Le film de libertinage a acquis ses lettres de noblesse dans les années 80 avec notamment Milos Forman et Stephen Frears pour "Les liaisons dangereuses" ou "Valmont". L'aimable marivaudage que nous propose Emmanuel Mouret n'atteint pas ces sommets mais on passe un bon moment avec deux acteurs - Cécile de France et Édouard Baer - en verve, des dialogues étincelants et un scénario sympathique et tellement peu avare de rebondissements que l'on frôle le pastiche. Un petit marquis barbu aurait sans doute étonné Louis XIV et l'on se prend à regretter que la scène de la rencontre n'ait pas été intégrée au film !
Un récit magnifiquement filmé avec un soin particulier pour la lumière, les décors et les costumes. Le couple Edouard Baer - Cécile de France est une révélation, non seulement il fonctionne très bien mais en plus ils jouent tous les deux très juste (on pouvait craindre une certaine tendance à surjouer chez Baer), et sont servis par les dialogues plein d'esprit et dans une langue tellement agréable à écouter.
Super film ! Une langue magnifique, un scénario plein d'esprit qui nourrit notre réflexion sur l'amour, la blessure, le statut social. Les trois acteurs principaux sont excellents.
Sous fond de vengeance féminine, un marivaudage délicieux du XVIIIe siècle bercé par les bons mots et incarné à la perfection par le couple Edouard Bear et Cécile de France. Jouissif !
J’ai adoré ce film mais comme le sujet porte exclusivement sur les sentiments amoureux de nos aïeux nantis mon exigence était grande. Il me fallait retrouver Rohmer pour la distance envers les personnages, Demy pour l’élégance du style et Duviviers pour la rigueur du déroulement. Mission impossible certes mais j’ai le droit, comme les protagonistes du film, de rêver. Ce qui m’a plu, ce sont les décors, les costumes, les femmes et évidemment les superbes photographies extérieures. J’ai aimé l’expression rendue aux divers sentiments et la conception cinématographique de la fin. J’ai beaucoup apprécié la beauté des dialogues pris séparément et non en continuité, ils témoignent du temps où la langue française était la première du monde par sa qualité et la richesse de son vocabulaire, capable de tout faire comprendre. J’ai moins aimé la manipulation psychologique qui frise l’invraisemblable, le jeu un peu trop maniéré de Cécile de France, la mauvaise localisation des lieux qui nous égarent dans l’espace et enfin le tout dernier mensonge final mais le plaisir net ressenti à la sortie a été sans ambiguïté... J’ai été plus que satisfait par le travail de Mouret et je pense que Diderot, qui aurait forcément adoré le cinéma, ne se serait pas senti trahi comme il aurait été avec le film de Bresson.
A voir absolument Quels interprètes Quel sujet Chiper chipé mais : heureux Pauvre dame proie à un pro du charme Pas toujours juste la vie sauf pour la victime à qui la vie va sourire et connaître l’amour d’un coureur
Très beau film, de plus en plus prenant au fur et à mesure que la vengeance se met en place. La distribution est juste remarquable, chacun est parfait dans son rôle. La photo, les décors et les costumes participent de la réussite du film, mais ce sont les dialogues qui donnent au film sa finesse et son élégance. A recommander sans hésiter
Les réalisateurs sont de préférence déterminants dans mes choix de film plutôt que les acteurs, pourtant ici les sourires de Cécile de France et les regards d’Edouard Baer sont épatants. Elégance et mélancolie. Ils sont vraiment faits pour être Madame de La Pommeraye et le Marquis des Arcis. Mouret reprenant un récit de Diderot après les « Dames du bois de Boulogne » de Robert Bresson est parfaitement bien dans ce XVIII° siècle, tellement stylisé qu’il en est très moderne. Même si à la sortie de la séance en croisant des lycéens qui inévitablement « s’en battaient les couilles », j’ai su que j’étais revenu en 2018, après ce bain revigorant dans une langue ciselée qui va chercher au plus profond des esprits et de cœurs. « Le bonheur, c’est une bonne heure » La marquise arrange des bouquets magnifiques. Dans leurs robes qui les mettent tellement bien en valeur, le combat pour la dignité de la femme est mené de main de maîtresse, même si le chemin est long et prend des tours inattendus. Les valets apportent des fauteuils au bord du plan d’eau parfaitement fauché. Dans les jardins à la française se jouent libertinage, marivaudage, badinages, passion, dissimulation, amour, vengeance, et vérité. Avec délicatesse.
