3129 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
336 critiques spectateurs
5
62 critiques
4
170 critiques
3
63 critiques
2
31 critiques
1
7 critiques
0
3 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Un visiteur
5,0
Publiée le 23 septembre 2018
Film d’époque qui parlera à tout ceux qui ont déjà aimé. Comment fait on pour pardonner à celui qui ne vous aime plus ? Mon père trouvait la mise en scène très théâtrale, je trouve que c’est plutôt le théâtre de multiples sentiments. On ne grandit jamais de la vengeance. On ne sait à qui s’identifier, tant les acteurs sont sensibles et reflètent chacun une part de la palette de toute âme. Cette justesse des sentiments et expressions ne ressortent que grâce à la précision de jeu des acteurs. Bouleversant
« Mademoiselle de Joncquières » est un film à costume adapté de l’histoire de Madame de la Pommeraye du roman de Denis Diderot « Jacques le Fataliste et son maître ». Cécile de France y campe le rôle de cette dernière. Cédant à la cour du marquis des Arcis, Edouard Baer, elle était pourtant consciente que cet homme est un libertin notoire. Après quelques années de bonheur, le marquis s’est lassé de cette union et tombera sous le charme de la jeune « Mademoiselle de Joncquières ». Terriblement blessée, elle va mettre au point un stratagème pour blesser à son tour, l’homme qu’elle aime. Le film est plaisant à voir par ses costumes et ses décors, mais est surtout plaisant à entendre grâce à une maîtrise totale des textes par les comédiens. Leurs proses sont fluides et rythmées. Le cinéaste s’amuse à jouer des mots et de la subtilité de leurs sens pour nous faire sourire. L’intrigue est quant à elle menée dans une mise en scène paisible pour mieux en disposer les pièges. Un exercice de style réussi sur l’amour et les liaisons dangereuses. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
La vengeance d'une femme trompée peut être terrible, Choderlos De Laclos nous l'avait également montré. Dans cette libre adaptation de l’œuvre de Diderot, on ne retrouve guère le libertinage, si ce n'est dans les mots d'esprit bien plus que dans les comportements. Le film prend, du fait de dialogues chargés, une tournure très emphatique, impression encore renforcée par un jeu d'acteurs qui paraît trop hors sol par moments. L'on n'est guère surpris par le déroulé de l'intrigue, si ce n'est dans son final qui donne le sentiment de tomber un peu à plat. Tout ceci est à la fois académique et prétentieux, sans véritablement marquer les esprits.
« Mademoiselle de Joncquières » est un film d'époque « à la Française », réalisé par Emmanuel Mouret en 2018. Dès les premières minutes on est plongé en plein cœur de la petite noblesse du 18ème siècle, avec ses grands costumes et son luxe ostentatoire. Le début peine un peu à passionner, le réalisateur prenant tout son temps pour présenter ses personnages. Ceci dit, la précision finit toujours par payer et on se laisse finalement prendre au jeu des trois acteurs principaux qui font preuve d'un réel talent et d'un évident charisme. A ce titre, Edouard Baer se révèle particulièrement à l'aise avec son rôle de séducteur impénitent. Il papillonne au milieu de ses belles avec une classe incroyable et une apparente facilité... finalement mise à mal par Cécile de France et Alice Isaaz qui rivalisent de beauté pour l'attirer dans leurs filets. La grande qualité des dialogues, très classiques mais déclamés avec talent par des acteurs d'exception fait le reste et donne une belle légèreté à l'ensemble qui se révèle particulièrement rafraîchissant. Excellent... et instructif en plus !
"qu'en termes galants ses choses là sont dites" le délicieux vocabulaire du dix-huitième siècle donne une résonance particulière a ce bijou, filmé dans un château superbe avec des costume magnifiques, les comédiens évoluent avec grâce et intelligence et brio dans ce marivaudage aigre doux ou la vengeance d'une veuve se révèle terriblement cruelle. la mise en scène minimaliste et somptueuse laisse place aux dialogues époustouflants ou les arpèges du clavecin donne un effet troublant une merveilleuse leçon de cinéma. de jeu et d'harmonie
Manipulations et costumes d'époque. Cécile de France est magnifique en femme bafouée altière et pâle. Sa vengeance est jouissive. Juste envie de revoir les liaisons dangereuses.
Si vous aimez les films avec costumes et des dialogues d'époque, une agréable musique baroque et des images somptueuses, et bien ce film est fait pour vous. Par contre si vous n'aimez pas une certaine lenteur, si vous recherchez du grand spectacle et un peu d'action, passez votre chemin. Sinon ce long-métrage, qui n'est pas sans rappeler les liaisons dangereuses, est plutôt réussi dans son genre, avec une belle interprétation au demeurant.
