La Forme de l'eau - The Shape of Water
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Cynévore
Cynévore

77 abonnés 79 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 octobre 2018
En faisant cette critique, je n’avais qu’une peur : entacher l’œuvre magnifique qu’était The Shape Of Water. Non pas que je me considérasse incapable d’en faire les louanges, mais je craignais que mes mots ne suffissent point à en décrire la richesse. Car oui, je suis littéralement tombé amoureux de cette œuvre. Son histoire, ses décors, ses personnages, sa musique ; tout m’a semblé parfait, et d’une beauté à en pleurer. Le film est une déclinaison de « La Belle et la Bête », où une jeune femme, modeste et muette, tombe amoureuse d’une créature aquatique. La référence, quoique discrète, n’est pas la seule revendiquée. Le film s’inspire aussi d’ « Amélie Poulain » et de « Délicatessen ». Mais au milieu de cet important héritage, il se trouve une place, et s’impose comme une œuvre d’une rare qualité. The Shape of Water met en scène un amour insolite, et livre par-là une vision sur l'homme et sa place dans la société. Comme à l’accoutumée, Guillermo Del Toro mélange réalité et fiction, se servant de la réalité, qu’il dépeint sous des traits durs, pour nous plonger tête baissée dans ses univers rocambolesques. Ici, il joue le rôle d’un funambule, constamment en souci de concilier les deux genres. Et l’on sent, quand on prend du recul, que le film ne pouvait être meilleur. Ses acteurs sont justes ; ses couleurs sont belles. Qui pouvait, sinon Del Toro, écrire cette histoire ? Quelques uns peut-être : ses futurs successeurs. Car, on le devine tous : Guillermo est un pont vers le cinéma nouveau.
ffred

2 001 abonnés 4 315 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 février 2018
Annoncé comme un film phénomène voilà donc le nouveau Guillermo del Toro. Après les déceptions Pacific Rim et Crimson Peak, je n’étais pas très motivé. Mais une excellente rumeur et une pluie de récompenses (Lion d’or à Venise, Golden Globe du meilleur réalisateur et de la meilleure musique pour Alexandre Desplat, 13 nominations aux Oscar…) m’avaient redonné espoir. Non que je n’ai pas aimé, mais je trouve que cela fait beaucoup de lauriers pour un film somme toute peu surprenant. Même s’il n’est pas exempt de qualités. La mise en scène de Del Toro est maitrisée, élégante, sérieuse mais assez classique. On reste loin de la virtuosité du Labyrinthe de Pan. Le scénario est bien écrit, l’histoire est belle et la fin est vraiment poignante, mais sans réelles surprises. Il voulait sans doute faire l’éloge de la différence mais monstre, handicapée, black et homo (et j’en oublie) se côtoient ici sans qu'aucun sujet ne soit vraiment traité. Reste l’histoire d’amour, sorte de conte à La belle et la Bête qui, même si elle est touchante, ne nous renverse finalement pas vraiment. Même chose pour l’interprétation. Sally Hawkins, Richard Jenkins et Octavia Spencer sont très convaincants mais de là à être nommés pour une statuette dorée, c’est cher payé. Michael Shannon et Michael Stuhlbarg sont aussi très biens et l’auraient mérité tout autant pour le coup. L'ensemble reste honnête (mais quelconque) et se laisse donc regarder sans ennui, avec tout de même une belle émotion, mais demeure loin du chef d’œuvre annoncé. Dommage. Un joli film tout de même...
Christoblog

928 abonnés 1 811 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 février 2018
Le dernier film de Guillermo del Toro est étonnant à plus d'un titre.

Tout d'abord, sous son esthétique très Jean Pierre Jeunet (du vieux très coloré qui fait neuf, des éclairages peu naturel), perce par éclair une radicalité plus sauvage, typique du réalisateur mexicain. Je pense par exemple à ce sein énorme qui s'échappe du corsage de la très formatée épouse américaine, ou à la façon très précise qu'à une balle de traverser une joue.

De la même façon, ce que raconte l'histoire (pour faire simple, La belle et la bête) est un vernis qui recouvre des thématiques plus profondes et plus contemporaines : la libido féminine, l'homosexualité, le machisme ordinaire, la solitude.

La forme de l'eau est une oeuvre étrange, que la mise en scène hyper-fluide de Del Toro rend très agréable à regarder : lisse à l'extérieur, profonde à l'intérieur. Si l'émotion classique n'est pas réellement au rendez-vous, on est constamment stimulé intellectuellement, soit par une scène de toute beauté (le premier plan du film, les gouttes de pluies qui se poursuivent sur la vitre du bus), soit par une performance d'acteur remarquable (Sally Hawkins et Michael Shannon au meilleur de leur forme), soit par une digression intrigante (la musiques, les claquettes, les films à la télé, l'insert en noir et blanc).

