La première chose que l'on remarque et qu'y marque dans "Laissez bronzer les cadavres" c'est sa mise en scène ultra-stylisée, accentué par un montage nerveux. Les deux cinéastes, Hélène Cattet et Bruno Forzani, font dans la démonstration et dans l'expérimentation tout en jouant avec les codes visuels du western et des films d'action. Poussée à l'extrême, cette orgie visuelle et sonore pourra en rebuter plus d'un et, de fait, elle en devient presque indigeste par moment. On peut placer ce délire cinématographique au croisement entre le cinéma de Tarantino et celui de Jodorowsky. Complètement déjanté et original, cette démarche purement artistique est vraiment plaisante. Dommage que l'intrigue soit un brin redondante. A voir ne serait-ce que par curiosité car des longs métrages comme cela, ça ne court pas les rues.
LAISSEZ BRONZER LES CADAVRES ! et s'endormir les spectateurs ! ! ! Mais quelle daube ! Quel ennui ! Quelle prétention aussi . . . Quelles boursouflures ! De qui se fout-on ! ? ! ? ! Hommage bidon copier-coller de S. Leone (ces plans serrés à n'en plus finir & sa Bande Son façon Morricone - de Melville (l'attaque du fourgon du Deuxième Souffle....) et évidemment de Q. Tarantino mais faut s'en doute s'y mettre à trois ou quatre afin de sortir une chose "regardable" car avec ce duo à la réalisation . . . c'est carrément la Cata ! Et que je t'urine à la face (pour faire poli) - que le raisiné gicle à tout-va sur l'écran - que ce Pov Bonvoisin déambule en tenue d'Adam et que ces contre-jours torrides nous assomment définitivement ! Fuyez vite ce gros n'importe quoi ;-p
Si ça n’avait gêné personne, je serai sorti au bout de 30 minutes. Des dialogues lourds, des scènes de mitrailles qui durent et durent et durent (au moins on est sûr que le type est mort), des gros plan sur un visage genre western mais il manque le bon, la brute et le truand, etc...
Afficher sa mise en scène peut être une chose extrêmement jouissif lorsque cela est fait avec intelligence et au service d’une histoire comme chez Martin Scorsese, Quentin Tarantino, Sam Raimi ou Sergio Leone. Mais lorsque cela est fait sans aucune subtilité et que cela écrase totalement l’histoire, cela devient rapidement insupportable. Laisser bronzer les cadavres fait partie de cette seconde catégorie. En effet, dès les premiers plans, on comprend que les cinéastes ne cherchent qu’à étaler leur réalisation. Ils montrent qu’ils sont influencés par Sergio Leone en enchainant les très gros plans mais le cinéaste italien n'utilisait cette forme d’écriture que dans certaines scènes bien précises afin de renforcer la narration alors qu’Hélène Cattet et Bruno Forzani les accumulent sans raison si ce n’est de vouloir se donner un style. Le duo de réalisateurs enchainent ainsi les effets de mise en scène sans réel sens (ces accumulations font d’ailleurs penser aux cinémas de Caro et Jeunet, d’Albert Dupontel ou de Jan Kounen mais avec moins de talent) et négligent totalement les personnages, qui sont au passage très surjoués, et l’histoire. Ainsi, le scénario utilise la majorité du temps le principe de la multiplicité des points de vue. Mais là où des réalisateurs comme Akira Kurosawa (Rashōmon), Alfred Hitchcock (Incident at a corner) ou Quentin Tarantino (Jackie Brown) utilisent cette technique narrative pour faire progresser l’histoire, cela ne sert pas ici à faire avancer en quoi que ce soit le récit. Une fois encore, cela ne sert qu’à montrer que ce sont des « artistes » ! Les seules choses qui offrent un peu de plaisir sont la photographie assez magnifique (il faut le reconnaitre) et la musique dont plusieurs morceaux font penser à Ennio Morricone… jusqu’à ce qu’on découvre dans le générique final que les cinéastes ont utilisé des morceaux du compositeur italien. Si dès les premières secondes, on a envie de sortir de la salle (ce qui, chose extrêmement rare, a été mon cas), il y a peu de chance que la suite du film fasse changer notre opinion. Le pire est que l’on ne peut pas dire que, contrairement à des films comme Le Jour et la nuit de Bernard-Henri Lévy ou Cinéman de Yann Moix, Laisser bronzer les cadavres est un film raté car il y a de fortes chances qu’ils correspondent exactement à ce que souhaitaient offrir Cattet et Forzani. On n’est donc pas face à un navet mais face à un film qui se range volontairement du côté des nanars et de la série Z, qui se veut provocante par sa violence, ses personnages sans foi ni loi (toujours inspirés par le western spaghetti) et par sa nudité gratuitespoiler: (la robe qui se déchire totalement sous l’effet des balles qui n’a pour but que montrer l’actrice entièrement nue) . Un film qu’on peut trouver rapidement insupportable de bêtise et énervant surtout quand on voit que les cinéastes sont capables d’offrir des plans magnifiques mais qui semblent surtout être de la poudre aux yeux.
