La Forme de l'eau - The Shape of Water
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Kouto
Kouto

33 abonnés 4 791 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 septembre 2025
Couronné aux Oscars, le réalisateur mexicain Guillermo del Toro signe une fable fantastique en forme d’ode à la tolérance narrant la rencontre entre une femme de ménage muette travaillant dans un laboratoire secret et une mystérieuse créature aquatique qui y est détenue. La réalisation du cinéaste oscille entre le convenue et le poétique et est idéalement accompagné par la jolie partition du compositeur Alexandre Desplat. Cette histoire contée avec savoir-faire et bien menée se montre touchante, jamais démonstrative et fait preuve par instant d’une créativité gracieuse. La qualité de la distribution, Sally Hawkins en tête complète le tableau de ce long-métrage accomplit de la part du cinéaste. Beau sans être transcendant « La Forme de l’eau » n’est peut-être pas le meilleur film de Guillermo del Toro mais demeure une œuvre délicate mettant en avant tout le talent de son réalisateur pour magnifier l’étrange et le rendre si beau.
Cadreum
Cadreum

77 abonnés 829 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 septembre 2025
Qui est le film ?
Avec The Shape of Water (2017), Guillermo del Toro signe sans doute son œuvre la plus célébrée, couronnée par l’Oscar du meilleur film. Après Cronos, Le Labyrinthe de Pan et ses incursions hollywoodiennes, le cinéaste mexicain revient à une veine intime où le fantastique dialogue avec l’histoire. Situé dans l’Amérique des années 60, au cœur de la guerre froide et de ses laboratoires secrets, le film raconte l’histoire d’Elisa, femme muette qui tombe amoureuse d’une créature amphibienne détenue par l’armée. En surface, un conte improbable. En profondeur, une fable politique et poétique sur l’altérité, le pouvoir et la possibilité d’un monde plus hospitalier.

Que cherche-t-il à dire ?
Derrière son apparente histoire d’amour, The Shape of Water cherche à mettre en crise nos réflexes de rejet et nos normes de perception. Del Toro déplace la question : il ne s’agit pas de croire à la romance interspécifique, mais de comprendre ce qu’elle signifie. La relation entre Elisa et la créature devient une parabole de la solidarité envers les marginalisés, les sans-voix, les invisibles. Le film ne prêche pas seulement l’empathie : il s’interroge sur ce que coûte reconnaître l’Autre, sur ce qu’il faut abandonner de soi et de son confort pour accueillir une différence radicale.

Par quels moyens ?
Del Toro met en place la grammaire du conte : héroïne marginale, épreuve initiatique, transformation par l’amour. Mais cette syntaxe classique est détournée par une mise en scène saturée de détails rétro-futuristes, de décors oppressants, de néons froids. La naïveté des archétypes rencontre la dureté d’un monde structuré par la violence politique.

L’amphibien n’est pas un monstre de foire mais un révélateur. Détenu, instrumentalisé, exhibé, il incarne toutes les formes d’altérité réduites au silence. Sa gestuelle, ses regards, ses silences construisent un langage qui dit plus sur notre responsabilité que mille discours.

Elisa est privée de parole, mais Del Toro fait de ce handicap une puissance de perception. Ses gestes, ses rituels, sa capacité à entendre autrement les bruits du monde lui donnent une richesse d’expression que la norme ignore. Sa résistance ne passe pas par des discours, mais par le soin, par la complicité, par la tendresse. Le film suggère ainsi que l’héroïsme véritable réside moins dans l’action spectaculaire que dans l’invention de formes d’attention.

Face à elle, Strickland incarne la masculinité triomphante des années 60 : froideur militaire, autorité sans faille, logique d’efficacité. Il ne voit dans la créature qu’une ressource stratégique ou marchande. Le laboratoire devient métaphore : c’est un lieu où le vivant est disséqué, mesuré, vendu. Le contraste entre Elisa et Strickland oppose deux visions du monde : celle du care et celle de la domination.

