Tenet
Note moyenne
3,6
25450 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

1 791 critiques spectateurs

5
246 critiques
4
431 critiques
3
338 critiques
2
363 critiques
1
216 critiques
0
197 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Nicolas S.
Nicolas S.

130 abonnés 1 591 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 août 2020
Nolan, véritable amoureux du cinéma, a pris le risque de sortir son film dans cette période incertaine pour les salles de cinéma. Une telle initiative devait être soutenue et j'ai donc pris ma place de cinéma.

Je me suis ainsi retrouvé devant un film d'action très efficace. Le montage est au cordeau, la mise en scène des combats est prenante, les courses en voitures sont folles, etc ... Mais surtout, Nolan n'a pas hésité à se passer d'effets spéciaux pour certaines scènes qui sont pourtant parmi les plus énormes en termes de logistique.

On retrouve dans "Tenet" la patte du réalisateur : une musique omniprésente, une obsession pour le temps et les casses-têtes et des acteurs talentueux. "Tenet" est éminemment personnel. C'est son film d'espionnage à lui. Avant peut-être un James Bond ?

En tout cas, le choix de John David Washington et de Robert Pattinson est payant : ces deux excellents acteurs ont trouvé une certaine alchimie dans leur jeu. Leur duo fonctionne.
J'émettrai plus de réserves sur Elizabeth Debicki qui ne bénéficie pas d'un personnage très intéressant. D'une manière générale, les personnages féminins sont assez transparents dans ce film.

De même, le scénario est intéressant mais l'idée de base est trop complexe à tenir sur le long terme et certaines erreurs apparaissent vite. Donc j'oscille entre me dire que c'est une bonne idée et en même temps me dire que l'exécution ne pouvait être que bancale.

Malgré cela, "Tenet" m'a tenu éveillé tout du long et je me suis régalé avec ses scènes d'action. Cela valait bien un ticket de cinéma.
lhomme-grenouille

3 615 abonnés 3 170 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 30 août 2020
Il y a quelques semaines de cela je revoyais « Inception » et j’écrivais ceci :
« A bien tout prendre, pour moi, il n’y a qu’un seul vrai problème à cet « Inception » (mais de taille) : c’est la surcharge. […] Et c’est vraiment dommage, parce que s’il y avait eu moins d’action, moins de règles, moins de personnages, moins d’arcs narratifs et d’escaliers de Penrose, peut-être qu[e Christopher Nolan] aurait pu davantage développer le propos de ce film… »

Si je précise cela d’entrée avant de vous parler de ce « Tenet » c’est bien évidemment tout d’abord pour le plaisir de m’auto-citer, mais c’est aussi et surtout parce qu’ « Inception » c’était il y a dix ans.
Déjà, dix ans plus tôt, le cinéma de Nolan avait ce côté surchargé, bavard, bruyant, ampoulé qui fait que beaucoup l’adorent tandis que d’autres le détestent cordialement.
Et pour ma part, même si aujourd’hui ces kilotonnes de fioritures amenuisent quelque peu mon entrain, je continue d’adorer « Inception ».
Je continue de l’adorer parce qu’à côté de ça il y avait dans ce film un sens de la mise en scène absolument magistral ; parce qu’à côté de ça il y avait aussi un propos fort intelligent et brillamment conduit ; et surtout parce qu’au milieu de tout ça savaient jaillir de temps en temps de vrais moments d’humanité comme je les aime tant au cinéma.
Autant de qualités que j’aurais aimées retrouver dans « Tenet ».
Autant de qualités qui, selon moi, manquent désespérément à l’appel…

Car il a fallu que, comme un hasard malheureux, le héros de ce « Tenet » résume à lui-seul et malgré lui le parcours de Christopher Nolan en tant qu’auteur avec ce film.
Alors qu’il pense avancer à toute vitesse, en fait il passe son temps à reculer, et chaque action accomplie ne s’avère être au final qu’un sabordage de ce qui avait été entrepris précédemment.
Ainsi, pire qu’une simple annulation de ce que fut jadis le cinéma de Christopher Nolan, « Tenet » se pose davantage comme un terrible surplace fastidieux qui non seulement fatigue beaucoup, mais qui en plus ne mène nulle part (…ou du moins pas très loin).

Quel terrible mal que celui qui touche Christopher Nolan…
Voilà un homme qui, par hasard et talent, s’est retrouvé à faire une jonction assez irréelle au sein du monde du septième art : celle du spectacle et de la réflexion ; celle du blockbuster et du cinéma d’auteur. Et non content d’avoir créé un monde, il a fallu que cet homme se lance dans le pari fou de reproduire cet exploit tous les deux ou trois ans.
C’était visiblement trop pour un seul homme.
Trop rapide. Trop gros. Trop ambitieux.
Trop tout.
Et avec ce « Tenet », Nolan apparait comme un cinéaste dont la cadence de travail est si échevelée qu’il ne semble même pas s’être rendu compte qu’il était en train de perdre le fil de son propre cinéma.

