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Ce film vaut le visionnage pour les interprétations d'Emilie Dequenne et d'André Dussollier (jamais déçu par lui). Le reste du casting est tellement dans la caricature, dans les clichés (la palme revenant à Catherine Jacob en ersatz de Marine Le Pen) que cela produit un film sans aucune finesse.
On assiste à une belle prestation d’Emilie Dequenne, forte, dévouée et candide, et d’André Dussollier, convainquant, mielleux ou menaçant, pour cette chronique de la vie quotidienne d’une ville du Nord. Cela ne suffit cependant pas. Lucas Belvaux veut démontrer la souffrance d’une région et le poids des choix politiques réalisés, mais le metteur en scène immerge le spectateur dans le quotidien des habitants en filmant l’ennui et la violence de manière trop littéraire, presque comme un documentaire. Il manque une conviction pour appuyer le désastre qu’il veut mettre en avant. On attend à chaque instant quelque chose de plus puissant sans que cela vienne.
Chez Nous - c’est pas mal. Embrigadement d’une jeune femme au sein d’un parti extrémiste. Ça aurait pu être n’importe quel parti en réalité. L’histoire comme la réalisation restent simples et
spoiler:
on suit en espérant une accumulation/montée qui n’arrive pas vraiment
Ça ne fait pas forcément réfléchir mais ça se regarde
3/5
Ça ne fait pas forcément réfléchir mais ça se regarde
3/5
Vraiment dommage car il y a beaucoup de choses juste et l’analyse ou la photo sociale est bien transmise, mais tout ce qui est bon est toujours entrecoupé de messages militants assez caricatures pour se rapprocher du réel finissent par abimer ce film.
Une charge militante déguisée qui esquive la réalité du terrain.
Là où Chez nous entendait dresser le portrait à charge d'un parti patriotique, le film de Lucas Belvaux offre malgré lui la démonstration de la fracture irréconciliable entre deux mondes : d'un côté, la réalité sociale du Pas-de-Calais ignorée par les élites ; de l'autre, la persistance dogmatique d'un discours de gauche dépassé, incarné par la figure du père.
1. Le père communiste : la nostalgie d'un dogme en faillite.
Le personnage du père, ancien ouvrier arc-bouté sur ses convictions communistes, sert de caution morale traditionnelle dans le récit. Pourtant, ses tirades et ses reproches à l'égard de sa fille Pauline résonnent comme le chant du cygne d'une idéologie qui a abandonné les classes populaires qu'elle prétendait défendre.
Le décalage idéologique : Le discours du père repose sur des schémas d'analyse hérités des luttes ouvrières du XXe siècle, totalement déconnectés des problématiques actuelles du territoire (désindustrialisation, déprise culturelle, sentiment d'insécurité).
Le déni de la réalité : En condamnant l'engagement de sa fille, le père refuse de voir que le parti qu'il conspue est précisément celui qui reprend le flambeau de la défense des oubliés, là où le communisme de gouvernement et la gauche sociale-démocrate ont laissé un champ de ruines.
2. Pauline : le choix du pragmatisme et du patriotisme social.
Le parcours de Pauline Duhez (Émilie Dequenne) ne témoigne pas d'un embrigadement aveugle, mais d'un choix de raison ancré dans le quotidien. Infirmière à domicile, elle est confrontée sans filtre à la détresse sociale et matérielle de ses patients.
L'engagement par le réel : Son adhésion aux propositions d'Agnès Dorgelle ne découle pas d'une haine idéologique, mais d'une volonté de protéger sa communauté et d'apporter des réponses concrètes là où les services publics et les partis traditionnels ont démissionné.
La souveraineté comme protection : Pour une population fragilisée, l'affirmation du cadre national et le principe de priorité locale n'apparaissent pas comme des concepts abstraits, mais comme des leviers de protection indispensables face à la mondialisation incontrôlée.
3. Les biais de la réalisation.
Le film recourt aux procédés classiques du cinéma militant pour diaboliser le mouvement.
L'association systématique aux franges radicales : En mettant en scène les éléments incontrôlés du passé de Stanko, le scénario cherche à amalgamer l'ensemble du parti et ses électeurs à des dérives violentes, refusant de reconnaître la sincérité du processus de normalisation porté par la direction.
