La fugue de l'adolescent orphelin dans l'Oregon et le Wyoming est bien rendue. On pressent très vite ce qui va arriver au cheval qu'il essaie de sauver de l'abattoir. L'interprète principal (Charlie Plummer) joue très bien le rôle de ce gamin perdu.
Un film parfois bouleversant, d'où l'on peut sortir très triste même si c'est une ode au courage, et même si on trouve que Andrew Haigh charge un peu la barque; on frôle le mélo, et on se dit qu'il est bien peu probable que le jeune héros ait pu vivre toutes ces tribulations sans se faire rattraper (quoique aux US certaines procédures sont caduques quand on change d'Etat).
Charley (le formidable Charlie Plummer) est un ado de quinze ans, courageux, honnête, et qui au fond, n'a qu'un souhait: avoir une famille. Sa mère l'a planté là quand il était bébé, alors il vit avec un père totalement immature, Ray, (Travis Fimmel) -il y a beaucoup d'amour entre eux d'ailleurs- qui change souvent de copine, éventuellement mariée, ce qui risque fort de mal finir un jour. Il a bien une tante Margit, qui s'est occupé tendrement de lui dans son enfance, mais le frère et la soeur se sont brouillés.... et Ray refuse de donner à son fils le numéro de téléphone de Margit.
Charley a trouvé un travail dans un hippodrome, auprès d'un entraîneur minable, Del, Steve Buscemi (moins drôle qu'en Krouchtchev....) et de sa meilleure jockey, Bonnie (Chloë Sevigny). Ce ne sont pas des courses prestigieuses; on court à l'occasion de foires de village, sur de mauvaises pistes. Ce sont des épreuves de Quarter horses, des sprints sur quelques centaines de mètres (quarter = un quart de mile) où les chevaux sont poussés à leurs extrêmes limites. Comme Del est perpétuellement fauché, il fait courir les malheureux animaux trop souvent,à coup d'excitants, et quand le cheval n'en peut plus, on le vend au Mexique. Pourquoi au Mexique? Parce qu'au Mexique on bouffe les chevaux, pardi, ce que les anglo-saxons se refusent à faire. Comme Bonnie le dit à Charley: t'attache pas, c'est pas un chien. C'est un cheval. C'est un outil de travail. Mais Charley s'est attaché à Lean on Pete, qui a cinq ans -vieux dans le métier donc, et promis au Mexique. Si je peux faire un a parte personnel, ayant un peu connu le milieu du trot, c'est tout aussi terrible. Ces futures vedettes choyées dans des écuries somptueuses, si à deux ans elles n'ont pas montré de performances, zou, c'est l'horreur de l'abattoir. Non, faut pas s'attacher dans le milieu des courses....
Quand Charley se retrouve seul, il n'a plus qu'une idée: retrouver cette tante Margit, qui sans doute se prénomme Margaret, Margaret qui? Elle s'est mariée. Tout ce qu'il sait, c'est qu'elle habite de Wyoming. Retrouver une Margaret dans le Wyoming.... Pas évident. Mais Charley part, de Portland jusqu'au Wyoming, et avec lui il emmène, pour le sauver, Lean on Pete.... Avec le van, tant qu'il y a de l'essence. Puis à pieds.Et dans cette odyssée pathétique, il va rencontrer toute l'Amérique paumée, marginale...
Le visage de Charley, à la fois perdu et résolu, vous trottera longtemps dans la tête. C'est un beau film. A voir.
Un brin classique mais terriblement émouvant, "La route sauvage" a su m’entraîner et même finalement me bouleverser. Alors que je trouvais le démarrage un peu laborieux, je suis rentré pleinement dans le film au bout d'une demi-heure pour ensuite ne plus jamais en sortir. Andrew Haigh met en scène son film avec beaucoup de délicatesse en filmant avec tendresse et compassion son personnage principal. Des scènes de poésie visuelles dans la campagne américaine se mêlent à des scènes de violence très âpre avec pour point commun toujours la même intensité qui s'en dégage. Bien que l'histoire est assez convenue dans le genre et que le découpage est trop visible, cela ne m'a pas empêché de m'investir au sein de cette intrigue et de me passionner pour le destin de cet adolescent en perte de repères. Ce dernier est d'ailleurs merveilleusement bien interprété par Charlie Plummer qui mérite amplement son prix de meilleurs espoir remis à la dernière Mostra de Venise. A partir d'un geste cinématographie simple, Andrew Haigh est parvenu à proposer un parcours initiatique des plus touchants, une petite merveille de cinéma indépendant américain à ne pas manquer.