Déjà le prologue annonce tous les problèmes à venir.
On a à peine le temps de poser un lieu que déjà tout se précipite.
L’action est lancée de manière échevelée. Les informations s’enchainent tellement vite que beaucoup sont amenées à nous échapper.
Il se trouve d’ailleurs que le hasard de mes séances ciné m’a amené à voir ce prologue trois fois avant de le redécouvrir une quatrième fois en amorce de la projection de ce film en intégralité. Eh bien malgré cela, encore à la quatrième fois, j’ai découvert et compris de nouvelles choses.
Et attention je ne parle pas de détails hein ! Je parle de plans qui sont censés nous faire comprendre de quoi – *grosso modo* – il est question.

spoiler: (Moi par exemple je n’avais pas grillé au premier visionnage que les Américains n'avaient choisis leur écusson sur leur manche qu’APRES avoir observé celui présent sur les véhicules de police fraichement arrivés sur les lieux. De la même manière qu’encore au quatrième visionnage, je n’ai toujours pas vraiment compris qui était avec qui, qui était où, qui cherchait à faire quoi, qui pose des bombes et pourquoi, etc…)


Alors peut-être est-ce parce que je suis devenu vieux, mais moi, entre ce montage trop serré, ces informations trop nombreuses et cette musique omniprésente et très grossière, j’ai galéré.
Pire j’ai eu l’impression de toujours courir après un train.
Les choses allaient tellement vite que je ne prenais même pas le temps d’apprécier ou de m’imprégner.
J’étais en stress permanent.
Je ne profitais pas.

Alors certes, ce n’est pas le premier film de Nolan à être construit comme ça. C’est vrai.
Mais de la même manière qu’ « Inception », « Dark Night Rises » et « Interstellar » ont eu tendance à accélérer la machine par rapport aux premiers « Memento », « Batman Begins » ou « Prestige », ce « Tenet » passe encore à la vitesse supérieure pour – à mon sens – perdre tout équilibre et toute raison.
Ça va trop vite. Il y a trop de péripéties. Trop d’informations.
Et si le premier quart d’heure qui succède au prologue tient encore la route, prenant la peine de ménager quelques (très) petites pauses le temps de laisser s’installer un univers et un mystère, le reste se transforme très vite en un condensé indigeste de ce que Nolan sait faire de pire.

Comme persuadé que la richesse de ses univers ne dépend que de la quantité de mystères qu’on y trouve, Nolan a mis les bouchées doubles sur ce « Tenet » jusqu’à l’écœurement.
Ah ça il y en a des personnages à connaître, des lieux à visiter, des règles à maitriser, des détails à saisir, des péripéties à enchainer ! Mais comme le temps presse (ce qui prêterait presque à sourire quand on sait qu’encore une fois chez Nolan ce film dépasse les 2h30) alors on compacte tout.
Pas de temps mort. Pas le temps de poser les personnages. Pas le temps de poser les atmosphères. Pas le temps de poser les tensions.
Chaque scène se réduit très vite qu’à une éternelle logorrhée d’informations qui ne prend jamais corps. Et le pire c’est que, me concernant, la moitié du temps (et je suis gentil) je ne savais même pas pourquoi le héros se trouvait là, à parler avec cet énième personnage, ni même ce qu’il cherchait à obtenir de cette conversation.

spoiler: (Le pompon fut pour moi l'attaque du port franc d'Oslo. Durant tout le moment de planification - mais aussi durant toute l'attaque ! - je me suis demandé « mais en fait ils font ça pourquoi exactement ? » Or ce ne fut qu'une fois toute la scène terminée que le film m'a enfin donné la réponse dans la bouche de son protagoniste principal : « Moi à la base je n'étais venu que pour trouver un tableau ! » Une réponse qui a très rapidement généré chez moi une autre question : « Mais pourquoi il le voulait ce tableau ? C'est quoi son intérêt par rapport à cette guerre inversée ? » Une question qui devait être certainement de trop puisqu'à celle-là, jamais le film n'apporta de réponse. Un comble tout de même...)


Dans ce film, le précepte est la précipitation.
Pas le temps de mâcher ni même de digérer.
Les scènes s’enchainent en mode « bon c’est pas tout ça… »

Le pire, c’est qu’arrivé à la moitié du film – et alors que j’observais cet enchainement frénétique de scènes sans entrain ni passion – j’ai eu le malheur de faire ce triste constat : malgré le fait que j’ai assisté à…

spoiler: …un attentat dans un opéra, à une intrusion furtive au sein d’une résidence privée à Mumbai, à un détournement de Boeing, au rapt d’un tableau, à de la castagne avec des gros bras russes, à une course de trimarans et à une prise d'assaut de convoi militaire…



…j’ai eu l’impression – malgré tout ça – que je n’avais finalement assisté à rien de significatif.
Non seulement je me suis dit que des personnages étaient clairement inutiles et auraient pu être effacés de l’intrigue pour gagner en clarté et en temps…

spoiler: (Au début du film c’est notamment ce que je me suis dit au sujet de Priya, qui ne sert clairement à rien. Et le pire c’est ce que la fin me confirmera. Verdict que j’ai par la suite étendu à d’autres personnages eux aussi totalement facultatifs comme Mahir, Crosby, Victor ou Laura. Tous existent si peu dans ce film qu'ils auraient pu être fusionnés en un seul et unique personnage sans que cela ait de réelle incidence sur l'intrigue. D'ailleurs avec le recul j'en viens même à me demander ce qu'apporte vraiment le personnage de Kat à l'intrigue, à par celui d'être la pauvre demoiselle en détresse.)



