Lords of Chaos – Quand le black métal rencontre la bêtise abyssale
Ah, la Norvège des années 90. Une époque où les jeunes avaient tellement rien à foutre qu’ils ont décidé de brûler des églises et de s’ouvrir les veines pour prouver qu’ils étaient plus satanistes que Satan. Lords of Chaos nous plonge dans cet univers où le black métal n’était pas qu’une mode pour emos frustrés, mais une excuse pour faire des conneries à grande échelle. Euronymous, leader autoproclamé du groupe Mayhem, joue les rockstars wannabe, sauf qu’il aurait été plus crédible en VRP pour Ariel qu’en grand prêtre du chaos.
Parlons de Dead, ce mec qui incarne à lui seul le mal-être de toute une scène. Pour lui, la musique n’est pas une passion, c’est une obsession morbide. Il ne joue pas au sataniste pour se la péter ; il est dedans jusqu’au cou. Sa scène de suicide, brutale et viscérale, te cloue au fauteuil comme une corde au plafond. C’est l’instant où le film te fait comprendre que, non, tout ça, c’est pas une blague. Et pourtant, ça aurait presque pu l’être si c’était pas aussi tragique.
Et puis y a Varg. Le mec qui écoute un disque de Burzum et se dit : « Tiens, et si je brûlais une église ? » C’est un peu le cousin attardé des extrémistes religieux, sauf qu’à la place de réciter des prières, il invoque le pouvoir des riffs saturés. Varg est la personnification de cette jeunesse paumée, mais surtout un exemple vivant que trop de sérieux tue la subtilité. Le gars, c’est le type qui perd au Monopoly et fout le feu au plateau.
Visuellement, Lords of Chaos frappe fort. Jonas Åkerlund, habitué à clipper des clips pour Rammstein et consorts, te balance des images qui te rentrent dans la rétine comme un pieu dans le cœur d’un vampire. Tout est brut, dérangeant, et magnifiquement crade. Mais attention, on n’est pas là pour admirer des paysages nordiques : on est là pour plonger tête la première dans une spirale de violence et de connerie humaine.
Brûler des églises, se poignarder entre potes, et jouer à qui sera le plus hardcore, c’est le programme de Lords of Chaos. Ce qui frappe, c’est à quel point tout ça est absurde. On assiste à des meurtres d’une stupidité hallucinante, à des débats sur qui est le plus « true » dans la hiérarchie du ridicule, et à des rivalités qui auraient mieux leur place dans une cour de récré qu’à la une des journaux. Tout ça avec des dialogues dignes de South Park version black métal.
Lords of Chaos, c’est un film qui te balance une baffe et te laisse avec un goût amer. Entre le drame humain, la critique de la bêtise extrême et une plongée dans un univers fascinant de noirceur, le film est une expérience qui te marque, que tu le veuilles ou non. Un mélange de tragédie et d’absurde, où le vrai monstre, ce n’est pas le satanisme, mais la stupidité humaine.
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