The Florida Project possède le blase d'un essai clinique un peu sinistre qui contraste avec la couleur omniprésente de son affiche ! Le film en soi aussi use du procédé, le récit se délite et laisse entrevoir les failles une à une ... Les sentiments se confondent, tout ou presque se brouille. Les acteurs sont présent et s'implique, ils bluffent ! Un long métrage intéressant, qui frappe fort et convainc à mesure.
un drame poignant, sur fond de relations entre enfants et adultes, qui nous montre une autre facette méconnue des Etats-Unis. Terrible de sensibilité jusqu'au bout.
Que pensez de ce film ? J'ai vraiment du mal à y répondre mais je vais tenter d'expliquer pourquoi en 3 points : spoiler: (1) car mon quotidien est tellement loin du leur. La scène de distribution de nourriture est flippante dans sa normalité : Hally a complètement intégré que sa bouffe lui est donné par une association. Leur vie m'est donc étrangère mais en plus (2) je ne peux me reconnaître dans ce qu'ils en font : leur quotidien entre télé et piscine, l'éducation donnée aux enfants, les bêtises, provocations et mensonges de ces derniers. Jamais le soleil joyeux et la BO entraînante ne m'auront autant paru déplacé. Jamais les rires d'enfant ne m'auront autant mis mal à l'aise. Il n'y a dans leur rêve que l'argent et la consommation : on ne voit pas un livre ni n'entend de conversation dans Florida Project. J'en ai honte mais je n'ai pu m'empêcher d'avoir un jugement sur la vie de ces kassos. Et je pense en lisant d'autres commentaires que beaucoup ont eu le même sentiment inconscient : celui qui attire les louanges c'est William Defoe, le personnage dans lequel il est le plus simple de se retrouver. L'auteur nous fait pénétrer dans l'intimité de ces vies et à son corps défendant, en dégage son humanité mais il tire aussi un constat glacial sur la condition humaine et notre société : entre pitié et mépris. (3) Car ce film en vérité est un mensonge : il prend comme sujet les laissés pour compte américains, ceux en marge de l'économie, les oubliés de la mondialisation mais refuse d'adopter un point de vue misérabiliste en adoptant le point de vue des enfants à l'optimisme inaltérable. Sauf que la réalité est cruelle et la reproduction sociale implacable : Moony est une Halley en devenir mais dont les rires innocents ignore l'avenir qui l'attend. Nous nous savons alors The Florida Project est un voyage que je ne regrette pas mais dont le coté "feel good movie" m'a fait gerber tant il exonère son spectateur de sa responsabilité comme membre actif de cette société inégalitaire. Finalement la pauvreté ce n'est pas si grave : regarde cela n'empêche pas le ciel bleu, les sourires d'enfants et la BO joyeuse. Moi en regardant les rires de ces enfants sous le soleil, j'entendais Revolutionnary Road : "I'm glad I'm not gonna be that kid".
Une nouvelle tranche de l'Amérique profonde par Sean Baker. Des enfants livrés à eux-mêmes et des adultes paumés se croisent dans ds motels aux couleurs flashy à 2 pas de chez Mickey... On pense à Striptease ou au cinéma social italien des années 60. C'est glauque mais ça transpire le réel. Dommage que le film s'étire en longueur sans avoir grand chose à raconter.
Sean Baker, souvent du côté des opprimés et des oubliés, filme le quotidien d’enfants de familles désœuvrées qui vivent dans des motels miteux à quelques pas d’un parc à rêves. La grande qualité de « Florida project » est de ne pas jouer la carte du misérabilisme et nous montre au contraire des enfants insouciants, mal élevés certes, mais heureux de jouer ensemble et de faire les 400 coups. Mais, petit à petit, le drame l’emporte à travers le personnage d’une enfant et de sa mère totalement asociale. Le film est fait de petites touches plus ou moins réussies. Visuellement, le film de Sean Baker n’apporte pas grand-chose au 7ème art. Le cinéaste se sert de la pellicule pour montrer dans une démarche sociologue un aspect peu glorieux de l’Amérique. Après une grosse première partie parfois amusante, parfois vaine et répétitive, la fin du film se révèle particulièrement émouvante. On apprécie aussi les acteurs pour la plupart inconnus et toujours justes, avec mention spéciale pour l’unique star du film, l’excellent Willem Dafoe, impeccable en gardien de motel bienveillant mais maladroit et impuissant.
Certes ce film peut être considéré comme un bon documentaire sur certaines populations américaines largement défavorisées et laissées pour compte, mais malheureusement on a du mal à trouver la moindre empathie avec les personnages qui passent leur temps tout au long du film à se disputer et à hurler. Film trop long et très difficile à supporter.
