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Un visiteur
3,5
Publiée le 1 mars 2017
Loin d'être le brûlot anti-FN que certains ont cru y voir (sans l'avoir vu), Chez Nous surprend au contraire par sa sobriété : même la cheftaine n'est jamais, sinon épargnée, du moins caricaturée. Visiblement destiné à la frange encore hésitante ou récemment converti de l'électorat ( le reste étant de toute façon campé sur ses positions ), le film, habilement dosé entre fiction et documentaire, est suffisamment explicite pour lui donner à réfléchir tout en le divertissant mais décevra ceux qui espéraient un manifeste militant pur et dur.
j'ai beaucoup aimé ce film qui montre comment opère insidieusement le poison de la droite extrême en divisant et en montant les gens les uns contre les autres
Le portrait du personnage joué par Emilie Duquenne, sa générosité, son envie de changer les choses, sa naïveté, est parfaitement réussi. Idem pour le personnage joué par André Dussollier, manipulateur à souhait, qui permet de retranscrire avec précision les dessous du monde politique. Dommage alors que le film concentre la moitié de son temps sur une liaison, qui arrive comme un cheveu sur la soupe, avec un pseudo néo-nazi, violent, dont l'association avec le parti politique en question frôle la caricature. Le jeu de Catherine Jacob est également assez moyen, à vouloir ressembler à Marine Le Pen, sans la citer, le ridicule n'est pas loin. Après l'enchaînement des faits, les réactions de la population, pro ou anti-parti RNP, la montée des conflits entre famille et amis sont bien retranscrits, malgré quelques raccourcis.
Voilà un film qui donne à réfléchir. Comment une citoyenne ordinaire et dévouée se laisse embrigader dans un parti dont les idéaux ne sont pas les siens... Les acteurs sont excellents (É Dequenne et A Dussollier en tête) à l'exception notable de G Gouix assez transparent. É Dequenne très juste et pleine d'émotion et A Dussollier formidable en manipulateur à l'attirance magnétique. Malheureusement L Belvaux a oublié d'écrire une fin à son film. Et justement après un très bon début on reste un peu sur sa faim.
Si Chez Nous dénonce les rapports entre un parti en quête de respectabilité et un groupuscule néo-fasciste que le premier voudrait bien aujourd'hui glisser sous le tapis, il est plutôt moins outrancier et caricatural que ne le proclament ceux que le sujet dérange ( par exemple, s'il faut un parallèle avec une dirigeante politique actuelle candidate à une élection présidentielle, celle du film n'est jamais ridiculisée, pas plus que ne l'est son électorat) Si Belvaux se défend d'avoir fait un film militant, c'est justement peut-être là que le bât blesse : cette volonté de ne pas froisser une partie de l'opinion donne un curieux ton mi-figue mi-raisin qui brouille le message. Et ce n'est pas une histoire d'amour entre l'héroïne et un nervi plus ou moins en repentance qui gomme l'impression que le film est bridé. Au final, et au vu du tombereau d'insanités qui a déferlé sur le film avant même sa sortie, on est presque surpris de sa retenue là où il aurait fallu plus de nerf.
j'aime beaucoup tout les films de Lucas Belvaux. celui ci est peu être un peu trop didactique et n'évite pas certains raccourcis. Tout sonne juste cependant, allez voir ce film sans tenir compte des mauvaises critiques qui proviennent souvent de ceux qui n'ont vu que la bande annonce. Emilie Dequenne, Catherine Jacob et André Dussollier sont parfaits.
Des personnages plus vrais que nature qui nous embarquent dans une campagne électorale de l'extreme droite locale, avec ses manipulations et ses coups tordus. Un vrai coup de force absolument avant de voter!!!
Nouveau film de Lucas Belvaux, après "Pas son genre" sorti en 2014. Ici, il est question du Front National, de manière juste, sans caricaturer. Comment trouver un candidat candide, exaspéré par la situation de sa région. La candide est une femme infirmière au plus près du peuple, qui soigne les hommes et femmes de sa région, Emilie Dequenne tient parfaitement le rôle, de cette jeune débutante en politique, divorcée et mère de deux enfants.
