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Un visiteur
2,0
Publiée le 11 juin 2011
J'avais entendu dire qu'il s'agissait d'un chef d'oeuvre...ah bon? Sérieusement le scénario n'est pas très original finalement...et les dialogues sont souvent d'une niaiserie totale... Evidemment le concept du regardeur regardé est intéressant, mais c'est surement une des seules choses qui vaillent le coup dans ce film d'après moi. Quand aux acteurs, seuls Dennis Hopper et Isabella Rossellini sont à la hauteur.
"Blue Velvet" est un chef d’œuvre. Un choc esthétique, un choc émotionnel, une œuvre fascinante dont on ne peut pas sortir indiffèrent. Thriller étrange, obsessionnel, "Blue Velvet" dispose d'une histoire captivante, un jeune homme, Jeffrey, détective amateur, se retrouve plongé dans une terrible affaire qui implique des individus louches et dangereux. "Blue Velvet" est visuellement sublime et superbement mis en scène. Les lumières, les couleurs, les cadrages, le montage, tout semble si parfait. Et c'est un univers sombre, violent, parfois absurde (sa touche habituelle) que Lynch invente, mais toujours dans la classe, toujours lumineux, toujours très beau. C'est aussi deux histoires d'un romantisme renversant : Jeffrey et Sandy (la magnifique Laura Dern, encore plus belle que dans "Sailor et Lula") et Jeffrey et la mystérieuse Dorothy Vallens (l'exceptionnelle Isabella Rossellini). L'ambiance sonore est toujours aussi marquée. La musique est formidable, surtout la fameuse chanson titre "Blue Velvet" (de Bobby Vinton). Du grand cinéma. "Blue Velvet" est sûrement l’œuvre suprême de David Lynch, bien supérieure à "Sailor et Lula".
Blue velvet est avec mulholland drive et lost highway, le film le plus représentatif de "l'univers" de david lynch, ainsi que de son style si particulier. Cauchemardesque et envoûtant , blue velvet plonge le spectateur dans une sorte de monde parallèle, mais qui reste malgré tout familier , ce qui le rend d'autant plus dérangeant. Une oeuvre forte incontestablement.
5sur5 (...) Fenêtre sur cour : la suite bigarrée. Dès lors, Jeffrey est comme un enfant ayant ouvert la boîte de Pandore et se gardant bien de le faire savoir à son entourage, pour mieux s'y consacrer lui-même, s'y abîmer avec complaisance et envie. Ces déviances qu'il côtoie, Jeffrey les réfute devant Sandy : il ne lui évoque qu'une affaire terrible qui aurait l'impudence d'être ici, dans ce paradis vierge. Sandy retient Jeffrey dans le monde commun de la vertu, mais malgré ses efforts, elle voit comme son amant (ce degré de leur relation est lui-même nimbé dans le non-dit) est aspiré par le charme vénéneux, le désespoir éclatant de Dorothy. Ce chaos qui la dévore exerce la même attraction pour Frank, le bourreau, terrifiant Denis Hooper, avide de substance, détenant sous son emprise l'otage sensuelle pour reconstituer sur elle ses fantasmes morbides. Jeffrey lui-même est devenu objet soumis et inanimé, avant d'être ranimé par les désirs de Dorothy, lorsqu'il avait une dette envers elle : il l'a vue se perdre dans sa propre tragédie, il a vue son âme nue, et on ne peut pardonner à l'Autre d'avoir vu sans l'entraîner plus au fond avec soi. Mais Jeffrey et Sandy se rassurent, échappent à ces bizarreries, même lorsque, pris dans leur engrenage, ils ont été amenés à les affronter. A cette fin, ils se sacrifient à des accès fantasques mais rassurants, se racontent des histoires enflammées de rouges-gorges. Encore une envolée naive tenue pour salvatrice. Ainsi, le film s'ouvre et se ferme sur des images de cartes postales idyllique. Mais il y a une tâche dans ce décors et les deux versants relèvent du fake patent. L'ironie est à l'oeuvre, la façade polie a été taillée en profondeur, les monstres ont surgis, la curiosité a ouvert la brèche aux échos profanes, salissant toute façade polie. Dans ces conditions, l'happy-end est un leurre scandaleux. Le rouge-gorge a attrapé ces cafards qui s'agitaient sur la détresse d'un membre sectionné, l'amour s'est hissé en vainqueur, dirait-on. Et dans cette imagerie d'Epinal, Dorothy cauchemarde, ou rêve, encore de Blue Velvet. Comme on ne se détache pas du Mal, mais qu'on garde ces forces obscures, secrètement en soi. (...)
Mon nouveau blog : http://videodrome.over-blog.net/
"Blue Velvet" était peut-être un bon film en 1986, mais David Lynch a depuis fait "Twin Peaks" et surtout "Mulholland Drive". "Blue Velvet" apparaît donc comme étant un film potable, mais relativement anecdotique par rapport aux autres films de son auteur. Comment souvent chez Lynch, le bizarre se mélange à la violence et à la sexualité, le tout sur une B.O excellente (Angelo Badalamenti oblige), sauf qu'ici... il manque un certain mystère, du charme, de la tension. Dennis Hopper est à son aise, mais il ne fait que plonger le film un peu plus dans le thriller. Kyle MacLachlan est plutôt juste. En revanche, Isabella Rossellini en fait des tonnes... Pas mauvais, pas excellent non plus, légèrement fascinant et assez agaçant.
