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Cinephille
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3,0
Publiée le 19 décembre 2017
Lyle Straight, le frère d'Alvin d'Une histoire vraie, a vieilli. C'est un vieux loup solitaire, mais finalement assez entouré dans cette petite ville où tout le monde connait tout le monde. Il est en forme, fait 5 exercices de yoga chaque matin, mais le corps finit par lâcher. Se voir confronté à sa mort prochaine le rend triste et bougon mais quand il finit par lâcher prise et vivre pleinement les quelques derniers jours de sa vie tout s'éclaire. Sobrement fait, avec un charme certain ce petit film est touchant.
C'est un très bon film plein de tendresse et d'humanité. Cet acteur (disparu depuis) a toujours été excellent, notamment dans "Paris Texas". Le portrait de ce vieux monsieur est intéressant, les paysages sont magnifiques et reposants. De plus, il y a des moments amusants et drôles. Ce film est peu distribué mais il vaut vraiment la peine d'être vu.
Film insolite et très attachant, une réflexion sur la vieillesse et l'approche de la mort. On dirait presque un documentaire, tant les protagonistes s'expriment avec naturel.
Magnifique film, un vrai bonheur de retrouver david lynch et harry dean stanton au cinema! Sublime leçon de vie! De l’humour, de l’emotion! Un efin magique avec ce sourire face camera et cette tortue! Sublime! Un des meilleurs films de l’annee!!
Certes ce n'est pas un très grand film mais cela restera le dernier de l'immense Harry Dean Stanton et rien que pour ça il est mémorable . Il s'agit de l'histoire d'un homme qui attend , sans souffrance ni regrets , la fin de son existence en jouant tranquillement aux mots croisés ( il continue à s'émerveiller en découvrant de nouveaux mots ) et en fumant cigarettes sur cigarettes tout en sachant que c'est très mauvais pour sa santé : mais est-ce si important à son âge ? Ses journées sont toujours rythmées par le même rituel du réveil au coucher , ponctué par des moments de mélancolie et de rêverie profondes comme autant de nostalgie au temps écoulé . Harry Dean Stanton joue les caractériels bourrus mais en définitive très attachant . Il vit dans la solitude ( on ne connait rien de lui et sa sa famille ) mais jamais seul ( les bars ou ils traînent sont remplis d'amis qui l'aiment ) . . Lucky semble sorti tout droit d'un personnage du Théâtre de l'Absurde mais avec des moments irrésistibles de drôlerie ( sa visite médicale avec un docteur est un sommet de burlesque ou son vieil ami joué par le grand David Lynch qui veut faire de sa tortue son légataire universel ) . Ce dernier film sonne comme un testament et le dernier plan est magnifique , son sourire face caméra nous renvoie à notre propre existence et sa finitude inéluctable Malgré ces moments de grâce et de performance d'acteurs on aurait aimé un peu plus de profondeur dans l'approche philosophique et métaphasique de la vie du personnage ( sa peur de la mort chez une infirmière est poignant mais trop superficiel pour vraiment apprécier . En résumé , rien que pour Harry Dean Stanton il faut aller voir ce film car on a pas souvent la "chance" de voir des acteurs de ce calibre de surcroît dans son dernier rôle.
Film d'une très grande profondeur, superbement interprété, dont les protagnistes et les dialogues magnifiques donnent à réfléchir sur la vie, la vieillesse...
Dernier rôle pour Harry Dean Stanton , décédé à 91 ans en septembre 2017, peu de temps après le tournage du film.
Coup de coeur pour ce film, qui par certains côté m’a fait penser à « Paterson » de Jim Jarmush.
Lucky, vieil homme solitaire, doté d’un bon sens de l’humour, vit dans une petite ville au milieu du désert. Chaque jour paraît ressembler aux autres, avec sa routine, ponctué par les mêmes rencontres et rendez-vous.
Un jour Lucky fait une chute, il réalise avec crainte que son heure va peut-être sonner bientôt.
L’histoire est simple, la routine et la répétition sont filmées avec justesse et finesse sans être ennuyeuses. De la musique country ou hispanique, de belles images du désert américain plongent dans une atmosphère US assez mélancolique.
Le rôle de la communauté est très important voire vital. Comme le dit Lucky « être seul et se sentir isolé ce n’est pas la même chose ». C’est peut-être là que la vie prend du sens, que la vieillesse devient moins terrifiante, dans ce quotidien répétitif, avec ces personnes familières et remplies de sollicitude. Mon blog : larroseurarrose.com
Film terriblement ennuyeux. Harry Dean Stanton n' a aucun charisme dans ce film. Le scénario est extrêmement réduit, il ne s'y passe que si peu de choses. Je suis resté en marge du film du début à la fin. Restent la réalisation et les images assez abouties.