Dénoncer certaine dérives du FN au travers d'un film me semblait une bonne idée au départ. Malheureusement, Lucas Belvaux, à force de vouloir trop en faire, tombe rapidement dans le ridicule et la caricature. Tout est exagéré à l'extrême dans ce film, on ressort les bons vieux gros clichés habituels sans jamais essayer de comprendre ni les causes ni le comment du pourquoi. Résultat : un manque de crédibilité total qui fini par endormir le spectateur qui a l'impression d'assister à une grosse farce de propagande un peu trop évidente. Les acteurs eux-mêmes n'ont pas l'impression d'y croire. Le coté trop caricatural imposé par Lucas Belvaux, fini irrémédiablement par déteindre sur le jeu d'acteurs obligés de surjouer, ce qui au final les rend peu crédibles dans leurs rôles. Bref, on s'ennuie vite et on presque content lorsque le générique de fin apparait à l'écran. En conclusion, une grosse déception plutôt à éviter.
Avec Chez nous, Lucas Belvaux livre un film clairement engagé. S’il pêche par moments par un scénario pas toujours assez fin et des personnages qui manquent un peu de nuances, ce long métrage a le très grand mérite de s’interroger frontalement à la mécanique d’un parti et aux ressorts qui font que l’on peut y adhérer. C’en est même sacrément troublant par moments.
Charmante Emilie Dequenne, très bonne actrice. Un sujet courageux même si le personnage interprété par Catherine Jacob est quand même bien en dessous de la vérité. Ce qui intéresse Belvaux, c'est ce qui se cache derrière les paroles et les tactiques fascistes. Les chiens sont en laisse, il ne faut pas qu'ils mordent... pour le moment. Une phrase résume bien les manoeuvres de dédiabolisation de la blondasse : " ce n'est pas parce qu'on change de stratégie que l'on change d'objectif ", dixit docteur Dussollier. Ca laisse comme un froid le long de l'échine...
Si le cinéma de Belvaux était une couleur, ce serait le gris.
Un scénario lourd à porter comme le message du FN, car la parallèle est évidente et on ne s’en cache pas. Mais Belvaux reste brouillon et dispersé, il navigue entre l’histoire d’une brave fille manipulée et d’un parti qui cache sous le tapis ses tendances néo-nazi.
On est touché par la romance de l’infirmière, Emilie se fait discrète presque effacée. Le docteur Berthier sait trouver les mots pour la diriger mais elle reste hésitante. On l’aurait aimée un peu plus méchante et diabolique comme Agnès Dorgelle. Mais c’est l’histoire de Pauline qui nous est contée, sa naïveté, sa fragilité et sa bonne volonté. Alors on tourne en rond car rien que nous ne savions déjà n’est dénoncé sauf peut-être le sens de leur stratégie afin de gangrener la France de malveillance et de racisme.
André Dussollier est absolument étonnant de machiavélisme déguisé en bonhomie et Catherine Jacob fait bien la sorcière boursouflée de vanité.
Stéphane, l’amoureux retrouvé après 20 ans, est interprété avec finesse par Guillaume Gouix, l’amour l’emporte presque sur la haine. Un comédien qui se construit une belle carrière, à son rythme et sans effets de manche. On aime forcément Emilie Dequenne même si depuis quelques films une étincelle s’en est allée, mais elle reviendra encore nous surprendre.
La toute fin est décevante, à se demander si Lucas Belvaux sait poser le mot fin, il s’affole, un message à nous faire passer brusquement, l’amour est aveugle ou l’homme est incapable de changer ? Bref on repart frustré.
Excellent film, avec un jeu d'acteur très juste, des mises en situation intelligentes, qui parle a tout le monde, et s'adresse a tous les publics. Je vous le recommande vivement!