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Bertie Quincampoix
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3,5
Publiée le 9 mars 2018
Cette chronique d'une famille monoparentale faisant partie des perdants de l'Amérique et vivant à l'année dans des motels situés à quelques kilomètres de Disney Land prend d'abord et avant-tout la forme d'un portrait d'une enfance insolente, irrévérencieuse et poétique qui transforme ce petit film indépendant parfois dur en une comédie à la drôlerie irrésistible. Les jeunes acteurs, qui évoluent dans des décors à la fois désaffectés, pop et kitsch sont ici simplement géniaux. Mention spéciale aussi à l'actrice Bria Vinaite, bluffante dans son rôle de mère aimante mais profondément marginale, et à Willem Dafoe, attachant dans la peau d'un responsable d'hôtel à la gentillesse infinie
The Florida Project est une belle découverte pour moi. Le film arrive parfaitement à capter l'innocence des enfants et la beauté des moments qu'ils passent ensemble à faire toutes les bêtises possibles et inimaginables, ce qui donne un film beaucoup plus divertissant que ce à quoi je m'y attendais. Les acteurs font aussi un super boulot pour des enfants, on oublie rapidement être devant un film. Le seul gros hic pour moi est que j'ai eu le ressenti que Florida Project tournait en rond assez rapidement, et que le film est beaucoup moins passionnant quand il se concentre moins sur les enfants. Ça a beaucoup réduit mon appréciation de l'oeuvre mais ça reste une belle découverte, je recommande.
Un film sur l'Amérique enchantée des mères célibataires et leurs gamins, des petits boulots ou pas de boulots du tout, de la débrouille, de la lose...l'Amérique qui clope, se nourrit de pizza et de glace, habite dans des motels et dans des rues qui s'appellent Allée des 7 nains. Les pères sont presque tous absents et le gérant William Dafoe (excellent) les remplace tous. Beau film. Pourquoi aucun de nos producteurs et réalisateurs à "conscience sociale" hautement revendiquée est infoutu de faire ce même genre de film en France?
Essentiellement par les yeux d’une gamine, puis de plusieurs adultes empêtrés dans leurs chaines respectives, cette suite de péripéties, grave, enfantine, poignante, pathétique, ensauvagée et réaliste, dissimule derrière le vernis d’une urbanité touristique bigarrée la photographie d’une Amérique pathétique et quotidienne, exprimé sous les traits de différents portraits. Celui de la vie d’une fillette de 6 ans sans éducation ni scolarité, livrée à elle-même dans la liberté de ses jeux pendables dans les recoins d’une zone commerciale de Floride, juste à côté des parcs d’attraction, au milieu des parkings, des motels, des commerces, des décharges et des squats de zonards, avec d’autres enfants dans la même situation. Celui de sa jeune mère, marginale, tendre mais violente, aimante mais barbare, pas plus responsable que sa fille, tirant le diable par la queue et subordonnée à la précarité de son petit boulot du jour, et aux aléas d’une résidence rendue permanente dans un de ces motels. Celui du brave responsable du motel, seule figure paternelle, responsable, tolérante, aussi aimant et limité que les autres, par ses tâches logistiques, comptables, réglementaires, touristiques, de police et trop souvent de pompier social. Cette fable sociale à l’intérieur d’un village artificiel de cassos reste redoutablement soumise au risque quotidien de l’accident, de la catastrophe et du couperet potentiel d’un dramatique débarquement de la Police ou des Services Sociaux. Les tribulations continuelles, servies dans un registre très humain et domestique, masquent sous la fausse naïveté de ces enfants pauvres bien des aspects du malaise sociétal, portées par les tout aussi touchants personnages secondaires. Ce conte cruel raconte la vie d’une sorte d’asile perpétuellement temporaire de laissés-pour-compte, révélant chaque jour son lot d’embarras, de dangers, de vains épuisements et conflits, dans un univers artificiel de misère proprette à deux pas de Disneyworld, indissociable pourtant des complicités tendres et de ses joies simples.