Autour d’Elisa gravite une communauté d’outsiders : Zelda, femme noire assignée aux tâches invisibles, et Giles, artiste vieillissant et homosexuel. Ensemble, ils forment une coalition des marginaux qui oppose sa fragilité solidaire à l’hégémonie des dominants. L’histoire d’amour n’est pas posée comme une provocation bestiale mais comme une alliance consentie, construite dans la réciprocité.

La matière aquatique traverse chaque plan : condensation, pluie, baignoires, réservoirs. Elle devient la texture même du désir et du secret. Les verts et les teintes bleuâtres confondent la créature et son milieu. Dans cette logique, voir à travers la buée ou la vitre embuée revient à s’exercer à un regard patient, à apprendre à discerner ce qui se cache derrière l’opacité du monde.

Enfin, la bande-son remplace les dialogues manquants. Les respirations, les bulles, le silence épais de l’eau construisent une matière sonore qui traduit la sensibilité des personnages. Les séquences musicales, dansées ou rêvées, sont moins des échappatoires que des propositions de langage : quand les mots manquent, la chorégraphie prend le relais.

Où me situer ?
Je suis fasciné par la cohérence morale et esthétique du film, par la manière dont il noue la question politique à une écriture de conte. Mais une tension demeure : la romance interspécifique, aussi métaphorique soit-elle, trouble parfois la lisibilité. Del Toro contourne l’écueil par l’ellipse et le tact, mais la question persiste : jusqu’où peut-on représenter l’amour de l’Autre sans le réduire à une fable édifiante ?

Quelle lecture en tirer ?
The Shape of Water nous apprend à mesurer ce que signifie reconnaître un être qui ne nous ressemble pas. Il ne s’agit pas seulement d’aimer, mais de consentir à perdre quelque chose : une part de son appartenance sociale, de son confort, peut-être même sa vie. Del Toro transforme une romance impossible en un outil critique : et si la vraie modernité n’était pas la maîtrise du vivant, mais la capacité à lui faire place ?
helioo
helioo

14 abonnés 94 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 août 2025
Ce premier Guillermo del Toro que je tente m'a vraiment envoûté. "La forme de l'eau" est une sorte de mix entre . et La Belle et la Bête, le tout dans une mise en scène un peu à la Wes Anderson ; je m'arrête là pour les comparaisons douteuses. Le manichéisme viscéral et assumé du scénario est bien moins dérangeant que celui d'Avatar (ceci dit Avatar avait le mérite d'être plus original) parce qu'il s'agit bien ici d'un conte, un conte plein de poésie et servi par une photographie, une bande-son et une mise en scène magnifiques. Alors oui, ça met trop de temps à démarrer et il faudrait bien charcuter le deuxième tiers assez passable de ce long film. Et oui, c'est manichéen et pas très original. Mais si ya bien quelque chose d'original et de vraiment transcendant dans ce film c'est l'écriture de la jeune femme admirablement campée par Sally Hawkins et de la fameuse créature. Leur couple symbiotique n'a rien à envier aux duos qu'on a pu voir ailleurs, il y a dans ce film sur le mutisme une alchimie du langage absolument merveilleuse, une poésie des mots sus par les muets.
Lucas Bachelier
Lucas Bachelier

9 abonnés 1 353 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 juillet 2025
Guillermo del Toro signe une fable visuellement somptueuse, portée par une mise en scène délicate et une interprétation touchante de Sally Hawkins. La romance entre la jeune femme et la créature captive autant qu’elle déroute.
Un film original et émouvant, parfois trop appuyé dans son message, mais dont la beauté onirique séduit.
carbone144
carbone144

117 abonnés 849 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 juin 2025
Plutôt pas mal, mais j'ai eu un peu de mal avec l'image et la lumière, certes colorée, mais relativement fade et qui laisse apparaître des effets visuels mal dissimulés. On reconnaît néanmoins le style propre à Guillermo Del Toro, dans la continuité du Labyrinthe de Pan. La musique est jolie, mais elle est trop omniprésente, et ressemble plus à une oeuvre qui se superpose à tout le film plutôt que visant à l'accompagner dans les moments opportuns. Interprétations convaincantes.
Louis Meiller
Louis Meiller

1 abonné 6 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 13 mars 2025
Et personne ne se rend compte dans les critiques que l'on a quand même assisté à un film où une gonzesse se fait défourailler par un monstre aquatique... oh, le 21ème siècle.
Taahz
Taahz

2 abonnés 322 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 mars 2025
Histoire originale à la mise en scène soignée et à l'esthétique américaine fin 50s début 60s réussie, The Shape of Water plaide la différence en confrontant sa mythologie à la rigidité d'une Amérique froide et militaire incarnée par le personnage de Michael Shannon.
Bien qu'au coeur du scénario, la relation entre l'homme aquatique et le personnage principal a de quoi dérouter.
Mélanie M.
Mélanie M.