Un regard surplombant : En traitant l'engagement de Pauline comme une erreur tragique ou une manipulation, la réalisation trahit une posture condescendante envers les choix politiques des classes populaires, renvoyées à une forme d'naïveté ou d'inculture politique.
Chez nous échoue ainsi à déstabiliser son sujet : en voulant faire la leçon, le film montre surtout la légitimité d'une démarche patriotique face à la rigidité des vieux dogmes syndicaux et politiques.
Là où Chez nous entendait dresser le portrait à charge d'un parti patriotique, le film de Lucas Belvaux offre malgré lui la démonstration de la fracture irréconciliable entre deux mondes : d'un côté, la réalité sociale du Pas-de-Calais ignorée par les élites ; de l'autre, la persistance dogmatique d'un discours de gauche dépassé, incarné par la figure du père.
1. Le père communiste : la nostalgie d'un dogme en faillite.
Le personnage du père, ancien ouvrier arc-bouté sur ses convictions communistes, sert de caution morale traditionnelle dans le récit. Pourtant, ses tirades et ses reproches à l'égard de sa fille Pauline résonnent comme le chant du cygne d'une idéologie qui a abandonné les classes populaires qu'elle prétendait défendre.
Le décalage idéologique : Le discours du père repose sur des schémas d'analyse hérités des luttes ouvrières du XXe siècle, totalement déconnectés des problématiques actuelles du territoire (désindustrialisation, déprise culturelle, sentiment d'insécurité).
Le déni de la réalité : En condamnant l'engagement de sa fille, le père refuse de voir que le parti qu'il conspue est précisément celui qui reprend le flambeau de la défense des oubliés, là où le communisme de gouvernement et la gauche sociale-démocrate ont laissé un champ de ruines.
2. Pauline : le choix du pragmatisme et du patriotisme social.
Le parcours de Pauline Duhez (Émilie Dequenne) ne témoigne pas d'un embrigadement aveugle, mais d'un choix de raison ancré dans le quotidien. Infirmière à domicile, elle est confrontée sans filtre à la détresse sociale et matérielle de ses patients.
L'engagement par le réel : Son adhésion aux propositions d'Agnès Dorgelle ne découle pas d'une haine idéologique, mais d'une volonté de protéger sa communauté et d'apporter des réponses concrètes là où les services publics et les partis traditionnels ont démissionné.
La souveraineté comme protection : Pour une population fragilisée, l'affirmation du cadre national et le principe de priorité locale n'apparaissent pas comme des concepts abstraits, mais comme des leviers de protection indispensables face à la mondialisation incontrôlée.
3. Les biais de la réalisation.
Le film recourt aux procédés classiques du cinéma militant pour diaboliser le mouvement.
L'association systématique aux franges radicales : En mettant en scène les éléments incontrôlés du passé de Stanko, le scénario cherche à amalgamer l'ensemble du parti et ses électeurs à des dérives violentes, refusant de reconnaître la sincérité du processus de normalisation porté par la direction.
Un regard surplombant : En traitant l'engagement de Pauline comme une erreur tragique ou une manipulation, la réalisation trahit une posture condescendante envers les choix politiques des classes populaires, renvoyées à une forme d'naïveté ou d'inculture politique.
Chez nous échoue ainsi à déstabiliser son sujet : en voulant faire la leçon, le film montre surtout la légitimité d'une démarche patriotique face à la rigidité des vieux dogmes syndicaux et politiques.
Lucas Belvaux fait preuve d'un certain courage, en sortant un pareil film politique en pleine campagne des élections présidentielles de 2017. Certes, il change les noms histoire de s'éviter des complications judiciaires, mais ne laisse que peu de doute sur qui est visé.
L'intrigue se déroule donc à Héniard, ersatz fictif de Hénin-Beaumont, le fief de Marine Le Pen depuis 2012. Pauline est une infirmière libérale excédée par le système. Elle est convaincue par un ami médecin de se présenter aux élections municipales pour le Rassemblement National Populaire, un parti d'extrême droite dirigé par la charismatique Agnès Dorelle.
Evidemment, Agnès Dorelle = Marine Le Pen, et ce parti est le FN de l'époque. Il est délicieusement ironique que depuis, le FN se dénomme Rassemblement National, le décalque devenant encore plus étroit !
