Wùlu
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Charles-Antoine Bertaux
Charles-Antoine Bertaux

66 abonnés 41 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 juin 2017
J'ai découvert "WÙLU" cet après-midi à Rennes et j'ai adoré !

En filmant les livraisons en camion, en bus et en avion, et le lien entre les trafiquants de drogue et AQMI, le réalisateur de "WÙLU" Daouda Coulibaly montre brillamment et fatalement comment le trafic de drogue a contribué au coup d'État au Mali ; ou comment l'ascension, aussi excitante que violente et effrayante, d'un jeune livreur malien dans le trafic de drogue participe au développement du trafic de l'« or blanc » à l'échelle mondiale, et comment ce dernier perturbe la géo-politique nationale et internationale, et ce grâce à la bande originale (composée par Éric Neveux), au casting, à la photographie et aux scènes d'action ( spoiler: j'ai été impressionné par la fusillade plus vraie que nature vécue de l'intérieur d'un 4x4
) magnifiques.

"WÙLU" est incontestablement mon nouveau coup de cœur de 2017.
Claudine G
Claudine G

229 abonnés 518 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 juin 2017
Ladji perdant son emploi se raccroche à un marché qui fait partie du quotidien à Bamako, celui de la drogue. Après des scènes particulièrement violentes dans le désert où il perd un de ses associés, il récidive quand même avec des moyens plus élaborés, à tel point qu'il arrive avec sa soeur à avoir un certain train de vie, belle maison avec piscine...mais apparemment cela ne fait pas son bonheur et malgré tout, lorsqu'il avait son emploi de chauffeur de bus, il était plus heureux, moins riche certes, comme quoi l'argent ne peut tout acheter et que bien souvent vivre dans le passé arrive à des extrêmes. Bien interprété, il y a quand même des longueurs et l'on n'est guère convaincu au final.
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 juin 2017
Savez-vous ce qu’est un coxeur ? C’est la profession qu’exerce Ladji dans la capitale malienne. Debout sur le marchepied d’un minibus, il harangue les clients, encaisse le prix de leur trajet, guide le chauffeur en fonction des arrêts demandés.
Mais soyez rassurés, "Wùlu" n’est pas un film sur la sociologie des transports à Bamako. C’est plutôt l’histoire d’un Scarface malien qui gravit les échelles de la pègre.

On lui demande d’abord de faire de la contrebande à la frontière sénégalo-malienne. L’ingéniosité dont il fait preuve lors de sa première mission lui attire la confiance de ses commanditaires qui lui confient des missions plus difficiles en Guinée, puis dans le Nord du pays. Mais c’est lui qui, en cheville avec un trafiquant vénézuélien a l’idée de faire prendre à son business un toute autre envergure.

Le cinéma africain fait lentement son entrée dans le grand bain du cinéma mondial. Longtemps condamné à faire de la figuration dans les grands festivals, il en décroche désormais les premiers prix : "Un homme qui crie" (Prix du jury à Cannes en 2010), "Timbuktu" (César du meilleur film en 2015), "Félicité" (Grand prix du jury à Berlin en 2017). Pour autant, le cinéma africain reste un cinéma de niche, handicapé par la faiblesse de ses moyens. On attend toujours le premier blockbuster africain. "Wùlu" cherche à sortir de ce ghetto en investissant le champ du polar, un genre jusqu’alors étranger au continent.

Il n’y parvient qu’à moitié. Certes, la mise en scène est nerveuse. Certes, le destin de Ladji est attachant dont l’ascension se paie du prix de l’amour des siens (son meilleur ami, sa sœur…) Mais la direction des acteurs laisse à désirer. Autre défaut : le scénario embrasse trop de problématiques et les étreint mal : la criminalisation des sociétés africaines, condamnées, si elles veulent réussir, à sortir de la loi, la corruption des élites (l’histoire se déroule avant le coup d’État de janvier 2012 qui allait conduire à l’effondrement de l’État malien), la quête d’identité d’individus à cheval sur deux cultures…

Malgré ses défauts, "Wùlu" – dont la palette chromatique de l’affiche rappelle celle de "La Cité de Dieu" de Fernando Meirelles qui, lui aussi, importait au pays de la salsa le polar et ses violences – mérite le détour.
Daniel C.
Daniel C.

