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LeMagduCiné
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3,5
Publiée le 25 février 2017
Rêve de réussite et passion cinéphile dans Le Concours, nouveau documentaire de Claire Simon
Synopsis : C’est le jour du concours. Les aspirants cinéastes franchissent le lourd portail de la grande école pour la première, et peut-être, la dernière fois. Chacun rêve de cinéma, mais aussi de réussite. Tous les espoirs sont permis, toutes les angoisses aussi. Les jeunes gens rêvent et doutent. Les jurés s’interrogent et cherchent leurs héritiers. De l’arrivée des candidats aux délibérations des jurés, le film explore la confrontation entre deux générations et le difficile parcours de sélection qu’organisent nos sociétés contemporaines.
Après Le Bois dont les rêves sont faits sorti en 2016, Claire Simon est de retour sur grand écran pour Le Concours, documentaire sur le concours d’entrée à la Fémis, réputée pour son caractère sélectif, mais ô combien attrayant. ll faut savoir que seules 6 personnes sont sélectionnées pour environ 3000 postulants. Autant dire que les places valent très chères et sont plus que très convoitées.
Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, Le Concours n’évoque pas la progression d’un étudiant unique à travers les différentes épreuves d’admission. Claire Simon fait le choix d’illustrer formellement et simplement chaque étape, en parvenant à parfois filmer un étudiant qui la réussira, alors qu’un autre échouera. Les choix de la réalisatrice sont intéressants et correspondent aux attentes du spectateur. Le concours d’admission n’est pas embelli, l’image renvoyée n’est en aucun cas un embellissement de la réalité. Le film se fait présentation d’un des examens autour duquel tournent le plus de mystères.
La bande-annonce ne m'inspirait pas et finalement ce fut une bonne surprise. On voit le concours côté impétrants et côté jury. On voit qu'à l'oral on peut se raconter ce qu'on veut : chacun juge avec sa subjectivité et c'est l'ensemble des avis et des épreuves qui aboutit à une certaine objectivité. On voit aussi à quel point cette école ne fait rien pour la diversité : des élèves blancs qui ont déjà accès à la culture et c'est tout. Comment s'étonner ensuite du manque de diversité du cinéma francais ? On assiste à des moments agaçants des moments touchants et des moments franchement drôles. Une intéressante fenêtre sur la fabrique des professionnels de la profession.
Je voulais voir Le Concours pour en apprendre plus sur les épreuves qui attendent les prétendant candidats dans le monde du cinéma. C'est un documentaire bien fichu, mais sans aucun propos, il n'est que descriptif, et n'exprime aucun avis.
On regarde les épreuves à travers les yeux d'un passager assis sur le côté de la pièce, et qui tourne la tête au gré des échanges profs-élèves. Je regrette qu'aucune narration n'apporte plus d'informations, des anecdotes, un suivi des candidats (y compris sur ce qui leur arrive après ce jour particulier). Le seul trait qui ressort est la difficulté des jurés à converger vers un jugement unique après un entretien rapide et si stressant.
Au final, c'est intéressant, mais un peu long et peu instructif si on a déjà passé des concours. Un poil déçu.
Claire Simon est une magicienne. Après avoir planté sa caméra dans le Bois de Vincennes, la voilà arrivée dans les prestigieux locaux de la FEMIS où se rue une multitude de jeunes gens ayant l'ambition d'intégrer l'école. Souvent, l'image est filmée en plongée, depuis une fenêtre, précipitant le spectateur dans le ventre impitoyable de cette institution où les places sont chères. Le début montre une sorte d'énormité de personnes dans un amphithéâtre où un extrait de film japonais, justement sur la domination et la liberté, est projeté. La réalisatrice regarde cet extrait depuis toutes ces têtes de jeunes gens qui tentent d'accéder à la seconde épreuve. Il y a quelque chose de profondément gargantuesque dans ce film. Tout est gigantesque, qu'il s'agisse des locaux, des mises en scène des jeunes prétendants ou des commentaires, on ne peut plus subjectifs, des professionnels qui les jugent. On tremble souvent pendant ce film, ressentant la pression terrible qui s'exerce sur ces jeunes gens, avides de cinéma. Mais "Le concours" parle d'abord de cinéma et c'est ce qui en fait la grandeur. On réapprend à aimer le cinéma, et surtout à regarder un film à travers tous ses métiers : le montage, la mise en scène, la production, la distribution, le scénario, la décoration etc. Ce documentaire constitue donc un formidable hymne au cinéma qui donne envie de l'aimer encore plus et de soutenir par les fréquentations en salle, la création de demain.