Pour moi, un film raté. Fascinant au début, le film se perd en détails mal compréhensibles tout en négligeant l'intrigue. Bref, un film pas terrible à la base qui a en plus TRES mal vieilli.
Je n'ai vu que très peut de Lynch, et ce que j'ai vu ne m'avais pas spécialement ébloui. Mais je doit avouer que là...c'est du très grand. Je pense qu'on peut qualifier Blue Velvet d'une sublime fable sombre qui conte la perte d'une certaine innocence. Son réalisateur nous retranscrit ici, un tableau d'une noirceur indéfinissable, laquelle n'aurait presque, même pas put être soupçonnée. Cette étrange oreille que notre héros, Jeffrey, a trouvé est le noir labyrinthe à l'intérieur duquel il se perdra lui même. On ne peut bien sur oublier l'extraordinaire mais dérangeante prestation de Dennis Hopper dans son rôle de malade mental tortionnaire. Certaines scènes sont à tel point choquantes que l'on en détournerait presque le regard. Mais c'est la curiosité qui domine, on décide donc de ne pas fléchir et d'affronter. Avec ce sublime film néo-noir, on plonge avec Jeffrey dans ses peurs et ses désirs les plus enfouis, dans un enfer si brutal et si malsain, que l'on en souffre autant que lui... Le tout est magnifiquement réalisé, un scénario brut et imprévisible, presque sans l'ombre d'un défaut. Il n'y a aucun doute à avoir, c'est bel et bien un film à voir avant que la mort ne s'empare de vous, sinon vous aurez manquer l'un des plus grand moment du cinéma...
Un film un peu daté qui a sans doute perdu de sa force avec le temps.Le scénario alambiqué tient en haleine mais les images vieillotes ternissent l'ensemble.Dommage car c'est le genre de film qui finira dans l'oubli malgré un évident savoir faire pour l'époque à laquelle il a été tourné.
Malgré une scène d'ouverture digne d'un grand chef d’œuvre de Lynch montrant le bonheur et la prospérité d'une bourgade américaine interrompu soudainement, le tout m'a considérablement déçu. Notre point de vue ne se résumera exclusivement à celui du personnage principal qui, après avoir découvert une oreille dans une forêt décide d'enquêter lui et son amie , le tout le rapportant dans la vie privée d'une chanteuse. L'atmosphère est toujours la même chez le cinéaste,cependant ici il est ponctué de beaucoup d'érotisme avec notamment un gros plan dans une scène d'intérieur, sur la bouche d'Isabella Rossellinni quand elle prononce "Frappe moi", sidérant le spectateur, ici tout se rapportant au thème du dépucelage. Dennis Hopper est impressionnant dans son personnage de psychopathe déséquilibré. Si la construction du récit auquel on apprend bien vite l'issue ne soit pas à reprocher, le scénario bien qu'il soit remarquablement écrit par les propos qu'il évoque et sous entend, ne m'a pas transcendé en tout bon fan lynchéen. En revanche, c'est bien le seul cinéaste à avoir un tel talent de mettre en scène si magistralement un scénario de cette envergure.
Une banlieue très lisse et colorée style années 50 avec certains personnages (ceux de Kyle MacLachlan et de Laura Dern surtout!) qui auraient pu s'apparenter aux niaiseries familiales de cette décennie, sauf que c'est David Lynch qui réalise et que dès la première scène on comprend que ce sont les dessous peu reluisants de cette surface trop lisse pour être vraie qui vont nous être montrés. Résultat, c'est très jouissif avec en plus le concours de Dennis Hopper et de Dean Stockwell qui paraissent imbattables pour jouer des psychopathes. Une scène avec Isabella Rossellini, troublante en chanteuse psychologiquement fragile, et Kyle MacLachlan n'a rien à envier à celle fameuse de "Mulholland Drive" pour ce qui est de la forte décharge érotique qu'elle nous insuffle. Cette scène et plein d'autres tout aussi marquantes ont par ailleurs la capacité incroyable de nous mettre face à nos démons intérieurs. C'est en grande partie cela qui fait la force du cinéma de David Lynch et de ce film. Le tout avec une chanson très entêtante pour être bien sûr qu'on soit pas près d'oublier le film. Un régal.
Pfiou ... que dire, j'adore David Lynch qui nous fait voir des choses marquantes, qu'on a jamais vu, et qui nous entraine dans son monde, magique, féerique, fabuleusement dérangeant.
Avec Blue Velvet, David Lynch nous fait exploser son talent en plein visage, c'est beau. Envoûtant pour son atmosphère et pour sa mise en scène, c'est également un film noir à tendance érotique, sans grosse provocation de la part de David Lynch, avec un soupçon de violence, mais dont le sens général du film est abordable par tous. C'est certain, Blue Velvet est un film gracieux, et s'inscrit sûrement comme l'un des tous meilleurs du réalisateur.