Moi, Tonya
Note moyenne
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299 critiques spectateurs

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Cadreum
Cadreum

61 abonnés 784 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 juin 2026
I, Tonya arrive en 2017 porté par un statut hybride qu'il revendique dès son carton d'ouverture : "based on irony free, wildly contradictory, totally true interviews.", énoncé exact du projet de Craig Gillespie — un projet qui se construit à partir de l'absence de vérité, érigée en principe même de la mise en scène. Ainsi le film ne cherche pas à reconstituer ce qui s'est passé le 6 janvier 1994 dans un parking de Detroit ; il cherche à filmer l'impossibilité de jamais le savoir, et plus largement, l'impossibilité de jamais juger Tonya Harding (ayant comme seule ambition de devenir la meilleure patineuse) — victime de classe, victime de violences domestiques répétées, mais aussi, peut-être, complice d'une agression contre une rivale. Ce refus permet d'échapper à la réduction d'une vie complexe à un verdict médiatique binaire, "bad girl" contre "ice princess", comme le fit la presse des années 1990 — mais à quel prix, et jusqu'où ce refus peut-il s'étendre ?

Le dispositif central du film est une rupture du quatrième mur poussée à un degré rarement atteint dans le biopic américain : les personnages ne se contentent pas de témoigner face caméra dans des segments d'interview isolés à la manière classique du mockumentary — ils s'adressent directement au spectateur en plein cœur des scènes reconstituées, suspendant l'action dramatisée pour commenter, contredire, ou désavouer ce qu'on est en train de voir. LaVona Golden nie avoir jamais frappé sa fille pendant que le plan montre sa main qui s'abat ; Tonya et Jeff se contredisent sur l'origine d'un coup de feu tiré dans leur appartement sans que le montage choisisse jamais entre les deux versions.

Ce geste invite la comparaison avec Rashomon, mais chez Kurosawa, la multiplication des points de vue contradictoires produit, au terme du film, une vérité — celle de l'irréductible subjectivité du témoignage humain. Chez Gillespie, chaque version ne s'ajoute pas à la précédente pour construire un sens, elle l'annule. Le dispositif est juste un épuisement actif de la vérité comme catégorie pertinente. La conséquence est qu'il ne reste plus de position de jugement disponible pour le spectateur parce que le film a retiré toutes les pièces qui permettraient de juger.

Là où j'ai du mal, c'est le traitement de la caméra dans les scènes de violence mises en scène pour être appréciée dans son exécution, indépendamment de sa charge morale. En transposant cette grammaire à des scènes de coups conjugaux, Gillespie place littéralement la souffrance de Tonya dans la même position rhétorique qu'une scène d'ascension criminelle glorifiée. Le film ne dénonce pas la fascination spectatorielle pour la violence filmée : il la convoque et en joue, en misant sur le fait que l'inconfort généré vaudrait en lui-même comme critique. Mais une mise en scène ne peut pas simultanément jouir de sa propre virtuosité et prétendre démasquer cette jouissance comme problématique.

La comédie noire, omniprésente — la mythomanie d'espion auto-proclamé de Shawn Eckhardt, les répliques assassines de LaVona Golden — installe le seul espace de pensée critique chez le spectateur. Le rire surgit systématiquement en sortie immédiate d'une scène d'abus, mais loin de simplement dissoudre la charge de ce qu'on vient de voir, il en révèle la mécanique sociale ou les mécanismes de pensées — le grotesque de LaVona, la vanité ridicule de Shawn, ne sont pas des échappatoires au tragique, ils sont la preuve que la violence subie par Tonya s'enracine dans un théâtre de médiocrités humaines aussi comiques que dangereuses. C'est parce qu'on rit de l'absurdité de ces personnages qu'on mesure, par contraste, la disproportion entre la légèreté de leurs motifs et la gravité de leurs actes.

La performance de Margot Robbie porte plutôt, corporellement, l'indécision même que le dispositif narratif refuse de trancher : on ne sait jamais si Tonya est sincère ou en train de fabriquer, pour la caméra, un alibi rétrospectif. Robbie n'ajoute pas une couche de pensée supplémentaire au film ; elle est le lieu où l'absence de cadre stable, construite dès le dispositif du quatrième mur, vient se loger faute d'avoir pu se résoudre ailleurs — y compris, plus prosaïquement, dans les scènes de patinage elles-mêmes, où l'incrustation numérique imparfaite de son visage sur le corps de patineuses professionnelles révèle, par accident technique, l'impossibilité du film à faire véritablement habiter à son actrice le don athlétique qu'il prétend pourtant célébrer comme la vérité centrale de son sujet.