Un film ovni qui intrigue du début à la fin. Vaut de s'y arrêter pour les adeptes du genre et pour ceux qui veulent découvrir un style très différent des films habituellement sortis toutes les semaines.
remarquable! cantet et forzani concrétisent les promesses entrevues dans"amer" et "l’étrange couleur des larmes de ton corps" voila leur travail enfin accessible au grand public,sans renier leur univers d'érotisme, de fétichisme on y retrouve tout ce que j'avais aimé dan "amer" les codes du giallo, un travail visuel et sonore qui vous scotche au fauteuil, une bo juste incroyable de justesse et toujours ce travail de caméra proprement incroyable. D'une richesse visuelle inouïe (le feu d’artifice) , ce film , si vous oubliez vos codes habituels, vous restera longtemps en mémoire....
Le cinéma de genre peine à se faire de la place en France et, en voyant "Laissez bronzer les cadavres", on se dit que c'est certes compréhensible mais aussi très dommage. Je m'explique, les films de ce type sont certes très imparfaits mais ont une portée visuelle et artistique tellement intéressante qu'il serait dommage de résumer le film à ses défauts. La réalisation est en constante mutation et d'une immense richesse; alternant plans larges, plans fixes, travellings, plans-séquences et usage de la steadicam. A chaque minute, le réalisateur tente quelque chose de nouveaux effets et ne se repose jamais sur ses acquis. Même sur le plan visuel, le film offre des esthétiques variées d'une très grande beauté avec un superbe travail d'éclairage et de photographie. Tout cela est accompagné d'un travail de montage vraiment impressionnant qui tente d'insuffler un rythme et même une véritable personnalité au film. L'écriture n'est pas en reste avec un parti pris astucieux et courageux de narration qui joue sur les différentes points de vue des personnages. Après voilà, à trop vouloir bien faire le film est paradoxalement trop riche ce qui crée à la longue une overdose d'effets visuels. Le film aurait parfois pu prendre d'avantage son temps pour laisser respirer son film et le spectateur par la même occasion. De plus, le format narratif est certes très sympathique mais devient répétitif vers la fin et le film s’essouffle d’ailleurs dans son dernier acte. On a donc pas affaire ici à un film parfait loin de là, mais je vous encourage tout de même à le voir car il a le mérite de tenter beaucoup de choses et il rafraîchit vraiment la production cinématographique française.
Suite à un braquage sanglant, quelque part dans le sud de la France, les braqueurs se retrouvent assiégés dans une demeure abandonnée par 2 motards des forces de l'ordre alors qu'ils ont été trahis par un des leurs.
Laissez bronzer les cadavres est un film d' Hélène Cattet et Bruno Forzani, co réalisateurs d'Amer et de l'étrange couleur des larmes de ton corps. Le film raconte le braquage et le siège de 3 braqueurs hébergés par une artiste anarchiste dans une vieille demeure ensoleillée.
Comme dans les films précédents du duo, la forme prime encore le fond.
Sur la forme, on a ici affaire à un film d'une grande originalité, aux plans superbes, pétris d'originalité d'esthétique morbide ou érotique. Au vu du film, on pense aux giallos de Dario Argento ou aux westerns spaghettis de Sergio Leone, particulièrement à la trilogie du dollar. Tout ici exsude le cinéma de genre des années 70: les couleurs chaudes, la musique composée en partie de morceaux d'Ennio Morricone, les flash-backs mystérieux et l'absence de scrupules des protagonistes. Le film alterne très (trop?) rapidement les plans, diffusant plusieurs fois la même séquence vue d'un point de vue géographique différent ou observé par un personnage différent. Cela a pour conséquence de hâcher très rapidement la narration du film, ce qui nuit à sa lisibilité.