…Et ce triste bilan s’est avéré également valable pour certaines péripéties.


spoiler: …Parce qu’à bien tout prendre, ce prologue dans l’opéra de Kiev il ne sert à rien. Au final il s'y passe peu de chose. On sauve un agent dont on ne sera plus rien. On élimine des terroristes dont on ne reparlera plus. On pose des bombes mais au final on ne sait même pas pourquoi. Le peu de choses qui s’y passent et qui se révèlent par la suite utiles à l'intrigue pouvaient clairement être transposées dans une autre scène. On aurait même pu penser une autre scène d’introduction capable d’amener plus clairement certains personnages (moi, après quatre visionnages du prologue, je ne suis toujours pas sûr de comprendre qui est vraiment le héros à la base) tout en sachant amener plus rapidement certains éléments-clefs de l’intrigue, comme Sator ou les tourniquets par exemple.


Et le pire dans tout ça, c’est qu’alors que je listais tout le superflu qui était présent dans cette première moitié de film, je constatais en parallèle de ça à quel point le cœur d’intérêt de l’intrigue était totalement laissé de côté.

spoiler: (Bah oui, parce que l’air de rien, pendant tout ce temps où on discute de tableaux, où on détourne des avions et où on s'amuse à faire des tours de bateaux, eh bah cette histoire d’objets inversés, elle tombe un peu aux oubliettes. En gros à part cette apparition inopinée du "double" du héros lors du braquage à Oslo, on n'a rien à se mettre sous la dent. Aucune explication ni aucune information à ce sujet tandis qu'au parallèle on multiplie les scènes pour nous expliquer que Sator c'est vraiment pas un gentil mari. Paye ton sens des priorités et de l'équilibre !)




C’est terrible à dire mais au bout du compte, la seule chose à dire concernant l’écriture de « Tenet » c’est qu’elle est mal gaulée. Mais vraiment mal gaulée…
C’est mal gaulé parce que ça n’a pas su évacuer le superflu au profit de l’essentiel.
C’est mal gaulé parce que ce n’est pas clair. Des informations *popent* tout le temps dans tous les sens sans qu’à aucun moment la mise en scène ne sache nous les faire hiérarchiser.
Et le pire c’est que c’est aussi et surtout mal gaulé parce que, parfois, ça n'a juste pas de sens.

spoiler: (Je pense notamment à la plupart des scènes en temps inversé. Entre Sator qui refait sa conversation une fois passé le tourniquet, le héros qui se tire sur lui-même dans l’aéroport (mais pourquoi ???) ou bien encore les voitures qui font la course-poursuite à l’envers (alors que bah non, ça non plus ce n’est pas logique au regard de la séquence en inversé) : tout ça ne tient pas la route au regard de la propre logique du film ! Et je suis gentil, je ne parle pas du moment où le héros décide de céder la mallette de plutonium à Sator en échange de la vie de Kat alors que - de 1 - il avait affirmé plus tôt à Neil qu'il était prêt à sacrifier femmes et enfants et que - de 2 - Kat, au fond, il ne la connait pas ! Pourquoi serait-il attachée à elle à ce moment là du film franchement ???)



D’ailleurs, de tous ces points, c’est sûrement le dernier qui, pour moi, est le plus révélateur du naufrage que constitue ce « Tenet » au regard du reste de la filmographie de Nolan.
Ce film développe un univers qui n’est même pas cohérent avec lui-même.
Et si je peux encore entendre qu’il y avait dans « Inception » ou « Interstellar » quelques détails sur lesquels on était en droit de se poser des questions, il n’empêche que, pour l’essentiel, concernant ces deux films, ça se tenait.
Mais là, par contre, dans « Tenet », malgré la plâtrée de règles qu’on se bouffe à longueur de film, l’intrigue passe son temps, soit à se contredire, soit à se contorsionner pour éviter que ça coince, voire même parfois à oublier de préciser certaines règles qu’on se retrouve à devoir déduire par soi-même.
Et la pilule a pour ma part d'autant plus de mal à passer que j'ai l'impression que Nolan a préféré jouer la carte de l'enfumage pour masquer tout ça au lieu de vraiment réfléchir à rééquilibrer son édifice scénaristique.

...Et oui, pour ceux que ça surprendrait, je l'ai dit.
J'ai utilisé le mot que les adorateurs de Nolan ont toujours proscrit de leur vocabulaire le concernant : l'enfumage.
Vraiment ça me coûte de le dire, mais à bien tout prendre et à bien tout démêler, le bilan de ce « Tenet » se révèle pour moi sans appel.
Une fois qu'on a bien tout en main et qu'on se pose la question de la fonction de chaque chose, de l'aboutissement de chaque arc, et de la finalité de tout cet édifice, on se rend compte qu'il y a dans tout ça beaucoup d'esbroufe pour pas grand-chose.


spoiler: Alors d'accord c'est joli les raids menés par des soldats inversés. Mais concrètement ça sert à quoi ? C'est quoi l'intérêt d'une prise en étau temporelle ? Encore maintenant, quand je repense à la bataille finale, j'ai du mal à comprendre en quoi c'était plus pertinent d'envoyer deux bataillons aux temporalités inversées lors de la bataille finale plutôt que deux bataillons normaux. On pourrait même d'ailleurs se poser la même question pour ce qui est de toute action inversée. Car au fond, on vire ça du scénario et on le remplace par de banals voyages dans le temps en mode « Doc et Marty », au fond ça ne change rien du tout à l'affaire. Pire encore : allons plus loin dans le raisonnement et virons carrément le principe d'inversion du scénario. Qu'obtient-on ? ...Ô surprise on retombe sur du banal James Bond avec un gentil, un méchant, un monde à sauver et une bombe à désamorcer... Et tout ça l'esbroufe en moins.