Un film aimable, qu'il faut laisser reposer quelques heures dans un coin de sa mémoire pour en apprécier pleinement sa chaleureuse densité.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 23 février 2018
Un beau film, mais décevant vu les critiques hyper élogieuses et les multiples récompenses promises.
Qu'on ne se trompe pas, c'est avant tout une histoire d'amour. Entrecoupées de scènes d'un autre genre, de différents styles, mais ça reste fondamentalement un film sur la rencontre amoureuse et sexuelle entre deux êtres.
C'est bien filmé et bien joué, un peu téléphoné par souci de facilité sur deux trois passages, mais peu importe. Certains rebondissements sont très surprenants, d'autres très convenus. La métaphore n'est pas forcément subtile et n'a pas besoin de l'être.
Je reste un peu déçu vu le style habituel de Guillermo Del Toro dont on reconnait la patte et les images, mais en version très assagie et un peu trop proprette.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 1 mars 2018
The shape of water ne serait pas déplaisant à regarder s'il n'y avait pas eu ce filtre vert perpétuel, je ne vois clairement pas ce que cela apporte à la réalisation mais je ne vois pas non plus pourquoi il a été utilisé. Ensuite, il y a beaucoup trop de références utilisés pour donner un aspect agréable et familier, comme les chansons classiques américaines des années 40-50, comme les claquettes, enfin tout ce qui peut plaire aux ricains de bases... Certains noteront même une référence allant jusqu'à Amélie Poulain, je peux confirmer que j'ai eu cette sensation aussi. Pour ma part, l'histoire d'amour entre les deux protagonistes ne m'a pas sauté aux yeux avant qu'elle ne le recueille chez elle, donc il manque quelque chose de palpable, par contre après je trouve que cela fonctionne comme par magie. Le casting est fort intéressant, la musique plait ou plait pas elle colle bien au film, l'histoire se suit sans embûche avec ses qualités et ses défauts. Pour moi, il ne s'agit pas du grand film oscarisable tant attendu. A vous de voir !
Frédéric L
Frédéric L

14 abonnés 61 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 mars 2018
Très joli conte, magnifiquement filmé, comme une bande dessinée dans le décor américain des années 50. Un moment pour se vider la tête avec une belle histoire qui nous renvoie dans cette époque bien reconstituée d'une Amérique victorieuse en bute à une URSS expansionniste. Les personnages sont caricaturés, comme dans une BD, et c'est aussi tout le charme de ce conte de la Belle et la Bête revisitée avec talent.
lmc-3

309 abonnés 515 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 mars 2018
En allant voir ce film dont la bande annonce ne dévoile pas grand-chose et mentionné comme "Drame Fantastique " et "Romance" j’avais peur que l’aspect "Romance" du film écrase les deux premiers aspects et de m’ennuyer devant un film purement mièvre et à l’eau de rose; il n’en a rien été.
Ce conte racontant une histoire d’amour trans-espèce entre une humaine muette et une sorte de reptilien auquel elle s’identifie, en captivité dans le lieu où elle travaille, le tout dans un univers rétro, mêle efficacement poésie et action, romance et haine, mièvrerie et brutalité, esthétique féérique et esthétique crade, les environnements, que ce soit la salle de bain inondée de la scène d’amour ou la cellule horrifique de la bestiole ou même la bestiole elle-même forment un enchantement visuel et narratif, un film qui ne peut que vraiment plaire ou vraiment déplaire au genre vraiment particulier, un film avant tout émouvant et sortant le spectateur de sa zone de confort pour lui proposer une composition inédite et très atypique.
FaRem