Le problème de ce film, c'est que dès le début, on ne comprend pas exactement ce qui se passe: une masse folle de jeunes doivent plancher dans un grand amphi, on leur projette quelques images, qu'on voit très mal, et hop, ils ont trois heures pour.;. pour? ben, on n'en sait rien!! Plus loin, un jury écoute des candidats, et discute à huis clos, etc. C'est admirablement filmé, mais bien long et ça semble destiné plus aux gens du métier, du moins c'est mon impression, tout en trouvant le regard de la cinéaste vraiment sympathique.
Documentaire intéressant sur le mode de fonctionnement et de recrutement d'une institution culturelle partagée entre le sens de l'ouverture et le respect des conformismes. Claire Simon se meut avec aisance dans une démarche à la Wiseman.
Filmer des candidats de concours à un moment d'une importance capitale pour eux, c'est le pari de Claire Simon qui filme les différentes épreuves du concours extrêmement difficile d'entrée à la Fémis. Cruel, forcément, mais passionnant, ce documentaire montre ce que, d'habitude, nous ne voyons pas. En restant au plus proche de chacune des épreuves, elle montre les membres du jury et les candidats, des moments de grâce, de gêne et des délibérations. Un concours, fut-il un concours de mathématiques, a toujours une part de subjectivité et de mauvaise foi, ici exacerbée pour un art qui est par nature éloigné de critères d'une précision scientifique. Néanmoins, les pairs tentent de recruter, de la façon la plus rigoureuse possible, les personnes qu'ils souhaitent voir rejoindre cette école de l'excellence républicaine. La plongée dans cet univers est fascinante. Dommage que, probablement pour ne pas perturber les candidats, Claire Simon ait fait le minimum au niveau de l'image. Ce documentaire n'en est pas moins essentiel et décortique en profondeur cette fameuse méritocratie à la Française.
Un très bon documentaire, d'une durée inhabituellement longue pour le genre mais qui ne lasse pas. Circuit de distribution oblige, c'est une occasion de fréquenter des salles d'art et essai et d'y rejoindre sans doute le haut du panier parmi les spectateurs cinéphiles. Car le grand public est probablement à mille lieues de la façon dont les cinéastes de demain sont sélectionnés pour cette voie royale qu'est la FEMIS (au fait, y a t'il d'autres voies ?). Un seul regret : Claire Simon ne prend pas parti. Adhère-t-elle à cette sélection / reproduction des élites ? Dans la politique, ne pas avoir fait qui l'E.N.A., qui Sciences-Po est parfois un argument. Et la FEMIS ? (c'est juste une question). On aurait aimé que Claire Simon explore un peu cet aspect-là.
Le grand chic, dans le cinéma documentaire d’aujourd’hui, c’est de filmer sans ajouter le moindre commentaire – en laissant les images parler, prétendent les spécialistes. L’ennui, outre la paresse et l’indécision que cela implique, c’est que, le plus souvent, il n’y a aucun point de vue : au spectateur de se débrouiller pour comprendre ce qu’on lui cache !
La FÉMIS (traduction ancienne : Fondation européenne des métiers de l’image et du son, mais elle se rebaptise de nos jours “École nationale supérieure des métiers de l’image et du son”, ouf !) est cette école de cinéma qui, autrefois, lors de sa création en 1973, s’appelait l’IDHEC (Institut des hautes études cinématographiques), et ne produisait pas grand monde en fait d’artistes de cinéma. Le concours d’entrée, qui fait l’objet de ce film, est assez difficile, et m’a semblé teinté d’un arbitraire fondé sur les humeurs des examinateurs, tous gens du métier, qu’on voit ici à l’œuvre.
Cela se passe en plusieurs étapes : à l’écrit, pour les quelques cinq cents candidats, une dissertation sur un sujet libre ; puis la présentation par eux d’un projet qui le plus souvent restera fictif ; enfin, un entretien de dix minutes, où les examinateurs, des gens du métier plutôt connus, se révèlent assez odieux.
En fin de compte, on ne saura rien, ni du palmarès, ni des raisons qui l’ont motivé. Si bien que ce film qui parle de cinéma ne montre rien qui soit d’essence cinématographique. On croirait un mauvais reportage télévisé.
Bien entendu, la critique s’est répandue en articles élogieux.