Le résultat est un film qui se regarde avec un plaisir réel (notamment en raison de son montage énergique) — la performance de Robbie, la verve cruelle d'Allison Janney, l'énergie du montage — mais qui laisse, une fois la séance terminée, l'étrange sensation d'avoir traversé une heure quarante de spectacle sans jamais avoir été mis en position de penser quoi que ce soit de son sujet. C'est un symptôme assez juste de ce que produit un certain cinéma biographique contemporain hanté par l'idée d'objectivité impossible, ou au contraire l'idolâtrie.
bobbyfun
bobbyfun

55 abonnés 1 313 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 février 2020
Aussi rythmé que virevoltant en alternant constamment le tragi-comique, "I Tonya" demeure un biopic certes classique mais réellement étonnant.
Nicolas S
Nicolas S

54 abonnés 667 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 mars 2018
Rythmé, drôle et inventif tant sur le plan visuel que narratif, 'Moi, Tonya' parvient à donner de la substance à un sujet qui en manque a priori beaucoup, et à donner un nouveau souffle au genre du biopic. Ses limites se situent dans son traitement parfois maladroit des problématiques de classe, et dans sa tendance abusive à vouloir sauver tous ses personnages, même ceux qui ne le méritent absolument pas.
Gregory S
Gregory S

55 abonnés 767 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 avril 2019
La réalisation et les interprétations dont impeccables, avec mention spéciale pour la mère de Tonya. Margot Robbie est excellente mais néanmoins elle est trop "belle" pour le rôle car pourquoi tout le monde était pour Nancy Kerrigan ? parce que Tonya Harding, et dans le film ça ne ressort pas du tout, était pas très gracieuse et n'avait pas un très joli visage, et il faut être honnête le physique joue beaucoup sur le soutien ou non des gens.
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 888 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 juillet 2024
En tant qu'européen, je ne connaissais pas T. Harding, d'autant plus que cette histoire vraie remonte aux années 90, lorsque S. Bonally était aussi en piste. Les prises de vue sur la glace sont bien réussies, les acteurs, notamment le couple Robbie/Stan sont parfaits aussi, et finalement le copain Shawn interprète par P. Hauser est génial aussi. Bref, c'est un bon film, qui mêle des flash-backs, des interviews comme un documentaire et qui semble redonner justice à T. Harding.
Sang-Coeur
Sang-Coeur

37 abonnés 198 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 novembre 2020
Moi Tonya est un film qui est assez difficile de noter.
J'ai apprécié la réalisation et le jeu des acteurs (Margot Robbie est vraiment très impressionnante) ainsi que la bande originale.
C'est un très bon biopic qui m'a fait découvrir cette histoire que je ne connaissais pas du tout.
Après il est difficile d'avoir de l'empathie devant ce type de film car les personnages sont tous détestables et finalement je n'étais pas vraiment impliqué émotionnellement dans cette histoire.
C'est bien fait, c'est efficace, je le recommande bien sûr, mais ce ne sera pas un classique que j'aurais envie de revoir et je ne pense pas qu'il me laisse une empreinte durable d’où la note assez faible.
Steven O.
Steven O.

33 abonnés 781 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 juin 2019
J'ai franchement bien aimé ce biopic avec son côté décalé et sa réalisation faite "d'interview" et de flash back qui font en sorte d'apporter beaucoup de rythme au film et évite l'ennui.

Margot Robbie est franchement au top dans son rôle pourtant je ne suis généralement pas fan du jeu de l'actrice.

Partant de son enfance pour arriver à la fameuse agression et ses conséquences on comprend mieux l'histoire de Tonya Harding qui est loin d'être un conte de fée et fait parfois froid dans le dos.

Il dépend clairement aussi une certaine frange de la population américaine de ces années vivant non pas dans la misère mais dans une certaine précarité pas assez montré au cinéma et/ou en série à mon gout
Stefan R
Stefan R

30 abonnés 89 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 juin 2018
Il ne faut vraiment pas voir le film comme la biographie de Tonya Harding, car le réalisateur prend bcp de liberté avec la réalité. Dommage, car Tonya méritait qu'on explique sérieusement en quoi elle fut une patineuse imbattable à un moment de sa vie. Un drôle de film qui oscille entre comédie et drame, avec beaucoup de violence et de souffrance.
Alison Janney est comme toujours génialissime et mérite tant son oscar!
Supernono74
Supernono74

18 abonnés 504 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 avril 2021
A l'époque j'avais évidemment vu l'affaire Tonya Harding aux journaux, mais ne m'y étais pas intéressé. Peu concerné par le patinage artistique. Ce film permet une piqure de rappel avec un point de vue intéressant, dresser le portrait d'une Tonya qui n'a rien d'une sainte, mais qui n'est pas un monstre non plus. On la plaint autant qu'on la critique. Margo Robbie, comme toujours, incarne avec brio la fameuse patineuse. Un film instructif et non dénué d'humour.
isakkk
isakkk

17 abonnés 212 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 avril 2018
Un biopic qui retrace l’histoire d’une pauvre gamine américaine aux mains d’une mère horriblement toxique qui la dresse comme un animal... triste histoire avec des moments face caméras édifiants. Tous les acteurs sont formidables.
Yves G.
Yves G.

