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Paquito Perez
43 abonnés
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4,0
Publiée le 17 février 2017
Le mérite de ce beau documentaire, c'est d'être vrai, notamment en soulignant le fossé abyssal qui sépare les habitants (qui bloquent les routes pour protester contre l'augmentation du prix du gaz) et les touristes (bloqués sur place malgré eux). Car, derrière les paysages sublimes, il existe bien deux Patagonies : celle de ceux qui y vivent durement (chauffeur de poids lourds ou orpailleurs) et celle qui se consomme à travers le tourisme et les zones franches (les supermarchés free taxes). Entre les deux, le fossé profond du profit, ce même profit qui fit de la colonisation de la Terre de Feu un génocide d'indiens... Un film lucide et profondément humaniste, qui vous fera peut-être comprendre que le tourisme n'est que la version mercantilisée du vrai voyage.
"La Zone franche" est une vaste étendue de commerces et autres boutiques spécialisées dans la vente et le rachat d’or, dans la région de Magallanes (Magellan) au Chili, près de la ville de Punta Arenas. Cette région est devenue, au fil des décennies, l’archétype de la société marchande, après que cette terre sauvage ait été chassée de tous ses autochtones. La région en porte encore les stigmates (elle fut une prison à ciel ouvert et le théâtre d’un génocide) et la colère, bien qu’enfouie, continue toujours de gronder.
Pour prendre le pouls de ce qui se trame dans la pointe sud de la Patagonie, le réalisateur dresse le portrait de 3 protagonistes (Gaspar, un chercheur d’or et dessinateur à ses heures perdues, Lalo, un chauffeur routier syndicaliste et Patricia, vigile dans le centre commercial et mère de famille). Curieux (et heureux) hasard du calendrier, en plein tournage, le réalisateur s’est retrouvé confronté à la grève générale (de 2011) qui paralysa le pays tout entier (tout était bloqué, plus aucun moyen de transport, des centaines de touristes bloqués et contraints de poursuivre leur route à pied ou d’attendre des jours et des jours avant que la situation se débloque et qu’ils puissent quitter le pays).
Zona Franca (2017) lève le voile sur la dure réalité qui règne dans l’extrême sud du continent Américain. Des touristes d’un côté, qui viennent découvrir les merveilles dont recèle la Patagonie et de l’autre, ses citoyens à bout, face à un gouvernement qui semble ne pas avoir appris de ses erreurs passées.
Immersion en Terre de feu chilienne là où se situe "le bout du monde". Un passionnant documentaire qui oppose l'implantation de la mondialisation et ses enjeux touristiques aux préoccupations de subsistance des habitants locaux déjà marqués par un douloureux pan d'histoire coloniale ...
Le bout du monde, la Patagonie, côté chilien. Une route, des glaciers, des montagnes, des barbelés, un climat terrifiant de froid en hiver, un chercheur d’or, le détroit de Magellan, des paquebots de croisière, et Punta Arenas, une ville agonisante avec son centre commercial pour touristes : Zona Franca. Voici qu’on annonce une hausse substantielle du prix du gaz : les habitants ne l’entendent pas de cette oreille et bloquent la route. L’immobilité des touristes renvoie à l’histoire du pays, à la colonisation sauvage (mais la colonisation peut-elle ne pas être sauvage et meurtrière ?), à l’extermination des populations indiennes, bref à la violence sociale. Très beau documentaire où les personnages en lutte pour leur survie sont englués dans des paysages magnifiques autant que menaçants, Une bonne surprise !
On n'oubliera pas Gaspar, le chercheur d'or solitaire qui n'a jamais connu l'amour, ni Edgardo le routier qui a dû à son grand regret vendre le bateau de son père et se reconvertir.
L’extrême sud du Chili, en Patagonie, est une terre ingrate dont les colons ont jadis chassé les habitants pour y exploiter l’or blanc, le mouton, sa viande, son cuir, sa laine.
Le documentariste français Georgi Lazarevski y a planté sa caméra. Loin de tout exotisme, il filme un ancien chercheur d’or, une vigile de supermarché et un syndicaliste. Si Zona Franca est le nom d’un immense centre commercial que fréquentent les touristes venus visiter le détroit de Magellan, il ne le filme guère – faute sans doute d’avoir obtenu de ses propriétaires l’autorisation d’y laisser entrer sa caméra.
Son passage en Patagonie a coïncidé avec l’éclatement d’une grève générale provoquée par la hausse du prix du gaz. Cette coïncidence dessert son projet plus qu’elle ne l’enrichit. Car, en consacrant à cette grève, dont on comprend mal les causes et les enjeux, toute la moitié de son documentaire, Georgi Lazarevski en déséquilibre l’architecture.
A voir sans hésitation !! c'est un film extraordinaire, émouvant qui nous fait prendre conscience des difficultés de cette région pourtant si belle. Les images sont magnifiques. Du grand cinéma !!