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Un visiteur
3,5
Publiée le 2 janvier 2018
John Carrol Lynch, dont c'est le premier film ici, porte un nom qui ne parlera, sans doute, qu'aux cinéphiles les plus avertis et pourtant il doit bien faire parti des visages les plus connus des seconds couteaux américains. Que ce soit dans le "Fargo" des frères Coen, le "Zodiac" de Fincher ou encore le "Shutter Island" de Scorsese, Lynch porte sa bonhomie à travers nombre de classiques outre-Atlantique. Mais cette fois, c'est derrière la caméra que l'homme se distingue dans ce très joli portrait d'un vétéran au crépuscule de sa vie. Et pour une première, c'est plutôt réussi. Qui plus est que le personnage central de cette histoire est incarné par un autre second couteau très apprécié des cinéphiles. Harry Dean Stanton ("Alien, le huitième passager", "Paris, Texas", "Christine", ...) incarne Lucky, un nonagénaire toujours fringuant malgré les années et les paquets de cigarettes quotidiens. Il mène tranquillement sa barque en solitaire dans une petite ville perdue au milieu du désert jusqu'à ce qu'un malaise sans raison apparente vienne perturber sa quiétude. "Lucky" est l'un de ces films magnifiques qui souffrent d'ambitions trop modestes, que ce soit dans sa durée ou ses seconds rôles, mais qui parvient tout de même à nous faire passer un excellent moment en compagnie d'un personnage haut-en-couleur. A travers ses diverses rencontres et interactions avec les habitants et autres gens de passage, le film de Lynch est une très belle réflexion sur les années qui passent et le sens du mot futur lorsque l'on a parcouru la quasi-totalité du chemin. Subtil, nostalgique et doux, l'histoire de Lucky est un pied-de-nez aux plus pessimistes tant le personnage, malgré un corps marqué par la vieillesse et les âges, se révèle être un indestructible philosophe soucieux de voir le bon côté de chaque chose. Véritable voyage initiatique vers les dernières années de l'existence humaine, "Lucky" marque, espérons-le, un début de carrière prometteur et surprenant de la part de l'une des gueules de cinéma des années 90-2000.
Quelle belle humanité transparaît dans ce film ! Simple et touchant, merci Harry Dean Stanton. La tortue a pris le temps et nous aussi de savourer ce petit bijou de film
Lucky a quelque chose en lui de la mélancolie et de la poésie du Paterson de Jarmusch. En version vieillie dans une petite bourgade au milieu de nulle part où mexicains cohabitent sans heurts avec les sudistes américains. Routinière est la vie du vieux Lucky : réveil musculaire, marche à pied jusqu'à l'épicerie pour acheter ses packs de lait et ses cigarettes. Un tour au café, un peu de télé et le bar du soir pour retrouver notamment un copain (David Lynch, formidable) inconsolable après la fugue de sa tortue terrestre centenaire. Pas grand chose d'autre à souligner si ce n'est quelques rencontres de hasard et des discussions sur le sens de la vie et de la mort. Toutes les couleurs du crépuscule avant la fin, comme un portrait testamentaire de Harry Dean Stanton, vieux cow-boy fatigué mais encore lucide, un brin misanthrope mais capable de ressentir toute la tendresse d'une fiesta où il pousse la chansonnette. Le premier film de John Carroll Lynch serait sans doute anodin sans la présence de l'acteur, aussi naturel que si l'on tournait un documentaire sur lui, juste avant de tirer sa révérence. Et c'en est un, en fin de compte, touchant et emballant comme un haïku.
"Lucky" ne brille pas par son scénario, léger voire inexistant, mais bien par ces petits instants émouvants et sa bienveillance. Quant à Harry Dean Stanton, il est parfait, touchant et drôle.
Pourquoi suis-je allé voir "Lucky" la veille de Noel ? En partie à cause de la gazette Utopia (sont-ils capables de ne pas aimer un film ?). Mais que ce film est chiant, vide et assez pauvre .. Le sens de la vie, la mort, la solitude et la vieillesse peuvent être abordés plus finement qu'en nous proposant d'être les observateurs de la vie routinière et vide d'un vieillard instruit de sa "vieillesse" et de ses conséquences par le toubib qu'il consulte, le trouve en forme "pour son âge" et le déstabilise par cette drôle de révélation (il va conscientiser son grand âge) . Mais fait-on un film avec un si pauvre fond ?