C'est bien filmé l'image est belle et les acteurs sont bons, mais au final l'histoire n'est pas si original il y a des reportages qui traitent déjà très bien ce sujet, le film n'apporte pas grand chose mais ça se laisse regarder.
The Florida Project (ne vous fiez pas au titre). J'étais passé à côté de ce film. Vu par hasard. Super bonne surprise. Ça faisait longtemps que je ne voyais pas un film aussi "feel good" et touchant à la fois. Dans la lignée de Captain Fantastic, Little Miss Sunshine et autres Wes Anderson, films US indépendants, loin des blockbusters hollywoodiens. C'est beau, c'est frais, coloré, drôle, émouvant, les enfants sont craquants (ils ont dû faire du chemin depuis)... et Willem Dafoe toujours parfait, d'une sobriété et humanité confondantes, on en oublie que c'est la seule "star" du film, justement, il s'efface avec classe et authenticité derrière les nombreux personnages attachants de cette chronique des oubliés.
- Scénario : 7/10 simple, efficace, critique du mode et milieux de vie dans les banlieux pauvres de Floride. - Jeux d'acteurs : 9/10 on se croirait au milieux d'un documentaire télé réalité les enfants jouent de manière super naturelle ainsi que les adultes, Willem Dafoe fait plaisirs à voir. - Mise en scène : 8/10 très particulière mais agréable des scènes se suivent poétiquement on se laisse emporter... Bande Original : ... - Dans l'ensemble : 8/10 film à petit budget qui donne un certain charme a l'ensemble du film les situation semble ultra réel, immersif,si l'on possède suffisamment d'empathie. ps : Ca va on n'est juste touché après se film et non pas plomber par une histoire trop triste sur l'échelle de la dramaturgie (1 on fint choqué en pleur) 6/10.
The Florida Project nous transporte grâce à son esthétique et sa façon de nous « forcer » à nous attacher aux personnages présents ici. On ne sais pas trop où ça nous emmènes, pas de fil rouge, une construction basé uniquement sur les deux protagonistes, une mère et sa fille, qui vivent toutes les deux une adolescence avec ses hauts et ses bas, sans stabilité réel et pas conventionnelle.
Un bon drame social lent au début génial à la fin.
L'actrice qui joue la mère est talentueuse, le jeu des enfants sonnent assez vrai. Le réalisateur a décidé de tourner son film quasiment comme un documentaire ce qui renforce l'empathie qu'on peux avoir pour les personnages.
La magie a complètement opéré sur moi, les thématiques du film et ce qu’il veut dénoncer c’est du grand art, Sean Baker a délivré une réalisation plus que réussite, j’ai vraiment été subjugué. Le contraste entre l’esthétique de l’œuvre et la pauvreté est tellement homogène, Disneyworld est à deux pas, un lieu qui fait rêver toutes les générations, mais à ses abords, une fillette accompagnée de ses deux meilleurs amis et sa mère, nous montre l’Amérique des défavorisés, la condition d’être pauvre mais d’essayer de s’en sortir par les choses les plus simples, c’était incroyable. Willem Dafoe toujours aussi bon, on le présente plus, j’aime trop l’acteur, mais la révélation est clairement cette petite nommée Moonee, incarnée par Brooklyn Prince, elle est exemplaire.
Une belle réalisation complétée par un casting intéressant dont une Bria Vinaite qui joue plus vrai que nature et un Willem Dafoe dans une rôle inhabituel. Le réalisateur montre le verso de la carte postale floridienne. Cependant il se content de constater et ne propose ni une vrai réflexion, ni un scénario complet. Du coup le film finit par se répéter pour finir en queue de poisson, c'est plutôt dommage.