Un film raffiné et élégant, dont les brillants dialogues enchantent, de même que le jeu fin des acteurs. Une critique plus détaillée et d'autres sur le-blog-d-elisabeth-g.blogspot.fr
Voilà un film paradoxal. La prise de vue est magnifique, les images somptueuses, les acteurs excellents, la bande-son remarquable. Les dialogues sont superbes et dans un langage dont on a, hélas, perdu l'habitude. Bref, on a tous les ingrédients d'un chef-d'œuvre, mais je m'y suis ennuyé comme rarement je me suis ennuyé au cinéma. Je pense que même Godard et Bresson auraient trouvé le rythme trop lent – et pourtant…
Ce film est un vrai régal par sa beauté lyrique. Qui de mieux qu'Édouard Baer pour interpréter ce tombeur aux envolées passionnées. Son phrasé si particulier et distingué se met parfaitement au service de ce drame romanesque. Pour l’accompagner la douce mais non moins machiavélique Cécile de France dont parfois le sourire m’a rappelé ses heures de folie dans HAUTE TENSION. Et pour interpréter Mademoiselle de Joncquières, le choix d’Alice Isaaz est idéal avec son visage pur et innocent. On se fond parfaitement dans cette époque de la renaissance avec de superbes costumes mais aussi une musique classique qui s’adapte parfaitement aux diverses situations. On vit pleinement cette histoire tumultueuse. Et tout comme l’époque, ce film est très élégant mais on arrive à déceler le faux-semblant qui était de mise dans l’aristocratie. Malgré les coups bas, toujours un large sourire et des révérences. Pour les amoureux de la langue de Molière, MADEMOISELLE DE JONCQUIERES sera sublime.
Avec « Mademoiselle de Joncquières », Emmanuel Mouret cesse de se mettre en scène pour se consacrer à la seule réalisation (une autre similitude avec l’une de ses influences, Woody Allen). Et situe cette fois son histoire dans le passé, en adaptant librement une œuvre de Diderot, dont les méandres sentimentaux lui conviennent parfaitement. Des choix gagnants, dans un film parfaitement écrit, tant pour ses dialogues ciselés, qui sont un véritable plaisir de la langue Française, que pour sa construction exemplaire : chaque scène ayant sa saveur propre et son utilité narrative, annonçant habilement l’une des scènes suivantes. Au-delà de son aspect formaliste, ce marivaudage est empreint d’une certaine subtilité, les personnages et les situations se révélant plus complexes qu’au premier abord (la dernière scène, qui peut se livrer à diverses interprétations, en étant l’exemple le plus édifiant). Si l’on rajoute une magnifique photographie aux plans très composés, et une interprétation en finesse de Cécile de France, qui sait faire percevoir le double jeu qu’elle mène, puis ses sentiments contradictoires, on obtient une très belle réussite, qui dépasse la précédente adaptation de cette même histoire, traitée il est vrai sur un ton différent, pourtant signée Robert Bresson.
Que la langue française est belle quand elle est bien servie... Et puis la lumineuse Cécile de France nous donne toute la palette des emotions nécessaires pour passer de l’amour à la haine, en passant par le chagrin...
La projection d'une époque, d'une Société, de meurs décrite par Diderot et parfaitement réalisée par Emmanuel Mouret, des personnages complexes, l'âme humaine livrée à des extrêmes est toujours ambigüe. La profondeur des personnages est très bien portée par tous les acteurs, souligner le jeu de Cécile & d'Edouard est inévitable mais insuffisant, le jeu de tous les acteurs est porte l'harmonie omniprésente dans ce film, d'ailleurs tout dans ce film est harmonie : les couleurs, les costumes, la déco, la musique. Harmonie qui nous porte à nous concentrer sur les réalités de Madame de La Pommeraye et du Marquis des Arcis. Il y a bien plus que le Libertinage qui sont à l'index dans le film, et s'il y avait aussi un peu de philo ?
La rencontre entre l'univers d'Emmanuel Mouret et le texte de Diderot qui inspira le premier film de Robert Bresson, les Dames du Bois de Boulogne, est un plaisir qui ne se refuse pas ! Les dialogues ciselés se déploient dans un cadre qui leur convient tout à fait. Aucun élément extérieur de contexte ne vient polluer la trajectoire que vivent les personnages, et les enseignements que nous pouvons en tirer. Surtout, il y a un bonheur des acteurs évident à chaque scène de jouer une telle partition, tour à tour drôle, pleine d'esprit, cruelle, enfiévrée ou apaisée... Un régal pour le spectateur, autant pour son esprit que pour ses yeux !