L'histoire de Mme de la Pommeraye bafouée et qui prend sa revanche de façon très machiavelique est une histoire cruelle à souhait. La 1ère partie est du marivaudage très conventionnel qui est assez ennuyeux, manque de rythme. La cour assidue du Marquis des Arcis, alias Edouard BAER traîne en longueur. Seul les beaux dialogues qui mettent en avant la beauté de notre langue française comme elle pouvait l'être au XVIII siècle sont "captivants". On a l'impression que les acteurs ne sont pas franchement à l'aise dans leur rôle, notamment pour Laure CALAMY, amie de Mme de la Pommeraye. Le film commence à prendre un peu d'intérêt quand rentre en jeu Mademoiselle de Joncquières, très bien interprétée par la très belle Alice Isaaz, et sa mère. La 2nde partie où Le Marquis s'éprend de cette belle demoiselle sans avoir connaissance de son passé de fille de joie est un peu plus intéressant mais reste tout de même assez mou. La vengeance de Mme de la Pommeraye qui est alors en route, nous fait prendre en compassion Melle de Joncquières et sa mère....mais tout se termine parfaitement bien pour elles...ouf !! le film est fini.
C'est un réel enchantement des yeux et des oreilles. Quels dialogues, quelle beauté des décors et costumes. Voilà un film qui fait du bien. Cette histoire de vengeance est jubilatoire.
Attention Chef d’oeuvre Lumières, costumes, comédiens sublimes Finesse de jeu et de mise en scène On se laisse porter par le charme des personnages et des comédiens Ce n’est pas d’un tout pesant bien que ce soit un film d’epoque.
Très beau films, intrigue, cadre et costumes fantastiques ! Cecile de France n’a pas me semble t’il la voix bien placée dans certaines scènes. Edouard Baer merveilleusement dans le ton et Laure Calamy très bien
Nous avons suivi l'évolution d'Emmanuel Mouret à travers quelques uns de ses films, toujours agréables à regarder. Il nous a carrément enthousiasmées avec celui-ci, en tous points parfait, qui s'inspire d'un des épisodes de "Jacques le fataliste" de Diderot. Dès le générique et ses jeux d'ombres sur fond de fleurs rouges, on sait que le réalisateur vise le raffinement. Il exploite toute la splendeur du XVIIIème siècle, les parcs et les jardins où les personnages flânent tout en conversant, les tableaux et les fresques sur lesquels se découpent harmonieusement les actrices en robes de soie. Emmanuel Mouret filme avec virtuosité ces décors à la Watteau (allant même jusqu'aux ombres chinoises!) et les visages et corps poudrés des femmes. Les dialogues sont ciselés dans un jeu subtil de l'amour, du hasard .... et de la vengeance, interprétés avec talent par Cécile de France et Édouard Baer. Les seconds rôles réussissent tout autant à manier la langue du siècle des Lumières. Un plaisir des yeux et de l'esprit ! http://www.matchingpoints.fr/2018/09/25/cinema-mademoiselle-de-joncquieres/
Ce film est un vrai bonheur. Film de genre, film historique surtout cela requiert une langue qui nous plonge dans le moment et le lieu. C’est parfaitement réussi. . Édouard Baer est élégant, frivole, tendre, piteux dans sa douleur, attendrissant... il joue et on sent qu’il y prend plaisir. Cecile de France est lumineuse, elle se régale à jouer cette vengeance et cela se voit. Vraiment un très joli moment de cinéma.
Belle réussite que cette adaptation de l'histoire de Madame de la Pommeraye, un des épisodes de Jacques Le Fataliste de Diderot. C'est l'histoire d'une vengeance qui tourne mal où celui que l'on croyait libertin s'avère plus vertueux que la femme trahie. De fait, si Madame de la Pommeraye a des points communs avec la Mme de Merteuil des Liaisons Dangereuses, le personnage du Marquis est un faux Valmont. De beaux décors naturels bien éclairés et le charme des interprètes ajoutent à l'attrait du film. Voir ma critique complète sur mon blog : newstrum.wordpress.com