En réalité, Lucas Belvaux ne livre pas vraiment là un film sur l'idéologie politique. C'est d'abord un film sur le Nord populaire : ses villes pauvres et ses rues de briques tristounettes, son économie en déclin, sa population vieillissante, l'insécurité... Bref, un véritable terreau pour l'extrême droite.
Ensuite, c'est un film sur le fonctionnement d'un parti qui se veut révolutionnaire. Comment convaincre une jeune femme de devenir tête de liste pour eux. Comment lui dire qu'elle peut tout changer, alors qu'elle n'a en fait la main sur rien, servant de caution à la grande patronne adulée.
Enfin, "Chez nous" évoque la stratégie dédiabolisation du FN. Tiraillé entre d'un côté ses pseudo-milices violentes (dont un facho pas très malin joué par Guillaume Gouix), de l'autre ses têtes pensantes aisées qui clament un discours épuré (un médecin filou incarné par André Dussollier).
De bonnes idées donc, bien portées par les comédiens. Dont en tête Emilie Duquenne, partie vraiment trop tôt. Je regrette simplement que tout ne soit pas toujours exploité à fond. Néanmoins le volet le plus intéressant, le fait de convaincre la protagoniste de s'engager en politique, est heureusement le mieux traité.
Le final parait quant à lui un peu abrupt, et peu vraisemblable. Mais dans l'ensemble il s'agit d'une peinture pertinente du fonctionnement du FN/RNP/RN (rayez la mention inutile).
L'intrigue se déroule donc à Héniard, ersatz fictif de Hénin-Beaumont, le fief de Marine Le Pen depuis 2012. Pauline est une infirmière libérale excédée par le système. Elle est convaincue par un ami médecin de se présenter aux élections municipales pour le Rassemblement National Populaire, un parti d'extrême droite dirigé par la charismatique Agnès Dorelle.
Evidemment, Agnès Dorelle = Marine Le Pen, et ce parti est le FN de l'époque. Il est délicieusement ironique que depuis, le FN se dénomme Rassemblement National, le décalque devenant encore plus étroit !
En réalité, Lucas Belvaux ne livre pas vraiment là un film sur l'idéologie politique. C'est d'abord un film sur le Nord populaire : ses villes pauvres et ses rues de briques tristounettes, son économie en déclin, sa population vieillissante, l'insécurité... Bref, un véritable terreau pour l'extrême droite.
Ensuite, c'est un film sur le fonctionnement d'un parti qui se veut révolutionnaire. Comment convaincre une jeune femme de devenir tête de liste pour eux. Comment lui dire qu'elle peut tout changer, alors qu'elle n'a en fait la main sur rien, servant de caution à la grande patronne adulée.
Enfin, "Chez nous" évoque la stratégie dédiabolisation du FN. Tiraillé entre d'un côté ses pseudo-milices violentes (dont un facho pas très malin joué par Guillaume Gouix), de l'autre ses têtes pensantes aisées qui clament un discours épuré (un médecin filou incarné par André Dussollier).
De bonnes idées donc, bien portées par les comédiens. Dont en tête Emilie Duquenne, partie vraiment trop tôt. Je regrette simplement que tout ne soit pas toujours exploité à fond. Néanmoins le volet le plus intéressant, le fait de convaincre la protagoniste de s'engager en politique, est heureusement le mieux traité.
Le final parait quant à lui un peu abrupt, et peu vraisemblable. Mais dans l'ensemble il s'agit d'une peinture pertinente du fonctionnement du FN/RNP/RN (rayez la mention inutile).
Trop didactique, "Chez nous" peine à gagner l'adhésion malgré la qualité de l'interprétation, Émilie Dequenne en tête, parfaite entre la naïveté et la lutte sociale. En effet, on retrouve dans le film de Belvaux trop de poncifs incontournables (les hommes de main incontrôlables, les discours apaisants gommant les aspérités, les formations relayant les bons réflexes et bannissant les mots qui fâchent). Reste l'observation naturaliste du milieu populaire d'une région en souffrance, où le souvenir des combats passés est toujours présent et ne peut être renié.
