Ce n'est pas un mauvais film, mais vu ce qu'on m'avait dit de David Lynch, je suis un peu déçue. Je m'attendais à un scénario complètement décousu, et m'étais préparée à n'y rien comprendre. Or, qu'ai-je vu? un sombre polar, ni plus ni moins.
Bien que Fire Walk With Me (twin peaks) soit le chef d'oeuvre indépassable de Lynch, je mettrai bien Blue Velvet tout proche. Pas de cinéma hallucinatoire cette fois, et malgré une mise en scène "claustro", n'en déplaise à certains, Blue Velvet est horriblement prenant car malheureusement très crédible dans l'horreur au pays de la banalité.
La ville de Lumberton, une banlieue américaine tranquille. Mais comme toujours chez David Lynch, les apparences sont trompeuses et cachent un monde sombre et inquiétant. Jeffrey Beaumont est un jeune homme sans histoire qui découvre une oreille humaine dans un champ. intrigué, il décide de mener son enquête, parallèlement à celle de la police, et découvre un monde fait de perversité et de violence symbolisé par l'inquiétant et malfaisant Frank Booth. Blue Velvet est certainement un des films les plus réussis de David Lynch, d'abord parce que contrairement à d'autres oeuvres du cinéaste, Bleu Velvet est compréhensible du début à la fin. Ensuite, Lynch arrive à créer une ambiance particulièrement réussie, aidé en cela par la qualité de la photo, de l'excellente musique de son compositeur fétiche Angelo Badalamenti, et de son excellent casting: Kyle McLachlan (qui refusa Platoon pour ce film) est absolument parfait dans son rôle de jeune enquêteur confronté à un monde qu'il ne soupçonnait pas et qui révèle en lui des choses insoupçonnées; Laura Dern est très touchante, Isabella Rossellini dans un rôle difficile est magistrale et arrive à se montrer aussi bien émouvante qu'inquiétante; quant à Dennis Hopper, il est absolument terrifiant et arrive à rendre crédible un personnage de psychopathe pervers qui n'a, de toute évidence, toujours pas fait son Oedipe. Blue Velvet est un polar brillant avec un suspense qui tient en haleine jusqu'aux toutes dernières minutes doublé d'une réflexion intelligente sur les perversions de l'esprit humain. Un véritable chef d'oeuvre à voir absolument.
Assez décevant dans son ensemble, le rythme est décousu, mais quelques scènes de voyeurisme et de confrontation sonnent très juste. Des acteurs et actrices compétents entourent la performance incroyable de Dennis Hopper, qui joue décidément bien les barges. On pouvait s’attendre à plus d’originalité et de subtilité dans ce scénario finalement assez convenu.
Un film passionnant si il en est; accessible et envahissant. Une très bonne bande original, de très bons acteurs, un scénario névrosé, une ambiance noire et angoissante... Un suspens un peu difficile à cerner, mais bien présent.
Bref, un excellent film de plus qui a la particularité de pouvoir être visionné par "monsieur tout le monde".
Blue Velvet, 1986, de David Lynch, avec Isabella Rossellini, Dennis Hopper, Kyle Macaclan. Œuvre esthétiquement belle, le film place le spectateur dans une position de voyeur de scènes sado-maso qui n’ont strictement aucun intérêt. C’est glauque et violent et quand on voit Dennis Hopper suçoter son doudou, le velours bleu, en criant « maman ! », on est carrément dans le ridicule. L’enquête menée par le jeune homme, à partir d’une oreille humaine traînant dans son jardin, démarre laborieusement, juste pour le faire entrer dans le placard de l’appartement de la Lily Marlène du coin, et n’aboutit à rien. Autant la violence de Sailor et Lulla avait un sens, autant ici, on est dans une histoire gratuite qui sert une violence gratuite.
Un Chef d'Oeuvre de David Lynch. Ce film est sûrement le plus accessible du réalisateur avec tous les ingrédients d'un film dit "lynchien". C'est un monde inconnu qui nous est décrit, dont la violence dépasse celle qu'on peut imaginer, où les personnages sont flippants a souhait, une ambiance hermétique, sombre et épouvantable, encore jamais décrite jusqu'à la sortie du film. On ne trouve plus les mots pour décrire un tel génie, les acteurs sont excellents: Isabella Rossellini crève l'écran et se donne entièrement au spectateur. Ce film est surtout extrêmement choquant par le peu de pudeur de la mise en scène, qui contraste avec une image terriblement épurée, cela veut peut-être dire que cette violence n'a pas sa place dans ce monde... Avec Blue Velvet on peut s'interroger sans jamais forcément trouver de réponse sans que notre passion pour le film ne s'estompe. Un film indispensable!
Lynch nous offre grâce à ce thriller prenant fait pour vous rendre paranoïaque grâce à vision la fois réaliste et angoissante de notre société. On y voit en effet en surface un monde beau et lisse et, au fur à mesure de l'enquête du personnage, on découvre un univers sombre et violent comme sait si bien les dépeindre le réalisateur. Les relations amoureuses entre les personnages (tous parfaitement interprétés) y sont également très joliment racontées.