10 617 abonnés 11 763 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 janvier 2018
Guillermo del Toro nous plonge une nouvelle fois dans une histoire qui mélange fantaisie et réalité ce qui a souvent fait son succès. Comme dans "Crimson Peak" que j'avais beaucoup aimé, l'histoire est simple, mais grâce à un superbe univers autour, elle prend une autre dimension. C'est vraiment un film simple puisqu'il n'y a ni complication ni rebondissement au niveau de l'intrigue, mais parfois comme ici, la simplicité a du bon surtout que l'histoire est superbe comme elle en étant aussi originale (même si on a déjà vu ce cas de figure) qu'improbable. Il nous raconte la belle histoire entre cette créature qui ressemble à celle de "L'Étrange Créature du lac noir" et cette femme muette. Deux êtres qui ne peuvent pas réellement communiquer et qui vont pourtant parfaitement se trouver et se comprendre. Les scènes avec les deux sont envoûtantes grâce notamment à une sublime photographie. Ce conte fantastique ancré dans la réalité de la guerre froide permet au-delà de cette histoire d'aborder certains thèmes intemporels et de mettre en avant ces différences qui ici rassemblent au lieu de diviser. Une sorte d'ode à la différence et un appel à la tolérance dans un contexte quand même particulier. Del Toro va parfois loin, c'est même quelquefois bizarre, mais ce n'est jamais absurde ou ridicule ce qui aurait pu tout gâcher. Ça manque peut-être un peu d'émotion, car personnellement, j'ai plus été marqué par l'atmosphère et l'univers que par l'histoire qui est néanmoins superbe et captivante. Il y a également quelques longueurs principalement dans la première heure durant laquelle, les personnages auraient pu être plus développés tout comme les prémices de cette relation, car tout arrive assez rapidement. Au final, ce n'est peut-être pas un film qui surprend par son scénario, mais c'est un très bon film qui a super univers et qui est incarné par de très bons acteurs.
Shawn777

831 abonnés 4 000 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 mars 2018
Ce film réalisé par Guillermo del Toro et sorti tout récemment m'a honnêtement très agréablement surpris. Effectivement, à défaut de faire parti des plutôt nombreuses personnes déçues, j'ai été surpris dans le bon sens car les films de del Toro, ça n'est pas vraiment mon truc et même les plus cotés. C'est donc l'histoire d'une femme de ménage dans un laboratoire qui tombe amoureuse d'une étrange créature. On reconnaît donc bien là le style de del Toro, c'est à dire de faire des trucs un peu glauque (ici au premier abord) avec des monstres et d'ailleurs, la comparaison avec "La Belle et la Bête" est assez intéressante même si, ici, le film veut nous faire passer un tout autre message. Rien que dans le titre, le réalisateur explique (en gros) que l'amour, c'est malléable comme l'eau et qu'il s'adapte à tout : homme, femme et créature. Et j'ai trouvé cette citation tout simplement très belle, très humaine et qui fait preuve d'une grande ouverture d'esprit, ce qui n'était pas trop le cas de "La Belle et la Bête" finalement mais là n'est pas la question. Je ne pensais donc pas vraiment accroché puisque dans les films que j'ai pu voir dans la filmographie de del Toro (c'est à dire cinq sans celui-là), je n'en ai réellement aimé qu'un parce-ce que ce je ne suis vraiment pas fan de son style mais celui-là, m'a donc, encore une fois, vraiment étonné. Je trouve qu'il y a une certaine forme de poésie et qu'il y a quelque chose de très fort et de très beau qui se dégage de ce film et surtout lors des moments où les deux personnages principaux sont ensemble et d'ailleurs spoiler: leur scène d'amour
pourraient en dégouté plus d'un mais personnellement, je n'ai absolument pas du tout été choqué, au contraire j'ai trouvé ça très bien et que l'on pouvait y voir derrière une certaine forme de métaphore quant à l'acceptation des différences, ce qui est un très beau message. La réalisation mais surtout l'esthétique du film est magnifique, en même temps en 2018, on s'attend à voir quelque-chose de beau mais c'est ici tout de même très travaillé et très agréable et il en est de même pour les effets spéciaux. Pour ce qui est des acteurs, nous avons principalement Sally Hawkins, Michael Shannon et Doug Jones qui jouent vraiment très bien. "La Forme de l'eau" n'est donc peut-être pas non plus aussi exceptionnel au point de mériter quatre Oscars mais est tout de même bon.
lucilla-
lucilla-

65 abonnés 169 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 mars 2018
C'est un film pour adultes n'ayant pas oublié l'enfant en eux. C'est superbe. En grande fan de La Belle et la Bête et de tous ses avatars,je ne pouvais qu'être touchée par cette histoire d'amour fantastique. La belle n'est pas très belle,la bête n'est pas bête et le monstre n'est pas celui que l'on croit. Guillermo Del Toro adore les monstres, parce qu'ils sont moins monstrueux que beaucoup d'êtres humains,ce qu'il a appris de source sûre de son enfance... Et j'aime la façon dont il aime ses personnages,sa bienveillance,son amour des plus humbles et des plus rejetés.J'aime la dimension onirique de ce conte,cette ode fantastique au cinéma et à l'amour et cette approche du merveilleux comme échappatoire au réel. Alors oui, la naïveté du propos arrête les cyniques, mais tant mieux, car la beauté du conte s'offre aux âmes tendres. Sally Hawkins fait preuve d’un charme et d'une sensibilité qui ne surprendront pas ses admirateurs, et j'en fais partie !
ptitmayo
ptitmayo