En effet, je n'ai pas trouvé que tout était parfait dans Laissez bronzer les cadavres. La faute en incombe à cette réalisation brillante mais si particulière qui rend le scénario assez brouillon et l'intrigue confuse, notamment lors de la deuxième partie du film. De nuit, les rapports entre les protagonistes et le suivi de l'action deviennent effectivement quasiment incompréhensibles. L'intérêt de certains personnages "périphériques" (L'écrivain...) est complètement secondaire. De même, les motards de la police vêtus comme 2 motards américains alors que l'on se trouve sur les rives de la méditerranée m'ont laissé un peu songeur....
Enfin, toute dimension psychologique des personnages est volontairement évacuée du film.
Au casting, on retrouve les "patibulaires" Bernie Bonvoisin et Stéphane Ferrara, l'actrice Elina Lowensohn et Serge Barbé.
En conclusion, il s'avère que Laissez bronzer les cadavres est un "OVNI cinématographique" et un exercice de style qui présente les mêmes qualités et les mêmes défauts que les films précédents d'Hélène Cattet et Bruno Forzani.
L’action se déroule dans un village quasi-abandonné, perché au-dessus de la Méditerranée, au cœur de l’été corse. Un couple, qui héberge déjà un romancier alcoolique, a accepté de planquer trois brigands en cavale qui viennent de braquer un convoi et de dérober des lingots d’or. Mais tout se complique avec l’arrivée de l’épouse du romancier, accompagnée de son jeune fils et de sa nounou, puis avec celle de deux policiers en moto.
Il y avait bien des façons d’adapter le tout premier polar de JP Manchette, huis clos efficace qui raconte en temps réel un braquage qui tourne mal. Cattet & Forzani ne choisissent pas la plus facile. L’intrigue policière n’est pour eux qu’un prétexte à leurs expérimentations. Comme dans le livre, chaque chapitre commence par un plan noir indiquant l’horaire précis. Sauf que Cattet & Forzani s’autorisent des flashback qui déstructurent la linéarité du récit.
C’est l’image qui est la plus travaillée, reproduisant l’esthétique des western spaghettis et du giallo italien (un genre, à la frontière du X et du film d’horreur, qui eut son heure de gloire dans les années 70). "Laissez bronzer les cadavres" est une accumulation hyper stylisée de plans saisissants de beauté. Pris isolément, chacun est une merveille. Mais montés ensemble, ils ne font guère sens. Si bien qu’après une demie-heure où l’on s’extasie devant tant d’originalité formelle, on s’ennuie ferme et on perd tout intérêt à ce jeu de massacres où s’empilent métronomiquement les cadavres.
Jean Rollin semble avoir trouvé ses succésseur du XXIeme sciecle Celui qui fut souvent considéré comme le "Ed Wood Français" avait une recette redoutable Une affiche superbe ... et un film dont il était dificile d aller au bout 11 fugitifs lors de la scéance à laquelle j ai assisté dont un dès la fin de la séquence pré-générique :) Personellement je trouve que le film tiend plus de l hommage /pastiche au western spaghetti que du Giallo ; mais bon se n est pas tres important ; n est pas Tarantino qui veut . Toutefois un point positif ; la musique
Excellent. Plus accessible que les précédents films du tandem Cattet/Forzani, celui-ci est juste un des meilleurs films de l'année. Redécouvrir le plaisir d'être surpris, bousculé par un film... Redécouvrir le plaisir du cinéma, bon sang. Allez-y, vous le regretterez pas !
Virtuose, du Sergio Leone contemporain, un rythme incroyable. C'est un peu un OCNI, objet cinématographique non identifié, et cela en fait tout l'intérêt.
Zarbi. Film Grindhouse ? Giallo ? Western spaghetti ? Érotisme 70’ ? Bondage ? Mouais, un peu tout ça. Comme j’avais rien bu avant, j’ai beaucoup cherché le pourquoi, qui cherche à doubler qui, comment les effets visuels fonctionnent, et la finalité. Ben y’en n’a pas !!! Juste un pur plaisir plastiquement fantastico-onirique, à la cinématographie barge. Un OFNI à recommander à tous les coincés.
Un super film très original ! qui se détache de la réalité par des scènes troublantes. Ce n'est pas comme le cinéma français qu'on n'a l'habitude de voir, cela se rapproche plus du film typique américain, un grand coup de point en plein cœur qui bouleverse les aiguilles du temps. Un film où les couleurs et les images dominent les répliques, pour un film français nous n'avons pas du tout cette image des films comiques ou sérieux mais un film prétentieux et d'action. Le meilleur roman pour l'instant de Jean Patrick Manchette adapté en film par Hélène Cattet et Bruno Forzani. Un film qui a été donné par les droits d'auteur de Doug Headline (Tristan Jean Manchette).