Mademoiselle de Joncquières
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336 critiques spectateurs

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Mister_Ed
Mister_Ed

9 abonnés 137 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 mai 2024
Allez hop 5/5 ne mégotons pas. Quel plaisir à regarder et à entendre ce film ! Et si on adore le XVIIIème comme moi, c’est l’orgasme assuré !
On sent que Baer et Cécile de France ont pris un extrême plaisir à jouer leur personnage. Leur interprétation est tout simplement parfaite ! Quel naturel dans les dialogues, malgré un vocabulaire et un phrasé du XVIIIème si riches et complexes (on n’est pas dans Bac Nord !). Ils montrent ainsi toute l’étendue de leur talent. Un grand bravo également à l’interprétation de Laure Calamy, quelle justesse ! Il y a peu de personnages, mais tout le monde joue parfaitement sa partition, tout est crédible.
Le rôle de marquis libertin semble taillé sur mesure pour notre Edouard Baer national. On sent qu’il a un cœur qui bat derrière le Casanova, pas comme le Vicomte de Valmont dans les Liaisons dangereuses tout en cruauté et sadisme. Le meilleur rôle d’Edouard Baer au cinéma selon moi.
Les costumes sont à tomber par terre tellement ils sont beaux. Baer est à la fois classe et décontracté comme lui (ils ont trouvé le moyen de ne pas lui mettre un jabot !), CdF a des robes délicates et fraiches sans sophistication excessive. Les décors sont frais, aux tons pastel, en accord avec les costumes. De beaux décors d’intérieurs avec de magnifiques bouquets de fleurs ! Le mobilier semble neuf. Les chevaux sont beaux. Les plans sont de vrais tableaux de François Boucher. L’ensemble ne fait pas du tout poussiéreux.
La musique est soignée sans se faire insistante.
La fin est peu crédible mais je suppose que le réalisateur voulait terminer sur une note positive. À l’époque avec un affront pareil, le mari envoyait l’épouse dans un couvent au fin fond de la France ! Je me suis demandé si le film était féministe, la fin montre que la réponse est non.
Ce film se place dans la lignée des chefs d’œuvre que sont Les liaisons dangereuses (1988) et Ridicule (1996).
Simplicissimus
Simplicissimus

10 abonnés 232 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 mars 2026
Un subtil marivaudage d'Emmanuel Mouret, plus proche de Marivaux que de Choderlos de Laclos, qui dénote, pour notre plus grand plaisir, dans la production du cinéma français actuel.
La légèreté l'emporte sur le tragique et conduit à une fin inattendue, très morale, finalement.
La douce Cécile de France n'est pas madame de Merteuil, et si Edouard Baer n'a pas l'aura cynique de Valmont, je le trouve finalement loin d'être inintéressant dans le rôle de ce marquis libertin.
Emouvante petite Alice Isaaz , au visage angélique, l'appât de la vengeance imaginée par madame de la Pommeraye, effacée d'abord, expression de l'honnêteté blessée et du désespoir ensuite.
Un joli conte moral, en tout cas.
asonipse
asonipse

9 abonnés 279 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 août 2023
1h50 d'ennui. Ces dialogues soutenus sont fatiguants. Certe, les décors et costumes d'époque sont beaux, mais l'intrigue est lente et finit par nous lasser. Dans la filmographie de Mouret, je préfère largement "Les choses qu'ont dit, les choses qu'on fait", oeuvre bouleversante.
Choupi C.
Choupi C.

27 abonnés 356 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 juillet 2023
Assez frais et plaisant même si le sujet reste très classique. Beaux costumes et belle lumière. Plutôt bien réussi
Rudy B.
Rudy B.

6 abonnés 58 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 mars 2023
tout en delicatesse, de la dentelle sur la variété de sentiments, de non-dits, de frustrations, y compris sociales
une interprétation irréprochable, une langue délicieusement surannée mais precise.
une variation des liaisons dangereuses, qui relève sans aucune difficulté la comparaison avec ce chef-d'oeuvre !
christophe D10
christophe D10

33 abonnés 977 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 février 2023
Les dialogues sont savoureux, la mise en scène élégante, cecile de france et edouard baer jouent tous les 2 parfaitement sans fausse note.
Un bon film en costumes, qui rappelle que le cinéma français sait toujours faire des œuvres de qualité.
Gaspard Conan
Gaspard Conan

10 abonnés 16 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 février 2023
Même avec un titre rappelant le traumatisme qu’est La Princesse de Clèves lors des années au lycée, Mademoiselle de Joncquières a son mot à dire. Un film sur le passé, à regarder un dimanche, affalé sur son canapé ? Non, c’est un film qui ne laisse pas de marbre.

