant et parlant. Guillermo Del Toro en forme pour de nouveaux horizons espérons-le, pour continuer à nous émerveiller de la sorte.

spoiler: (Bon par-contre, c'était trop compliqué de rouler vers la plage ? ^^).
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 21 février 2018
Un film 100 % clichés, les puissants sont forcément très méchants, les gens différents sont très gentils.

Aucune idée nouvelle, on a l’impression d’avoir déjà vu tous les thèmes du film 1000 fois.

Seule l’Esthétique du film est intéressante mais à trop vouloir aller sur le terrain d’Amélie Poulain là aussi je n’ai pas vu la moindre originalité.
Naughty Doc

1 049 abonnés 536 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 janvier 2018
The Shape of Water est le nouveau film de Guillermo Del Toro, non seulement un de mes réalisateurs préférés, mais également un des rares réalisateurs actuels où on ressent vraiment à 300% la passion qui l'anime derrière chacun de ses films.

Habitué des récits fantastiques gothiques ou d'histoires épiques impliquant robots, fantômes, vampires et autres créatures de l'Enfer, Del Toro a toujours traité ses récits avec un respect religieux concernant chaque élément n'étant pas "humain".

The Shape of Water est à ce titre un film qui transpire par tous ses pores de l'identité du réalisateur lui-même : une mise en scène brillante, élégante et somptueuse, alliée à une photographie magnifique, une atmosphère à l'ancienne et surtout une créature centrale au récit, douée d'une sensibilité et d'une humanité rare, là où l'homme est dépeint comme le véritable monstre. Sans doute le premier film de son réalisateur qui ne parle pas de ses peurs ou traumas de l'enfance, mais de thèmes adultes comme l'amour, le sexe, la peur de l'autre, la confiance ou l'intolérance.

L'histoire (se situant au début des 60's) suit Elisa Esposito, une femme de ménage muette depuis toute petite, vivant avec son ami et colocataire Giles (un Richard Jenkins touchant) un artiste commercial dont les pensées sont tournées vers le passé.

Elisa est employée au sein d'un complexe militaro-scientifique, dont le haut de la chaîne de commandement est motivée par la course avec les Soviétiques (un des enjeux de la Guerre Froide étant d'atteindre la Lune en premier)
Le jour où une créature amphibie humanoïde est amenée au complexe pour être étudiée, le destin d'Elisa change à tout jamais.

Sally Hawkins campe donc Elisa, et on comprend très vite pourquoi Del Toro a écrit le film en pensant à cette actrice : sans elle il n'y a pas de film (ce qui est valable pour Doug Jones qui incarne la créature également). Son interprétation est parfaite, tout en justesse, en légèreté, on s'attache très vite à ce personnage muet qui se sent incomplet et incomprise.
Ce thème là est d'ailleurs récurrent dans le film, chaque personnage semble prisonnier et frustré de leur condition, sous ou forme ou une autre, et aspire à quelque chose de meilleur ou de plus grand.

Ce sentiment de manque est par ailleurs le principal moteur et déclencheur de la touchante relation entre Elisa et l'Amphibien (qui je le rappelle implique 2 personnages centraux qui ne parlent pas), et peu à peu le spectateur ne voit plus en lui une Créature, mais un personnage fantastique où l'élégance et l'étrange se mêlent.
Doug Jones a prouvé par le passé qu'il était un as du body language et réitère l'expérience ici, doté d'un maquillage tout simplement phénoménal.

C'est peut-être la 1e fois que je vois un lien romantique entre une femme et une créature au premier abord si peu humanoïde être crédible à l'écran au fil de l'histoire.

Michael Shannon est également présent, en antagoniste, et inutile de dire que son rôle lui va à ravir,l'acteur conférant une présence et une autorité indéniable à ce personnage détestable. Octavia Spencer, Michael Stuhlbarg (un agent russe montré sous une autre facette que le cliché traditionnel de cette époque)....tous sont vraiment très bons.

