Phantom Thread
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Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 février 2018
La vie est un long fil tranquille

Abordant une thématique peu récurrente de sa filmographie, Paul Thomas Anderson exploite tout son style et ses influences dans un projet de synthèse surprenant. Il s’agit avant tout d’une rédemption et d’un nouveau départ pour les plus impliqués. L’acteur vedette de « There Will Be Blood » fait ses adieux à la scène, à l’image du styliste qu’il interprète et qui a marqué son temps. Le réalisateur doit également faire la part des choses, respectant ainsi la mûre décision du triple Oscarisé, Daniel Day-Lewis, et il doit préserver un style qui évolue peu dernièrement, mais que ne manque pas d’efficacité.

Nous assistons à l’éveil d’une chimère. Son élaboration est telle que le duo d’acteur-réalisateur y place une figure caractéristique de leur situation, en conflit avec le métier. L’un souhaite y laisser un fantôme derrière lui et l’autre souhaite rendre hommage à un autre. De ce fait, les deux hommes s’identifient en la personne de Reynolds Woodcock, là où on croise les valeurs de chacun. Anderson dresse alors le portrait d’un styliste des années 50, où Londres frisonne par son talent incontestable. Mais au cœur de la mêlée, il existe une histoire qui suit sa propre temporalité. Le rythme, qu’il soit lent, rapide ou bluffeur dicte notre lecture. Il y aura toujours une place pour tout dans les plans les plus significatifs, mais dans sa globalité, l’œuvre offre un bon équilibre entre l’image et le son. Le cadre, souvent bas et en mouvement, permet d’octroyer un sentiment de proximité dont on connait les ressources. La partition de Jonny Greenwood vient compléter la grâce de chacun de ces plans, très travaillés.

Alors qu’on s’aventure encore plus loin dans l’aventure, on lève le voile sur les relations qui ont au centre de toutes les discussions. L’amour connecte l’homme à son métier. Il voit en lui une distraction une échappatoire, plus encore un Art. Les coutures et les courbures font partie intégrante de la vie de Reynolds. Rongé par la perfection, son exigence aura bien des limites. S’y frotter le plongera dans une folie émotionnelle intense, c’est pourquoi son caractère impose une concentration maximale. Son univers n’est pas le plus captivant, mais c’est son interaction avec son environnement qui le rend si complexe et touchant. On peut ressentir une force herculéenne en lui, car il ne lâchera pas prise aussi facilement. Il ne s’agit pas de combativité à l’état brut, car on y trouve du contrôle et très peu de faiblesses.

L’arrivée soudaine d’Alma (Vicky Krieps) dans sa vie lui fera comprendre que son entêtement n’est pas forcément une conduite qui le libèrera de sa condition. Le couturier, avant d’être une machine à rêve, est humain. Il personnalise et respecte ses œuvres qu’il ne cède pas sous la confiance, mais sous une satisfaction personnelle. Il néglige les clients dans leur état d’esprit, il ne voit que leur silhouette, ingrédients qui stimule sa créativité et sa détermination de se surpasser. Alma vient alors à subir un retour glaçant de la part d’un homme qui ne considère que l’enveloppe, sans prêter attention à son contenu. Sa compagne résiste tant bien que mal à lui faire comprendre en quoi l’amour qu’elle éprouve mérite d’être considéré à sa juste valeur. Et comme les enjeux se multiplient très rapidement, cette volonté se prend le revers de l’indécision. Briser les habitudes et les traditions, c’est comme trancher les jambes d’une personne afin de la catégoriser dans une classe sociale isolée et abandonnée. Nous flirtons souvent avec la frontière de l’excès, qu’importe le point de vue. Les dialogues ont un poids conséquent quant à l’état d’esprit adopté. Le réalisateur s’y reconnait quelque part et cette obsession peut s’étendre à d’autres domaines bien plus pointilleux.

Malgré tout, Reynolds est aussi un mon manager, car l’aide de Cyril (Lesley Manville) est grandement apprécié. Sachant qu’elle occupe un brin d’espace entre sa vie privée et sa vie personnelle, l’atmosphère dépressif peut en surprendre plus d’un. Cependant, lorsque vient le dénouement, toute la gloire explose avec justesse. La grande leçon de cinéma gagne en robustesse au fur et à mesure que l’on avance paisiblement avec des personnages nuancés, sous les draperies qui les séparent. Sur cet exercice de qualité, « Phantom Thread » correspond bien à un film taillé sur mesure pour Day-Lewis. L’élégant éclate et le récit déchire par sa richesse, si bien exposée. Toute la prestance de l’acteur est enfin rendue à son naturel, où la passion rime avec usure et le tout tient sur un fil.
Audrey L

