Le film, qui est la première partie d’un diptyque (au budget de 300 millions $ !), est le préquel (antépisode des Québécois) du roman « Le magicien d’Oz » (1900) de Lyman Frank Baum (1856-1919) dont l’adaptation cinématographique la plus connue (1939) est celle de Victor Flemming (1889-1949), avec dans les rôles de Dorothy, la méchante sorcière de l’Ouest et Glinda, la bonne fée du Nord, Judy Garland (17 ans à l’époque), Margaret Hamilton (37 ans) et Billie Burke (55 ans). En revanche, le film est l’adaptation de la comédie musicale éponyme (littéralement, la méchante) lancée à Broadway en 2003, du compositeur Stephen SCHWARTZ (55 ans à l’époque) et de Winnie HOLZMAN (livret), comédie elle-même adaptée du roman « La véritable histoire de la méchante sorcière de l’Ouest » (1995) de Gregory MAGUIRE (premier roman d’une tétralogie, « The wicked years », écrit à 41 ans). Malheureusement, Jon Chu n’a pas le sens de l’ellipse et de la concision, avec un film interminable de 2h40 où seules les 40 dernières minutes sont intéressantes. L’histoire, qui se déroule principalement dans l’université Shiz et qui lorgne du côté de l’école de sorcellerie Poudlard dans l’univers d’Harry Potter, est consternant de mièvrerie, dégouline de guimauve et s’adresse plus à des enfants d’école primaire (accentué, probablement, par la version française). N’oublions pas qu’il y a peu, de la bienveillance à la condescendance. Le thème de la différence et du rejet n’est pas nouveau [cf. « Le garçon aux cheveux verts » (1948) de Joseph Losey (1909-1984)]. Outre le manque d’originalité, les 2 personnages, Elphaba (Cynthia ERIVO, 37 ans) (prénom donné en hommage à l’auteur du roman d’origine, El pour L, fa pour Franck et ba pour Baum), à la peau verte, et Galinda/Glinda (Ariana GRANDE, 31 ans), sont horripilants, la première, boudeuse, sur la défensive, et la seconde, minaudant en faisant tournoyer ses blonds cheveux et roulant des yeux. Deux choses sauvent le film : les chorégraphies (comédie musicale oblige, même si les musiques sont oubliables), notamment celle dans la bibliothèque de l’université où des étudiants dansent sur des bibliothèques circulaires en mouvement [rappelant le vaisseau en anneau de « 2001, l’odyssée de l’espace » (1968) de Stanley Kubrick] et la fin, quittant la niaiserie pour un discours plus politique :
on découvre que le magicien d’Oz (Jeff GOLDBLUM, 72 ans) n’a pas de pouvoir, comptant sur celui d’Elphaba (qui refuse d’être complice) et avouant que « la meilleure façon de rassembler les gens est de leur offrir un parfait ennemi » (air connu !), d’où l’anathème frappant Elphaba, devenant la méchante sorcière.