45 abonnés 969 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 octobre 2018
En misant sur les contrastes et les symboles, Guillermo Del Toro réalise un film fort et beau, sorte de pamphlet pour s'évader des horreurs du monde (le film se déroule certes en 1962 mais il résonne quand même avec notre époque). Déjà, le titre "The Shape of Water" a une signification limpide spoiler: (la forme rappelle la présence des gens qu'on aime; l'eau incarne le bien-être et l'apaisement)
et douce en totale opposition avec la haine du contexte général d'espionnage en pleine guerre Froide spoiler: (la bête torturée est une métaphore de cela, l'amour fonctionne mieux que la violence, quand la créature est blessée elle mord Richard, quand elle est respectée elle soigne et donne des cheveux à Giles)
. Sur la forme, on retrouve cette dualité entre l'aspect conte spoiler: (le film emprunte au Chaperon Rouge (la couleur rouge du manteau et la nourriture), à Cendrillon (la chaussure perdue dans l'eau), à Amélie Poulain (la musique, la télé, la tarte, Elisa muette, le cinéma, l'époque ancienne), à ET (la créature qui découvre la vie humaine) ou encore à la Belle et la Bête (la belle femme muette et la créature étrange, les films télé sur l'acceptation))
et un univers ultra-violent spoiler: (centre spatial froid, haine de l'homosexualité (au restaurant), le pointage, le ménage des toilettes dégueulasses, le boss macho (sexe dominateur, théorie risible du lavage de mains (soit avant soit après mais pas les 2), aux toilettes avec les femmes), la taupe russe (Dimitri), la créature qu'on veut ouvrir, les russes qui ne veulent pas apprendre mais empêcher les autres de le faire = mutuelle destruction)
. Sur le fond, c'est aussi l'opposition entre la vie, par l'intermédiaire de séquences magnifiques spoiler: (communication à travers le langage des signes, la musique, la danse, l'oeuf pour manger; les bains seul et ensemble, le sexe dans l'eau; la comédie musicale et la fin sur l'amour)
, et le matérialisme spoiler: (le forage pétrolier, la créature qui doit servir à contrecarrer le programme spatial russe, la voiture rutilante, le fait qu'elle soit abîmée lors de l'évasion a une forte richesse symbolique)
. Autour de cela, Del Toro orchestre l'espoir, répondant à la rage finale spoiler: (Elisa tuée)
par quelques touches d'humour réussies spoiler: (l'amie de la muette, le sel, la conduite aléatoire de l'homme, le SALE CON)
et des éléments significatifs spoiler: (le méchant méprise tant les autres, qu'il ne soupçonne pas leur intelligence (il croit que c'est un groupe de 10 personnes qui a fait le coup) et il le paye en mourant; la créature est hybride air-eau, une manière d'illustrer la tolérance et la mixité)
. Si j'avais quelques bémols à signaler, je dirais que malgré une réalisation excellente de Guillermo Del Toro, le démarrage est un poil long, et que le méchant manque de nuances spoiler: (le scénario évoque le fait qu'il subisse la pression d'être un homme qui doit toujours faire ses preuves mais c'est un peu rapide comme explication, la taupe Dimitri est mieux nuancée, entre son devoir d'espion et son amour pour la science)
. Côté casting, Sally Hawkins est géniale et pétillante, Octavia Spencer est hilarante spoiler: (la bête torturée est une métaphore de cela, l'amour fonctionne mieux que la violence, quand la créature est blessée elle mord Richard, quand elle est respectée elle soigne et donne des cheveux à Giles) 0
, Michael Shannon est impeccable et Doug Jones parvient à retranscrire de nombreuses émotions dans le costume de la créature, très bien faite. Au final, "The Shape of Water" est une oeuvre somptueuse, symbolique, référencée, bien interprétée, juste sur sa vision de notre monde actuel et pleine d'espoir par ses messages sur ce que l'homme et la nature peuvent créer de plus beau.
Pascal C
Pascal C