Et toute la tragédie de « Tenet » se trouve résumée à ça : quand on vire le principe central qui est au cœur de l'intrigue, le film vit toujours. Il est même plus lisible et plus simple.
Certes, l'intrigue devient dès lors atrocement banale - à la façon de n'importe quel James Bond - mais fondamentalement parlant l'intrigue reste viable.
Imaginons un seul instant qu'on fasse la même chose avec « Inception ».
Virons le principe des rêves dans le rêve qu'on infiltre afin de contaminer l'esprit du rêveur, est-ce que la scène du réveil de Fischer dans l'avion est toujours possible ?
Est-ce que la scène de Cobb et de ses enfants avec la toupie qui tourne sur la table est encore possible ?
En d'autres termes : est-ce que ces scènes peuvent encore avoir le même sens et la même signification si on remplace le concept d'infiltration des rêves par quelque-chose de plus terre-à-terre ?
La réponse - je pense - sera évidente pour tout le monde : c'est non.
Car l'inception, dans « Inception », c'était le cœur du propos ; c'était la finalité du cheminement du spectateur à l'intérieur de l’œuvre.
Alors que dans « Tenet », le « précepte », il débouche sur quel propos ? Il nous fait cheminer jusqu'où ?

Chercher un propos dans « Tenet », franchement, c'est clairement se fatiguer pour pas grand-chose.
Au-delà des quelques discours fumeux que peuvent parfois s'échanger le protagoniste et son antagoniste il ne reste à la fin qu'une seule et maigre idée :


spoiler: ...celle que les bombes les plus efficaces - celles qui font vivre le monde - ce sont celles qui n'explosent pas. Ainsi, les vrais héros du monde sont forcément les héros de l'invisible, car si le monde tient encore debout, c'est grâce à eux.



Et l'air de rien, quand on connait la propension qu'a Nolan à toujours tisser des parallèles entre ses héros et sa posture de réalisateur, je trouve ça quand-même assez faiblard et surtout un tantinet mégalo...

spoiler: (Parce que bon, cinématographiquement parlant, ce héros de l'invisible qui maintient le monde fictif en vie, c'est le réalisateur lui-même. En d'autres mots, Nolan se pose comme un protagoniste-dieu sans qui ce monde ne tient pas. Personnellement je trouve ça gonflé de la part d'un mec qui n'a cessé de saborder son œuvre à force d'artifices superflus. En guise d’efficacité de l’auto-fellation, on repassera.)


Du coup, après avoir dit tout ça, reste-t-il malgré tout quelque-chose à tirer de ce « Tenet » ?
Bah oui… Tout de même… Et le contraire aurait été étonnant de la part d’un gars comme Nolan.
C’est même d’ailleurs ça qui rend ce film si frustrant.
Il y avait clairement là-dedans de quoi faire rêver.
L’intrigue de base était excitante et laissait augurer d’un univers assez incroyable.
De même que - comme déjà dit précédemment - toutes ces scènes mixant deux temporalités ont eu ce mérite de produire de belles images assez originales et efficaces visuellement.
Enfin, quelques détails visuels de l’intrigue comme ces tourniquets ou ces bataillons procédant à des attaques en étau temporel avaient un potentiel assez fou.
Mais bon, de cette guerre tant promise on ne verra finalement rien.
Quant à l'intrigue elle sera souvent gâchée par des effets vraiment téléphonés.

spoiler: (Le pompon fut pour moi l'attaque du port franc d'Oslo. Durant tout le moment de planification - mais aussi durant toute l'attaque ! - je me suis demandé « mais en fait ils font ça pourquoi exactement ? » Or ce ne fut qu'une fois toute la scène terminée que le film m'a enfin donné la réponse dans la bouche de son protagoniste principal : « Moi à la base je n'étais venu que pour trouver un tableau ! » Une réponse qui a très rapidement généré chez moi une autre question : « Mais pourquoi il le voulait ce tableau ? C'est quoi son intérêt par rapport à cette guerre inversée ? » Une question qui devait être certainement de trop puisqu'à celle-là, jamais le film n'apporta de réponse. Un comble tout de même...) 0


Quant à cet univers visuel, au final Nolan se montre finalement si peu inspiré à nous le mettre en couleur (notamment avec cette photo assez sombre), en musique (certains passages musicaux sont clairement lourdingues) et en mouvement (avec vraiment peu d’inspiration en termes de mise en scène) que pour ma part j’ai vraiment eu du mal à vraiment en profiter.