14 abonnés 121 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 mars 2025
J'ai du mal à justifier l'oscar du meilleur film après visionnage. Le début me plaît : des personnages plutôt atypiques, un travail de décor et de colometrie réussis. Pourtant l'histoire patine un petit peu : l'histoire d'amour est dure à croire, la rivalité Russie/USA n'est pas très bien développée, la résolution avec le grand méchant du film est simpliste. C'est dommage !
TdB
TdB

4 abonnés 64 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 janvier 2025
Un joli film dans son ensemble, bien que sur le fil et parfois j'en suis tombé, soit par son côté invraisemblable ou par le léger ennui qui parfois me gagnait.
Kincaid
Kincaid

8 abonnés 547 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 janvier 2025
Un joli film fantastique, métaphore de la déshumanisation de l’autre parce que différent. Un peu caricatural, voire invraisemblable, mais qui se laisse bien regarder, avec sa petite pointe d’érotisme (Sally Hawkins) et son humour rampant. Chapeau à l’artiste qui a incarné la « créature » (Doug Jones). Jouer accoutré de la sorte est un bel exploit.
Dahrar
Dahrar

34 abonnés 156 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 30 décembre 2024
Il aura fallu à Guillermo Del Toro réalisé un film impersonnel pour finalement être recomposé par les institutions. La trame du récit est grossière et rudimentaire. Les personnages sont caricaturaux. Tous les poncifs éculés des discriminations sont réunis pour plaire à toutes les minorités. On sauvera tout de même le magnifique design de la créature et la belle musique de Desplat.
Oni
Oni

44 abonnés 516 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 décembre 2024
La Forme de l’eau – Ou comment tomber amoureux d’un sushi vivant

Imagine une princesse Disney, mais qui taffe en blouse blanche dans un laboratoire tellement sombre qu’on dirait une map de Half-Life. Ajoute à ça un mutisme qui fait passer les dialogues pour une partie de mime à la soirée de Noël. Et pourtant, Sally Hawkins te vend son personnage avec une sincérité désarmante, façon "Je suis muette, mais je peux t’apprendre le langage de l’amour". Spoiler : ça implique de l’eau et un aquarium.

Doug Jones est magique dans son costume de sushi géant. Ce mec a tellement de talent qu’il te fait ressentir des émotions avec des branchies. Sérieusement, ce poisson est plus expressif que certaines stars hollywoodiennes payées des millions. On dirait une version aquatique de E.T., mais avec un charisme qui te donnerait presque envie de tester la vie sous-marine.

Michael Shannon, c’est l’incarnation du malaise. Sa performance en méchant gouvernemental est tellement intense que même tes pop-corns flippent. Ce gars est le type de boss que t’as en cauchemar après un licenciement. Un mix entre le Colonel de Full Metal Jacket et le Joker, mais sans maquillage. Clairement, si t’entends ses pas derrière toi, cours, mec. Juste cours.

Guillermo del Toro, c’est le gars qui te rend nostalgique d’une époque où tu n’étais même pas né. Décors d’époque, Cadillac qui brille comme des armures de MMO, et des postes télé cathodiques qui diffusent autre chose que des pubs pour des cures de cheveux. Mention spéciale à l’appartement d’Elisa, qui ressemble à une extension DLC de Bioshock. Un vrai régal visuel.

Alexandre Desplat balance une BO qui te caresse les oreilles comme un spa sonore. Et puis bam, "La Javanaise" de Gainsbourg. Si t’as pas envie de danser un slow avec ton poisson rouge après ça, c’est que t’as raté ta vie. Sérieusement, la musique est une vraie déclaration d’amour au cinéma français et à ses ambiances rétro-chic.