Un malheur ancien… et contemporain
Le jury de Cannes l’a moins apprécié : le film est reparti sans César, après avoir été analysé - c’est un bien grand mot - par un jury ignare, là où l’on en garde un souvenir rare. Une honte incompréhensible. Emmanuel Mouret réussit à rendre une époque révolue vraiment drôle : une femme bourgeoise de l’Ancien Régime comprend que son mari ne sait pas retenir ses pulsions pour les autres femmes. Elle décide alors de se venger pour ruiner sa fortune, son coeur et sa réputation, de quoi donner des idées à certaines…

Un piège savoureux
En plus d’être d’utilité publique, l’intrigue est vicieuse, et on aime ça. Le piège a fonctionné sur Edouard Baer, hilarant en libertin, mais il a aussi fonctionné sur nous. Sans pousser l’affaire jusqu’au masochisme, on prend plaisir à le voir malmené par des mensonges en pagaille : la scène du repas, au milieu du film, est déjà culte. Les costumes et les jardins à la française sont splendides, et Cécile de France aussi. Sous ses traits de veuve vengeresse, elle vous fera oublier la cinquantaine qui approche, avec son jeu teinté de malice et de perfidie. On la retrouve aussi talentueuse et séduisante que dans Illusions Perdues (2021), de Xavier Giannoli. Au-delà de son sérieux, Mademoiselle de Joncquières cache bien son jeu. Le film témoigne d’une vérité brutale, en nous servant, sur un plateau d’argent, un portrait réaliste de l’Homme d’antan et d’aujourd’hui : orgueil, sexisme et infidélité forment un cocktail Molotov rendant le film piquant. Chacun y verra quelqu’un de son entourage. La vengeance est bien ficelée dans une époque de fastes qui n’est pas sans rappeler la nôtre : ce film vous amusera, et je ne cherche pas à vous piéger en disant cela.
maxime ...

308 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 février 2023
Emmanuel Mouret, dont je découvre avec ce film son travail, à dans son phrasé, et de par l'expression de ce dernier une fenêtre de tir pour à la fois raconter une histoire aux accents grave, le tout en y faisant ressortir sa comédie. Mieux encore, il la place tout devant !

Mademoiselle de Jonquières à, comme un gout de bonne humeur piquante, parfois acerbe, dont le bon mot dissimule des manigances sur fond d'interrogation contemporaine et plus ancestrale donc. Dans un premier temps, on se focalise surtout sur la romance entre ces deux gens de la haute société, de leur lien récent qui devient plus intime à mesure qu'ils se côtoient. La rêverie sur ces deux fauteuils au bord de l'eau, dans cet foret qui en est le cœur, tiens de paroxysme pour en attester.

Alors de suite, je transite vers la manœuvre de son réalisateur de chapitrer par fondu noir son récit. Il livre, par ce moyen, une astuce qui permet à la fois de se focalisé autant que de se projeter sur la suite dans un défilé magistrale qui implante l'idée, la vois germer, et en extirper toute sa sève. Aussi venimeuse soit-elle ! C'est d'ailleurs encore meilleur lorsque ça l'est !! " -Voilà qu'il est cruel ! " Et drôle, oui !

De ces tours, de sa première pirouette, on en ressent le doute s'accroitre, les amours se ternirent, à vitesse grand V. Le plan prend acte à cet instant. De ce dernier, une analyse en profondeur ce mérite d'être tenu. Sans machiavélisme, ni jugement ostentatoire, un regard se porte sur les conditions de ses êtres qui s'aiment à s'en détruire, qui y trouve même du plaisir à rendre justice, selon leurs propres dires, à différents stades. Tous ont leurs motivations, et de cela, on les comprends, car avec eux, on rit, volontiers d'ailleurs. Voilà comment notre culpabilité est ici mis à nue, au travers des micmacs, que l'on cautionne, ou déplore. Le coup de génie de ce film, clairement !

