Bon, je vous présente le principe de ce genre de film:
On vous présente des personnages d'une effrayante bêtise, que n'importe qui dans la vraie vie fuirait en courant sous peine de devenir fou, mais qui en fait sont trop trop sympas - limite admirables - parce qu'ils sont gentils et ont du cœur.
Procédé particulièrement hypocrite, car on vous invite à rire de leur bêtise. Et pas de rire avec eux, mais à leurs dépens. Parce qu'ils sont vraiment bêtes !
Mais ils sont gentils alors...
Comme si être "gentil" pardonnait tout et permettait d'être utile dans la vie.
Quelqu'un de profondément bête peut-être tout aussi nuisible que quelqu'un de méchant, voire bien plus car il est imprévisible, incontrôlable.
« Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît. », disait si bien Michel Audiard.
Sauf que Michel Audiard savait mieux écrire ce type de personnages.
Avec Les Tuches, on a le droit à du bas de gamme, du très bas de gamme en terme d'écriture, et ça aide pas à les respecter, encore moins à les apprécier.
Avec ce genre de film, on nivelle tellement vers le bas, que paradoxalement on atteint des sommets.
Mais des sommets pénibles à gravir pour le spectateur un tant soit peu exigeant, ou tout simplement intelligent.
Moi j'adore l'humour bête ou absurde. Mais contrairement à ce qu'on pourrait penser, l'humour bête ou absurde demande du talent et de l'intelligence pour être écrit et être efficace.
C'est vraiment pas le cas avec Les Tuches 3, et les personnages, même si on veut vous faire croire que ce serait méchant de s'en moquer - alors que tout est fait pour qu'on le fasse -, ils sont trop bêtes et c'est tout. Et d'une bêtise beauf, sans imagination, ras-du-sol qui finit par n'inspirer que le mépris.
Et les dialogues sont tellement, tellement navrants. C'est incroyable de penser qu'on puisse filmer ça. Et inquiétant que ça ait du succès...
Et s'il était vraiment méchant de mépriser de tels individus - à supposer qu'à ce point ça existe -, il est encore plus méchant de nous les présenter ainsi pour qu'on soit en mesure de le faire. Car scénariste et réalisateur pourront dire ce qu'ils veulent pour vendre leur fausse bienveillance envers les simples d'esprits "qui ont forcément mieux compris les valeurs humaines essentielles que l'individu lambda perdu dans une société superficielle", on les présente plus comme des "braves bêtes" que de vrais individus dignes de respect.
A partir de là, en plus d'être nul, le film fait l'inverse de ce qu'il veut faire croire qu'il fait...