Un petit film sympathique, historique, fait avec de petits moyens, mais très astucieux, car il arrive à reconstituer le moyen âge ,sujet rarement traité, avec des décors austères mais suffisants. Un effort aussi sur les costumes, sobres, sans fioritures mais probablement proche de la réalité de l’époque, certaines tentures sont réutilises plusieurs fois . Le scénario inspiré de Boccace, est un peu juste, cette jeune fille qui tombe amoureuse d’un chevalier mais cet amour n’est pas partagé : imbroglios , jalousie , vengeance, intervention du roi. Les acteurs sont bons , Melvil Poupaud en tout jeune homme. L’atmosphère est presque Bressonienne, Un ton cependant agréable pour un premier film réussi.
Film à reconstitution historique du Moyen-Age. Très beau film dont le thème est la conquête amoureuse d'une jeune femme pour un homme. (d'après un conte de Boccace) Le Moyen-Age est très bien reconstruit dans le style des miniatures des peintres de l'époque. Très belle photographie, costumes aux couleurs vives, éclairages parfaits, une diction parfois théâtrale mais qui semble adapté à l'époque. Il y a un parti-pris d'esthétisme, aussi bien dans les décors (châteaux, murs en pierres...) que dans les extérieurs. Filmé d'une façon très rigoureuse voire austère, cela n'enlève rien au charme désuet du film, malgré quelques dialogues naïfs, car il s'agit ici d'un conte, certains faits étant très peu réalistes. Belle musique également. Les acteurs sont corrects. Film qui ne plaira pas à la critique moderne, à cause de la beauté des images, de la lenteur des actions, etc...
Audacieux et parfaitement maîtrisé, ludique et subtil, stylisé et moderne, « La chambre obscure » est une petite merveille, un ovni dans le paysage cinématographique français. Cette histoire d’une femme affirmant envers et contre tout son désir est d’une ironie et d’une cruauté très contemporaine sur la question du fantasme et du couple. Entre studio et décors naturels, la mise en scène s’inspire avec brio de la miniature du 14ème siècle et le résultat tend à la fois vers l’abstraction (traitement en à-plats de la lumière, des décors, du jeu d’acteur ; incroyable travail sur les couleurs, etc) et l’incarnation (rarement la présence d’une époque n’a été rendue avec autant de force, avec une vérité que n’atteint aucune reconstitution historique classique). Ce tour de force visuel n’est pas que formel : il met en valeur les opérations de laboratoire nécessaires à l’improbable rencontre des sexes, comme à la fabrication d’un film. L’incroyable beauté plastique de « La Chambre obscure », sa puissance d’évocation et la modernité de son sujet en font un des plus grands films français de ces 20 dernières années. A quand le second film de Marie-Christine Questerbert ??
Après Dreyer, Pasolini et Rohmer, un moyen age et ses fabliaux revisité. De l'art du tableau minimaliste pour une reflexion genrée sur obstination, désir et contrainte. Charmant et bien plus que ca.