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Scofield
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3,5
Publiée le 25 juillet 2025
Bon scénario, bon film globalement, même si certaines scènes ont pris un coup de vieux, avec un côté théâtral exagéré. Ce dit, c'était toujours un peu le cas dans les films de Hitchcock. L'ensemble tient la route, il n'y a pas de longueurs inutiles, bref c'est solide.
En voulant hisser la réflexion à un des thèmes qui lui tenait à cœur, ( jusqu'à quel point doit on tenir sa parole et respecter son serment ?) le catholique anglais Alfred Hitchcock perdit une partie de son public et le film ne remporta pas de succès.
Peu souvent cité parmi les titres majeurs du maître du suspens, " la loi du silence" (1953) est pourtant ( selon moi) une des grandes réussites de son auteur.
Le casting est de premier ordre et même si ce n'est pas Ann Baxter qui aurait dû interpréter le rôle, cette actrice de grand talent est ( de mon point de vue) absolument remarquable.
Ce n'est certes pas l'avis de certains critiques fameux qui, au contraire, voient en Baxter le défaut principal. La première heure est pourtant magnifique et laisse supposer qu'on va avoir affaire à un très grand film.
Il est vrai que les deus ex machina, utilisés pour sortir de façon positive de l'impasse de l'intrigue, ne sont pas formidables et plombent finalement la dernière demi-heure.
On est ici au coeur du conflit entre l'idée d'un côté et ses conséquences de l'autre pour estimer la valeur d'un acte.
Le compatriote du cinéaste, le philosophe Jérémy Bentham et la philosophie anglaise, ont popularisé le consequencialisme. On juge un acte bon ou mauvais en fonction de ses conséquences. Je serais pour ma part, dans le cas d'espèce, tenté de me ranger de leur côté.
Vraiment peu crédible : un scénario incohérent, des "méchants" avec des têtes de méchants, et réciproquement avec les bons. Une scène assez forte : l'interrogatoire de Ruth par l'inspecteur. Des scènes médiocres : le procès, le jugement, lspoiler: a tentative de lynchage, et toute la fin du film. Médiocre
Le père Logan est vraiment un type bien. D'abord, il est curé et, ensuite, le monde peut s'écrouler, il ne trahira jamais le secret de la confession, quitte à se mettre lui-même en danger. En l'occurrence, le sobre Montgomery Clift ne veut rien révéler à l'enquêteur Karl Malden -le meilleur comédien de ce film un peu surjoué- de ce qu'il a appris dans le confessionnal à propos du meurtre d'un obscur avocat. Tourné à Québec pour le côté catholique de la chose, ce sujet criminel d'Hitchcock prend un peu trop les accents du mélo. C'est un cas de figure qui repose sur le silence obstiné du prêtre, que pour ma part, je juge plus stupide que loyal. Car, par bigoterie peut-être, Hitchcock n'est pas critique et ne semble pas gêné par le dogme du curé, dont le jusqu'au-boutisme et le mutisme lui paraissent de bien belles qualités -à en juger par le dénouement- alors même qu'ils déterminent de graves dommages collatéraux. Le cinéaste fait du père Logan un héros plutôt qu'un irresponsable. Mais, bon, c'était une époque où l'homme d'Eglise figurait le Bien sans contestation. Consécutivement, la fin du film, même si Hitchcock a rarement fait dans la mesure et le réalisme dans ce domaine, est assez complaisante, grotesque et théâtrale. "La loi du silence" est un film mineur de son auteur, et on peut le voir, si besoin, dans le recours à des flashback médiocres et prosaïques. L'idée centrale du secret de la confession produit ici un film sans grand relief - ni bon suspense d'ailleurs- pas plus sur le fond que sur la forme.
Certains films possèdent certains codes culturels qui ne peuvent pas être compris par tout le monde. Cela peut expliquer que La Loi du silence, sans être un véritable échec commercial, n’ait pas rencontré le succès aux États-Unis du précédent film d’Alfred Hitchcock, L’Inconnu du Nord-Express. En effet, le film se base sur le secret de la confession qui est un principe purement catholique (le cinéaste, bien qu’étant anglais, appartenant à cette confession) et est donc une notion étrangère à la majorité des américains qui sont protestants. On peut penser que c’est la raison pour laquelle le cinéaste a choisi de situer cette adaptation de la pièce Nos Deux Consciences de l’auteur français Paul Anthelme à Québec et non dans une ville de la bannière étoilée. Toutefois, il ne faut pas être un grand connaisseur du dogme catholique pour comprendre ce long-métrage : il suffit juste de connaitre le principe du secret de la confession pour partager le dilemme du héros ! Hitchcock ne cherche pas à faire une œuvre théologique mais, comme à son habitude, à offrir une histoire de suspense renforcée par un dilemme moral et réussit cela brillamment. Le scénario est redoutable d’efficacité et de précision tout en laissant transparaître certains points personnels du cinéastespoiler: (le fait que la femme du tueur, qui est beaucoup plus morale et exemplaire que lui, se nomme Alma comme l’épouse chérie du réalisateur n’est certainement pas innocent) , la réalisation est exemplairespoiler: (il suffit de regarder la séquence du repas où Alma scrute le comportement du Père Logan pour s’en rendre compte) et est servie par la sublime photographie influencée par l’expressionnisme de Robert Burks (qui devient, suite après L’Inconnu du Nord-Express, le chef-opérateur attitré du cinéaste) et une interprétation excellente en particulier celle du trio de tête : Montgomery Clift (bien qu’il exaspérait le cinéaste car, comme Paul Newman quelques années plus tard, il suivait les méthodes de l’Actors Studio), Anne Baxter et Karl Malden. Ainsi, La Loi du silence est un très grand film qui, bien que ne faisant pas partie obligatoirement de ses plus connus est à classer, parmi les chefs-d’œuvre du Maitre du suspense !