172 abonnés 732 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 juin 2017
C'est réellement mon coup de coeur cinématographique. Mercredi matin, c'est Eva Bettan, qui annonçait sur France Inter la sortie d'un film singulier dans lequel le Mali est central. Le soir venu, l'équipe du film est présente au Reflet Médicis et c'est un bonheur de les entendre à l'issue du film. "Wùlu" est un film de qualité, intelligent, engagé et qui nous transporte. Ce que je trouve exceptionnel, c'est comment la dignité des personnages est maintenue tout au long de ce récit palpitant, qui nous tient en haleine de bout en bout. La traversée des villes est filmée avec talent, l'activité urbaine est montrée comme rarement nous y avons accès. Nous circulons dans le marché de Bamako, mais aussi d'autres capitales africaines. La vie grouille, le rythme est intense, hommes, femmes et enfants sont majestueux lorsqu'ils occupent un instant l'écran, alors qu'ils ne sont que des figurants. Ladji (Ibrahim Koma), le héros du film, est magnifique de bout en bout. Même lorsqu'il bascule dans le trafic de drogue, il reste un personnage exemplaire. Son basculement dans la criminalité n'est qu'une erreur de trajectoire de vie, il n'y a aucune jubilation chez lui à être dans ce milieu, il trace sa route, n'a que le souci de sa soeur, qu'il veut extraire de la prostitution. L'appât du gain ne le fait pas vibrer. C'est un personnage triste et grave, mais déterminé. Il parle peu, a un regard intense et engagé, quelles que soient les circonstances. On ne peut l'admirer que pour sa personne, jamais pour ses actes. Pas parce qu'il serait clivé, simplement parce que ce ne sont pas ses actes, qui le déterminent, ni ne définissent qui il est au fond de lui. La dimension éthique et politique de ce film, qui ne fait pas la leçon, mais nous montre la réalité de comment circule la drogue et combien cela a des incidences et des conséquences sur le devenir d'un pays. Puisse cela en faire réfléchir quelques uns sur leur consommation festive de cette substance, qu'ils reniflent pour se donner de l'énergie. Ladji est un personnage ambitieux, intelligent, désireux d'une vie hors la misère. Son destin s'est trouvé infléchi par une déception professionnelle lorsqu'une promotion lui échappe au profit d'un neveu du patron. C'est pour lui inacceptable et son chemin change d'orientation. Lui ne change pas, son intériorité reste intègre malgré les événements qui le traversent. J'espère que le film va trouver aussi une audience auprès e la communauté malienne de France. La dimension culturelle, les rites, légendes et histoires traditionnels sont aussi présents dans toute leur densité, cela n'a rien d'un récit exotique. Et puis, cela fait du bien que les héros soient des noirs à l'écran et qu'ils occupent toute la place durant le film. Néanmoins, je peux, moi un blanc, m'identifier à ces personnages, dont finalement la couleur importe peu, puisqu'ils ne sont que des héros de fiction. C'est juste que la visibilité change de couleur et que cela fait du bien qu'il y ait des héros dans un thriller, qui ne soient pas des américains blancs... Bravo à ce réalisateur et longue vie à ce film exceptionnel !
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 14 juin 2017
Je recommande chaudement ce film. Thriller ultra-réaliste et haletant, ce film dépeint sans fard une société minée par les inégalités sociales et la corruption.
Pour quelqu'un comme moi qui connait bien le Mali pour y avoir vécu, c'est vraiment très réaliste et très juste.
Archibald T.
Archibald T.

20 abonnés 209 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 juin 2017
Le film se veut être le témoignage du trafic de cocaine au Mali et ainsi mettre en avant la mise à sac du pays. Malheureusement il n'y arrive pas car l'aspect politique n'est jamais abordé. Le film aurait alors pu se contenter d'être un film d'action mais quelque chose fait que l'on acroche pas aux prsonnages.