1 848 abonnés 4 027 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 février 2018
Une petite leçon de rattrapage pour ceux qui, en janvier 1994, ne s'intéressaient pas au patinage artistique et/ou n'avaient pas encore atteint l'âge de raison : à quelques semaines des Jeux olympiques de Lillehammer, la patineuse Nancy Kerrigan était tabassée. Une autre patineuse, Tonya Harding, elle aussi en lice pour la qualification aux J.O., fut accusée d'avoir fomentée cette agression.

"Moi, Tonya" est un faux documentaire qui revient sur un fait divers qui, quelques mois avant l'affaire O.J. Simpson, avait tenu l'Amérique en haleine et marqué les débuts de l'info en continu. Ses principaux protagonistes, interprétés par des acteurs professionnels, sont interviewés face caméra, comme le seraient les participants à une enquête télévisée.

Mais "Moi, Tonya" s'intéresse moins à "l'incident" de janvier 1994 qu'à la vie de Tonya Harding. Abandonnée par son père, élevée par une mère violente, trop tôt mariée à un parfait loser, Tonya Harding était une "white trash" dans un sport qui ne lui a pas laissé sa chance.

Le scénario de Steven Rogers est subtil qui évite le manichéisme. Il donne la part belle à Tonya Harding, que campe une Margot Robbie enlaidie, une gageure pour l'actrice sans doute la plus sexy du moment (je ne me suis pas remis de sa scène dans "Le Loup de Wall Street"). Mais pour autant, "Moi, Tonya" n'instruit pas le procès en réhabilitation de l'athlète la plus haïe de l'histoire du patinage artistique. Si Tonya démontre un courage admirable, physique et psychologique, face à l'adversité, elle n'en affiche pas moins un refus buté d'accepter ses responsabilités.

C'est avec un humour jubilatoire, qui rappelle celui des frères Cohen, que ces pauvres types décérébrés et violents sont croqués. Il faut rester jusqu'au bout du générique, qui nous montre les interviews des véritables protagonistes pour constater avec effarement que la réalité surpassait la fiction : Tonya, sa coiffure ridicule, ses tenues impayables, son mari bas du front avec son inénarrable moustache, sa mère (interprétée avec une délectation sadique par Allison Jeanney l'inoubliable porte-parole de la Maison-Blanche dans "West Wing") et un garde du corps glouton et mythomane...
ManoCornuta
ManoCornuta

359 abonnés 3 070 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 mars 2020
Il n'était sans doute pas si évident de tirer un récit passionnant de ce qui a été, somme toute, un fait divers quelque peu ridicule. De là le choix d'un pseudo-documentaire aux allures de comédie, certes porté par un casting qui se donne à fond (Margot Robbie est vraiment très crédible, de même que Sebastian Stan) et une bande-son qui se pose là, mais dont les ressorts sont finalement bien faibles. L'ensemble se suit quand même avec quelques belles séquences, mais l'on sent bien les limites du sujet.
MC feely
MC feely

84 abonnés 671 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 avril 2018
Je ne connaissais pas l'histoire de cette Tonya Harding et je n'aime pas le patinage artistique en prime mais rien que pour le petit fait divers je me suis dis que ça pourrait peut être le faire et personnellement ça la fait!la réalisation est dynamique et les dialogues sont épiques avec des acteurs qui incarne leurs personnages à la perfection.Après il y a plus dingue comme histoire c'est sur, mais la réalisation est tellement bonne et Margot Robbie exceptionnelle qu'on ne voit pas les deux heures passées!mention spéciale au personnage de la mère de Tonya qui obtient la palme de la pire garce sans problème mais qui m'a fait vraiment rire par moment.3,5/5
Jean-Claude L
Jean-Claude L

52 abonnés 289 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 février 2018
Un beau film sur la patineuse Tonya Harding et sa concurente Nancy Kerrigan et retraçant un très mauvais moment dans le milieu sportif car une agression sera faite sur Nancy Kerrigan et on soupçonner Tony Harding de l'avoir planifié à voir
Padami N.
Padami N.

63 abonnés 514 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 février 2018
ce film est un biopic a la limite de la parodie.le second degré et le grotesque sont omniprésents, l'ambiance "cas soce"qui devrait aller dans le pathos est risible. seul la différence de classe sociale l'image de la bonne famille américaine semblent un peu épargnés par ce traitement à la sauce comédie et scènes commentées en live.. "l'incident" est secondaire et l'ambiance à la "frère Cohen" prime sur l'histoire.
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