10 abonnés 93 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 février 2018
Un curieux mélange d'Amélie Poulain et de ET, entre autres....Un film hommage à une foule de chose (musique/époques/danse/films). Un film un peu fantastique, un peu d'amour, un peu d'espionnage.... Bref c'est un gentil foutoir, mais attendrissant. spoiler: L'histoire d'amour est complètement improbable et l'happy end est pitoyable
La réalisation à du caractère, sauf spoiler: que la créature
fait vraiment plastoque .... dommage. Bref pas de quoi bouffer la t^te d'un chat ou fouetter, c'est comme vous préférez...
Dandure
Dandure

185 abonnés 205 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 mars 2018
Attention, cet avis contient des spoilers tels que : spoiler: #BalanceTonPorcMaisAdopteUnPoisson
Et si "The Shape of Water" ne parlait absolument pas d'une femme qui s'amourache d'une créature marine ? Et si le film ne parlait que de sexe ? Ou plutôt de la contestation d'une certaine idée de la virilité dans son délire de toute puissance ? Ou de l'apologie du plaisir féminin et en fait de toutes les sexualités ostracisées par l'Histoire ? Si c'était le cas, Guillermo aurait très très (très) lourdement appuyé son propos (contrairement à Peter Jackson qui multiplie les niveaux de lecture dans son King Kong). Il aurait aussi quelques décennies de retard pour être avant-gardiste. Au lieu de cela, son film qui abuse des stéréotypes a reçu 4 oscars, ce qui en fait un modèle d'académisme. Son propos n'est pas subversif. Là est peut-être la révolution, une révolution de salon. Dans tous les cas, on ne remerciera pas cel (contraction de "celui ou celle") qui a validé une bande-annonce qui en raconte beaucoup trop.
Dr Seuss
Dr Seuss

218 abonnés 1 746 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 décembre 2024
“La forme de l'eau”, l’art mixte de Guillermo Del Toro

Guillermo Del Toro est un réalisateur qui peut se permettre de s’essayer à plusieurs genres avec des films comme “Hellboy” ou “Pinocchio” où il s’approprie la culture du comics américain ou la culture du conte italien.

Ici, “La forme de l’eau” est une appropriation personnelle de “L’étrange créature du lac noir” qui mêle réalisme et poésie dans une romance sur fond historique ; Guillermo Del Toro offre aux publics un chef-d'œuvre plein d’émotion. Son scénario est passionnant et prenant et sa réalisation est magnifique et immersive.

Le point fort de la réalisation est de mêler onirisme et réalisme avec une photographie picturale qui présente des tableaux à chaque seconde. La caméra, en cohérence avec le film, est littéralement flottante avec des plans qui ne cessent de se balader dans le décor. En immersion totale, les décors sont extrêmement beaux et naturalistes et nourrissent la photographie marquante. L’omniprésence de l’eau dans les plans est intelligente et pertinente remplie de sens. En fait, les effets spéciaux sont palpables dans le sens où la créature paraît présente ; l'œil du public est intégralement convaincu. D’autant plus que la musique nourrit l’aspect onirisme ; belle et légère avec de belles notes qui entrent en connivence avec les mouvements des protagonistes.

L’onirisme est représenté par un aspect fictionnel mais le spectateur est rattaché au concret grâce à une imagerie sombre, historique et palpable.

En ce qui concerne le scénario ; la réflexion sera relativement similaire. Effectivement, Guillermo Del Toro oscille entre poésie et rêverie puis entre concret et nature. Tout d’abord, il s’agit d’une preuve d’intelligence de prendre une période historique pour rendre l’histoire réaliste ; sans compter que l’histoire commence in medias res avec une protagoniste attachante et très bien écrite. Elle fait face à un véritable développement et une évolution cohérente de bout en bout. Dans un second temps, l’art poétique est présent grâce à une romance qui apparaît comme hors du temps entre deux êtres très clairement avec énormément de similitudes.

En somme, le récit est mature et le mélange entre l’aspect historique lié à la Guerre Froide et l’aspect romantique lié au caractère des protagonistes est parfaitement dosé.

Sans oublier le symbolisme de l’eau qui est tout bonnement magnifique et la moindre présence de l’eau est intelligente et mature. Très clairement, l’eau peut être très facilement considérée comme un personnage à part entière vu comment elle fait avancer l’histoire.

“La forme de l’eau” est un film qui se doit de marquer son époque. Guillermo Del Toro s’approprie une créature culte pour la plonger littéralement dans son univers.
Frederic E.
Frederic E.

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1,0
Publiée le 22 février 2018
Pfff. Je suis resté insensible à ce film, mou, peu original et sans surprise. Le méchant est méchant et les gentils gentils, normal dans un conte manichéen. Pas sûr qu'il soit nécessaire de se taper des batraciens pour faire passer des messages de tolérance...
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