Copie à revoir
Olivier Barlet
Olivier Barlet

329 abonnés 433 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 juin 2017
Ladji (Ibrahim Koma) accepte de transporter de la drogue pour permettre à sa sœur d’échapper à la prostitution. Ses affaires se développant, elle deviendra une prostituée de luxe, comme si elle ne pouvait échapper à sa nature ! Le film, une production franco-sénégalaise maîtrisée par une équipe de techniciens français, n’échappe à aucun poncif sur l’Afrique qui n’y est que décor d’une histoire de solitaire taciturne et sans scrupules se faisant piéger par le désir d’argent. Le rappel en fin de film que l’argent de la cocaïne a favorisé la chute de l’Etat malien en 2012, loin de donner une légitimité au propos, souligne en fait le manque de contextualisation du scénario, la déréalisation à l’œuvre. (site d'Africultures, extrait du compte-rendu du Fespaco article 14012)
Lanorv
Lanorv

234 abonnés 2 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 juin 2017
Thriller haletant social malien réussi, pas misérabiliste juste réel et réaliste.
Le désespoir de la jeunesse, la fascination pour l'argent et le mode de vie occidentale, l'opportunité de l'argent facile avec le trafic de drogue.
Bien réalisé à la fois thriller et road-movie, et les acteurs (Ibrahim Koma et Inna Modja) sont formidables, très justes et incarnés.
Moi je recommande, c'est un film atypique, rare, social et important que j'irai revoir.
Thomas B.
Thomas B.

32 abonnés 32 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 avril 2017
un film intéressant a regarder qui montre la misère d'un frère et d'une soeur et comment ils vont s'en sortir chacun de leurs côté pour un avenir meilleur
Les points positifs sont qu'il montrent bien la réalité et intéressant a regarder
Le point negatif du film c'est qu'il est mou
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 janvier 2017
Le générique explique le titre qui veut dire chien en bambara et qui constitue, au cours du rite d’initiation N’tomo, le dernier stade (après ceux du lion, du léopard, de l’oiseau et de la pintade). spoiler: Le film débute en 2007 à Bamako où un jeune de 20 ans, Ladji, convoie de la cocaïne dans un camion frigorifique qui assure la liaison Bamako-Dakar (1 342 km !). Il pratique aussi ce trafic lors du transport de voyageurs de Bamako à Conakry (Guinée). Il gravit les échelons, gagne beaucoup d’argent, lui permettant d’assurer une vie confortable à sa sœur (Inna Modja) autrefois prostituée. Cela lui permet aussi de fréquenter des gens riches. Il assure même des livraisons dans le nord du Mali, notamment pour le groupe terroriste A.Q.M.I. (Al-Qaïda au Maghreb Islamique).
Les 2 personnages ont choisi des voies différentes pour s’en sortir, le frère, assez mutique, est plus orgueilleux que sa sœur, plus lucide sur sa situation et moins enclin aux concessions… Excellent film qui traite d’un sujet peu évoqué dans les médias, à savoir le financement du terrorisme par le trafic de drogue en Afrique de l’Ouest, associé à la corruption de nombreux acteurs de la société civile et militaire. .
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 18 novembre 2016
Visionné pendant le festival du film international d'Amiens, j'ai beaucoup apprécié ce film qui délivre une image forte et surtout réaliste de l'influence de trafic de drogue sur les pays d'Afrique tels que le Mali et le Sénégal pour ne citer qu'eux. Une aventure plutôt pessimiste de ce jeune homme qui va gravir les échelons pour en oublier presque son humanité alors qu'il souhaitait surtout aider sa grande sœur qui a du se prostituer pour l'élever (grande sœur dont le personnage est antipathique à souhait). Autre point appréciable le clin d'oeil du réalisateur à l'art de la marionnette qui lui est cher dans un court plan.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 septembre 2023
Daouda Coulibaly place son action au Mali où les trafics de drogue vont provoquer la faillite du gouvernement en 2012. Ladji est un jeune chauffeur de bus qui va s’improviser passeur de drogue pour s’en sortir. Accompagné de deux de ses amis, il va transporter du cannabis et de la cocaïne au Sénégal et en Nouvelle Guinée. Satisfait de leurs missions, la tête de ce crime organisé va leur confier une plus grosse mission à Tombouctou, mais le danger est important et les choses ne se passeront pas comme prévues. Wùlu est un thriller qui nous fait découvrir la culture et le contexte économique de cette partie de l’Afrique. C’est un film qui nous ouvre les yeux sur le pouvoir de la drogue sur l’avenir politique du pays. La mise en scène et la force du jeu d’Ibrahim Koma nous captive sans relâche. Malgré quelques comparaisons inutiles avec l’industrie des abattoirs, Wùlu possède une narration aboutie en alternant les rythmes entre la tension d’un film d’action et l’approfondissement d’un exposé sur une face cachée du Mali.
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