Alors oui, tout n’est pas à jeter.
Ce n’est pas atroce. Loin de là.
Mais bon, tout ça pour ça quoi au final ?…
Moi Nolan je l’aime bien ce gars-là.
J’aime sa posture. J’aime son audace. Et surtout j’aime à penser que son principal défaut a toujours été de chercher à trop en faire ; de vouloir trop nous en donner…
Seulement voilà, avec ce « Tenet » on n’est clairement plus au temps de l’excès de générosité au sein d’une œuvre intelligente et maitrisée comme pouvait l’être « Inception ».
Parce qu’au fond « Tenet » n’est ni intelligent, ni maitrisé.
Ça peut certes être créatif et généreux parfois, mais que pèsent ces deux qualités quand celles-ci sont décantées et noyées dans une centrifugeuse chargée comme un mulet ?

Avec « Tenet » une évidence me saute désormais aux yeux : Nolan a besoin de lever le pied, d’arrêter, et de regarder en arrière.
Car vouloir courir tous les deux ans vers de nouveaux horizons cinématographiques c’est bien, mais encore faut-il s’assurer qu’à force de tourner en rond chaque pas fait ne contribue pas petit-à-petit à creuser sa tombe…
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 26 août 2020
Explosif, haletant, complexe. Tenet est un pur bébé Nolan et le résultat est jouissif. Les deux heures trente ne sont pas de trop et le cast est à la hauteur de nos espérance. Comme tout film de Nolan qui se respecte, la matière grise sera grandement sollicité et un deuxième visionage ne sera pas de trop.
Quentin
Quentin

3 abonnés 4 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 27 août 2020
Beaucoup de bruit pour pas grand chose. Nolan a jugé bon de fêter à sa manière les 10 ans d'Inception avec un remake inversé... je sais ça ne veut rien dire, mais vous verrez, ce film inversé ne veut rien dire. L'histoire paraît compliquée notamment pour les termes pseudo scientifiques employés mais c'est finalement d'une banalité... Même le jeu d'acteur ne vaut pas le détour malgré les efforts du méchant et de sa nana. Je n'a retenu aucun nom, rien ne pousse à s'attacher aux personnages. J'ai eu envie de partir, et l'idée de remettre ce fichu masque m'en a dissuadé. Ceci dit j'étais content que le calvaire se termine; au prochain Nolan je me reconfine.
Rhumcoco
Rhumcoco

9 abonnés 52 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 16 septembre 2020
Un film qui se veut intelligent mais qui ne l est pas, mais pas du tout. De la poudre aux yeux. J ai pris du doliprane en rentrant, tant mon cerveau a fait du chemin pour rien. Sauver le monde ? Mais quel realisateur ose encore propoer un truc pareil. Nolan a des joujous un peu chers pour des idees aussi pauvres. Aucune notion du temps comme de l espace en plus. Un comble. Le seul truc bien l acteur principal car il est canon, sinon pour le reste....
L'Effet Mer M
L'Effet Mer M

27 abonnés 3 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 27 août 2020
Jamais compris le principe du "moins je comprends, plus le film est bon".
Alors je vois déjà en soirée des potes geeks qui s'improviseront experts en voyage spatio-temporels, maintenir fermement que c'est un grand film et du grand cinéma, mais non... c'est vide, y'a aucune histoire, les acteurs sont mauvais, les mauvais poncifs sont présents: méchant russe, fin du monde évitée de justesse par notre héros...
Nolan ne comprend même pas ce qu'il filme et évite son.sujet car rien ne tient dans ce film et heureusement que les pirouettes scientistes existent pour donner une pseudo consistance... bref c'est mauvais.
L'ambition de faire un film inversé etait intéressante, mais le scenario et la mise en scène ne met jamais cette tentative en avant.
Reste juste pour se consoler les images efficaces et le côté action, mais les pseudos messages philosophiques à gros sabots sur 'la vie ne vaut pas d'être vécues dans un monde que l'on a détruit' et 'seul l'amour peut sauver le monde' ont fini de rajouter d'achever un produit bien commercial vide de sens et d'intérêt.
Fargo Boy
Fargo Boy

104 abonnés 181 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 août 2020
Du grand cinéma. De l'action tout le temps avec un scénario en béton armé. C'est archi compliqué mais que c'est bon et que ça fait du bien. Merci Maître Nolan!
Rod-inou
Rod-inou

250 abonnés 177 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 septembre 2020
Nolan a tout compris : faire des films faussement alambiqués pour que les gens peu cultivés se prennent pour des génies en comprenant son scénario pourtant cousu de fil blanc.

Ca devient lassant, son obsession pour le temps, toujours avec les memes erreurs : créer une mythologie (la scène avec Clémence Poesy = la scène avec Allen Page qui explique son role d'architecte dans Inception, on explique en 5mn la mythologie, et ensuite on la subit pendant 2h).

Nolan c'est du très beau. C'est rarement du très bon.

Les fans étant fanatiques, inutile d'en discuter : seul Interstellar et Memento sont de véritables réussites de montage et de questionnement sur le temps.

