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Christoo H
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4,5
Publiée le 2 juillet 2018
Énorme ! Autant la très grande majorité des comédies fabriquées dans notre beau pays sont indigentes au possible, autant les drames peuvent parfois apporter de sacrées belle surprises. C'est le cas ici avec ce film fort et dur porté par d'excellents comédiens (Lea Drucker incroyable de justesse, l'immense Ménochet littéralement habité par son personnage). Un grand bravo à Xavier Legrand pour ce film très réussi.
"Jusqu'à la Garde" n'est peut-être pas un grand film. Mais il est incontestablement l'une des fortes révélations françaises de cette année. Ce premier long-métrage de Xavier Legrand aurait de prime abord l'air d'un essai tout à fait banal, dissertant sur une garde d'enfant comme on peut en voir des tonnes au cinéma. Cependant, le cinéaste parvient à calibrer son sujet et lui conférer une précision rarement vue, d'autant plus qu'elle est réalisée dans une réelle économie de moyens. Jouant admirablement sur plusieurs tableaux, il balade sans problème son spectateur, lorgnant du côté du thriller, voir de l'horrifique. Tout semble en effet être placé sous l'égide d'un mot : justesse. À commencer par les acteurs, tous sensationnels avec en tête Denis Ménochet. Celui-ci incarne un père bourru à vous glacer le sang. Mais c'est aussi la justesse des situations qui prime, implacable jusqu'au flamboyant final. Entre les frères Dardenne et "Shining", un cinéaste à suivre.
Très bon film. glaçant, et très bien interprété par tous les protagonistes. Pendant tout le film, j'ai été mal car la caméra reste très long sur les visages et sur les personnages !
Une histoire difficile mais un très beau film dont la force narrative va crescendo dans la peur et la violence jusqu'à son dénouement époustouflant de réalisme. Des acteurs incroyables notamment le petit garçon au coeur du conflit parental. Qui a vécu cette situation plus ou moins intense se reconnaitra quelque part...
Film bouleversant. Un drame familial superbement interprété par 3 acteurs : Léa Drucker, Denis Ménochet et le petit Thomas Gioria qui joue le rôle de leur fils. Avec une réelle justesse, tous les trois, ils nous transportent dans leur univers fait de lenteurs, d'apparences trompeuses, de peurs, d'angoisses, de violence sous-jacente...Une prison familiale décrite avec simplicité et authenticité. C'est tristement efficace. Ce film remue, fait résonner à l'écran des faits réels qui arrivent chaque jour malheureusement. C'est poignant, je n'étais pas préparée à un tel impact, j'en suis encore bluffée !!
le film est très bien fait et très bien réalisé. par contre c'est loin d'être un plaidoyer pour la paternité, je dirais même tout le contraire. à l'heure en france ou un père sur deux après le divorce ne voit plus ses enfants, je pense sincèrement que ce genre de scénario devrait être à bannir. C'est un fait divers qui représente 0.00005 % des divorces en france si au moins à la fin du film il y aurait eu un quelconque suspense mais la rien de rien. c'est un film surtout qui dédouane nos services de l'état sur une situation que tout le monde connait.
Dégraissé de toute facilité comme de tout pathos inhérent à ce genre de sujet, le réalisateur signe un film coup de poing en forme de quasi documentaire, sans musique parasite, plaçant le spectateur dans la position inconfortable de voyeur. La désintégration d'une famille, la bataille pour la grade de l'enfant, la violence sourde et anxiogène, le traumatisme vécu par chacun, rien n'est épargné au spectateur et tout cela sans violence ostentatoire ni volonté de sensationnalisme du réalisateur. Et c'est un véritable tour de force qui fait toute l'intelligence du scénario. Un excellent film.
Très déçue par l'ensemble. Je m'attendais à un film qui révolutionnerait un peu le genre de la manière dont il fut, surtout, lancé. En fin de compte, il ne renouvelle rien du tout, il est très manichéen en plus, ce qui m'a profondément gênée. Le jeu des comédiens reste honorable, d'où mes deux étoiles.