Pour notre plus grand bonheur, David Lynch revenait de très belle manière après le désastre de "Dune", il renouait avec cette univers si intense qui avait déjà fait jadis sa renommée. Pourtant il faut avouer que "Blue Velvet" réalisé en 1986 n’est pas son film le plus étrange en comparaison avec le futur travail du cinéaste plus tard ; Lynch prefère suivre son scénario linéairement et ne pousse pas trop loin ses fantasmes oniriques. Mais l'oeuvre n’en reste pas moins un voyage fascinant. Il s’agit de la descente aux enfers d’un jeune homme qui de par son comportement beaucoup trop curieux se retrouvera happé par ses démons voyeurs et pervers. En filmant dans des couleurs éclatantes et magnifiques, Lynch manipule son spectateur ; il ralentit d’abord le temps au maximum de manière à créer un sorte d’ambiance enivrante (on se croirait dans un rêve) pour ensuite l’emporter vers une spirale infernale de sexe et de violence. Dès lors on ne peut qu’être impressionné par cette œuvre déjantée portée très haut par l’interprétation hallucinante de Dennis Hopper. Laura Dern et Isabella Rossellini sont remarquables et Kyle MacLachlan presque aussi troublant que son rôle d’inspecteur atypique de "Twin Peaks". En fait "Blue Velvet" est exactement à l’image de la fameuse chanson de Bobby Vinton : envoûtant, inquiétant...beau.
Qu'un film de David Lynch soit bon ou mauvais, il y a toujours quelque chose de positif à en tirer ( à l'exception de Dune, véritable calamité cinématographique ). Blue Velvet nous emmène donc dans l'empire intérieur des sens, dans un univers à la fois noir et chatoyant. Le spectateur s'identifie aisément à Jeffrey Beaumont ( Kyle MacLachlan ), sorte de Candide hollywoodien qui va vivre une expérience pleine de mystère et de cruauté. De la curiosité à la perversion en passant par la fascination et le voyeurisme ( Jeffrey serait-il le petit frère du héros de Fenêtre sur Cour d'Alfred Hitchcock ? ), il va peu à peu pénétrer les tourments de Dorothy Vallens ( radieuse Isabella Rossellini ) et basculer dans la névrose...David Lynch signe avec Blue Velvet un film à moitié réussi dans la mesure où l'apanage du cinéaste ( surtout celui d'Eraserhead ) ne colle pas vraiment à l'intrigue ( le scénario, comme celui de Wild At Heart quatre ans plus tard, est relativement linéaire ). Bref, un film intéressant mais légèrement déséquilibré. L'interprétation demeure impeccable, tout comme la bande originale d'Angelo Badalamenti. A voir également pour l'absurdité des dialogues et l'originalité de la mise en scène...car sous la couche de ripolin des premières images, la noirceur demeure. Assez bon.
Une banlieue américaine aux jardins et aux pavillons tout jolis tout propres... A priori, tout y est idyllique jusqu'au moment où le jeune Jeffrey trouve une oreille coupée dans l'herbe. A partir de là, tout bascule et Jeffrey commence à mener une enquête qui l'entraîne vers des situations qu'il n'osait imaginer et vers des personnages qui semblent tout droit sortis d'un cauchemar. "Blue Velvet", c'est le premier chef-d’œuvre typiquement "Lynchien" où la bizarrerie surgit dans un monde aux apparences normales et où la frontière entre l'inconscient et le subconscient est très mince. S'il réunit tous les éléments du film noir, le film va bien au-delà grâce au talent de son metteur en scène. Envoûtant de bout en bout, parfois choquant, "Blue Velvet" égratigne férocement le vernis de l'imagerie du bonheur et de la quiétude américaine pour nous plonger dans un univers où certaines personnes n'hésitent pas à séquestrer le mari et l'enfant d'une femme pour abuser d'elle. C'est un monde bien étrange (comme le disent les personnages du film) que nous décrit Lynch et on peut tout à fait passer à côté la cruauté de certaines choses si on refuse d'y voir de plus près. Avec sa superbe mise en scène bercée par de douces mélodies comme celle de "Blue Velvet" de Bobby Vinton, le film déroute à certains moments (ce que le réalisateur adore faire) mais c'est pour mieux nous fasciner. Parmi la qualité du casting, entre Kyle MacLachlan en jeune homme qui s'improvise détective, Isabella Rossellini en chanteuse perturbée et Laura Dern en jeune femme épaulant Jeffrey, on retiendra surtout la prestation hallucinante et terrifiante de Dennis Hopper en psychopathe pervers.
Un tres bon lynch, assez inclassable a mi chemin entre le drame psychologique et le thriller fantastique. L'ambiance est on ne peut plus noire et inquiétante avec des images effrayantes et derangeantes.Les interpretations de denis hooper, isabella rosselini et kyle maclaclan sont impressionnates.
Une bonne partie de l'oeuvre de Lynch consiste à décaler la fiction et l'esthétique hollywoodiennes dans la bizarrerie systématisée la plus avancée. Avec "Blue velvet" on a le canevas d'un film noir américain qui se tient encore. Avec "Twin peaks" et "Mulholland drive" cet amarre là est lui même est largué. Mais, toujours, le glamour est dynamité de l’intérieur. Lynch ne se contente pas d'être un virtuose de la reproduction et de la subversion ironique de genres et de styles, avec "Blue velvet" on a une approche au plus près de la perversion et de la névrose. Laissez vous donc empoisonner, ça fait du bien…