Ce film sur un prêtre qui reçoit en confession les aveux d'un meurtrier et devient lui-même suspect n°1 a tout d'une histoire passionnante. Néanmoins, et ce malgré un meurtre dans les premières secondes du film, n'a pas réussi a me passionner. Cela aurait pu être une belle réflexion sur les secrets de la confession, mais malgré le talent de Clift, je n'ai pas été emballé plus que ça.
Le maitre a tellement produit que l'on est passé à côté d'un film comme celui-ci. Certes ce n'est pas un chef-d'œuvre, mais on ne peut y trouver aucun défaut majeur. Le cœur du suspens est bien sûr que le nom de l'assassin est très vite connu, mais révélé… en confession. A un prêtre qui a un passé, comme tout le monde. Va-t-il tenir sa parole? Baxter et Clift font le job, le scénario maintien l'incertitude jusqu'au passage au tribunal. Le rythme est un peu lent, mais la mise en scène est riche et alterne scènes de confrontations avec de gros plans pour sonder les intentions des personnages. Et pour un peu, on se croirait presque dans la ville de Québec pour de vrai! TV vo - mai 2024
Bon film malgré quelques longueurs et un suspens en suspens qui met discrètement en évidence les déchirements éprouvés par un prêtre incarné par Montgomery Clift, désireux de tenir son engagement spirituel en préservant le secret de la confession et le célibat dont il a fait vœu. Y arrivera-t-il? C'est tout le suspens du film.
Tout y était apparemment pour faire de ce Hitchcock un très bon film : basé sur le fait que les prêtres ne peuvent pas révéler les confessions, il a bien développé introspection, transfert de culpabilité et même frustration sexuelle par une magnifique photo et l'interprétation magistrale de Montgomery Cliff.spoiler: (jamais ils ne retournera avec "Hitch")
Cependant, cet « Hitchcock » est resté trop mal connu, faute à l’environnement Québécois alors qu’à quelques phrases près tout est en anglais spoiler: (et le reste est en Français et non en canadien français ?) et qu’aux USA, majoritairement protestante la « loi du silence » de la confession n’a pas lieu d’être Alors...
Hitchcock alterne vraiment des hauts et des bas dans ses films, et cette « Loi du silence » fait partie de la deuxième catégorie. Le thème du conflit moral que vit le prêtre Logan est traité de façon trop grossière, et finalement tout est « lourd » dans ce film : les répétitions sur le dilemme vécu, les comportements excessifs et injustifiés des personnages (les « cachoteries » du prêtre vis-à-vis de la police, hors celle qui tient au secret de la confession ; les agissement de Keller dans la dernière partie du film), et une musique pompeuse et envahissante. Il m’est difficile de penser que le « maître du suspense » s’investissait de la même manière dans tous ses films, tant on est loin ici de l’admirable leçon de cinéma qu’est « L’ombre d’un doute » ou de la délicieuse finesse symbolique de « Fenêtre sur cour ».
Un nouveau suspense hitchcockien, encore plus psychologique peut-être que sa moyenne ordinaire, jouant habilement sur la question des mensonges et silences qui viennent nourrir l'engrenage fatal. A cet égard, la figure de Montgomery Clift se prête magnifiquement à l'exercice, traduisant les tourments intérieurs du personnage dans la moindre de ses expressions. Les autres acteurs sont également bien employés, avec des interactions très travaillées et un équilibre global qui rend chaque scène aussi utile qu'importante pour l'histoire. Subtilement amené mais sans grands effets de mise en scène, le dénouement est redoutable d'efficacité.
Montgomery Cliff est parfait dans ce rôle de prêtre. sa grande intériorité permet de traduire les dilemmes et troubles de son personnage. Le couple maudit qu'il forme avec Anne Baxter est touchant comme toute histoire d'amour tragique. C'est un Hitchcock très émouvant et un suspense impeccablement ficelé.
Scénario plus que capillotracté, rattrapé par la mise en scène de Hitchcock et le bon jeu des acteurs (Clift, Baxter, Malden). On peut alors savourer la perversité de Hitchcock à mettre sur le grill un innocent.