Dans une langue exquise, dans des décors qui le sont tout autant, des costumes ravissant, les interprètes n'ont plus qu'a s'employer. Ces derniers le font avec la manière ! Cécile de France que j'adore, est tour à tour victime et bourreau, à l'instar d'un Edouard Baer dont le chasser croiser prend ici des tournures incroyables ... Il et elle sont imprégné par l'exercice de style auquel ils prêtent voix et corps, dans des habitudes, avec une gestuelle, une ronde divine. Alice Isaaz, Laure Calamy, Natalia Dontcheva complètent le casting, elles sont aussi parfaites !

J'aimerai, avant de conclure cette critique, m'arrêter sur un passage que je trouve essentiel, le diner. Du topo, auquel nous assistons, à l'arrivée du berné et pris, nous assistons là à une scène aussi émouvante qu'elle est jubilatoire et au fond terrible. L'arrivée à table du marquis, pris au dépourvu, sur tout, tout le temps, et l'ignorance éberlué qu'il témoigne en cet instant m'a plongé dans une question auquel je n'ai nul réponse. Avec des " mon ami " par-ci, des " mon ami " par-là, ça confusion à lui, ça certitude à elle, qui s'achemine par un " - Vous avez été parfais ! " ... Que dire d'autres que l'évidence en elle-même, on se laisse prendre au jeu !

spoiler: Il y'a toutefois dans sa chute, une sorte de fatalité injuste. Qui, j'en reviens, sonde la société dans la tolérance des uns et des autres, des aspérités à être, comme à vouloir êtres ! Car à la fin, elle à sa victoire, lui sa défaite, mais c'est elle qui perd quand elle gagne et lui qui trouve son but lorsqu'il s'effondre ... Un sacré pied de nez !


Mademoiselle de Jonquières, pour lequel, j'avais des réticences, pour aucune raison valable autre qu'une méfiance un peu malvenue m'a en fin de compte procurer un plaisir et une réflexion. Un moment délicieux, que je recommande chaudement.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 7 février 2023
Une excellente leçon de poésie et d’esprit pleine de raffinement et élégance. Le tout servit par un sens de la mise en scène aigüe, des comédiens aux petits oignons...le genre de film qui nous rappelle l’excellence dont peut-être capable le cinéma français quand il veut.
Plf
Plf

2 abonnés 5 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 février 2023
Nous baignons ici dans l'univers de la noblesse, où les comportements sont... tout sauf nobles.
La tromperie et la ruse guident les pas des personnages, et chacun dirige sa vie par ses propres désirs. Le marquis, séducteur d'expérience, valse entre les passions amoureuses, esclave de ses tentations. Il est le symbole même du libertinage.

Les décors sont majestueux et les dialogues admirables. On n'en finirait pas de citer les belles tournures de phrases que nous expose ce film. Sombres de cœur et riches d'apparences, les paradoxes sont sous-jacents dans cette histoire où la beauté semble trouver un malin plaisir à se lier au mal.

Les discussions entre le marquis et madame de la Pommeraye nous apprennent beaucoup sur le besoin humain de séduction, de « mise en pratique » du désir et même de la difficulté dans la relation amoureuse. spoiler: Madame de la Pommeraye le dit elle-même : « le marquis ne résiste pas à celles sui lui résistent », le personnage d’Edouard Baer a besoin d'être mis en difficulté par la femme qu'il aime, elle doit se faire désirer et bien que cette phase d'attente soit une souffrance pour lui, l'amour grandit avec elle.


L'attente fait grandir le désir en faisant naître l'impatience. Car si l'impatience a ses défauts, l'homme en a besoin pour être mis en mouvement. Etroitement liée au désir, l'impatience joue son rôle. Sans désir, l'homme perdrait son énergie, et sans énergie, l'homme égare sa force et sa volonté. Finalement, le marquis se délecte davantage de la séduction qu'il mène, que de la conquête elle-même. « Conquérir » une femme n'aurait d'ailleurs eu aucun mérite pour lui si cela s'était fait aisément (ben oui).

spoiler: D'ailleurs, au cours de ce chemin que prend le marquis pour séduire Madame de Pommeraye, il s'essaye à la sincérité : « c'est que la sincérité est souvent mal habile, elle ne prend pas les chemins de la séduction », cette honnêteté ne pouvait qu'être bien accueillie d'ailleurs !


Le marquis fait alors mine de s'éloigner de sa position de séducteur tout en le restant pleinement. Un séducteur qui dit ne pas l'être ... ou l'être naturellement, car en somme, il finit par l'oublier. Il met en avant la pureté de son âme par sa sincérité, son âme est mise à nue et il prouve par la même occasion son amour.

