"Après la tempête" est un film sur les liens familiaux qui persistent malgré les échecs. Entre une ex-femme qui tente de reconstruire sa vie, un fils qu'il voit trop peu et une mère vieillissante vivant seule dans un petit appartement, un homme cherche maladroitement et désespérément à recoller les morceaux d'une existence qui lui échappe. C'est un beau portrait de personnages imparfaits, porté par de bons acteurs, mais qui ne touche malheureusement jamais.
Avec Après la tempête, Kore-eda s’attache à la figure d’un père qui n’a pas su devenir ce qu’il imaginait être. Ryota fut un écrivain prometteur, auteur d’un premier roman remarqué, désormais détective privé chargé de traquer les adultères, joueur compulsif, père intermittent. Une nuit de typhon le contraint à partager l’appartement de sa mère avec son ex-femme et son fils. Le dispositif paraît annoncer une réparation sous la pluie mais Kore-eda préfère observer l’écart entre l’image que l’on a de soi et la silhouette que l’on est devenu.
La mise en scène épouse le propos par la modestie. Ryota y paraît trop grand pour la petite cuisine, comme si son corps trahissait déjà l’inadéquation entre ses rêves et son présent étriqué. La scène nocturne au toboggan, père et fils face au vent, frôle l’instant fondateur. Mais au matin, rien n’a changé. L’émotion n’efface pas les années d’irresponsabilité.
Le film travaille aussi la banalité comme une vérité. Les dialogues sont vifs, ironiques. La mère (Kirin Kiki) distille une sagesse sans leçon, comparant un plat qui doit infuser toute la nuit à la lenteur avec laquelle une vie révèle sa saveur. Ryota, lui, observe les fautes des autres à travers son objectif, évitant de regarder les siennes. Son addiction au jeu prolonge cette fuite. Attendre le coup gagnant dispense d’agir.
On peut le deviner à la lecture du synopsis : la tempête n’est qu’un leurre. La véritable bourrasque est intérieure, faite de regrets, de remords et d’auto-illusions. Lorsque son fils lui demande s’il est devenu celui qu’il voulait être, la question laisse uniquement le personnage dans sa médiocrité capable d’élans sincères et de rechutes prévisibles. Ainsi la bourrasque ne va jamais vraiment cesser.
Portrait tendre et attachant mais manquant de souffle d’une famille japonaise disloquée, à travers les errements d’un ex-écrivain devenu détective privé.
Le prolifique réalisateur japonais Hirokazu Kore-eda livre une chronique familiale explorant les rapports père-fils avec sa justesse habituelle. On pourra simplement reprocher au récit une certaine monotonie tant la recherche de la mise en scène du cinéaste se rapproche d’une forme de naturalisme parfois ennuyeux. Néanmoins la qualité de l’écriture associée à une excellente direction d’acteurs font de ce « Après la tempête » un drame teinté de mélancolie mais qui se drape pourtant d’une note d’espoir.
Le grand cinéaste nippon Kore-Eda Hirokazu signe une œuvre cinématographique particulièrement aiguisée et toujours magistralement filmée par le pinceau caméra de ce grand cinéaste. Tout est possible et juste et émouvant. Les acteurs excellent de force et de joies. Cordialement. Gérard Michel
Kore-eda est en train de confirmer à chaque œuvre qu’il maîtrise la complexité des relations familiales d’une main de maître. Encore de la profondeur dans sa mise en scène jusqu’au personnage de Ryota, incarné par Hiroshi Abe de manière excellente et très juste à l’écran. Ce que j’aime dans sa réalisation, c’est l’émotion sincère et subtile qui dégage du récit, les gestes quotidiens jusqu’au silence, pas besoin d’être explicite pour comprendre ce qui se passe, j’adore ça. Le développement du personnage paraît lent mais moi ça m’a quand même convaincu et touché, on pourrait le détester mais l’erreur est humaine, on se sent attaché à lui. Les éléments extérieurs comme la tempête vient se lier aux bouleversements des personnages, c’est bien maitrisé, rien n’est montré ou prononcer au hasard. Je regrette seulement que l’œuvre est trop familière à certaines œuvres déjà réalisées par le réalisateur dans sa narration, c’est assez dommage, y’a vraiment rien de surprenant.
Une famille qui se sépare et qui se retrouve le temps d'une soirée en pleine tempête, et qui avec pudeur relate ses sentiments et états d'âme. Excellent quatuor d'acteurs mais l'ensemble est tout de même long et quelques fois soporifique...