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4,0
Publiée le 28 juin 2018
Xavier Legrand adapte plus ou moins son court-métrage "Avant que de tout perdre" qui avait été nominé aux Oscars et avait remporté un César en 2013. Avec le court-métrage, on savait immédiatement ce que l'on regardait avec une histoire anxiogène alors que le film prend logiquement plus son temps pour développer son histoire. On sait que l'on a affaire à un divorce difficile, mais on ne sait pas si les apparences sont trompeuses avec le père qui est réellement ce qu'il parait être ou s'il s'agit d'une grosse manipulation de la mère. C'est ce qui est intéressant et rend l'histoire encore plus intrigante et réaliste. "Jusqu'à la garde" est un film très puissant qui traite un sujet fort sans jamais réellement l'aborder. Un drame fait d'instants de vie et de dialogues tout simples, mais qui sont souvent percutants surtout lorsque la vérité éclate et que tout prend son sens. Léa Drucker et Denis Ménochet qui étaient déjà là il y a 4 ans sont très convaincants surtout ce dernier qui est excellent au même titre que le petit Thomas Goria. Il n'y a que les scènes sur la fille qui a un rôle insignifiant, qui pour moi n'ont aucun intérêt et n'amènent rien à l'histoire. À part ça, c'est un très bon film sobre et subtil qui monte doucement en puissance jusqu'à un excellent final.
c'est chaud , oui , ça va remuer dans les chaumieres ! tres bon fiilm qui va faire un malheur à la télé ,le dimanche soir .Mais c'est vraiment moyen ... Que de lieux communs , d'idees laissées en plan sur un scenario bati sur un phenomene actuel .( en particulier la scene du test de grossesse , intelligent , mais qui ne donne aucune suite ) Une belle fin piquée à Shining pour cloturer sur un gros frisson . Le Pére a dès le départ la téte parfaite du gros coupable .....et tous sont d'une tristesse lamentable ( y compris la juge qui manque , tout comme le fils , d'expression même s'ils misent sur le naturel ) pendant ce film finalement court si l'on ote les balades en camionette , les plans au noir répétés , les promenades dans les couloirs . A l'exception de la Tante et des grands parents reciproques , tous surjouent souvent . L'impression finale du choix d'interet d'un sujet d'actualité , sans doute pour aider le financement ! Et les violences faites aux hommes ? par experience personnelle , j'aurais peut etre mieux aimé un casting avec ...Lucchini malmené par Mathilde Seigner ! eh eh ! :
Une juge lisant froidement la déclaration d'un jeune enfant qui réclame le droit de vivre avec sa mère pour échapper à son père, divers documents suggérant des violences et des menaces impossibles à établir, des avocats débitant leurs arguments péremptoires vis-à-vis du camp adverse et, au milieu de ça, deux silhouettes silencieuses, le père et la mère, que la magistrate observe au milieu des questions d'usage pour chercher à déceler à travers un geste ou un regard quelque chose qui lui permettrait d'ôter tout doute sur le poids de sa décision à venir. Mais ce regard distancié de l'institution judiciaire sur lequel le premier film de Xavier Legrand s'ouvre est de toute manière faussé par avance, il lui manque une donnée majeure qui ne peut rendre qu'irrationnelle toute tentative de jugement définitif sur la situation. Lorsque la caméra quitte l'ambiance froide de ce bureau à la fin d'une audience qui n'a su aucunement levé l'ambiguïté de notre perception des deux parents (démontrant par là même l'absurdité d'un futur verdict), c'est pour mieux nous dévoiler les autres nombreux cas que l'on imagine similaires en attente d'un jugement dans les couloirs du palais de justice. La masse des procédures de garde d'enfant(s) tend sans doute à les rendre désormais uniformes aux yeux de ceux qui les prononcent mais le film de Xavier Legrand va nous rappeler que l'intimité d'un couple séparé sur la durée, d'une famille brisée où tous les signaux de détresse sont à leur plus haut niveau sans que personne ne s'y attarde, est cette donnée cruciale à laquelle la justice n'aura jamais accès pour avoir ce regard véritablement humain, équitable et simplement juste dans ses décisions qui devrait être motivée à la vue de chaque situation particulière...