Avance rapide jusqu’à la fin du film. Les derniers mouvements du visage de Madame de La Pommeraye se traduisent par un sourire forcé, qui trahit une souffrance profonde. Sous ses airs de femme fière et droite, on découvre plus que jamais sa fragilité intérieure. Bien qu'elle affirme que son cœur soit en paix, on devine sa douleur. Un dernier sourire, et la musique de fin arrive sèchement, tel un point d'orgue venant conclure ce beau film.
Yves EHRHARD
Yves EHRHARD

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 janvier 2023
Les siècles passent mais les jeux de l'amour restent les mêmes et c'est ce que le film met en évidence.
SB88
SB88

35 abonnés 1 575 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 janvier 2023
Quelques bons dialogues mais malheureusement, film TROP bavard ! J'ai dû remettre le début 7 fois car je m'endormais sans cesse ! Le film demande énormément de concentration pour être suivi et en plus, ce sont plus des divagations dans des jardins pour aucune action. Un peu d'humanité à la fin mais ça manque d'un bon travail de réalisation car les décors sont bien.
3,2/5
OSC4R _
OSC4R _

81 abonnés 55 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 janvier 2023
Mademoiselle de Joncquières n’est pas un film.

C’est une pièce de théâtre.

Alors bien sûr, il y a l’écriture théâtrale d’Emmanuelle Mouret, ses dialogues bavards, écrits, descriptifs et articulés, presque des vers.

Mais pas que.

La pièce se prolonge à l’image, véritable scène. C’est d’une part filmé de loin, et d’une autre dans la largeur. Le format n’est pas anodin. Le spectateur ainsi assis au dernier rang du théâtre perçoit les comédiens, leur corps, leur positions, leurs mouvements. Mais pas de visage. Classiquement, l’émotion au cinéma implique une proximité avec le personnage. On en est très loin. L’émotion s’arrête ici à ce qu’on entend.

Enfin les détails sont absents dans cette largeur. C’est très très vide, qu’il s’agisse du château ou des extérieurs, il n’y a pas grand chose à voir. On ne sent pas non plus des personnages historiques mais plutôt des comédiens déguisés. Pareil pour les décors, ça ressemble à un musée et non à un château habité. On perd grandement en crédibilité. J’ai en tête la phrase "l’infinité de détails crée une impression de vrai". Encore une fois on en est très loin.

À croire qu’Emmanuel Mouret rate son film. Sauf que Mademoiselle de Joncquières n’est pas un film. C’est une pièce de théâtre, dans son plus simple et fidèle appareil.

L’association du théâtre et de la distanciation rappelle immédiatement la distanciation Brechtienne, d’une certaine manière.

La question du dispositif est toujours pertinente dans les films De cinéaste, les films qui s’éloignent des règles classiques, les films expérimentaux. Au spectateur de choisir si la présente expérience est une réussite ou non.
Bifidus
Bifidus

3 abonnés 21 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 janvier 2023
Ce film est un petit bijoux.
Des images magnifiques, un texte splendide, deux acteurs parfaits.
Qu'il est loin désormais le merveilleux XVIIIe siècle, merci de l'avoir fait revivre l'espace d'un instant.
chrischambers86

16 165 abonnés 13 124 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 janvier 2023
Châtier un amant volage et libertin notoire, oui, mais en langage châtier s'il vous plaît par le rèalisateur Emmanuel Mouret qui s'inspire librement d'un rècit philosophique de Diderot! Le cinèaste aime explorer le sentiment amoureux mais sur le mode du marivaudage à l'humour subtil où les sentiments ont rèellement de l'importance! Le film nous raconte le plan cruel de Madame de La Pommeraye pour corriger l'infidèlitè d'un marquis dont elle « ètait amoureuse » . En femme très raffinèe qui se venge de son amant, Cècile de France est excellente! Edouard Baer en sèducteur invètèrè, et Alice Isaaz, aussi belle que gracieuse, sont ègalement convaincants! Seule Laure Calamy en amie de la baronne n'est pas dedans! La passion est vive, la nature est livrèe à elle-même, comme sortie d'un tableau de Monet, et le dialogue, très verbeux mais toujours très ècrit, passionne et dynamise l'ouïe en captant chaque mot! Jouant remarquablement avec ses personnages, Mouret signe une très belle vengeance amoureuse, rècompensèe à juste titre par le Cèsar des meilleurs costumes! Une nouvelle rèussite du cinèaste marseillais...
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