""Lucky" vaut pour le comédien auquel le film est consacré : feu Harry Dean Stanton, aussi énigmatique à l'âge de 90 ans que plus de trente ans auparavant, dans le beau "Paris Texas", qui le projeta momentanément sur le devant de la scène avant de le renvoyer aux seconds rôles qui furent son lot toute sa carrière durant. La philosophie du personnage est celle de l'acteur : une bonne dose de fatalisme mêlée à un certain égoïsme d'où peuvent jaillir, de temps à autre, des moments de générosité assez merveilleux (la chanson en espagnol pendant la fête d'anniversaire). Les éléments biographiques de Lucky sont empruntés à la vie de Stanton, ce qui donne naissance à une oeuvre rare, hommage à un comédien encore vivant, biopic réussi dont la modestie de l'anti-héros en fait tout le prix. A voir !
Le contexte dans lequel ce film a été réalisé, de même que certaines coïncidences sont aussi prégnants que le jugement esthétique qu'on lui porte. Ce qui rend Lucky émouvant est bien sûr la superbe interprétation d'un grand acteur qui ne fut que second rôle dans des films importants, à l'exception de Paris Texas, dont on pense ici et à mon avis d'une manière exagérée. Lucky évoque plutôt Une histoire vraie (lors de la scène du récit de guerre surtout), magnifique et méconnu film de David Lynch. Le cinéaste choisit de "filmer" au corps un vieil homme dans les habitudes basiques de sa vie, sans compassion ni d'ironie mal placée. Dernier film d'Harry Dean Stanton, qui fêta es 90 ans lors de la dernière semaine de tournage et dont la silhouette triste et la face lugubre resta inoubliable, l'acteur finira sa carrière par un sourire. Le film, très inspiré par la propre vie de l'interprète (guerre dans la marine, chanson, métier de cuistôt), est réalisé par John Carroll Lynch, homonyme de David Lynch qui, bizarrement, joue un rôle émouvant dans le film. De plus, l'oublié Tom Skeritt fut le compagnon d'infortune de l'acteur principal dans Alien. Ceci est troublant et suscite une émotion décuplée dans Lucky dont la deuxième partie (après la chute) est la plus réussie. Un temps, nous regrettons qu'un cinéaste plus inspiré n'ait pas plus développé un scénario souvent répétitif. Mais, au moins, à travers le beau regard triste de Dean Stanton, nous percevons son acceptation de sa mort réelle, il semble enfin préparé à la mort. la rencontre entre la fiction et la destinée d'un acteur rend Lucky, qui n'est pas un grand film, fort attachant. Tous les acteurs et actrices sont fort bien dirigés, avec une grande pudeur et la scène entre la black et le vieil homme formidable.
Un film dans lequel il se passe tout parce qu'il ne se passe rien. Comme la tortue du film Harry Dean Stanton promène sa grande et vieille carcasse, se demandant ce qu'il peut bien en faire, façon cow boy solitaire et laconique. C'est lent. C'est beau. Et émouvant.
un beau film un peu philosophique avec de belles rencontres et petites discussions. c'est un hymne à Harry Dean Stanton sur la vieillesse, la solitude et les p'tits plaisirs de la vie. un film lent , bien-sûr mais sans être ennuyeux et la est sa vraie réussite.
Un coup de cœur pour ce film assez particulier....On a le droit je trouve à une belle semaine pour les cinéphiles....Ce film empreint d'une mélancolie universelle a bien des atouts....Son format d'une heure 28, et puis surtout la qualité du jeu d'acteurs et des dialogues sur un sujet essentiel, le sens de la vie..... Il faut dire un grand merci ,Harry Dean Stanton qui porte le film , en jouant un vieillard de 90 ans, bougon et indépendant et qui résiste à tout ....Le film est doux avec de très belles photographies, le désert; les cactus, les ciels, les collines, et la musique a de très belles assonances, rendant même hommage parfois à John Ford...il y a des références au cinéma américain, le chapeau que porte David Lynch fait penser à Spencer Tracy, James Stewart ou ????? On pense aussi au film de David Lynch ( Une histoire vraie) et les références sont assez abondantes à d'autres réalisateurs ( Paris Texas semble évident quand l'acteur marche au milieu des cactus), etc....Au final le film laisse une impression riche et mélancolique, et partage quelque chose d'essentiel au cœur, comme dirait Saint Ex, et si nous écoutions les tortues, au moins le temps d'un film....Superbe métrage....