Lucky a quatre vingt dix ans passés. Sa vie solitaire suit chaque jour le même cours paisible : la radio au réveil, quelques mouvements de gymnastique, un verre de lait, une promenade jusqu'au drugstore où l'attendent son café et ses mots croisés, les jeux télévisés puis, au crépuscule, un Bloody Mary au bar du coin en compagnie de quelques vieux amis.
"Lucky" est un film où il ne se passe rien mais qui n'en dit pas moins. Il ne quitte pas d'une semelle son héros qui arpente sa petite ville selon un circuit bien rodé. Sa vie est réglée comme un coucou suisse. Seule péripétie dans une routine qui semble défier le temps : la tortue de son ami Howard s'est fait la malle. Tout semble figé dans la vie de Lucky, dont la santé insolente se rit des cigarettes qu'il fume à la chaîne. Pourtant la mort est là qu'annonce peut-être un malaise dont Lucky est victime un matin...
"Lucky" est d'autant plus poignant qu'il a des accents autobiographiques. Harry Dean Stanton en est l'acteur principal. C'est son dernier film qu'il a interprété à quatre vingt dix ans avant de décéder en septembre dernier d'un cancer des poumons (fumer nuit décidément gravement à la santé). Sans doute sa fin de vie fut-elle moins solitaire que celle de son personnage ; mais il y a beaucoup de lui dans ce vétéran de la Seconde guerre mondiale qui jette sur sa vie un dernier regard plein de lucidité et de tendresse.
Car, sous des dehors bourrus, à la Tatie Danielle, Lucky révèle une touchante humanité. Il fait profession de nihilisme : "You are nothing" lance-t-il chaque matin au patron du café qui l'accueille (une phrase que Harry Dean Stanton affectionnait particulièrement). Mais cette philosophie bravache cache mal sa peur de la mort. Une peur qui le tenaille. Et une peur à laquelle il oppose une sérénité résignée. Si la vie n'a aucun sens, si nous sommes tous voués à une mort inéluctable, si notre souvenir disparaîtra dans un oubli imprescriptible, quelle attitude adopter face à cet amer constat ? "You smile" répond-il dans un sourire radieux qui illumine le film et apporte la réponse la plus efficace aux questions métaphysiques.
Un film touchant qui sera apprécié surtout par les cinéphiles.Le personnage nous donne une vision de la vieillesse plutôt positive et sage.C’est à la fois dramatique et drôle .Une tranche de vie partagée dans une petite communauté où tout le monde se connaît. Il y a de la profondeur dans les dialogues, un bon moment.
Très bon film, juste, émouvant, humain, drôle. Le scénario et les acteurs sont excellents, surtout l'immense Harry Dean Stanton et David Lynch, qui nous offrent de superbes moments de tendresse et d'humour.
Beau portrait d’un vieil homme qui nous fait réfléchir sur la solitude et le besoin des autres; le temps qui passe et la vieillesse qui nous touche. Cet homme ne veut pas que le temps ait une emprise sur lui. Il refuse de mettre à l’heure sa petite horloge comme s’il pouvait à l’envi faire des petits bonheurs de sa vie une éternité. Touchant et mélancolique comme un blues autour du feu.
Se retrouver sur le cul tel un cowboy expérimenté en rodéo qui a été désarçonné par une vachette, voilà ce que j’ai ressenti en sortant du cinéma ! « Lucky » semble bien mal porter son surnom. En effet, être un cowboy de 90 ans qui vit seul dans un petit village perdu, avec des habitudes de vie réglées telle une horloge Suisse, cela ne semble pas des plus heureux… D’autant plus qu’il vit une crise existentielle très tardive. De plus, réaliser un premier film avec un acteur sous exploité, sur un thème aussi casse gueule, voir repoussant pour certains, cela relève d’un pari impossible. Pourtant, John Carroll Lynch, nous livre une pépite improbable qui vient, fort logiquement, de l’ouest des USA, alors que le filon semblait être tari depuis belle lurette et réservé aux derniers chercheurs d’or du 7ème art. Totalement centré sur Harry Dean Stanton, grand père de peu de mots, aussi bourru et asocial qu’une mule, qui préfère les mots fléchés aux conversations inutiles et qui le fait savoir sans filtres, c’est avec beaucoup d’humour, de tendresse et une justesse sans pareil que nous suivons son quotidien, que seuls quelques conversations et paysages désertiques viennent égayer au milieu de la force de ses habitudes répétitives et bien ancrées. Que ce soit son corps vieilli, son âme endolorie, ses faiblesses qu’il protège derrière l’apparente solidité de son caractère ainsi qu’une démarche fière et volontaire, l’acteur nous livre beaucoup de lui-même, sans en rajouter, sans rien cacher, sur fond de musique country savamment choisie. S’il vit dans un monde étriqué, il a pourtant vu du pays et c’est dans cet environnement, que fatalement, un grain de sable fini par se glisser dans ses rouages déjà fortement éprouvé mais qui tenaient presque miraculeusement, mus par la volonté pugnace d’un ex soldat de la Navy. C’est d’ailleurs en écoutant une histoire de guerre insolite (et magnifiquement narrée) qu’il va trouver une réponse à ses questionnements. Entre mots d’esprits, humour noir, peinture sociale, surprises en tous genres, métaphores à tous les coins de rues, le film est d’une densité rare et d’une subtilité qui se mérite : il faut prêter attention aux détails et aux dialogues sinon, le film risque de sembler morne et simpliste. S’il est croustillant de voir Harry Dean donner la réplique à David Lynch, on se délecte surtout de cet homme totalement attachant, cocasse et d’une humanité poignante. Rarement un film n’a montré avec autant d’exactitude l’esprit Américain de sa génération ainsi que le 3ème âge rural. De la scène de début à celle de fin, la boucle est bouclée, que de symbolique, de spirales, de « simplicité complexe » et surtout, quel superbe adieu à la caméra : même s’il ne savait probablement pas qu’il jouait ce qui allait être son dernier rôle avant de nous quitter, la magnifique scène de fin est à la hauteur de la somme de sentiments engrangés tout au long du film ! spoiler: Ce regard, ce sourire… WOW !
Le quotidien d’un homme de 90 ans, le film se déroule doucement mais sûrement, image et musique super ! la scène de la fiesta de Juan m’a trop émue. C’est pas un film qui parlera à tout le monde mais ça aide à relativiser.
Je n'attendais pas grand chose de "Lucky" et le film m'a touché droit au cœur par sa générosité et sa simplicité. Le film mettant un peu de temps à se mettre en place, j'étais d'abord un peu sceptique avant d'être conquis par la force du scénario et le charme du personnage de Lucky. Le film se dévoile au compte goutte, établissant scène par scène le portrait de ce vieil homme habité par d'une des peurs les plus communes, la peur de mourir. Par le biais de sa mise en scène, qui reste simplement illustratrice dans les scènes de dialogue, John Carroll Lynch fait ressortir à travers quelques séquences une poésie visuelle qui a véritablement résonné en moi. Plus que tout, le cinéaste américain filme ses personnages avec douceur et compassion, on sent qu'il les aime profondément et c'est cet amour mélangé à une pointe de mélancolie qui fait le charme de ce film. On ne peut évidemment pas oublier de mentionner la prestation magistrale de Harry Dean Santon, qui incarne à merveille son personnage et s'offre l'un des plus beaux rôle de fin de carrière. Il est en fait compliqué de parler d'un film quand celui-ci vous touche si profondément, la magie de ce film a opéré sur moi d'une façon assez inexplicable et j'espère simplement que cet oeuvre trouvera son public.
Film état d'âme de fin de vie. Faut être intéressé par partager un moment avec une personne âgée et une sorte de bilan de vie.
Lucky a plusieurs qualités : il fait découvrir les USA par le biais de cet homme qui regarde en arrière sur s vie et doute de son avenir. Il est simple (aime la télévision, marcher, mis et phil l'anthropie,) mais ouvert (aux rencontres, ce qu'il ne connaît pas - le flan, à la culture).
Les anecdotes sont très bonnes. Celle de l homme qui va chercher sa fille a l' école et rien ne se passe est très bonne mais je trouve qu'elle finit par virer en argument commercial ce qui gâche le moment.
Sur la fin du film, je trouve que la partie désert est en trop. Elle n'apporte rien au film. Peut être une explication nihiliste au discours dans le bar: il est par rapport au cactus et par transition au désert, au monde. Il n'est qu'un moment dans la vie d'une tortue. Peut être aussi il ne faut pas s'en faire, être serein, la vie continue et continuera longtemps. Je n'ai pas été convaincu par cette séquence dans le désert mais il film m a paru juste dans son ensemble.