La Forme de l’eau, c’est une fable moderne où l’amour n’a pas de frontières, même celles des espèces. Poétique, drôle, parfois flippant, mais toujours sincère, le film de del Toro te plonge dans un univers unique où même les monstres sont beaux. Prépare-toi à rire, pleurer, et potentiellement reconsidérer ta prochaine visite à l’aquarium.

Plus de critiques sur https://www.instagram.com/oni_s_reviews/?hl=fr
Dr Seuss
Dr Seuss

218 abonnés 1 746 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 décembre 2024
“La forme de l'eau”, l’art mixte de Guillermo Del Toro

Guillermo Del Toro est un réalisateur qui peut se permettre de s’essayer à plusieurs genres avec des films comme “Hellboy” ou “Pinocchio” où il s’approprie la culture du comics américain ou la culture du conte italien.

Ici, “La forme de l’eau” est une appropriation personnelle de “L’étrange créature du lac noir” qui mêle réalisme et poésie dans une romance sur fond historique ; Guillermo Del Toro offre aux publics un chef-d'œuvre plein d’émotion. Son scénario est passionnant et prenant et sa réalisation est magnifique et immersive.

Le point fort de la réalisation est de mêler onirisme et réalisme avec une photographie picturale qui présente des tableaux à chaque seconde. La caméra, en cohérence avec le film, est littéralement flottante avec des plans qui ne cessent de se balader dans le décor. En immersion totale, les décors sont extrêmement beaux et naturalistes et nourrissent la photographie marquante. L’omniprésence de l’eau dans les plans est intelligente et pertinente remplie de sens. En fait, les effets spéciaux sont palpables dans le sens où la créature paraît présente ; l'œil du public est intégralement convaincu. D’autant plus que la musique nourrit l’aspect onirisme ; belle et légère avec de belles notes qui entrent en connivence avec les mouvements des protagonistes.

L’onirisme est représenté par un aspect fictionnel mais le spectateur est rattaché au concret grâce à une imagerie sombre, historique et palpable.

En ce qui concerne le scénario ; la réflexion sera relativement similaire. Effectivement, Guillermo Del Toro oscille entre poésie et rêverie puis entre concret et nature. Tout d’abord, il s’agit d’une preuve d’intelligence de prendre une période historique pour rendre l’histoire réaliste ; sans compter que l’histoire commence in medias res avec une protagoniste attachante et très bien écrite. Elle fait face à un véritable développement et une évolution cohérente de bout en bout. Dans un second temps, l’art poétique est présent grâce à une romance qui apparaît comme hors du temps entre deux êtres très clairement avec énormément de similitudes.

En somme, le récit est mature et le mélange entre l’aspect historique lié à la Guerre Froide et l’aspect romantique lié au caractère des protagonistes est parfaitement dosé.

Sans oublier le symbolisme de l’eau qui est tout bonnement magnifique et la moindre présence de l’eau est intelligente et mature. Très clairement, l’eau peut être très facilement considérée comme un personnage à part entière vu comment elle fait avancer l’histoire.

“La forme de l’eau” est un film qui se doit de marquer son époque. Guillermo Del Toro s’approprie une créature culte pour la plonger littéralement dans son univers.
Yaugze
Yaugze

3 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 12 décembre 2024
Le film est bourré de clichés, c'est trop manichéen, les couleurs sont kitch, la créature est mal travaillée, ya rien qui va dans ce film.. on est loin du labyrinthe de Pan.
kibruk
kibruk

198 abonnés 2 767 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 décembre 2024
Comme à son habitude Guillermo del Toro nous propose une œuvre originale et pleine d'inventivité, un film qui ne ressemble à aucun autre mais qui s'inscrit dans la démarche initiée par l'excellent "Labyrinthe de Pan". Comme ce dernier, c'est un conte fantastique qui va allier merveilleux, romance et violence. Visuellement superbe, le scénario sait nous tenir en halène de bout en bout, et "Guillermo del Toro" montre avec "La forme de l'eau" qu'il est un excellent réalisateur/créateur qui ne cède pas à la facilité.
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