Nul besoin de recourir à des flashbacks pour nous retranscrire le passé de ce qui fut une famille rongée par la violence, il est là, bel et bien omniprésent en permanence telle une chappe de plomb qui dicte aujourd'hui la conduite de chacun des deux anciens époux. On le devine sans cesse dans ces quelques semaines sur lesquelles s'étale "Jusqu'à la Garde" peu après la décision de la magistrate. Tout en saisissant le présent, Xavier Legrand le traduit comme une ombre derrière les regards et les dialogues de personnages qui ont conscience de vivre une situation dramatique sans savoir comment sans sortir hormis la fuite perpétuelle. Certes, le film lève assez rapidement le voile sur la direction d'où vient le danger mais il montre aussi que toute tentative de le guérir était vouée à l'échec par avance. L'engrenage de peur et de violence l'a tellement emporté sur absolument tous les autres sentiments ayant pu unir cette famille à un moment ou à un autre de leur existence qu'il ne peut y avoir qu'un chemin tragique à sens unique vers l'explosion comme issue. Sous tension permanente, "Jusqu'à la Garde" nous ballotte tel le petit (et exceptionnel) Thomas Gioria dans cette guerre psychologique entre les deux parents pour ne jamais nous laisser indemne devant la montée en puissance des événements. Allant toujours à l'essentiel sans jamais sacrifier aucune des ramifications que lui offre ce formidable récit (le film est d'une densité incroyable tout en ne durant que 1h30), la maîtrise formelle impressionnante dont fait preuve Xavier Legrand (on le répète, ce n'est qu'un premier film, punaise !) est remarquablement secondée par l'intensité de ses deux comédiens principaux, Léa Drucker et Denis Ménochet, engagés dans un bras de fer parfait.
On taira évidemment la teneur de la dernière partie mais, à ce moment, l'explosion tant redoutée nous assène un tel uppercut qu'on en ressort sur les rotules, complètement hagard d'avoir enfin terminé cette virée dans cet ascenseur émotionnel qui n'a jamais cessé de gravir les étages de la tension dramatique. Et puis, finalement, à notre plus grand désarroi, le film nous fait réaliser une chose qui nous met au même niveau pitoyable que le regard aveugle de la justice des débuts : à force de croiser un déferlement sans fin d'histoires de ce genre au détour de tous les canaux d'information possibles, nous aussi, nous en venons à les traiter avec la même indifférence devant la neutralité et l'uniformité de leur retranscription, sans imaginer un seul instant tous les destins brisés qu'elles ont pu entraîner, voire gangrener pendant des années, dans leur sillage. "Jusqu'à la Garde" nous rappelle sans concession cet état de fait et nous met face à nos propres contradictions en nous permettant de retrouver ce regard devant une oeuvre fictive que l'on avait peut-être laissé de côté dans la réalité. "C'est fini !" répétera sans cesse un personnage dans les ultimes instants. Pour lui, oui, même si les séquelles seront dures à surmonter mais, pour beaucoup d'autres, ce ne sera jamais fini, ça recommencera et "Jusqu'à la Garde" refera inévitablement surface dans nos mémoires devant la triste réalité d'une situation similaire ainsi rapportée. Longtemps que le cinéma français n'avait pas enfanté un film susceptible d'autant secoué... Un chef-d'oeuvre ? Pas loin en tout cas.
Dans ce fil, "l'enfant n'est pas pris en otage entre sa mère et son père", c'est une phrase bateau que dire cela. Il est clairement loin du Mal et il a l'intelligence de ne pas se faire [re]piéger dans le chantage affectif.
Excellent film. Bon choix d'acteur, de storyline, bon jeu d'acteur aussi. Réaliste, bien que la plupart des hommes violents sont capables d'une plus grande sournoiserie et manipulation.
Film insupportable de parti pris. Un homme rejeté, jeté, méprisé par son épouse dont il a divorcé contre son gré, la famille de celle-ci, ses enfants qui lui parlent avec insolence, se retrouve seul, malheureux comme une bête et poussé par cette attitude à la violence d'un soir car cherchant désespérémment à communiquer avec cette femme qu'il aime. L'histoire fait passer ce pauvre type pour une brute et la femme pour une pauvre victime ce qu'on comprend assez mal car on se demande pourquoi tant de mépris, systématique, parfaitement agaçant, le contraire c'est à dire un dialogue et du respect aurait évité la violence qui en découle mais il fallait à tout pris en arriver à victimiser cette femme. Sans doute dans l'air du temps de la Violence faite aux femme mais là, c'est tellement mal foutu, sans explication, brut de décoffrage, sans nuance et insupportable. Et j'allais oublier, les plans fixes qui n'en finissent plus, je pense en particulier à une scène ou l'on voit des pieds sous la porte des toilettes d'un lycée, plan durant au moins 5 minutes. J'ai détesté ce film moi qui adore Léa Drucker, je suis trés déçue par ce choix d'actrice.