Ce qui est agréable, c’est qu’on rentre de suite dans l’ambiance du film, ses personnages. On suit notamment Ryota (Hirsohi Abe), romancier obligé d’être détective pour gagner de l’argent, divorcé essayant tant bien que mal de voir et de gâter son fils, mais dépensant tout son argent aux courses ou dans les tickets de loterie. Le personnage le plus attachant est sa mère (Kiki Kirin), récemment veuve, ne regrettant pas son mari, très franche, pleine de “phrases choc”, rigolote. Les scènes où elle apparaît sont les meilleures, les dialogues sont très réussis, avec beaucoup d’humour. Les personnages sont attachants et touchants, l'histoire est intéressante. C’est un joli film.
On aime bien : - l'ambiance et la découverte du quotidien japonais : ce qui intéresse - un japon pas trop cliché : populaire, loin des hypercentres urbains, - les dialogues souvent profonds
On aime moins : - l'histoire assez limitée et pas beaucoup plus ambitieuse qu'un téléfilm : un père divorcé cherchant à se rapprocher de son fils et son ex femme.
On notera une quasi absence (le film est pourtant récent) des nouvelles technologies, qui donne au film son aspect profond mais le rend un peu déconnecté des moeurs contemporaines. L'histoire pourrait se passer en 1980.
Un film banal, limite ennuyeux. Les 3 principaux acteurs sont convaincants (je mets pas le fils dans les 3), c'est tout ce qu'il y a à garder du film. Ca aurait été un film américain, il se serait fait descendre, mais comme c'est japonais c'est forcément du génie. L'image du père n'en ressort pas très reluisante au final.
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1,0
Publiée le 21 septembre 2020
Après la tempête raconte l'histoire d'un romancier défaillant qui se transforme en détective privé pour joindre les deux bouts. Il a malheureusement un problème de jeu donc son salaire va au jeu au lieu de la pension alimentaire pour ses enfants. Son ex-femme est loin d'être heureuse et menace d'arrêter les visites mensuelles s'il ne paie pas. L'histoire est lente et sans incident même si une tempête approche. Les spectateurs ont un aperçu de la vie défaillante du romancier et on peut voir qu'il vit toujours dans la fierté de son roman primé d'il y a plus de dix ans. Ses relations interpersonnelles sont assez désordonnées car il a aliéné les membres de sa famille avec ses échecs financiers précédents. D'une part je souhaite que sa vie reprenne et soit belle à nouveau mais d'un autre côté je m'en fiche vraiment. La plupart du temps surtout vers la fin j'aurais juste souhaité que le film se termine bientôt parce que je m'ennuyais tellement...
Du pur Kore-Eda Hirokazu : une simple histoire de famille racontée avec finesse et sobriété, sans esbroufe ni artifice stylistique. Ce père de famille, ayant bien du mal à assumer son rôle et devenir adulte, est un personnage complexe et attachant.
Sans doute le film le plus abouti de Kore-eda. Contrairement à son habitude, le japonais nous propose ici un récit dense, maîtrisé de bout en bout, dans lequel il dépeint, avec une sensibilité et une justesse remarquables, la situation émouvante de cette famille. On se prend d'empathie pour ces personnages ancrés dans une réalité dure dans laquelle chacun peut s'identifier.
Ma cinquième incursion dans la filmographie de Hirokazu Kore-eda que j'avais découvert par son superbe et bouleversant chef d'oeuvre qu'est "After life" que je place invariablement parmi mes films préférés. Après une longue première heure d'exposition presque ennuyeuse, une dernière partie centrée sur le typhon en huis-clos forcément plus intimiste et plus forte d'un point de vue émotionnel. Comme à l'accoutumée, une superbe analyse d'une cellule familiale toute en subtilités et en retenue avec des thématiques sous-jacentes comme la responsabilité, la paternité, l'héritage ou encore le poids d'une carrière d'artiste dans le Japon contemporain. Peut-être pas le meilleur long-métrage du réalisateur japonais mais une oeuvre qui demeure très touchante. Hiroshi Abe, dans le rôle du père, est magnifique de justesse et de présence.
Pas le meilleur film du cinéaste (mon préféré reste After Life). Pas très original sur le fond. Mais cette chronique familiale, douce-amère, sensible, tient la route, notamment grâce au regard toujours bienveillant du réalisateur sur ses personnages.