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4,5
Publiée le 23 octobre 2020
Le film parle d'une jeune fille espiègle nommée Moonee et de sa mère alors qu'ils luttent pour se débrouiller tout en vivant dans un motel près de Disney World. Le film présente de superbes performances de tous ses acteurs et des enfants en particulier. Ils lui donnent tous une sensation très organique ressemblant non seulement à des personnages mais à de vraies personnes. Ceci est également aidé par la façon dont le film a utilisé des acteurs très peu connus. Un problème majeur pour la plupart des gens serait probablement l'absence d'un complot central. Le film est principalement constitué de segments des différents personnages qui se déplacent pendant un été. Même si j'ai senti que cela fonctionnait dans ce cas pour aider à construire des personnages et à les développer, d'autres pourraient se sentir ennuyés par cela. Le film est magnifiquement tourné. Il affiche des couleurs vives et des paysages tout en montrant à quel point cela peut être dur en même temps. L'intrigue entière est tout vue à travers les yeux de l'enfant et comment elle crée ses propres aventures inconsciente de la réalité sombre et pauvre dans laquelle elle vit. L'un des rares films que j'ai vu jeter un éclairage réaliste sur ces problèmes. J'ai également apprécié la façon dont le film a utilisé Disney World dans son décor. Faire exploser les feux d'artifice et regarder les gens de l'extérieur du parc. Cela donnait presque l'impression d'un rêve, d'un endroit lointain où peut-être le monde se sent un peu plus lumineux. La fin était magnifique juste au moment où vous pensez savoir comment cela va se terminer cela change. Peut-être que Moonee a été emmenée ou peut-être qu'elle s'est vraiment enfuie dans un endroit plus heureux. Peut-être que nous connaissons pas la réponse et peut-être que nous ne voulons tout simplement pas y croire...
Ce film n'a à mon sens aucun intérêt. C'est filmé souvent caméra ou poing, et l'on y découvre une succession de scènes, sans lien... De plus le doublage de la version française est catastrophique.
Bonjour tout le monde, Avant la palme d' or à Cannes , au printemps dernier, Sean Baker réalise ce film , haut en couleur , au sens propre comme au sens figuré,et il nous tisse une vision juste , bienveillante des humains, sans le sou , face aux fastes de l ' argent floridien filmé à hauteur de jeunes enfants ! Une vision radicale et sociale sur les États Unis d'Amérique et particulièrement au sein de l' état de Floride. Amicalement. Gérard Michel
Vivre le réel d'une mère précoce et de sa fille, à l'inverse, mature et indépendante pour son âge. C'est le projet de Baker – ou le projet Floride, à traduire littéralement le titre. Et il faut dire qu'il parvient à écrire des personnages à la fois antipathiques et attachants.
La mise en scène ne porte pas de jugement sur les attitudes braillardes ni ne verse dans le misérabilisme. On voit dans quelle pauvreté invisible subsistent les habitants du motel de Kissimmee, à deux pas d'une des figures de proue du capitalisme : Disney World.
Baker maintient un ton mi-léger, mi-grave. Les enfants se livrent à des facéties de plus en plus gênantes. On pense d'abord que la précarité les éloigne des centres éducatifs, comme les écoles, mais on apprend par la suite que le récit se déroule pendant les vacances scolaires.
De son côté, Halley vivote à travers spoiler: des jobs frauduleux, d'abord en vendant des contrefaçons, puis en tapinant. Sa précarité se mesure au jour le jour : elle n'anticipe pas les échéances du loyer, ne sollicite d'aide financière qu'en dernière instance et se prive d'amitiés sincères en raison de son tempérament impétueux. Au prix d'une stabilité émotionnelle, elle survie à ses conditions misérables. Jusqu'à ce que sa violence ressurgisse .
En bon film critiquant la misère sociale, The Florida Project n'échappe passpoiler: au dénouement déchirant, quoique la conclusion, filmée avec une fréquence d'images différente, semble projeter une uchronie teintée d'espoir. Et si, finalement, on ne laissait pas ces deux enfants profiter du parc d'attraction immoral qui flanque leur motel ?
Placer Moonee dans un nouveau foyer est un cataplasme sur une jambe de bois : Halley croupit toujours dans la misère, à la différence qu'elle n'a plus sa fille pour la soutenir. On ne l'aide pas à se réinsérer dans la société ; on la prive de son enfant .
Chez Baker, malgré quelques lourdeurs, l'innocence côtoie l’âpreté quotidienne.