Après avoir promené sa caméra dans le Bois de Vincennes, Claire Simon a choisi de filmer le concours d'entrée à la Femis, prestigieuse école qui a pour vocation de former la relève du cinéma français. Les candidats étant très nombreux, seuls quelques-uns seront retenus. Mais sur quels critères? Difficile de faire un choix. Avec le risque de laisser à la porte un génie potentiel du 7ème art... Le film de Claire Simon montre longuement les confrontations entre les candidats et les jurés et les délibérations de ces derniers. Pour tous ceux qui aiment le cinéma, c'est évidemment passionnant (et parfois amusant). 7,5/10
Je m'attendais à un film sur le cinéma, sur la Femis ou, au mieux, sur le concours de la Femis. Mais c'est beaucoup mieux que ça : c'est un film sur le jugement / l'appréciation (par un jury de candidats à la Femis), qui peut s'appliquer à n'importe quelle entreprise de sélection, y compris évidemment pour un recrutement professionnel. On comprend très vite qu'une des difficultés de l'exercice c'est que les examinateurs ne savent pas ce qu'ils cherchent : tel candidat sera trop formaté, mais tel autre est tellement atypique qu'on craint qu'il mette du bazar dans l'école. Un candidat peut être éblouissant lors du Grand O' (comme à l'ENA) mais être décevant dans son dossier remis lors de sa candidature, même si rien ne permet de savoir s'il en est réellement l'auteur; l'inverse est également vrai. On peut féliciter les candidats mais surtout les examinateurs d'avoir accepté d'être filmés car les points forts et 'failles' des uns et des autres sont révélés à tous. 3 regrets qui justifient mon absence d'une 5ème étoile : 1) le film va crescendo et finit en apothéose, mais on souffre d'une certaine lenteur et d'un manque d'intérêt dans la toute 1ère partie 2) sauf dans le cas du jury Duchastel (cartels sur la table) on a du mal à identifier les examinateurs protagonistes (on aperçoit brièvement Carole Franck, mais les autres ?). 3) on aurait bien aimé savoir si certains candidats extrêmement 'problématiques' (par exemple le jeune homme qui travaille comme un dingue pour se payer son matériel de réalisation et qui est déjà réalisateur) ont finalement été reçus ou pas.
Excellent documentaire, je n'ai pas vu le temps passer et j'ai appris beaucoup de choses contradictoires et humaines sur la méthode de sélection de cette institution, l'école de cinéma, la FEMIS. Des jurés tout à la fois honnêtes et de mauvaise foi, voulant favoriser ceux qui leur semblent les meilleurs et en même temps donner leur chance à des personnalités atypiques ou n'ayant pas les "codes". L'affrontement des points de vue après le passage des candidats peut être très vif. Passer de milles candidats à 60 sélectionnés...Il faut assumer les injustices de cette nécessaire hécatombe... La FEMIS est presque une histoire de famille, un de mes proches y travaille et le concours me rappelle celui que j'ai passé (et raté, car il ne suffit pas "d'aimer le cinéma") il y a quelques décennies. A cette époque cela ne s'appelait pas la FEMIS, mais l'IDHEC. PS. Marc Nicolas, directeur à l'époque du documentaire et que l'on voit à l'écran, est décédé fin 2016
Une réussite, ce documentaire. Peut-être un peu long, mais en même temps, je ne vois pas ce que j'enlèverais… Pendant 2 heures, on est plongé dans l'univers du doute, du choix si difficile à faire... Pourquoi ne pas donner sa chance à un outsider ? Pourquoi lui plutôt qu'un autre? C'est toute la question que pose Claire Simon. Le spectateur, placé au plus près des protagonistes, ne peut s'empêcher d'avoir un avis sur ces candidats fébriles, souvent bien maladroits.. Ni même d'avoir un avis sur ces jurés, pas toujours très objectifs, ni forcément sympas, mais parfois drôles.. Car c'est bien là l'originalité de ce doc : assister à des délibérations habituellement privées… On a tous passé des concours, des entretiens, et on s'est tous dit : "J'aimerais bien savoir ce qu'ils pensent de ma prestation…" Eh bien Claire Simon nous le montre, et ça fait du bien de voir qu'il est aussi dur de choisir quelqu'un, de décider de son avenir, que d'être un candidat parmi tant d'autres, si nombreux.. En tous cas, on en sort en se disant que malheureusement, la subjectivité y est pour beaucoup dans tous ces concours; et malgré tout, ce film fait du bien, et ouvre tout un champ de possibles...
Fémis : fondation européenne pour les métiers de l'image et du son. L’école si secrète ne l’est peut-être plus avec cette intrusion dans les coulisses d’un concours qui dit beaucoup sur la manière dont l’enseignement du septième art, actuellement en France, est envisagé. Au-delà des épreuves, parfaitement codifiées mais tout aussi subjectives en regard des examinateurs étrangers à l’établissement, la réalisatrice bouscule les codes du documentaire. Elle évite commentaires et interviews, laissant simplement jurés et candidats s’exprimer dans le cadre de ce concours. C’est le spectateur qui fait sa propre opinion, et porte un jugement que tout protagoniste de l'événement évite ici soigneusement. « Il faut laisser le temps, laisser le jury réfléchir » dit en aparté le directeur de l’école qui lui aussi est absent des débats. Une démocratie à l’image de ce film ouvert et respectueux. Pour en savoir plus