Le reste, c'est vraiment de l'esbrouffee. Et il n'y a rien de plus lassant quand on a capté le scénario au bout de 10mn, et qu'on sait exactement où Nolan va. Syndrome Shyamalan. Et c'est pas joli joli, comme syndrome.
HawkMan
HawkMan

220 abonnés 1 316 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 août 2020
Nouveau film du génie Nolan, Tenet nous entra^ne dans une traque pour récupérer une arme qui menace le monde. Cette arme est toute particulière car fondé sur la temporalité. Ainsi, le fils de Denzel Washington va découvrir un monde inversé et devra jouer de celui-ci pour lutter contre un terrible gangster.
Bon, soyons honnête, ce film est l'un des moins réussi de Christopher Nolan. Certaines séquences sont cultes mais le film est lourd à comprendre, lourd à démarrer et écartera les moins patients. On est loin d'Inception mais on passe un moment sympathique.
Bref : N'essayez pas de comprendre, ressentez !!
romano31

321 abonnés 1 543 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 septembre 2020
On va très certainement me traiter de "fanboy" de Christopher Nolan mais oui, avec Tenet, le réalisateur signe, une nouvelle fois, un très très grand film. Le film est d'une maîtrise assez hallucinante (en même temps c'est Nolan), c'est passionnant à suivre et non, l'histoire n'est pas compliquée, il faut juste être attentif. Le casting est irréprochable, les scènes d'action sont impressionnantes (la scène d'ouverture et celle de fin sont magistrales), les effets spéciaux sont irréprochables et la superbe b.o de Ludwig Göransson finit de sublimer ce film ô combien fascinant. Bref, que voulez-vous que je vous dise de plus ? Tenet est une réussite totale et permet à Christopher Nolan d'ajouter un autre chef-d'oeuvre à sa filmographie.
Manu Frakes
Manu Frakes

22 abonnés 46 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 25 août 2020
Grand amateur de Science Fiction, je ne sais pas trop quoi penser de ce film.
L'idée de départ est séduisante, mais le scénario et la réalisation m'ont paru trop compliqués à suivre.
Du coup il va falloir que je le revois plusieurs fois pour bien le comprendre.
Ensuite avec une image de fond assez terne, des scènes d'actions interminables, et une bande sonore assourdissante, je suis sorti bien déçu alors qu'on nous avait annoncé "le film" de l'été.
Bref on est très loin d'inception...
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 26 août 2020
Tenet c'est le troisième mot du carré magique : Sator ( le russe méchant) Arepo, Tenet, Opera, Rotas. Cela ne suffit pas pour une ébauche de scénario. Ce thriller prétentieux est interrompu dans son rythme à plusieurs reprises par des dialogues d'explications sur l'inversion dans le temps et la notion d'étau temporel. Pas un poil d'humour. Un monument d'ennui qui n 'a même pas la saveur d'un nanar.
Vanin0_o
Vanin0_o

21 abonnés 9 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 27 août 2020
TENET aurait dû s'appeler "T'ES NUL".Tout est confus, sans fond, vulgaire. Bref : le pire moment cinématographique de cette année 2020 en ce qui me concerne.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 175 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 août 2020
Après Inception (2010) qui questionnait l’univers des rêves dans les rêves, Tenet (2020) bouscule lui aussi toute notion de réalité en s’intéressant au concept de la temporalité linéaire et de l’entropie inversée (!).

Le film suit les aventures d’un protagoniste (dont on ne connait pas le nom) qui doit empêcher une 3ème Guerre Mondiale de voir le jour. Pour cela, il va devoir non pas voyager dans le temps, mais basculer dans une toute autre temporalité, celle où le temps est inversé.

150 minutes durant lesquelles Christopher Nolan va jouer avec nos méninges, alternant entre les éléments narratifs et les concepts scientifiques pointus, le film joue avec nos nerfs et nous perd constamment pour mieux nous retrouver par la suite. Autant vous dire qu’il est nécessaire d’être concentré et de ne pas en rater ne serait-ce qu’une seconde, sous peine d’être totalement largué.

Véritable puzzle scénaristique & labyrinthique, mais aussi prouesse technique en termes de mise en scène (on imagine à quel point le découpage, le story-board, le tournage et le montage n’ont pas dû être une mince affaire). Le film nous en met plein la vue (tourné en Panavision Super 70 & en IMAX), Christopher Nolan est l’un des rares (avec Tarantino) à vouloir continuer de tourner sur pellicule et s’affranchir des CGI (comme en témoigne la séquence de l’opéra ou encore celle du 747 qu’il fait réellement s’écraser sur le tarmac d’un aéroport).

Etonnamment, malgré la complexité du récit, on ne voit absolument pas passer les 2h30 du film, au gré d’un magnifique (et prenant) score composé par Ludwig Göransson (Hans Zimmer a dû céder sa place, faute de temps). Christopher Nolan dépoussière le genre du film d’espionnage et nous offre un thriller Sci-Fi démesurément dantesque (dans tous les sens du terme). Inventif, novateur, confus, bouillonnant, prise de tête, palpitant et visuellement bluffant.

► http://bit.ly/CinephileNostalGeek ★ http://twitter.com/B_Renger ◄
Naughty Doc

1 040 abonnés 530 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 août 2020
Tenet. Difficile d'aborder l'intrigue du film sans entrer en territoires spoilerisants. Car comme tout bon film du père Nolan, le scénario est évidemment une part importante. En effet, toute la promotion du film a soigneusement évité de rentrer dans les détails, et pourtant ce sont ces mêmes détails qui parsèment l'intrigue globale. Blockbuster de plus 205 millions de dollars, tourné dans 7 pays, conçu pendant 20 ans....Tenet est de (très) loin le film le plus ambitieux de Christopher Nolan.