806 abonnés 2 857 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 février 2018
D'une élégance rare, Daniel Day-Lewis tire sa révérence sur un rôle transcendé et sublime, à tel point que l'on ne voit presque pas l'acteur au travers de ce personnage fort. Mimiques, délicatesse et explosions de fureur (il faut voir les veines sur ses tempes se gonfler !) tout respire l'authenticité, et la lice avec Gary Oldman (Les Heures Sombres) pour l'Oscar du Meilleur Acteur va être d'un suspens époustouflant... Surtout qu'il est talentueusement doublé par un Bernard Gabay très en forme ! La mise en scène de même est un écrin subtil qui entoure les acteurs par des lumières en clair-obscur, des robes délicatement composées sous nos yeux, des bruissements délicieux de tissus sous les aiguilles et doigts qui les frôlent langoureusement... Très certainement, ces passages où l'on suit les conceptions des robes sont les plus belles ; et la scène qui tire la couverture à elle est celle du dîner final (sans rien dévoiler, la tension abouti sur une décision à la fois complètement tordue et masochiste). Cependant, l'on déplore simplement de ne pas assez voir la conception des robes, au profit des histoires tragiques du couple qui passionnent moins. Quelques scènes de pure passion quant à la couture auraient été appréciables, car les drames humains sont intéressants mais malheureusement déjà vus. De même que la fin ouvertement masochiste m'a subjectivement étonnée. Dernier petit point sur lequel on tique : le personnage de Alma devient rapidement imbuvable, outre ses agissements machiavéliques, on préfère de loin le personnage de Daniel. La musique bénéficie de ces bruissements augmentés (tissus, cuisine...) qui subliment le film. Un beau drame qui aurait gagné à se concentrer davantage sur la confection des robes (les "fantômes" de la mère, que l'on voit finalement peu), où il excelle, et qui offre un rôle d'adieu sublime pour Daniel Day-Lewis, naturel et authentique de bout en bout.
traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 février 2018
Tous les films de Paul Thomas ont une classe folle. Mais ont parfois le défaut du maniérisme et de la stylisation à outrance qui font oublier l'essentiel de la trame narrative, en versant vers l'abstraction. Pas Phantom Thread, pourtant d'une élégance inouïe, un "produit" haute couture dont l'image, le son, la musique, le montage et la mise en scène répondent à une exigence qui frise la perfection. Mais PTA n'oublie pas pour autant son histoire, une passion trouble et vénéneuse, dissimulée sous le glamour des robes et des costumes hauts de gamme. Phantom Thread rappelle furieusement un film extraordinaire de Jacques Becker, Falbalas, portrait d'un couturier dévoré par son métier et séducteur patenté, jusqu'à ce qu'une femme différente vienne bouleverser sa vie. Il s'agit bien d'amour dans le film de PTA, toxique et a priori déséquilibré entre un génie admiré et une petite serveuse d'origine étrangère. Sauf que les rapports de force changent la donne quand la machine à en découdre se met en marche. Phantom Thread joue sur des registres subtils, avec des regards, des silences, des humiliations. C'est dans la progression de la relation entre ses deux personnages principaux (arbitrée par un troisième) que le film acquiert sa puissance de feu, souterraine, romantique et empoisonnée. Que dire encore de Daniel Day Lewis, à la veille de sa retraite (vraiment ?). Qu'il n'y a pas meilleur hommage à son talent que de lui avoir offert une partenaire de jeu qui se hisse à son niveau. L'actrice luxembourgeoise Vicky Krieps, déjà excellente dans Le jeune Karl Marx, est ici époustouflante.
Elisabeth G.
Elisabeth G.

214 abonnés 1 199 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 février 2018
Un film élégant, étrange et vénéneux auquel il ne manque que l'émotion pour être un véritable chef d'œuvre. De réelles chances aux oscars.
Une critique plus détaillée et d'autres sur le-blog-d-elisabeth-g.blogspot.fr
shindu77
shindu77

116 abonnés 1 684 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 février 2019
C’est un bon film dans l’absolu. Le jeu des différents acteurs principaux et de qualité constante. Le film est aussi porté par une histoire intéressante. Seul bémol pour lui donner une meilleure note, la mise en scène, qui si elle est de qualité, rencontre néanmoins des soucis de rythme qui rend le film un peu bancal par moment.
dominique P.

