J’ai été très impressionnée par ce film : il est beau et prenant. Et je suis très admirative du personnage Churchill dont j’ignorais l’ampleur dans son intelligence et son courage.
Je recommande de s’informer au préalable sur les politiciens anglais de l’époque, pour mieux saisir ce qui se passe dans le film. Et aussi, si possible, de lire le scénario, qu’on trouve dans son intégralité ici et là sur le web. Le texte est très important. Churchill est très éloquent.
L’action se déroule à Londres, en mai 1940, après l’offensive éclair triomphante de l’Allemagne nazie en Europe du Nord. Les troupes anglaises sont prises en tenaille et coincée dans le port de Dunkerque. La défaite de l’Angleterre semble actée. Que faire ?
Dans cette situation de péril intense, Winston Churchill, pourtant contesté au sein de son propre camp, est appelé par le roi George VI au poste de Premier ministre et à former un gouvernement.
Dès lors, dans ces heures les plus sombres jamais vécues par le RU, deux camps s’opposent au plus haut niveau du pouvoir : ceux qui sont favorables à des négociations de paix avec Hitler (Chamberlain, Halifax etc.), car continuer la guerre serait suicidaire ; Churchill, soutenu par sa femme Clemmie, qui s’y oppose fermement car « you can’t reason
with a tiger when your head is in its mouth! ».
Dès lors, le film pourrait se tenir sur une scène de théâtre. Il raconte la lutte de Churchill pour trouver des solutions à une situation jugée désespérée (le piège de Dunkerque). Ce sera l’opération Dynamo (cf. Le film de Christopher Nolan « Dunkerque »). Il montre aussi ses échecs, comme trouver à ce moment-là un soutien auprès des Français et des Américains.
Il suit Churchill, guerrier patriote et homme de lettres dans l’âme, dans son combat sans relâche et parfois sans sommeil pour trouver des arguments, des mots et une inspiration lyrique, ainsi que des soutiens, afin de faire triompher l’idée développée dans le discours final au Parlement : « we shall not flag or fail. We shall go on to the end. We shall fight in France--we shall fight on the seas and oceans, we shall fight with growing confidence and growing strength in the air, we shall defend our island - whatever the cost may be. We shall fight on the beaches, we shall fight on the landing grounds, we shall fight in the fields and in the streets, we shall fight in the hills; We shall
never surrender, and if, which I do not for a moment believe, this island or a large part of it were subjugated and starving, then our Empire beyond the seas, armed and guarded by the British Fleet, would carry on the struggle, until, in God's good time, the New World, with all its power and might, steps forth to the rescue and the liberation of the old ! »
Ce film est porté par de fascinants comédiens, à commencer par Gary Oldman à qui sa performance phénoménale a valu l’Oscar du meilleur acteur en 2018. L’équipe de maquillage et de coiffure, menée par Kazuhiro Tsuji, a également remporté l’Oscar attenant.
La distribution est très largement masculine car elle montre les hommes politiques et les militaires de l’époque. Quelques femmes néanmoins : la mère distante de Churchill est évoquée ; Clémentine, élégante, résolue et tendre épouse de Winston a un rôle essentiel auprès du grand homme ; Elizabeth Layton, jeune secrétaire particulière, fait ressortir le côté sensible, drôle et tourmenté du Premier ministre ; Mary Churchill, fille de Winston fait une apparition dans l’important premier cercle de famille ; des Londoniennes rencontrées dans le métro par Churchill lui donnent le courage final pour assumer son discours « Nous ne nous rendrons jamais. » Cette scène n’est d’ailleurs pas historique, hélas.
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Thomas Babington Macaulay (1800-1859), poète, historien et politicien
‘To every man upon this earth
Death cometh soon or late.
And how can man die better
Than facing fearful odds,
For the ashes of his fathers,
And the temples of his Gods,