Mais du coup ça parle de quoi ? Nous découvrons donc John David Washington (Blackkklansman) incarnant le Protagoniste, un agent de la CIA. Lors des intenses premières minutes du film, un sauvetage d'otages des mains de terroristes nous introduit le dit-protagoniste. Héroïque, professionnel, dévoué à sa tache, il sera rapidement investi d'une mission par la mystérieuse organisation "Tenet". Le but ? Empêcher une 3e guerre mondiale. Une guerre dont l'issue serait pire qu'un Holocauste nucléaire. Tout un programme donc !

On ne divulguera évidemment pas ici tous les tenants et aboutissants d'une intrigue extrêmement dense, et riche en informations. Pour littéralement sauver le monde, le Protagoniste se verra entraîner dans le monde de l'espionnage international, impliquant des personnages ni tous blancs ni tous noirs. Épaulé d'un informateur du nom de Neil (Robert Pattinson), l'aventure du Protagoniste le mènera rapidement face à un trafiquant d'armes russe et son épouse.


Vous l'aurez compris, Tenet est avant tout un gros film d'espionnage, genre qu'affectionne tout particulièrement Nolan dès son enfance grâce à la saga James Bond ou La Mort aux Trousses. Mais à l'image d'Inception, le film jouit d'un high-concept qui change complètement la donne et les limites du possible. En effet, au cours de l'aventure, les personnages feront connaissance avec le phénomène d'inversion, permettant d'inverser l'entropie d'un objet ou d'une personne. Concrètement la physique et la temporalité suivent un sens contraire. Un verre brisé se reforme, une balle tirée revient vers son chargeur, une voiture va désormais à reculons...

Tel un Matrix, Tenet introduit son concept et son univers pas à pas. Le Protagoniste est à l'image du spectateur, et découvre en même temps que nous l'univers du film pour en apprivoiser les préceptes. Et au fur et à mesure des 2h30, les possibilités vont se démultiplier pour notre plus grand plaisir, toujours au service de son histoire. Très vite la manipulation temporelle jouera un rôle prépondérant (après tout on est dans du Nolan pur jus), renvoyant beaucoup à deux de ses précédents films : Memento et Interstellar.

N'y allons pas par 4 chemins : Tenet est sans aucun doute l’œuvre la plus complexe de son auteur depuis Memento. Non pas que l'intrigue globale soit particulièrement retorse (les enjeux sont toujours clairs), mais on tient là un film dense, au rythme effréné nécessitant une vraie implication du spectateur. Loin du didactisme d'un Inception ou Interstellar, Nolan nous prend ici rarement la main. Dans la plus pure tradition du film d'espionnage, les personnages accumulent des infos, préparent des coups, découvrent des indices liés à l'inversion, et cette dernière influe encore plus sur le déroulé de la narration. Mais heureusement, le film n'empile pas les tunnels verbeux, et distille soigneusement toute information de manière consubstantielle à l'avancée du récit et de l'action.

Un plaisir de la découverte, tel un puzzle géant, au sein d'une aventure prenante menée tambour battant. En effet, Tenet s'apparente à une véritable course contre la montre, avec multiples inversions temporelles. Inutile de dire qu'aborder la physique quantique dans un blockbuster relève du génie (ou du pétage de plomb, au choix), mais c'est avant tout du côté d’œuvres complexes comme Dark ou L'Armée des 12 Singes que Tenet trouve sa fibre. Qui est qui ? Qui fait quoi ? Telles sont les questions à toujours avoir en tête, dès lors que le film commencera gentiment à avoir des personnages avançant dans le temps, tandis que d'autres seront à reculons.

L'occasion d'aborder la fabrication du film. En embauchant la monteuse Jennifer Lame (Manchester by the Sea, Marriage Story, Midsommar), Christopher Nolan disait qu'il s'agissait sans doute du film le plus difficile à monter de l'Histoire. Et force est de constater qu'il avait sans doute raison. En gérant des séquences à l'endroit, à l'envers, parfois inter-croisées, mais toujours lisibles, fluides et dynamiques, Tenet représente avant tout un pur exploit cinégénique ! Que ce soit l'impressionnant travail de chorégraphies, d'utilisation de practical effects, la direction artistique ou bien la mise en scène : chaque centime a été plus que correctement utilisé.

De l'Estonie à l'Italie, en passant par le Danemark, l'Inde ou Londres, chaque décor est authentique et gargantuesque. Croyant fort en la puissance du cinéma et des images véhiculées, Nolan se sert du réel comme gage d'ampleur. De la baie d'Amalfi à un impressionnant décor en ruine aux allures lunaires, les lieux du film font voyager et impriment la rétine. Adepte de la grandeur des images apportée par le format IMAX et de la sophistication de la pellicule, Nolan livre un des plus beaux films à gros budgets de mémoire récente. Sa collaboration avec le directeur de la photographie Hoyte van Hoytema (Her, Ad Astra), qui officiait déjà sur Interstellar et Dunkerque, porte une nouvelle fois ses fruits. L'image est précise et riche. Un bonheur pour les yeux.