Qu'on ait 20 ans ou 80, on a tous croisé la gueule d'Harry Dean Stanton dans un film. Sa carrière, s'étendant de la fin des années 50 à 2017 est émaillée de collaborations avec Wim Wenders, Ridley Scott, John Carpenter, Michael Curtiz, Monte Hellman, Sam Peckinpah, Francis Ford Coppola, John Huston, David Lynch, Martin Scorsese, Robert Altman, Terry Gilliam, Agnès Varda. On l'a tous donc croisé au moins une fois et si on l'a croisé on l'a forcément aimé. Cet acteur incontournable du cinéma américain à la carrière incroyablement solide mais discrète n'a tenu que le haut de l'affiche deux fois dans sa carrière : pour le "Paris, Texas" de Wim Wenders et pour "Lucky", réalisé par John Carroll Lynch, acteur aperçu dans "Fargo" et dans "Zodiac". A le voir maintenant que Dean Stanton est décédé, "Lucky" prend la forme d'un film testament terriblement touchant, dernière balade de cinéma passée en compagnie d'un acteur qui n'a jamais été mauvais et qui n'a jamais cessé de tourner. Jamais d'ailleurs un acteur n'a bénéficié à ce point d'un dernier film aussi beau et aussi pertinent, formant un superbe baroud d'honneur. L'histoire est pourtant tout ce qu'il y a de plus simple : à 90 ans, Lucky est un vieil homme solitaire habitant dans une petite ville dans le désert. A son âge, il fume un paquet de cigarette par jour et finit toujours la journée à siroter du Bloody Mary dans un bar avec son ami Howard (joué par David Lynch, vieux complice de Dean Stanton) qui vient juste de perdre sa tortue, enfuie dans le désert. Comme le médecin de Lucky le lui a dit, à son âge si le tabac ne l'a pas tué, il ne le fera pas maintenant et il lui faudrait une balle en argent ou un pieu dans le cœur pour l'achever. Mais Lucky se sent vieillir malgré tout et inéluctablement, la mort est proche. Tout en effectuant un constat assez lucide sur la vieillesse et la mort à travers quelques jours dans la vie de Lucky (filmé sous toutes les coutures, torse nu, en caleçon, en gros plan), le film vient pourtant adresser une belle note d'espoir à ses spectateurs. Car quand Dean Stanton, bougon parfois insolent se fend d'un discours sur l'inéluctabilité de la mort et du néant qui nous attend, il finit par sourire face à cette affirmation car, après tout, il n'y a que ça à faire. Un sourire adressé face caméra dans le dernier plan du film, un sourire comme un adieu, un sourire qui tire la larme à l’œil mais qui affirme une volonté de vivre ahurissante au sein d'un film auquel on pardonne ses longueurs tant il est beau et lucide.
John Caroll Lynch a décidé de consacrer un film à un acteur dont tout cinéphile connaît au moins le visage. Un habitué des seconds rôles chez de grands cinéastes tels que David Lynch, que l’on retrouve d’ailleurs ici en tant qu’acteur. Ce second couteau inoubliable du cinéma américain c’est Harry Dean Stanton, 93 ans et certainement autant de films au compteur. Lorsqu’on sait que l’homme est décédé il y a quelques mois, la projection prend une toute autre saveur. Chaque séquence et chaque phrase (notamment lorsque son personnage parle du temps qui passe et du néant après la mort) adoptent alors un double sens et se parent d’une émotion et d’une nostalgie encore plus forte que ce qui était prévu. « Lucky », le surnom de son personnage, passe alors de l’hommage tardif à un éloge funèbre lumineux et flamboyant.
Le long-métrage ne raconte pas grand-chose, il n’a même aucun fil conducteur. Mais cela n’a aucune espèce d’incidence négative sur le plaisir que l’on prend à le suivre. Si, tout du moins au début, on se dit que l’on va assister de manière répétitive aux habitudes et gestes quotidiens d’un vieil homme dans une bourgade perdue au fin fond d’un désert américain et que ça va devenir lassant voire ennuyant, on se trompe. Oui, « Lucky » prend son temps et montre la trivialité de la journée d’un homme dont les seules distractions sont son déjeuner le matin au café du coin, ses mots croisés devant la télévision ou son Bloody Mary du soir au bar de la ville. On assiste à la solitude d’un homme qui la vit bien et se contente des choses simples de la vie. D’un homme encore en pleine forme malgré son âge et empli de vivacité alors qu’il approche d’un siècle de vie. A ce titre, même s’il ne se passe pas grand-chose, ces petits riens contiennent une quantité de moments en or qui font tout le charme de « Lucky ». Et, au final, on se retrouve face une œuvre qui encense la vie tout en la disséquant à sa manière.
Cette errance nostalgique mais malicieuse à suivre les pas de ce grand acteur recèle même parfois des trésors d’émotion ou d’humour. On a droit à un bel échange avec Tom Skerrit sur la Seconde Guerre Mondiale qui s’avère poignant et à un sublime discours de Stanton sur la cigarette lorsqu’il quitte son bar fétiche. Et là on est émus, happés par la malice (et la sagesse) diffuse dans les yeux de cet homme. Un couple gay s’embrasse devant lui au café et son geste d’incrédulité nous faire mourir de rire tout comme ses échanges avec un docteur étonné de sa bonne santé à son âge nous font sourire. « Lucky » est une somme de banalités sur la fin de vie qui font ce qu’est la Vie. C’est plein de jolies vignettes qui s’enchaînent tranquillement, toutes brillamment dialoguées. On suit cette balade nonchalante et immobile, jamais lassante, avec un grand plaisir car elle est bourrée de charme, tout comme on se souviendra longtemps du dernier plan malin d’un film beau comme tout. Et, surtout, on assiste au chant du cygne d’un acteur de légende dont on n’oubliera pas de sitôt le regard.