Film outrancierement caricatural au service d’une idéologie politique d’extrême gauche. Ca aurait pu être intéressant, c’est à coté de la plaque subventionnée par nos impôts.
La ratonnade du début m' a paru un peu factice, elle semble n'être là que pour justifier une fin assez décevante. Cette réserve à part, le film est bien fait; pas ennuyeux et se laisse voir avec intérêt;
Film courageux, le sujet est bien politique, et fort habilement traité. Bravo à G. Gouix, qui joue fort bien toute l’ambiguïté du personnage, la regrettée E. Duquenne toujours juste et Dussolier parfait. Une réserve, mais un peu fatale avec C. Jacob, comédienne de grande qualité, dans ce pastiche de Marine !
Chez nous
Luc belvaux a su capter ce parti rapidement clone du RMP..est ca fait froid dans le dos ,cette analyse au scalpel nous révèle les dessous des cartes,le cynisme de la dirigeante avide de pouvoir froide glaçante,manipulatrice de 1ere sans état d ame qui joue sur la peur des gens et a son service une milice haineuse prête a tout et a tuer. Heureusement l'infirmière naïve ouvre les yeux sur ce parti trublion mais y laissera des plumes ,elle sort pas indemne de cette situation ambiguë, a voir,je recommande.
Luc belvaux a su capter ce parti rapidement clone du RMP..est ca fait froid dans le dos ,cette analyse au scalpel nous révèle les dessous des cartes,le cynisme de la dirigeante avide de pouvoir froide glaçante,manipulatrice de 1ere sans état d ame qui joue sur la peur des gens et a son service une milice haineuse prête a tout et a tuer. Heureusement l'infirmière naïve ouvre les yeux sur ce parti trublion mais y laissera des plumes ,elle sort pas indemne de cette situation ambiguë, a voir,je recommande.
Superbe film, avec un Dussolier magistral de roublardise et une Catherine Jacob plus vraie que nature, on est totalement illusionné sur ses intentions. On se dit : « Non, c’est pas vrai ! Un film de prop pour ce parti ?! ». Avec son héroïne (la regrettée Émilie Dequenne), le spectateur est bluffé jusqu’au retournement final. Fort bel exercice de cinéma !
Un film coup de poing assez impressionnant sur les rouages d’un parti politique. Manipulation et même chantage sont au menu.
Les coulisses d’une campagne ne sont pas très fréquentables. Il fallait voir aussi Baron noir.
Ici se rajoute en plus le côté patriotique qui dérive et devient dangereux….
Les coulisses d’une campagne ne sont pas très fréquentables. Il fallait voir aussi Baron noir.
Ici se rajoute en plus le côté patriotique qui dérive et devient dangereux….
Remarquable film sur les coulisses des partis politiques d’extrême droite qui manipulent aussi bien les électeurs que leurs propres sympathisants Émilie Dequenne est parfaite en innocente victime. Il montre très bien la façon dont les candidats sont « invités » à se comporter (ex : sourire même quand on vous insulte). Impressionnant !
Belvaux retrouve le genre des films politiques à la Yves Boisset des années 70. Si la qualité de la mise en scène ne dépasse pas celle d'un téléfilm, le contenu est très documenté, mais ne dévoile pas non plus de grands secrets pour qui connait un peu le camp politique auquel il se réfère.
En revanche, le choix des acteurs, Dusollier, Dequenne, Bouix tous irréprochables, donne de la crédibilité au parcours des individus au centre de cette épisode électoral sans pitié.
Et le film monte enfin en puissance au fil du temps, et de la confrontation entre les ressentiments et les révoltes d'une population délaissée, et le cynisme des cadres parisiens.
La confrontation entre l'infirmière Pauline et son père mineur communiste (P. Descamps) est très crédible.
DVD - septembre 2025
En revanche, le choix des acteurs, Dusollier, Dequenne, Bouix tous irréprochables, donne de la crédibilité au parcours des individus au centre de cette épisode électoral sans pitié.
Et le film monte enfin en puissance au fil du temps, et de la confrontation entre les ressentiments et les révoltes d'une population délaissée, et le cynisme des cadres parisiens.
La confrontation entre l'infirmière Pauline et son père mineur communiste (P. Descamps) est très crédible.
DVD - septembre 2025
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