LEAN ON PETE est un vrai bon road-movie, avec un jeune homme qui crève l'écran (un rien de Paul Dano). Un scénario qui tient plutôt bien la route - une mise en scène efficace, sans chichi et une distribution solide qui entoure Charlie Plummer. Il y a aussi l'Amérique - celle des grands espaces mais aussi des petites gens et des paumés. Un bon film même si tout n'est pas franchement joyeux et léger.
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18 103 critiques
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4,5
Publiée le 3 novembre 2020
Charlie Plummer tient l'intégralité du film et véhicule une vulnérabilité, une naïveté qui vous entraîne partout. Je n'avais vraiment aucune idée de la destination du film et j'ai été captivé pendant ces deux heures. Ce jeune homme a une qualité de star sérieuse il transmet une gamme d'émotions complexes à travers des expressions faciales et un langage corporel qui vous entraîne dans son monde intérieur et qui vous fait sympathiser avec lui. Si vous êtes sensible aux films vous aurez probablement besoin de kleenex pendant que vous le regardez. J'ai adoré le cadre le nord-ouest du Pacifique qui est la sous-classe rurale américaine. Les gens sont façonnés par leur environnement et le film est humain et sans jugement envers les personnes dont le caractère les choix et les opportunités dans la vie sont déterminés et limités par leurs circonstances. C'est un film pour tous ceux qui ont été laissés pour compte les oubliés. Il n'y a pas de musique accessoire pour moi le signe d'un superbe film. Je n'ai pas besoin d'une partition intrusive et ringarde qui arrive à des moments cruciaux pour me rappeler ce que je dois penser et ressentir. Comme je l'ai dit je ne peux pas ajouter grand-chose à ce qui a déjà été dit par d'autres. Mais j'ai vraiment apprécié ce film incroyable qui est un drame de très grande qualité...
Film américain supportable, un peu long parfois. On pourrait croire que c'est une histoire entre un adolescent et un cheval mais pas du tout, le cheval n'est que de passage dans le parcours du jeune. On compatit au malheur de l'orphelin en quête d'amour parental mais les Américains ne sont décidément pas doués lorsqu'il s'agit de faire parler les sentiments. C'est un film qui se laisse regarder mais il est plat, il n'en ressort rien. On quitte la salle comme on est venu...
Bien mais... J'ai déploré une certaine longueur et peut être un petit quelque chose dans ce film qui m'a énervé... Comme l'entêtement du personnage principal peut être... Après histoire de vie touchante...
Une Odyssée magnifique qui transpire l'amour de l'humain, et qui pourtant trouve une justesse étonnante dans la tragédie et l'aventure humaine. Un saut sans parachute dans l'Amérique profonde avec des personnages parfois rustiques, parfois méprisables mais toujours humains.
Après un très mauvais "Everybody knows" vu le même jour, "Lean on Pete" et réconcilie avec LE cinema. Rien à voir, je sais et je ne compare pas, mais la journée à été joyeusement embellie et ça rafraichit... Accroché du début à la fin, ces road movie sont vraiment la quintessence de la narration cinématographique. Et la Route Sauvage (drôle de titre en français) nous fait oublier le temps. Ambiance, cadrage, photo, et une belle histoire simple mais douloureuse, profonde et intense. La Route Sauvage nous prend et nous amène sur une petit nuage émotionnel grâce à la présence de ce jeune et incroyable acteur qu'est Charlie Plummer dans un vrai premier rôle. Pour ceux qui souhaitent sortir du tapage médiatique festivalier accros aux ciels étoilés et aux espaces du grand ouest....Superbe interprétation.
L'histoire d'un jeune garçon qui a une vie simple et ennuyeuse avec son père dans une Amérique dure et parfois sordide. Il fait la rencontre d'un entraîneur de chevaux de course et se.prend d'amitié avec un cheval qui bientôt ne.pourra plus courir . Pour le sauver et se sauver lui de cette vie , il entame une longue route pour rejoindre une tante. Celle-ci sera jalonnée de personnages , d'embûches, de déceptions et de souffrances. La résilience de cet enfant est surprenante. Les paysages sont magnifiques, la musique également. Film à voir vraiment.
Un autre cinéma qui fait réfléchir sur notre place dans la société actuelle. Un enfant abandonné qui se bat pour se faire une place et trouve de l'amour auprès d'un cheval... je ne peux pas décrire ce film, allez le voir, vous passerez un grand moment !