Disney World vous fait rêver et vous aimeriez bien y séjourner ? Les couleurs tapageuses sont votre fort et vous aimeriez déguster de savoureuses glaces bien sucrées au doux soleil de la Floride ? Pas de problème : Sean Baker a pensé à vous et avec son dernier film il vous conduit dans les parages du grand parc où tous les rêves sont permis. C'est en effet à Orlando, à deux pas du gigantesque complexe de loisirs, qu'il a installé ses caméras pour filmer une histoire de paumés, égarés dans le grand désert du rêve américain. Halley est une jeune femme qui élève seule sa petite fille Moonee âgée de six ans. Pas très futée la jeune femme qui du reste est en passe de rester une éternelle ado dont les seules occupations consistent à regarder la télé, à manger à toute heure de la journée des friandises, à consommer son quota de drogue quand ce n'est pas - car il faut bien vivre - à se prostituer et organiser des soirées chaudes dans la chambre de motel qu'elle partage avec Moonee. Laquelle bien sûr peut faire tout ce qui lui passe par la tête, errer en toute liberté avec deux petites canailles de son espèce, à la fois craquantes et turbulentes, en quête de nouvelles bêtises à commettre. Mais Halley ne s'en émeut guère : dans le genre irresponsable elle remporte tous les suffrages. Le tout se déroule dans un cadre coloré à outrance : d'un côté le Magic Castle Inn à dominante mauve, de l'autre The Future, un motel où un jaune pétaradant s'en donne à cœur joie. Autant de références à une esthétique pop des années soixante où le ciel bleu de Floride constitue un fond idéal pour un "American Dream" sans complexe qui ne laisse aucune place aux états d'âme. Sean Baker retrouve avec une infinie jouissance l'esprit de ces films des sixties où la satire se fait d'autant plus vive qu'il semble n'y rien paraître. Aucun misérabilisme, aucun pathétique à faire fondre en larmes (à une exception près...) : la caméra ne fait qu'enregistrer de bien belles images et les acteurs évoluent dans la plus grande décontraction. Mais derrière cette façade trompeuse et ces décors de fantaisie se lit une misère à la fois matérielle et spirituelle. Halley, malgré son insouciance apparente, connaît le terrifiant problème du logement et son existence peut basculer du jour au lendemain. Elle ne réussit à survivre que moyennant le recours à des expédients pour le moins discutables. Quant à la petite Moonee, elle n'a d'autre avenir que de ressembler à sa mère pour le meilleur et surtout pour le pire. Il reste à tout ce petit monde un atout mais de courte durée : la jeunesse. Un film par conséquent qui, sous des dehors de comédie légère, en dit long sur une certaine Amérique, ses paillettes, son atmosphère de fête foraine, ses fast-foods ouverts à toutes les heures du jour et de la nuit, procurant ainsi une illusion de bien-être dans un monde impitoyable. Reste à évoquer le casting en tête duquel figurent à égalité Bria Vinaite (Halley), la délicieuse Brooklynn Prince (Moonee) et Willem Dafoe dans un rôle qu'il vous reste à découvrir.
Bien joué, très bien filmé, de l'inventivité dans les cadrages et de belles couleurs en contrepoint de la misère tout ça à deux pas de Disneyland. Assez émouvant même si ça reste un petit film.
Le film pourrait s’appeler : voilà ce qui pourrait arriver si on est mal éduqué ‘ En milieu du film je me suis dit que le scénario n’était pas très touffu, mais le film est super dans ce qu’il montre et ce qu’il dit. Il faut le voir , ne serait-ce que pour retomber en enfance et se souvenir. Les plans et les couleurs sont vraiment magnifiques Malgré la misère. Bien vu.
Moonee a 6 ans et un sacré caractère.Lâchée en toute liberté dans un motel de la banlieue de Disney world, elle y fait les 400 coups avec sa petite bande de gamins insolents.Ses incartades ne semblent pas trop inquiéter Halley, sa très jeune mère.En situation précaire comme tous les habitants du motel, celle-ci est en effet trop concentrée sur des plans plus ou moins honnêtes pour assurer leur quotidien…
The Florida Project a un style très original qui peut rebouter au début puis on est pris par la sincérité des enfants. Il n'y a pas vraiment de scénario, c'est la vie telle qu'elle est vécue par les laissé-pour-compte. Une situation qui ne peut guère durer mais qui ne semble pas inquiéter outre mesure la mère qui vit au jour le jour.
L'effet majeur de ce film repose sur le décor. On parle d'un décor social éclatant qui vient s'exposer à la figure du spectateur. Mise à part cela, contemplation sociale mise à part, il n'y a plus grand chose d'autre à voir malheureusement.
Histoire qui peut paraître intéressante certes, mais qui est très vite lassante, on a l'impression que c'est cyclique et donc très répétitif, il ne s'y passe pas grand chose, c'est un film très ennuyeux.
Simple et original, intelligent, attachant et touchant à la fois. Vous pouvez ressentir la première demi-heure comme très longue, voire agaçante...mais progressivement vous vous attacherez aux personnages et vous ressortirez de la salle heureux-se. L'un des films de ce de début d'année. Bravo au réalisateur qui filme de manière très simple et qui parvient à insuffler une émotion si particulière.
Des gamins insolents qui vivent dans la banlieue de Disney World, voici le speech de ce drame implosif présenté à la Quinzaine des Réalisateurs. C’est en traversant l’autoroute 192, l’axe principal pour se rendre au parc d’attraction, que Chris Bergoch, le scénariste, remarqua que les motels n’hébergeaient pas des touristes mais des familles en situations précaires. Sous les cris, les conneries et les couleurs, les gamins font les quatre cents coups sans véritable autorité parentale. Ces derniers sont en effet trop occupé à s’en sortir financièrement, avec ou sans une once de bon sens. Avec Florida Project vous êtes certain de ne pas avoir le temps de respirer. Pourtant, les choses se répètent et nous donnent le sentiment, comme pour ces gosses, de tourner en rond. Une chose est sure, Sean Baker affirme son style et nous rappelle le Tangerine d’il y a deux ans. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com