Alexandre Desplat contribue énormément à la grande réussite du film et à son cachet unique, de par sa composition inspirée, incorporant des sonorités romantiques et avec des influences françaises évidentes, c'est une nouvelle pépite qui transporte littéralement le spectateur !

Pour conclure, The Shape of Water est un nouveau pari gagnant de Del Toro, une histoire absolument touchante,qui certes n'est peut-être pas extrêmement originale dans son déroulé et qui manque peut-être de séquences à l'ampleur dramatique plus importante, mais qui est contée avec un tel amour, une telle sincérité,une telle maîtrise et un tel savoir-faire qu'on ne peut que saluer et tirer sa révérence.

Bref, un des meilleurs films de l'année à n'en pas douter, et un des meilleurs films de son réalisateur.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 22 février 2018
Un film rétro qui se regarde avec plaisir. La mise en scène nous plonge immédiatement dans cette ambiance particulière et on y croit totalement.
Une fin, pour ma part, un peu simple mais l’ensemble reste très poétique.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 21 février 2018
Une fable de propagande idéologique contre le "mâle blanc patriarchal", réalisée sans talent ni véritable travail de scénario, et qui au lieu d'émouvoir frôle le ridicule. Quelle arnaque... Une histoire qui a chaque fois qu'elle pense abattre un préjugé en fait surgir une dizaine.
Nyns
Nyns

250 abonnés 749 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 mars 2018
Je ne m'attendais à rien de particulier, déjà car mis à part un lointain souvenir de Hellboy je ne connais pas Del Toro, et oui. Ensuite car j'ai entendu parler de ce film trop récemment pour générer une véritable attente. Il n'empêche qu'il possède tous les ingrédients qui me font rêver au cinéma. Donc al fine, je peux dire que c'est une petite déception. On a l'ambiance années 60, les couleurs saturés jaunâtre qui donnent le ton (Delicatessen ? Sûrement mais tellement éloigné du concept que j'ai pas fait le lien... Désolé J-P Jeunet), la musique. Donc la suite du monstre du lac sûrement, pas vu non plus, il n'empêche que ce monstre fait aussi écho à d'autres plus récents... Là ou ça peche le plus, c'est au niveau de l'idylle à la beauty and the beast. Il n'y a pas de véritable explication visuelle ou profonde sur la nature des sentiments grandissants de notre protagoniste envers son amant aquatique. On a beaucoup de mal à s'identifier, et l'argument du mutisme est un peu léger. Mis à part celà le film est bourré de qualité visuelle. On a aussi les thématiques actuelles qui sont traités dans un context historique, les plus représentés déjà au cinéma condensé de façon subtile dans un seul film (le féminisme, l'homophobie, le racisme et l'écologie). Le tout avec une œuvre qui se veut profondément cinématographique (on est même au dessus d'un cinéma pour dire), al contrario des films réalistes qui traitent en général de ce type de sujet. Comme toute bonne réalisation ultra manichéenne, la figure la plus marquante et la mieux interprété est celle du méchant. Michael Shannon est l'archétype de l'enflure de base que l'on adore détester, et il s'en sort à merveille. J'ai apprécié aussi que le fantastique se limite à l'homme des eaux salées, ça donne plus de relief en l'intégrant plus facilement dans le décors. Ça aurait pu être plus touchant, ça n'a pas toujours fait mouche même si c'est du cinéma qui ne manque pas de me trouver en cible.
Stéphane D
Stéphane D

177 abonnés 2 387 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 mars 2018
Il faut accepter la différence, "aimez vous les uns les autres"...quel gentil petit film bien naïf...donc une muette tombe amoureuse d'un type fourré dans un costume en latex et c'est beau.
D'autant quand cette bestiole insipide est torturée gratuitement par l'armée américaine (alors que l'ennemi habituel, la Russie, aimerait aussi la récupérer).
Bravo, distribuez les Oscars à ce truc là parce que Guillermo Del Toro alors on n'ose pas ne pas aimer...
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