Un magnum opus de mise en scène

Si la gestion hasardeuse des figurants et l'action titubante de The Dark Knight Rises offrait quelques doutes sur la capacité de Nolan à offrir un film d'action à la mesure de ses ambitions, tout doute est ici balayé à la vitesse du son. Une prise d'otage aux fusillades nerveuses à la Michael Mann, une course poursuite sur autoroute en double sens inversé quine rougirait pas face à Une Journée en Enfer, des mano-à-mano brutaux à la puissance viscérale... Christopher Nolan devient ici un grand metteur en scène d'action pure. S'étant fait les crocs sur Dunkerque et son caractère immersif, il applique tout son savoir-faire ici dans des séquences variées. On est littéralement scotché et parfois même abasourdi devant le degré d'efficience des divers morceaux de bravoure.

L'action est toujours à échelle d'homme, tangible, et il suffit de voir une impressionnante séquence de crash d'avion 747 dans un hangar, ou le climax complètement fou pour se dire que oui, Nolan a atteint un degré de maîtrise scénographique exemplaire. Et comme tout film du britannique, Tenet bénéficie d'une BO faisant office de personnage à part entière. Ludwig Göransson (Black Panther, The Mandalorian, Creed) amène tout son savoir-faire et son background multi-référentiel pour créer une musique tonitruante, aux motifs polyrythmiques entraînants. Véhiculant un sentiment d'urgence à la Dunkerque, via tout un mélange riche d’utilisations de cordes, de synthé, de percussions et de basses, la bande-son alliée au sound design insuffle une énergie complètement folle à l'ensemble. Une grande réussite !

A l'image d'un Inception ou d'autres films d'espionnage à la Mission Impossible, Tenet caractérise ses personnages de manière plus ou moins fonctionnelle, en adéquation avec leur rôle au sein de l'intrigue. Finalement, seul le personnage de Katherine (une très bonne Elizabeth Debicki au charme Hitchcockien indéniable) voit des implications personnelles s'immiscer. A l'image de son rôle dans Les Veuves, Debicki incarne une femme vulnérable, en proie à son mari violent, mais néanmoins forte et déterminée pour protéger son fils. C'est elle le cœur émotionnel du film, même si à ce niveau on lorgne bien plus du côté du thriller urbain à la Memento que du pouvoir lacrymal d'Interstellar

Si le reste du casting secondaire est très bon (Aaron Taylor-Johnson, Dimple Kapadia, Himesh Patel, les apparitions de Clémence Poesy et Michael Caine) c'est du côté du duo principal que ça fait des étincelles. John David Washington prouve encore une fois qu'avec son talent et son charisme naturel, il peut porter un film entier sur ses épaules. Campant un personnage principal suave, posé, autant à l'aise dans des scènes musclées pour faire ses cascades que dans du drama pur, il apporte une présence magnétique de chaque instant à l'écran.

De l'autre nous avons un excellent Robert Pattinson qu'on ne présente plus, au flegme british délectable et à la cool attitude offrant des allures de buddy movie au duo. L'alchimie entre les acteurs fonctionne à merveille (notamment JDW/Debicki et JDW/Pattinson) et apportent finalement un degré d'incarnation plus que suffisant à leurs personnages pour qu'on s'en soucie. La grande classe, d'autant que tout le monde est habillé des meilleurs costumes de leurs carrière sans aucun doute !


Tenet ou la folie des grandeurs de Nolan

Devant une telle générosité, quelques scories font également acte de présence. Kenneth Branagh incarne l'antagoniste principal du film : un méchant pervers narcissique et légèrement mégalomane qui ne fait pas dans la dentelle. Très Bondien dans l'âme avec son accent russe et ses pétages de câble, l'acteur est parfois sur la corde raide. Un vilain plus fin aurait pu faire l'affaire, mais force est de constater que Sator représente un opposant rusé et bien menaçant pour faire passer la pilule. Nous aurions pu également imaginer quelques minutes de plus au film, histoire de diluer un peu plus le rythme du récit et le laisser respirer par moments. En effet, si quelques notes d'humour et même d'émotion sont présentes ici et là, l'emphase se veut plus sobre que sur un The Dark Knight, et on évite pas 2-3 dialogues surlignés Nolan-style.

Néanmoins, pas de quoi faire la fine bouche devant un tel film-cerveau. Une œuvre audacieuse, impressionnante visuellement (c'est simple, vous verrez des choses que vous n'avez jamais vu auparavant, et que vous ne reverrez sans doute plus jamais), complexe narrativement, et radicale thématiquement. Un pari osé à 200 Millions de dollars de la part de Christopher Nolan et la Warner, dont on conseille forcément un 2nd visionnage aux âmes n'ayant pas percé tous les secrets de Tenet.

En ces temps de pénurie cinématographique, il est toujours revigorant de voir qu'un blockbuster d'auteur tout aussi intelligent qu'impressionnant puisse voir le jour. Une grande expérience de cinéma en somme. Sans nul doute un film fou, qui en laissera certains sur le carreau, Tenet mérite qu'on s'y attarde, et pas qu'une fois. Christopher Nolan livre là son films le plus maîtrisé à tous les niveaux, et son meilleur film depuis 10 ans tout simplement. Et vous, parviendrez-vous à suivre le rythme ?
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse