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Anne M.
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3,5
Publiée le 30 avril 2017
Au Japon, de nos jours. Ryôta, après un premier roman prometteur, ne trouve plus d’inspiration. Il travaille dans une agence de détective, où il arnaque les clients et dépense son argent dans les courses cyclistes. Son père est mort récemment, il rend souvent visite à sa mère. Sa femme, Kyoko l’a quitté et élève leur fils Shingo. Elle est en passe de refaire sa vie. Un soir de typhon, Ryôta, Kyoko et Shingo se retrouve dans l’appartement en HLM de la mère de Ryôta.
J’ai été déçue, ayant beaucoup aimé les deux films précédents, je trouve qu’ « Après la tempête » manque d’âme, de souffle. Les personnages stagnent, n’évoluent pas, le film met surtout les désillusions et les échecs en relief.
Ceci dit, les acteurs sont très bons, mention spéciale à la grand-mère, Kirin Kiki, déjà remarquable dans « les délices de Tokyo ». L’analyse de la société japonaise, avec ce portrait croisé, reste intéressante.
La quête du bonheur, toujours, mais avec une pointe d'amertume à cause des illusions perdues. Kore-eda est de retour avec ce qui pourrait être une énième variation sur ces thèmes chéris, si ce n'est que le fond est cette fois enrichi et approfondi et touche bien plus juste que dans Notre petite soeur, qui flirtait avec la mièvrerie (sentiment tout personnel). Le personnage central d'Après la tempête, Ryôta, est un homme encore jeune mais dont l'existence prend une tournure décevante : un divorce non digéré, une situation professionnelle médiocre, des espoirs déçus comme romancier. Le film est un condensé de la vie de Ryôta avec ses occasions manquées et la recherche de l'équilibre dans le cocon familial, comme un baume qui sert à panser sa propre faillite. Un sujet que Kore-eda traite avec sa pudeur et sa bienveillance habituelles. En y ajoutant une certaine ironie et une pointe de pessimisme, tout relatif. Entre Ozu et Naruse, les deux grands cinéastes japonais dont Kore-eda est l'évident héritier. Au rythme d'un typhon qui passe (le 24ème de l'année !), après lequel reviendra le calme, le film garde une forme apaisée et interrogative, contemplative diront ses détracteurs. Cela en fait sa beauté avec la longue réunion finale où Ryôta se retrouve avec sa mère, son ex-épouse et son fils. L'intrigue se resserre, les sentiments affleurent et l'émotion va crescendo. Autour de son héros, Après la tempête a laissé de l'espace à ses autres personnages pour exister. La figure de la mère de Ryôta est la plus touchante. Cette veuve a l'âge de la sagesse et de la sérénité. La façon dont elle essaie de sauver son fils et son couple brisé montre que Kore-eda, fidèle à lui-même, trouve toujours des raisons d'espérer. Après la tempête, il y a l'accalmie et un avenir à construire.
Petite déception. Sur un scénario peut-être trop mince, Kore-eda ne retrouve pas la magie de ces précédents films. En raison d'un personnage masculin qu'il n'arrive pas, (volontairement ?) sympathique ou du moins attachant. Sa mise en scène est trop distante. Dans "une petite sœur" ou "Still walking" émanait une poésie du quotidien. Ici, on baille poliment et La Réunion de cette famille dans un appartement (La partie la plus réussie) arrive bien trop tard.
Avec beaucoup de pudeur Hirokazu Kore-eda filme la terrible désillusion du couple mais aussi les liens affectifs subsistants ... vraiment magnifique ...
Film soporifique sur le thème rebattu du pauvre petit fils à maman, fumiste et malhonnête qui se découvre un amour dévorant pour son fils une fois par mois. Surtout s'il peut revivre son enfance avec lui... et la prolonger en volant de ci de là.Ce n'est pas un film sur la famille mais sur le narcissisme masculin.
Une nouvelle fois, Hirokazu Kore-Eda réalise un superbe long métrage où les liens familiaux, l'enfance et la condition sociale sont au coeur de cette histoire d'une incroyable tendresse. Comme toujours dans son cinéma, Kore-Eda tisse une intrigue simple autour de laquelle gravite des personnages très attachants et un confortable parfum de nostalgie. Sans parler d'oeuvre contemplative, "Après la tempête" dégage une force tranquille, couvrant parfois des probématiques plus sérieuses et dramatiques. Bref, ceux qui connaissent déjà le cinéma de Hirokazu Kore-Eda ne seront pas dépaysés et les autres peuvent se pencher sans hésitation devant ce très bon film.
Encore un petit chef d'œuvre signé Kore eda....On soulignera la grande délicatesse et un certain bonheur accordé à ce portrait d'un écrivain japonais lamda dans un Tokyo filmé avec beaucoup d'intimité et de joie....Petites ruelles , arrières cours, jardins, rues en perspective, intérieurs dédoublés, il y a une certaine harmonie du montage et de la prise en photo qui m'a rappelé l'été de kikujiro du génie Kitano ......Et puis les personnages sont attachants, avec en arrière plan la figure du père, spoiler: et un amour filial qui semble persister jusque dans la vie de couple ratée (l'homme divorce) .....A noter beaucoup de justesse dans l'expression des sentiments, mais aussi dans les dialogues très souvent pertinents dans leur sensibilité......A ajouter enfin, une grande douceur de la technique, plus accentuée que dans les films précédents du réalisateur, seule la musique se faisant trop discrète.... A ne pas rater c'est un bijou.....
Quasi-totale réussite pour ce nouveau film de Hirokazu Kore-eda, à la filmographie inégale depuis le magnifique Still walking. On revient toujours aux relations familiales, à la filiation, avec un regard nostalgique sur le passé, une difficulté à vivre le moment présent et une peur sourde de l'avenir. Par petites touches impressionnistes, on découvre peu à peu l'univers mental du principal protagoniste Shinoda (Hiroshi Abe, toujours superbe) et ce qui paraissait simple de prime abord - un divorce mal digéré - prend un relief dramatique au fur et à mesure du déroulement de l'histoire. Toujours de belles images, une direction d'acteurs impeccable (à noter la très fine Yoko Maki dans le rôle de l'ex-épouse). Seul, le rythme, parfois alangui pourrait affadir notre jugement.
Après une parenthèse mineure (« Notre petite soeur » - 2015), Hirokazu Kore-Eda renoue avec ce qu'il avait déjà parfaitement réussi dans des films précédents comme « Tel père tel fils » (2013), le portrait de famille et les relations complexes qui en unissent ou en désunissent les membres. Se rêvant écrivain depuis qu'il a fait éditer un roman à succès, Ryôta, incapable de poursuivre sur cette voie, a dû se résoudre à exercer un autre emploi, en l'occurrence celui de détective privé. Le voilà donc contraint d'espionner les faits et gestes d'autrui, activité peu honorable dont il se satisfait tout en rêvant de gagner une cagnotte grâce à sa passion pour le jeu (la loterie ou le pari sur des courses cyclistes). Avec son visage mal rasé, il ressemble à un vagabond, à un homme errant en quête d'une vie meilleure. De temps à autre néanmoins, il renoue avec son fils de 11 ans Shingo, ce qui lui donne aussi l'occasion de revoir son ex-femme à qui il n'arrive pas à verser les sommes qu'il doit. Mais il est un autre personnage important dans ce film : celui de la mère de Ryôta et, par conséquent, grand-mère de Shingo.Une femme qui n'a pas sa langue dans sa poche et dont chaque parole semble nourrie de bon sens jusqu'à, parfois, prendre le risque de paraître sentencieuse. Un beau personnage que cette femme dénuée de résignation et dans l'appartement de qui se déroule une bonne partie du film. Son mari venant de décéder, les enfants, Ryôta et sa sœur, se disputent déjà son héritage. Chacun cherche à s'approprier les objets les plus précieux du défunt ou ce qu'il en reste, ce dernier en ayant déjà déposé en grand nombre dans un établissement de prêt. Toujours est-il que c'est dans l'appartement de la grand-mère que se retrouvent les principaux protagonistes du film pour une séquence qu'on peut considérer comme en étant le point d'orgue. Elle se déroule durant une nuit de tempête, tandis que se déchaînent les vents violents d'un typhon. C'est à cette occasion, dans l'appartement mais aussi dans le refuge où s'abritent Ryôta, son fils et son ex-femme, après être sortis malgré le mauvais temps, que se dévoilent les intentions cachées, les secrets les plus enfouis. Les cœurs, pendant un moment, sont comme mis à nu. Malheureusement il est quelque chose qui détruit tout, qui fausse les relations et dévoie les personnages (sauf la grand-mère). Ce quelque chose, c'est l'argent, omniprésent tout au long du film au point qu'il pourrait en être le titre (comme il le fut pour le dernier film de Robert Bresson en 1983). L'Argent, qu'on peut écrire avec un grand A, on pourrait presque écrire Mammon comme dans la Bible : une divinité maléfique qui corrompt les esprits et les cœurs. Et le plus affligeant, c'est que même Shingo, le garçon de 11 ans, en est déjà une sorte d'adorateur, au point qu'il voit partout des billets de loterie potentiellement gagnants, même là où il n'y en a pas ! Semblable à son père, il rêve de l'opulence qui pourrait advenir un jour plutôt que de profiter du temps présent. 8/10
Kore Eda retrouve son immense talent de Cineaste de la famille, ses conflits, ses souvenirs, ses déchirements mais aussi son amour et ses joies simples.Un ton de comédie illuminé ce récit doux amer d'une nuit ious la tempête
un film soporifique... le précédent film avait, c'est vrai, quelques moments très beaux (malgré sa longueur) mais là c'est d'une platitude effarante et on se pose la question : si le même film avait été tourné à Paris, avec les mêmes plans, la même lenteur, les mêmes banalités du quotidien... ça n'aurait intéressé personne ! Là on parle Tempura plutôt que Sandwich jambon beurre et les critiques s'emballent !
Kore-Eda frappe encore une fois très juste avec un film plein de sensibilité et d'émotions qui ne tombe jamais dans la mièvrerie. Le film est un portrait de famille magnifique, comme toujours.
Tout au long de sa carrière, c'est le plus souvent en tant que peintre des familles japonaises que le réalisateur Hirokazu Kore-eda a écumé les festivals et, tout particulièrement, celui de Cannes. C'est ainsi que ses 3 derniers films ont été présents sur la Croisette : "Tel père, tel fils" y a obtenu le Prix du Jury en 2013, "Notre petite sœur" était en compétition en 2015 et "Après la tempête" faisait partie de la sélection "Un Certain Regard" en 2016.
Lorsqu'il a commencé à travailler sur le scénario de "Après la tempête", les premiers mots que Hirokazu Kore-eda a écrit ont été "Tout le monde ne peut pas devenir celui qu'il voulait être". C'est ainsi qu'est né le personnage de Ryota, un ancien espoir de la littérature qui travaille dorénavant comme détective privé, soit disant pour "alimenter" un futur roman. Addict au jeu, Ryota a autant raté sa vie sentimentale et familiale que sa vie professionnelle : le couple qu'il formait avec Kyoko a cessé d'exister, et, lorsque Ryota a la garde de son fils Shingo, âgé de 11 ans, il n'a de cesse de lui tirer les vers du nez à propos du nouveau compagnon de Kyoko. Quant à Yoshiko, la mère de Ryota, elle nourrit un rêve secret : qu'intervienne une réconciliation entre Ryota et Kyoko. Un espoir qui, peut-être, pourrait se concrétiser quand, un soir de typhon, Ryota, Kyoko et Shingo se retrouvent devoir passer la nuit chez elle.
Tourné dans une cité HLM de Tokyo dans laquelle le réalisateur a vécu de l'âge de 9 ans à 28 ans et dont il dit que, elle aussi, à l'instar de Ryota, "elle n'a pas pu devenir ce qu'elle voulait", "Après la tempête" a un titre japonais qui signifie "Plus profond que la mer", titre venant des paroles d'une chanson très populaire de Teresa Teng, une interprète dont les chansons parlent d'amours malheureuses, ce qui ramène au concept que peu de gens deviennent l'adulte qu'ils rêvaient d'être. Dans ce film inégal, dans lequel flotte un parfum d'amertume mais qui aurait gagné à être raccourci, on retiendra surtout son début et sa fin, ainsi que les scènes où apparait Yoshiko, la mère de Ryota, ne serait-ce que pour ses réparties savoureuses, telle celle-ci : "quand on est vieux, il ne faut pas se faire de nouveaux amis, sinon on passe son temps dans des enterrements".
Les amateurs de cinéma japonais connaissent bien Kirin Kiki, la comédienne qui interprète le rôle de Yoshiko : déjà présente dans de nombreux films de Hirokazu Kore-eda, elle a également joué pour Naomi Kawaze. C'est elle, en effet, qui interprétait le rôle principal dans le très beau et très délicat "les délices de Tokyo", celui de Tokue, la spécialiste de la préparation de la pâte de haricots rouges confits. Auprès d'elle, on retrouve des comédiens ayant déjà tourné avec Hirokazu Kore-eda, tels Hiroshi Abe, qui joue Ryota, et Yoko Maki, interprète de Kyoko.