904 abonnés 2 027 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 février 2018
Je ne suis pas spécialement fan de ce réalisateur mais le pitch de cette histoire m'a intéressée quand j'ai vu la bande annonce.
Alors j'ai beaucoup aimé ce film très beau, très soigné et très chic.
Les sentiments, les caractères et les comportements humains des protagonistes, notamment des deux personnages principaux, sont bien analysés et retranscrits.
Toutefois, j'ai trouvé la fin spoiler: heureuse mais trop irréaliste, tordue et déroutante.
joelle g
joelle g

102 abonnés 945 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 février 2018
Un film à l’ambiance bien particulière....hors du commun....si bien qu’à la fin de la séance personne ne se levait,comme scotché dans son fauteuil.
Le monde de la grande couture dans le Londres des années 50......Daniel Day Lewis...rigoriste à souhait, beau , raide , ...amoureux....
Et sa jeune femme prête à tout pour se garder son créateur de mari...
Une belle histoire d’amour quoiqu’il en soit....
scrabble
scrabble

36 abonnés 467 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 15 février 2018
c'est dune platitude a mourrir. c'est long !!! et sans aucun intérêt. la seule vraie scène qui retient le suspens elle dure 1 à 2 mn et où il s'est qu'elle l'empoisonne pour le garder. c'est bien joué mais pas au point de décrocher un oscar.
selenie

7 446 abonnés 6 656 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 février 2018
On adore Daniel Day Lewis, une fois de plus monstrueux de génie et d'abnégation. Sa jeune partenaire n'est pas en reste, digne et fière elle est belle et bien présente face à son pygmalion transi prisonnier des convenances mais surtout d'une maniaquerie de vieux célibataires associés à l'amour sans concession à son art. C'est sans compter avec sa nouvelle muse, aussi transie que vénéneuse, une mante qu'on ne voit pas venir pour une histoire d'amour unique et troublante. Un grand film lancinant digne d'un thriller psychologique.
Site : Selenie
nicolas t.
nicolas t.

61 abonnés 239 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 février 2018
Superbe portrait d'un créateur démiurge. Surement un auto portrait du réalisateur. Touchant et fascinant.
Mise en scène élégante et inventive, très loin de l'académisme des films d'époque hollywoodiens.
Daniel Day Lewis est encore une fois génial. Pourvu que ce ne soit pas dernier film !!
FaRem

10 571 abonnés 11 464 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 février 2018
Une histoire d'amour qui ne respire pas la passion entre ces deux personnes qui finalement se sont bien trouvées puisqu'ils ne semblent jamais aussi heureux que lorsque l'histoire prend cette tournure étonnante. Les deux personnages ne sont pas les plus attachants du monde seulement leur évolution est très intéressante. Il y a tout d'abord Reynolds Woodcock, cet artiste très doué, qui malgré sa discrétion en impose naturellement grâce à son charisme puis il y a sa belle et sa muse, Alma qui est très effacée, mais qui peu à peu va devenir indispensable. On peut presque regretter que les deux ne soient pas au "top" au même moment pour rendre plus intéressants ce rapport de force et cette relation. Vicky Krieps qui se révèle au fil des minutes est superbe et parvient à tenir tête à Daniel Day-Lewis qui est impeccable. Il ne faut pas non plus oublier Lesley Manville qui malgré un second rôle très discret est convaincante. J'ai pris plus de plaisir devant ce film que devant "Inherent Vice" qui ne m'avait fait aucun effet. Ce "Phantom Thread" est un film élégant, très bien mis en scène et parfaitement interprété. L'immersion dans cet univers et dans les années 50 est totale. L'histoire ne m'a pas totalement transporté, car il y a quelques longueurs et j'attendais peut-être quelque chose de moins subtil, simple goût personnel, mais j'ai passé un bon moment.
PaulGe G
PaulGe G

124 abonnés 607 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 février 2018
la classe a tout instant. la classe des comédiens stupéfiants, la classe de la mise en scène droite et inflexible, la classe du montage sans faille . l'amours difficiles d'un homme rigide et souvent glacial, et d'une femme presque soumise, mais volontaire et sur d'elle. le scénario est brillant et délicieusement pervers. un film comme on aimerait en voir tant.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 15 février 2018
L’affrontement de deux personnages dans une relation amoureuse peu banale est finement disséqué mais un déferlement de beauté et de raffinement de l’image et du son étouffe le propos.
Flore D.
Flore D.

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 février 2018
Un film d’une construction très fine , délicate mais lourd de signification comme cette maison de couture...
bravo ! On a du mal à sortir de la salle de cinéma tellement on est transporté .
dejihem
dejihem

155 abonnés 709 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 15 février 2018
À part l’exceptionnelle qualité de l’image du film due à un tournage sur un support argentique, les qualités intrinsèques de ce film sont très moyennes. L’histoire ressemble plus à une adaptation d’une œuvre de Jane Austin ; il fait passer les films d’époque pour des parangons de modernité. Le monde de la mode étant dominé par des hommes qui font des robes pour les femmes, j’attendais de ce film autre chose. Et, au vu de la durée du film, son contenu est bien faible.
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